HANDBOUND AT THE

UNIVERSITY OF TORONTO PRESS

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HÔBÔGIRIN

DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DU BOUDDHISME D'APRÈS LES SOURCES CHINOISES ET JAPONAISES

PREMIER FASCICULE: A— BOMBAI

À LA MÉMOIRE DE

EMILE SENART

AVERTISSEMENT

L'immense littérature du bouddhisme indien n'existe plus, pour la plus grande partie, dans sa rédaction originale, mais les collections canoniques de la Chine nous ont conservé plus d'un millier de ces textes traduits en langue chinoise. En outre, l'étude des doctrines, de la discipline monastique, du rituel, de l'iconographie, a donné naissance, en Chine et dans les pays adjacents, à toute une lit- térature d'exégèse qui prolonge la tradition de l'Inde. Les pèlerins et les missionnaires qui pendant de longs siècles n'ont cessé de circuler entre l'Extrême-Orient et l'Inde, en passant soit par l'Asie Centrale, soit par les Mers du Sud, nous ont laissé des informations de haute valeur pour l'histoire du monde bouddhique tout entier. Enfin c'est en Extrême-Orient que le bouddhisme du Grand Véhicule, éliminé de l'Inde dès le dixième siècle de notre ère, s'est perpétué jusqu'à nos jours, avec ses croyances, ses rites, ses arts savants ou populaires ; et les nombreux ouvrages qui en retracent les destinées en Chine, en Corée, au Japon, ou même dans l'Indochine annamite, intéressent au premier chef tous ceux qui cherchent à pénétrer la civilisation de ces divers pays.

Les Sociétés Asiatiques réunies en Assemblés fédérales à Londres en içiç, à Paris en IÇ20, à Bruxelles en iÇ2i ont, par un vœu unanime et régulièrement renouvelé, invité les spécialistes de l'Extrême-Orient à préparer dans une des grandes langues internationales de la science un Diction- naire du Bouddhisme fondé sur les documents chinois et japonais.

C'est pour répondre à cet appel que le Hôbôgirin a été entrepris. La libéralité de M. OTANI Sonyu X®&&, du Nishi-Honganji de Kyoto, et de M. WADA Kyûzaemon JfiJffl:X£JSjH> d'ôsaka, a assuré les fonds requis pour le recrutement d'une équipe de collaborateurs. La Maison Franco-Japonaise, créée à Tokyo en IÇ2Ô, a fourni le foyer nécessaire à la collaboration de l'Orient et de l'Occident. L'Académie Impériale du Japon a pris l'œuvre sous son haut patronage , et le regretté président de la Société Asiatique de France, Emile SENART, membre de l'Institut, qui dès l'abord s'y était intéressé tout particulièrement, avait accepté que son nom fût inscrit en tête du premier fascicule.

Afin de concentrer l'effort initial sur la partie la plus neuve et la plus difficile de l'œuvre, il a paru opportun de s'en tenir tout d'abord aux termes techniques et aux noms propres d'ordre surnaturel. On a laissé de côté : (i) les noms de personnages d'ordre humain, historiques ou semi- historiques, et notamment des personnages que la tradition associe au Buddha Sâkyamuni ou qui appartiennent à l'histoire de l'Eglise : moines, princes, lettrés, etc.; (2) les noms de lieux ; (3) les titres d'ouvrages, tant canoniques que littéraires. Ces trois sections sont réservées pour une seconde partie qui pourra être entreprise ultérieurement.

Comme l'indique son sous-titre, le Hôbôgirin est fondé, en principe, exclusivement sur les sources chinoises et japonaises. Les documents sanskrits, palis, tibétains, ainsi que les travaux des orientalistes européens, ne sont utilisés que sporadiquement et dans la mesure ils peuvent éclairer les textes chinois et japonais. On s'est efforcé toutefois de restituer les correspondants sans- krits, palis et tibétains de tous les termes sino- japonais qui font l'objet d'articles spéciaux dans le Hôbôgirin. A chacun de ces termes est affectée une traduction française déterminée ; les mots français servant ainsi d'équivalents à des termes techniques du bouddhisme sont signalés au lecteur par l'emploi de Majuscules initiales.

II

Pour ce qui touche à V iconographie, les textes chinois et japonais, et en particulier les documents littéraires du tantrisme, ont été dépouillés aussi complètement que possible. Quant aux images elles- mêmes, il n'a été tenu compte que des matériaux japonais ; toutes les illustrations reproduisent des originaux conservés au Japon.

Les auteurs du Hôbôgirin ont pris pour point de départ les principaux dictionnaires du boud- dhisme publiés au Japon. Le Bukkyô Daijiten de T. Oda (içiy), le Bukkyô Daijii préparé par les soins du Nishi-Honganji de Kyoto (1914-1922), le Dictionnaire du Tantrisme de K. Tomita {Himitsujirin, 191 1), le Dictionnaire des transcriptions sino-japonaises de termes sanskrits, de Ekô (Kikitsuekidoshû, IJ '16), V Index du Canon Bouddhique, de M. K. Kawakami (Daizôkyôsakuin, 1927-1928), ont été dépouillés de façon méthodique, et l'on espère n'avoir omis aucun des renseigne- ments qu'ils fournissent, sauf toutefois en ce qui concerne les systèmes de scolastique développés par certaines sectes d'origine proprement chinoise ou japonaise, notamment par les sectes Kegon (Houa- yen), Tendai (T'ien-t'ai) et Shin. Ces systèmes peuvent en effet être considérés, dans l'ensemble du bouddhisme, comme des innovations locales ; les dictionnaires japonais, rédigés, pour une part du moins, à l'usage des fidèles de ces sectes, y consacrent une documentation détaillée qu'il n'a pas paru nécessaire de reproduire intégralement. On s'est contenté d'en indiquer les grandes lignes et les termes principaux, et seule la scolastique se rattachant directement à la tradition de l'Inde a été traitée à fond.

Le Hôbôgirin n'est pas seulement une mise au point des travaux antérieurs ; on s'est imposé de remonter aux sources, de les contrôler, et de procéder, partout il y avait lieu, à des recherches originales. D'autre part la présentation des matériaux, ainsi remaniés et complétés, a été modifiée à l'usage du lecteur occidental, dont le point de vue est souvent différent de celui du lecteur bouddhiste. Tout en laissant, autant qu'on l'a pu, directement la parole aux textes, qu'on les ait traduits ou analysés, on les a groupés, dans chaque article, suivant un plan déterminé ; un aperçu placé en tête des articles les plus importants résume brièvement les conclusions qui se dégagent des textes cités au cours de ces articles. On a cherché à éviter un morcellement excessif des matériaux, légitime dans un dictionnaire japonais qui doit servir de répertoire pour les détails à un public averti des ensembles, mais incommode pour des profanes auxquels les associations d'idées doctrinales et les thèmes traditionnels ne sont pas familiers .

Par un retour constant aux Ecritures canoniques, base nécessaire de toute étude approfondie, et grâce à une collaboration harmonieuse de la science française et japonaise, les auteurs du Hôbôgirin se sont donc efforcés de réaliser une œuvre véritablement nouvelle, la parole de la Bonne Loi et les interprétations des docteurs hindous, chinois et japonais de tous les âges, fussent mises à la portée de l'esprit occidental.

Les caractères chinois sont transcrits selon leur lecture japonaise, qui a paru offrir sur la lecture chinoise l'avantage d'être garantie par une tradition stable, encore vivante de nos jours dans les écoles bouddhiques. La prononciation traditionnelle de ces écoles a été suivie fidèlement, même lorsqu'elle s'écarte des lectures sino-japonaises normales, soit en élidant les syllabes finales (-tsu,-chi) dans les termes composés de plusieurs mots, soit en introduisant des essais de restitution des originaux sanskrits (Daruma pour Datsuma), etc. ; ces lectures aberrantes sont marquées d'un signe spécial. Un index indiquera aux sinologues les prononciations japonaises de tous les caractères

III

importants. D'autre part, pour un certain nombre de noms propres déjà familiers au public occidental sous leur forme chinoise mandarine, celle-ci a été ajoutée entre parenthèses à la suite de la pronon- ciation japonaise : p. ex. Genjô {Hiuan-tsang), Gijô {Yi-tsing), etc.

La transcription française des mots sino-japonais est conforme au système du Dictionnaire japonais-anglais de J. Inoue {Inouye's Comprehensive Japanese-English Dictionary, Tokyo, 1920), le plus communément usité de nos jours. Toutefois il a semblé inutile d'emprunter à ce sys- tème jusqu'aux incohérences qu'il présente dans sa façon de rendre l'assimilation des finales, qu'il s'agisse soit de la nasale -n devant une labiale, soit des finales -tsu, -chi, -fu devant ch- ; on a donc transcrit d'une part emma pour en-ma, bombai pour bon-bai, et de l'autre shicchi {de shitsu-chï) au lieu de shitchi, icchu {de ichi-chu) au lieu de itchu, par analogie régulière avec busshô {de butsu-shô), ikken {de ichi-ken), etc.

Le Hôbôgirin sera complété par une série d'index, comportant notamment : (j) une liste des termes techniques rendus en français dans le Dictionnaire, avec leurs équivalents sino-japonais et sanskrits-palis ; (2) inversement, une liste des termes techniques sanskrits-palis avec leurs équivalents sino-japonais et français ; {3) une liste détaillée des termes sino-japonais expliqués dans le Hôbôgirin, en caractères chinois rangés par nombre de traits puis dans l'ordre des clés, et accompagnés d'une double transcription, japonaise et mandarine ; {4) une liste des sigles bibliographiques utilisés pour désigner les ouvrages qui ne figurent pas dans le Taishô Issaikyô ; (5) une liste des abréviations et des signes conventionnels. Ces index paraîtront après l'achèvement du Dictionnaire. '

Afin de permettre au lecteur de s'orienter dans le Hôbôgirin sans attendre la publication de ces index définitifs, on a inséré dans le premier fascicule des listes provisoires : (j) des termes tech- niques traduits en français, avec leurs équivalents sino-japonais et sanskrits-palis ; (2) des sigles bibliographiques ; (3) des abréviations et des signes conventionnels. Des listes analogues seront in- sérées de même, s'il y a lieu, dans chacun des fascicules suivants.

Le présent avertissement est lui-même provisoire ; une préface générale paraîtra avec le dernier fascicule.

Un fascicule annexe, intitulé "Tables du Taishô Issaikyô", contiendra la liste complète des ouvrages compris dans la dernière édition japonaise du Canon Bouddhique de langue chinoise, le Taishô Issaikyô, avec les numéros d'ordre qui leur ont été attribués dans cette édition et qui sont régulièrement employés dans les références du Hôbôgirin ; on y trouvera de plus la concordance de ces numéros avec le classement suivi dans les éditions japonaises de Tokyo et de Kyoto et dans le catalogue de B. Nanjô {qui suit l'édition chinoise des Ming). Les titres y seront figurés en caractères chinois et en double transcription, japonaise et mandarine, et accompagnés de leurs correspondants sanskrits {ou palis) dans tous les cas la correspondance est garantie, des noms des auteurs et traducteurs, etc. Ce fascicule, indispensable tant aux lecteurs du Hôbôgirin qu'à ceux du Taishô Issaikyô, sera de même format que le Hôbôgirin et que le Taishô Issaikyô lui-même. Il est actuel- lement sous presse et paraîtra immédiatement à la suite du premier fascicule du Hôbôgirin.

Des remerciements tout particuliers sont dûs à M. Henri MASPERO, Professeur au Collège de France, actuellement en mission à la Maison Franco-Japonaise, qui depuis son arrivée à Tokyo a pris une part active à la correction des épreuves et à l'organisation définitive du travail ; à M,

IV

ONO Gemmyô /]\J£f'£ji&, Editeur en Chef du Taishô Issaikyô et auteur de nombreux ouvrages sur Vart et l'iconographie bouddhiques, qui a bien voulu mettre sa vaste érudition au service du Hô- bôgirin, notamment pour le choix des illustrations ; à M. MIAO Tchouan %%%&, Professeur à l'Université d'Amoy, qui a fourni un relevé complet des sens mystiques attribués dans les textes chinois à chacune des lettres du syllabaire sanskrit ; au Rév. TA Kl Dônin &fàLiÈ&, abbé du Gochiin jî^fên; au Hieizan près de Kyoto, dont le concours hautement compétent a été précieux pour la préparation de V article sur la psalmodie bouddhique, publié en partie dans le présent fasci- cule ; à MM. MASAKI Naohiko j&fciË,^, Directeur de V Ecole des Beaux- Arts de Tokyo, et KUME Keiichirô fk%fê.-~ 115, Professeur à la même Ecole, qui ont autorisé et facilité la reproduction de documents conservés à V Ecole des Beaux- Arts ; au Gokokuin ^13^ d'Ueno, à Tokyo, temple auquel appartient l'original d'une des planches en couleurs ; enfin à M. ITÔ Chôzô fflMfkM,, Directeur de la Grolier Society, à Kôbe, dont l'empressement et la bonne volonté ne se sont jamais démentis au cours du difficile travail de l'impression.

Ont collaboré régulièrement au premier fascicule du Hôbôgirin :

MM. WADA Tetsujô îftlfflfêtK,

AKAMATSU Hidekage #tô^j;!;, HASUZAWA Jôjun gSW$, YAMADA Ryûjô UlQMtt, KUNO Hôryû ^U^H, NARITA Shôshin jaffllfê.

HÔBÔGIRIN

Fig. i. La lettre a (graphie attribuée à Kôbô Daishi).

A [ÎPf = sk. a Q, la pre- mière des 12 voyelles et des 50 lettres du *Shittan. Te m MM,

Aperçu.

Les lettres, c'est-à-d ire les sons écrits, et les sons, c'est-à- dire les let- tres pronon- cées, ont servi d'aliment à toutes les mystiques. La mystique de l'Inde a cultivé avec passion ce genre d'exercice, en y appliquant les dons d'ob- servation et d'analyse phonétique qui caractérisent le génie grammatical de l'Inde. Le bouddhisme a recueilli cette tradition, l'a perpétuée, et l'a pro- pagée dans toute l'Asie Orientale. Entre tous les sons, l'a a un rang et un rôle privilégiés ; il ouvre l'alphabet (cf. Je suis l'Alpha et l'Oméga) en sk. comme dans nos langues ; il est l'articulation la plus élémentaire, formée au plus profond de la cavité buccale ; en outre, dans les écritures de l'Inde, il est inhérent à toutes les consonnes : k se lit ka, g se lit ga, etc. Il est le début, donc le principe de tous les sons ; le début, le principe s'exprime en sk. par le mot âdi, dont la première lettre est justement un a (long). Mais de plus, a est en sk. la particule négative (comme en grec : p. ex. atome, amorphe, aseptique, etc.) ; il symbolise donc aussi la néga- tion fondamentale, celle qui porte sur la Produc- tion des Essences, qui ne naissent pas par génération spontanée, mais résultent seulement du jeu des causes ; de manière générale, il symbolise toutes les négations qui limitent le fini par rapport à l'ab- solu (anitya "impermanent", etc.). A est la syllabe par excellence, et la syllabe se dit en sk. aksara " sans écoulement"; ce sera donc aussi le symbole du permanent. Combiné avec les articulations secon-

daires qui modifient la voyelle (allongement, nasa- lisation, souffle sifflé), le système de l'a devient un microcosme un jeu savant de correspon- dances retrouve l'évolution universelle, dans l'or- dre ascendant ou l'ordre descendant. Enfin la mys- tique voisine de près avec l'érotisme, et l'a doit se prêter à des interprétations d'ordre sexuel. Tous ces développements, qui ont été transportés à l'é- tranger par les missionnaires du bouddhisme, sont originaires de l'Inde même ; leurs équivalents s'y retrouvent aujourd'hui encore, à peine modifiés, dans les écoles du Tantrisme hindou, particulière- ment florissantes au Bengale et dans le Sud de l'Inde. Le bouddhisme tibétain a, lui aussi, accordé une large place à ce type de spéculations. Ajigi PU^fi. Sens de la lettre a. Classifications numéri- ques.— 3 Sens : Existence, Vide, Sans-Production ; Ttt. 1796 vu : (1) La lettre sk. a est le phonème originel ; ayant une origine, c'est une Essence d'Enchaînement-causal ; c'est pourquoi on lui donne le nom d'Existence. (2) La lettre a a le sens de Sans-Production, car, comme elle dépend de Facteurs, elle n'a pas de Nature-propre ; c'est pourquoi on l'appelle Vide. (3) Le Sans-Production est le Domaine de la Réalité unique ; c'est la Voie du Milieu. (Dans ce dernier Sens, "Sans-Produc- tion" s'interprète comme une abréviation de "Sans- Production et Sans-Barrage".) 7 Sens : Esprit d'Eveil, Rubrique d'Essence, Non-dualité, Plan d'Essence, Essencité, Souveraineté, Corps d'Essence ; T. 997 ix. 10 Sens, série dressée par Kakuban fg Il (1095-1143), Ajhs. 65 Sens, T. 310 lxviii. 100 Sens, T. 997 11 : Les Essences ne sont pas futures, pas passées, pas Opérantes, pas stables, n'ont pas de Nature-propre originelle,pas de Racine, etc. Sens dans les textes exote'riques . Négation (sk. a, an), Sans-Production originel (sk. âdyanutpâda, ch. aji hompushô M^p$lsfi£i, cf. *Adaianokuhana), commencement (âdi), Impermanence (anitya), Trois Joyaux, etc. T. 223 v La Rubrique de la lettre a, c'est le Sans-Production initial de toutes les Essences. Id. T. 220 lui, 221 iv, 222 vu. Tt. 1509 xlviii Le Bs., en entendant dans tout langage la lettre a, se conforme aussitôt à son Sens, qui est que toutes les Essences ont dès le commencement le caractère

de Sans-Production. En langue des Shin (Tsin) âdi signifie commencement, et anutpâda Sans-Produc- tion.— Tt. 1019 En entendant la lettre a, le Bs., par la force de ses Mérites, obtient d'entrer dans la Rubrique de la Perfection de Sapience du Domaine de rindiversifié, car il comprend le Sans-Produc- tion originel de toutes les Essences. Id. T. 279 lxxvi, 293 xxxi. T. 468 1, 469 Lorsqu'on prononce la lettre a, c'est le son de l' Impermanence. T. 187 iv En prononçant l'a, on produit le son de l'Im- permanence de tous les Opérants. T. 397 x La lettre a est la Rubrique de toutes les Essences, car elle signifie la négation, et toutes les Essences sont impermanentes. T. 376 v L'a bref a un Sens faste, à savoir le Sens de Trois Joyaux. T. 375 vin L'a bref a le Sens de Trois Joyaux, parce qu'il est indestructible, comme le Diamant ; puis le Sens de Tg., parce qu'il ne s'écoule pas, comme le Tg. qui ne coule pas par les neuf Orifices, n'ayant point les neuf Orifices, ou encore parce que ce qui ne coule pas est permanent, et que le Tg. est permanent, car il n'agit point ; puis le Sens de Mérites, car les Mérites, ce sont les Trois Joyaux. Les auteurs ch. ont souvent recours à l'a, symbole à la fois du commencement et du Sans-Production, pour illustrer leurs doctrines. Ainsi Eshi tt & (Sjs.) établit une correspondance entre les 42 lettres du syllabaire (*Shijûnijimon) et les 42 degrés de la carrière des Bs. (10 Résidences, 10 Con- duites, 10 Déflexions, 10 Terres, Eveil Egal et Eveil Merveilleux ; cf. *Gojûnii), et les auteurs de la secte Tendai, fondée par son disciple Chiki ^0, utilisent cette correspondance pour montrer que la Production de l'Esprit d'Eveil, qui marque le commencement de la carrière des Bs., est identique à l'Eveil Merveilleux qui en est l'aboutissement : de même que l'a est présent dans toutes les lettres et les contient toutes, en tant qu'il en est le prin- cipe, ainsi tous les degrés de la carrière sont con- tenus dans le premier, car "l'un est le tout et le tout est l'un". Ttt. 1716 v a : Dès la Production d'Esprit, le Bs. de la Doctrine Complète obtient le Caractère réel des Essences et possède toutes les Essences de B. ; c'est ce qu'on appelle la lettre a. Parvenu à la Terre de l'Eveil Merveilleux, il pénètre le fond de toutes les Essences ; c'est ce qu'on appelle la lettre dha [dernière des 42 lettres dans le classe- ment commençant par a-ra-pa-ca-na ; cf. *Ara- hashana, et *Shijûnijimon]. Kichizô ^jigÊ, fonda- teur de la secte Sanron, illustre par l'a sa doctrine du Vide : Ttt. 1853 1 Les Essences sont dès l'origine Sans-Production, car elles ont pour origine la lettre a et se ramènent toutes à la lettre a, qui est une Rubrique Sans-Production. C'est pourquoi le sûtra dit : Les 42 lettres se ramènent toutes à l'a. Sens dans les textes e'sotériquts . T. 848 11 et VI et T. 880 : La Rubrique de la lettre a, c'est le Sans-

Production originel de toutes les Essences. Ttt. 1796 vil : La lettre a est l'origine de l'enseigne- ment de toutes les Essences. Dès qu'on ouvre la bouche, c'est le son a qui se produit ; sans le son a, aucun langage n'est possible ; c'est pourquoi on l'appelle la mère de tous les phonèmes. Ib. xii : La lettre a est le Germe de toutes les lettres. Ib. vu : Le Sens du Caractère réel de la Rubrique de la lettre a pénètre le Sens de toutes les Essences. Comment cela ? Toutes les Essences sont produites par des Facteurs. Tout ce qui est produit par un Facteur a un commencement, une origine ; mais si l'on Inspecte ce Facteur produc- teur, il est lui-même produit par des Facteurs ; et si l'on suit ces Facteurs dans leur Transforma- tion-par-action-réciproque, quelle en est l'origine ? En Inspectant cela, on connaît l'Extrémité du Sans- Production originel. Telle est l'origine de toutes les Essences. De même qu'entendre tous les mots c'est comme entendre le son a, ainsi voir la Produc- tion de toutes les Essences c'est en voir l'Extrémité qui est le Sans-Production originel. Voir cela, c'est connaître véritablement le cœur propre des Essences ; c'est la Sapience des Sapiences. Sjms., Kkkd. : A se glose par toutes les formes de la né- gation.— A est le Germe de Vairocana dans le Plan de Matrice, et le Germe-commun de tous les per- sonnages des deux Plans (cf. Ttt. 1796 vu). Il a pour Idéal le Corps d'Essence d'Idéal de Vairocana, et la Connaissance par laquelle on le connaît est le Corps d'Essence de Connaissance de Vairocana ; le premier de ces Corps appartenant au Plan de Matrice et le second au Plan de Diamant, l'a implique la Non-dualité des deux Plans. L'a est dit aussi "Germe de la Roue de lune" (aji gachirin shi ji Pf¥B%afÈ-f) ou "Germe de la lune de la Connais- sance", parce que dans l'Inspection des trois Eso- tériques (cf. *Sammitsu) on fait de l'a une Roue de lune, et que par l'Inspection de l'a on acquiert la Connaissance du Sans-Production originel de toutes les Essences. Cf. aussi T. 310 xxv : "Quelle est la Rubrique d'Essence appelée Sceau de l'a (ajiin [fôj ^EP) ? L'a est le Sceau qui marque que toutes les Essences sont créées par l'Inscience. Lorsque les Pratiques sont pleinement accomplies, c'est la lettre a qu'on atteint tout d'abord ; et l'Inscience est étein- te, car on sait qu' il n'y a rien de créé." D'après la tradition orale, des interprétations erotiques de l'a ont eu cours dans les deux écoles es. du Japon, Tômitsu J$$$ et Taimitsu £?$£ ; cf. Tdjs. 21b. Dans la première (branche dite de Tachikawa jJJMÔfE), on le faisait correspondre aux deux principes sexuels, in PIS et le!- Dans la seconde on se figurait l'a comme l'état du Substantiel le Formel et l'Esprit se confondent, au "point unique" de l'acte sexuel, et l'on identifiait la "respiration" des organes pendant l'acte au souffle de l'Eveil originel sans commence-

ment.— Ajikan Wr-£Wl, Inspection de la lettre a (et autres pratiques tantriques se rattachant à l'a). L'Inspection de l'a est la pratique fondamentale du tantrisme. Elle a été enseignée par la plupart des maîtres du tantrisme ch. et jap., à commencer par Zemmui ifMJâ (Subhakarasirhha), auquel se rat- tache la section du Plan de Matrice (dans ses ou- vrages Ttt. 1796 et Ttt. 917). Tt. 1665 : Un lotus blanc à huit pétales, dans un espace d'une coudée, sur lequel apparaît éclatante une lettre a de couleur claire. Introduire les deux pouces sous les huit autres doigts croisés, et faire pénétrer en soi la Sa- pience apaisée du Tg. Ttt. 1796 x : La lettre a, étant la première, est l'Esprit d'Eveil. Si l'on pratique l'Application en Inspectant cette lettre, on s'identi- fie au Substantiel du Corps d'Essence de Vairo- cana. En Inspectant la Roue de cette lettre, pareille à la roue éclatante d'une queue de paon, le prati- quant s'y installe et s'installe ainsi dans l'Essence de B. Ib. IV : On Inspecte son propre Esprit et on l'identifie au lotus à huit pétales. Le Maître dit : Le Cœur (sk. hrdaya) est pareil à une fleur de lotus non épanouie ; ses muscles octuples sont contractés en une masse compacte, dirigée vers le haut chez l'homme, vers le bas chez la femme. Lors- qu'on commence à Inspecter ce lotus, il s'épanouit et devient une base [un socle] de lotus blanc à huit pétales. On Inspecte sur cette plateforme la lettre a ayant les [cinq] couleurs du Diamant. Puis on place dans sa tête le Roi des Cent Lumières Universelles [autrement dit Vairocana], et on l'Ins- pecte avec l'œil sans souillure. Ttt. 917 : Pour entrer dans l'Inspection, le débutant doit interrompre tous les Facteurs et cesser toute occupation. Qu'il s'assoie seul en un lieu tranquille, en croisant les jambes à moitié, puis tienne ses mains fermement en position de Sceau ... La tête droite et le regard horizontal, qu'il n'ouvre pas trop les yeux ni ne les ferme trop ; car en les ouvrant trop il risquerait d'être distrait, et en les fermant trop de tomber dans la torpeur.. . Les détails de la méthode d'Ins- pection varient suivant les écoles et les maîtres. Dans la section du Plan de Diamant, on dessine la lettre a (dorée), au-dessus d'un lotus blanc à huit pétales, à l'intérieur d'une Roue de pleine lune (cercle clair sur fond foncé) ayant une coudée de diamètre (1 pied 6 pouces). Dans la section du Plan de Matrice, la Roue contenant l'a est placée sur le lotus. On suspend cette image au mur et l'on s'assied en face d'elle à une distance de 4 pieds, les jambes croisées soit à moitié (hankaza ^fcîj}!];5!*), soit complètement (zenkaza jtffl!l*!!É.) On accomplit un rite de protection du corps (*goshimbô), on récite diverses Formules, on forme un ou plusieurs Sceaux, puis on entre dans l'Inspection. Celle-ci se divise en trois parties : (1) Inspection du son : on prononce l'a à chaque expiration et inspiration

Fig. 2. Inspection de la lettre a.

(d'après Ttt. 1796 xi et Enos. xxxix, on Inspecte dans l'inspiration la Non-Production et dans l'expiration le Non-Barrage). (2) Inspection de la lettre, c'est-à-dire, dans l'ordre de la section du Plan de Matrice : (a) Inspection du lotus, Forme de Convention correspondant au Cœur (hrdaya) du pratiquant et à l'Idéal du Plan de Matrice ; (b) Inspection de la Roue de lune, Forme de Convention correspondant à l'Esprit (citta) du pratiquant et au Corps d'Essence de Connaissance du Plan de Diamant ; (c) Inspection de la lettre a, Germe de Vairocana en qui Idéal et Connaissance ne sont point différenciés. Dans l'école du Plan de Diamant, l'ordre est : Roue, lotus, lettre a. (3) Inspection du Caractère réel, c'est-à-dire du Sans- Production originel. Les débutants restent devant l'image jour et nuit, matin et soir, jusqu'à ce qu'elle soit présente à leur esprit sans cesse, soit qu'ils ouvrent soit qu'ils ferment les yeux. Peu à peu elle leur apparaît de plus en plus grande, éclatante, immense ; la lune de lotus de l'a du Plan d'Essence de tout l'Espace s'identifie à la lune de lotus de l'a dans leur propre poitrine. C'est ce qu'on appelle l'état d'Application de l'a (ajiyuga W^rlftM) ou d'Atteinte de l'a (ajishicchi pH^^ÉÈ). Les prati- quants experts n'ont pas besoin d'image ; ils Ins- pectent l'a dans leur poitrine. La méthode ci-des- sus décrite est dite Inspection abrégée (ryakkan fg). On peut également Inspecter l'a en tout temps et en tout lieu, soit qu'on marche ou qu'on se tienne debout, assis, couché, etc.. . .; c'est ce qui s'appelle Inspection développée (kôkan |Sff@). L'a comme Formule. L'a est dit "Formule unilittère de Vai- rocana" Ttt. 1796 vu : prononcer l'a, c'est pro- noncer la plus simple Formule de Vairocana.—

Il est dit également "Roi des Formules", parce qu'il peut remplacer toutes les Formules. L'a est le Cœur de toutes les Formules ; quand il s'étale dans le Cœur du pratiquant (ajifushin PnJtfvftpC,»), on dit que le Cœur devient le Cœur, ou en abrégé le Cœur du Cœur. Quatre utilités de l'a (Ajigu- shiyû pï'^^Hffl), Ttt. 1796 vu : Dans les Formules de Tg., chaque mot, chaque nom, chaque Caractère établi réalisent pleinement l'avantage du Sens affé- rent. D'après la Formule de Convention : (1) L'a, qui est le premier de tous les sons, ayant le Sens de Sans-Production, a l'avantage d'apaiser les fléaux.

(2) Du fait de ce Sens, il possède au complet tous les mérites sans lacune ; il a donc l'avantage d'accroître positivement. (3) Pour la même raison, il détruit d'innombrables péchés ; il a donc l'avantage de maîtriser. (4) Comme il n'y a pas une seule Essence qui soit en dehors du Sans-Production, il a l'avantage de totaliser. Sept phrases sur les mérites de la Rubrique de l'a (Ajimon kudoku shichiku fSj'-j'-'P'J Xhiê-kbl) : T. 848 m Dans la Rubrique des For- mules, pour ce qui concerne les Pratiques des Bs., si un Bs. désire (1) voir un B., (2) lui faire offrande,

(3) attester la Production de l'Esprit d'Eveil, (4) prendre part aux assemblées de Bs., (5) être utile aux Etres, (6) rechercher l'Atteinte, (7) rechercher l'Omniscience, il doit s'exercer avec zèle à cette lettre a qui est le Cœur de tous les B. Enos. établit une correspondance entre ces sept phrases et les mérites des cinq Révolutions (cf. inf. Ajigoten), comme suit : ire phrase, Production d'Esprit ; 2e, Pratique ; 3e, Attestation d'Eveil ; 4e, Attestation interne du Nirvana ; 5e, Utilisation externe du

Nirvana ; 6e, Moyen du Corps ; 7e, Moyen de l'Esprit. Ajigoten W^fiM-, Cinq Révolutions de la lettre a [pour ce qui suit on a suivi principale- ment Bdji. 27-29]. On appelle "a à cinq points" (Goten no aji K^OM^) la lettre a pourvue des signes de la longue, de l'anusvâra et du visarga (ârhh $§)', toutefois d'après Ttt. 1796 xiv (722 c) le "cinquième point" est âh, et non le groupe artificiel ârhh qui est imprononçable. T. 848 m Un seul son se répand dans les quatre lieux et pénètre tous les Plans d'Essence, omniprésent comme l'Espace ; la Formule dit : a, â, am, ah. Ttt. 1796 xi La lettre a produit trois lettres ; soit au total quatre lettres. Ces quatre n'en forment qu'une qui est omniprésente. Ces cinq Révolutions de l'a sont mises en corres- pondance avec les degrés de l'ascension de l'Esprit d'Eveil, à partir de la cause jusqu'à l'effet : au icr des cinq Points, a, correspond la Production d'Esprit ; au 2e, â, la Pratique ; au 3e, am, l'Eveil ; au 4e, ah, le Nirvana ; au 5e, ârhh (ou âh), l'Aboutissement du Moyen. Cf. Ttt. 1796 1 : (1) L'Esprit produit l'Eveil, (2) se munit de toutes les Pratiques, (3) voit le Correct Eveil Complet, (4) atteste le grand Nirvana, (5) produit le Moyen. C'est ainsi que l'Esprit orne et purifie le Terrain de B. ; de la cause à l'effet, on ne s'attache qu'à l'Esprit. D'autre part, on fait correspondre ces cinq Révolutions de l'Esprit aux "trois phrases" de T. 848 1 (cf. *Sanku), comme suit: Production d 'Esprit = Cause; Pratique = Racine; Eveil, Nirvana et Moyen = Aboutissement. Enfin l'on trouve chez Amoghavajra et chez Subhakara- simha les systèmes de correspondances suivants [Bdji. 27-29] :

Système d'Amoghavajra.

Points

Révolutions

Orients

Bouddhas

Eléments

(liste indienne]

Eléments . (liste chinoise)

Organes

(liste indienne)

Viscères

(liste indienne)

Saisons

Couleurs

Formes

Notations

a

Cause (Produc- tion d'Esprit)

Centre

Vairocana

Terre

Terre

Corps

Rate

Canicule

Jaune

â

Pratique

Est

Aksobhya

Vide

Bois

Oeil

Foie

Printemps

Bleu

ath

Attestation d'Eveil

Sud

Ratnasam- bhava

Feu

Feu

Oreille

Cœur

Eté

Rouge

ab

Entrée (dans le Nirvana)

Ouest

Amitâyus

Vent

Métal

Nez

Poumons

Automne

Noir

ârhb

Moyen

Nord

Amogha- siddhi

Eau

Eau

Langue

Reins

Hiver

Blanc

Système de Subhakarasimha.

a

Cause

Est

Aksobhya

Terre

Carré

Tréfonds

â

Pratique

Sud

Ratnasam- bhava

Feu

Triangle

Mental Passionné

am

Attestation

Ouest

Amkla

Eau

Cercle

Mental

ab

Entrée

Nord

Amogha- siddhi

Vent

Demi- cercle

Cinq premières

Notations

âmb

Moyen (Sub- stantiel des Plans d'Essence)

Centre

Vairocana

Vide

Sphère

Immaculée

ABANRANKANKEN

Le système d'Amoghavajra fait partir les Révolu- tions du centre du Cercle, occupé par Vairocana qu'il établit ainsi comme principe de la Production d'Es- prit, cause de toutes les Révolutions. Il se base donc sur la doctrine de "l'Immanence immédiate de la Vérité" [dans les Etres] (sokujinishin 6Pfl*ÏÏDJ)t)> de "l'Eveil originel" (hongaku if.ft> cf. *Kaku $8), ^es Révolutions étant considérées dans le sens descen- dant (hongakugeten >js:^Tff)> de B. à Profanes. Le symbolisme des correspondances est expliqué comme suit [Bdji. 27-29] : Le B. central, Vairocana, correspond à l'élément Terre, parce que le Vajrasat- tva immanent dans tous les Etres (et dont procède la Production d'Esprit) est la Nature Substantielle qui produit les B., de même que la terre est la base qui soutient et maintient le Substantiel propre de tous les Etres. (2) Aksobhya correspond à la Pra- tique, parce que chaque Pratique de Cercle (mandala) est l'Absolu, toutes les Pratiques étant fournies dans une seule Pratique et cette immanence de l'Absolu étant signifiée par le nom d 'Aksobhya "l'Immobile." Aksobhya correspond au Vide parce que, comme l'espace, il contient tous les Etres. On l'appelle aussi [c'est-à-dire qu'on l'identifie au B. du Plan de Matrice nommé] Hampe de Joyau (Hôdô ^Ifm., sk. Ratnaketu), parce que toutes les Pratiques sont fermement plantées dans l'Absolu, comme des hampes. (3) Ratnasambhava, qui re- présente l'Attestation d'Eveil, correspond au Feu, parce que la Connaissance de la Nature Egale et Absolue des Essences brûle, comme le feu, l'erreur de la différenciation des choses et de l'Esprit. On l'appelle aussi Roi de la Fleur épanouie (Kaifukeô f/f)!$(3{Ê:E> sk. Samkusumitapusparâja), l'Eveil étant comparé à une fleur épanouie. (4) La correspondance d'Amitâyus à l'Entrée dans le Nirvana et au Vent s'explique par allusion à sa voix enseignant l'Es- sence, qui, pareille au vent, renverse les Passions et produit l'Atteinte de l'Eveil. (5) Amoghasiddhi cor- respond à l'accomplissement du Moyen et à l'Eau, parce qu'il préside à la section des Actes (sk. Karma, cf. *Gobu Soft) du Plan de Diamant, et que la Con- naissance productrice d'Actes (cf. *Chi ^g1), ou Plénitude de la Connaissance du Moyen, est pareille à l'eau qui épouse la forme, carrée ou ronde, du récipient. Son nom, "Atteinte du Non-Vide", im- plique que la Connaissance du Moyen, permettant d'enseigner l'Essence pour le bénéfice des Etres, n'est point vide ou vaine. On l'appelle aussi Son de Ton- nerre du Tambour céleste (Tenkuraion Xl&ff^» s^» Divyadundubhimeghanirghosa) [sur les cinq B. des deux Plans, cf. *Butsu]. Dans le système de Subha- karasimha, les Révolutions partent d'Aksobhya à l'Est pour remonter au Vairocana central, qui représente non la Production initiale mais le Moyen final. Contrairement à celui d'Amoghavajra, ce système s'inspire donc de la doctrine de "l'Eveil initial pro-

duit par la Pratique" (shikaku jfëfj, cf. *Kaku $£), les Révolutions étant considérées dans le sens ascendant, de Profanes à B. Le symbolisme des correspondances diffère aussi de celui d'Amoghavajra : (1) la Terre correspond à l'Est qui est l'orientation du Printemps, parce que cette saison est la première, comme la Révolution de Production d'Esprit ; (2) le Feu, à la Pratique, parce que toutes les Pratiques innom- brables doivent être claires et distinctes comme le feu ; (3) l'Eau à l'Attestation, parce que grâce à celle- ci l'Esprit devient pur comme l'eau ; (4) le Vent à l'Entrée, parce qu'il est destructeur et extincteur comme le Nirvana ; (5) le Vide, au Centre, à l'ac- complissement du Moyen, parce que le centre participe des quatre orients sans tomber d'un côté unique comme le Moyen. Ajitaidai |ÎRlcf:f§^;, la lettre a comme Elément de Substantiel de toutes les Essences, doctrine de l'école Taimitsu, opposée à la doctrine de l'école Tômitsu dite Rokudaitai- dai 7\^Ciê^C, les six Eléments comme Elément de Substantiel de toutes les Essences ; cette dernière doctrine, élaborée par Kôbô Daishi, ne paraît pas s'accorder avec les données des textes canoniques du tantrisme ch. Cf. *Dai ;£. Ajinaigeshô |foj -?l*3^fl!£, son interne et externe de l'a, le second étant une manifestation du premier. Ttt. 1796 xvn : A est interne et externe ; même s'il n'y a pas de son externe, on ne peut être sans le son interne de l'a. Ce son interne est appelé l'a dans la gorge.

A psj = sk. â J£, une des 12 voyelles et des 50 let- tres du *Shittan ; second des "cinq Points de l'a", (cf. *A, Ajigoten), appelé "a long," chôa J||$pJ. Interprétations : T. 880 L'a est l'apaisement de toutes les Essences (sk. âranya, d'après Meikaku fjQ <f|i, savant jap. du XIe siècle, cité Bdji. 2). T. 468 1, 469 En prononçant l'a, on expulse le Soi (sk. âtman). T. 187 iv En prononçant l'a, on est utile à soi et aux autres (sk. âtmaparahita ?). Ttt. 1796 x L'a est le second phonème ; il a le Sens de Vide, parce qu'il est Sans-Production comme le Vide (sk. âkâsa ?). T. 376 v, 375 vin (Mahâparinirvânasûtra) donnent les interprétations suivantes : Saint (shôja §ï:ff, sk. ârya), Maître (ajari PBjfU3&, sk. âcârya), Conduite réglée (seido ftjj)i$[, sk. âcâra), d'après un Saint (eshônin -fôlEÀ» sk. ârya-âsraya ?), enseigne- ment (kyôkai $fc|f§). Ttt. 1796 x La seconde lettre, qui est longue, c'est la Concentration de Diamant.

ABAN (JBf^=sk. avarh. Une des principales Formules mystiques, qui contient le Germe de Vairocana dans le Plan de Matrice (a) et dans le Plan de Diamant (vam) Hizk. Cf. *Ban tff.

ABANRANKANKEN ffl&3Etë& = ak. avam- rarhhamkham. Formule employée par toutes les branches de la secte Shingon dans les occasions les

ABANRANKANKEN

ABIDATSUMA

plus solennelles. C'est une des trois Formules de Vairocana sous son aspect de Corps d'Essence. Elle contient les Germes propres des cinq Eléments (cf. *Abarakakya) qui forment le Substantiel de Vairocana. Elle se rencontre dans Tt. 906, Tt. 853 I, etc. Suivant Tt. 906 il y a trois classes d'Atteintes mystiques, et cette formule en est la plus élevée; les deux autres sont *Abiraunken = sk. avirahûm- kham et *Arahashana = sk. arapacana.

ABARAKAKYA pf WmM l£=sk. avarahakha. Formule qui réunit les Germes propres des cinq Eléments : a= terre, va = eau, ra=feu, ha = vent, kha = espace Ttt. 1796 I. La tradition jap. en fait une des Formules de Vairocana Hmjr. 23.

ABATSUDOROSHAKUNA |&JM^fô#tf = sk.? Tt. 1505 1 td. fuyôgo^JJIg "mots indésirables"; ce terme est appliqué aux "paroles inopportunes, sans vérité, dépourvues de sens". (Peut-être sk. aprayojana ?)

ABATSUMARA pl%kBB> ou ahamara MWB H (T. 410 1 ; cf. Ttt. 2128 xix qui corrige en Aba- samara psj#£^ [corr. pour ba 3g£] J|S$g et td. "démon cruel"), abamara H^!ISI$É> T. 374Xi = sk. apasmâra, p. apamâra ; tib. brjed byed "faire oublier". Td. samô fàfë, "faire oublier" Mvy. 4762 (démon), et koiiun #j|t: "coup de sang, vertige" Mvy. 9508 (maladie). Ttt. 2128 xxvi l'interprète par mukeman M^fê^iL "sans guirlande de fleurs" qui suppose une forme erronée apamâla (cf. p. apamâra), mais le traduit par "fou, folie". Le sens réel du mot est "épilepsie" ; apasmâra est à la fois la maladie et le démon qui la cause. Cf. T. 262 vu ; cm. Ttt. 1718 donne à ce démon la couleur bleue ; un autre cm. Ttt. 1721 xn lui attribue l'apparence d'une ombre (cf. Mvy. 4763 châyâ "ombre" à la suite d'apasmâra) et mentionne aussi une td. mugai $$0. "sans cuirasse" née sans doute d'une te. invertie abatsurama, rétablie en sk. avarma ; mais il traduit lui-même le nom par tenkinki $$.$jfa "démon qui tord les tendons". Le Lankâvatârasûtra (éd. Nanjô 262) nomme aussi la femelle : Apasmârî.

ABATTARA TO£H = sk. avatâra. Ttt. 1789 1 td. mujô ^teÈ_h "sans supérieur" et nyû A "entrer" : confusion évidente de sk. anuttara et avatâra.

ABAYÔKARA m^^MB = ^- Abhayamkara. Td. rifui ^J$g "sans peur". Nom d'un Tg. ; T. 1312 II préside, avec d'autres Tg., à la distribu- tion de nourriture en faveur des Trépassés, rite fondé sur ce texte même ; dans ce rite il siège au Nord il occupe la place de Sâkyamuni.

ABI PSJ^L, abishi pei^g =sk. p. Avîci ; tib. mnar

med. Td. muken ^ffaj "sans intervalle", i.e. sans intermission. L'enfer type, situé au plus profond du monde infernal. Tt. 1558 XI ( = K. Lav. ni, 148) donne deux explications du nom : (1) Il n'y a pas dans cet enfer intermission (vîci) de la souffrance, qui s'interrompt dans les autres enfers ; (2) il ne s'y trouve pas d'état agréable (vîci), alors que dans les autres enfers on admet des sensations agréables de Coulée. Pour la géographie de l'Avîci, cf. Saddharmasmrtyupasthânasûtra cité ap. Siksâsamuc- caya 70. La véritable étymologie du nom semble être avîcî (sous-entendu dis "la région vers en bas", avec l'idée de la tête en avant, latin praeceps), fé- minin de l'adjectif avânc "dirigé vers en bas", formé sur l'analogie de pratîcî "région vers l'Ouest", masc. pratyanc, de udîcî "région d'en haut", i.e. du Nord, masc. udanc ; la forme grammaticale est avâcî. Quant aux sens assignés à vîci par les inter- prètes bouddhistes, "état agréable" et "intermission", ils ne sont constatés jusqu'ici que dans les lexiques (respect, sukha et avakâsa). Cf *Abô et *Jigoku.

ABIBACCHI |BIfëi$ifc Ttt. 2128 xv, ou pi Jfc Tt. 1509 xxvn, LXXin = sk. avivarti (?) "Sans- Régression". Autre te. ayuiocchi P6jf|£j(SSt T. 310 exil, Tt. 1521 IV. Td. *Futai ^iH, q. v.

ABIDATSUMA (JpJM (ou ~#) mB (anc. éc. abidon [5pJ^#, abr. bidon Jg^|, cf. Ttt. 1851 1) = sk. abhidharma, p. abhidhamma ; tib. cos mnon pa "loi manifestée." Td. anc. éc. : shôhô Wf&i "loi suprême," daihô ;£££ "grande loi" (Ttt. 2145 x, Tt. 1507), muhihô ^HÊltifë "loi incompa- rable" (Tt. 1507, Ttt. 1851 I qui interprète : a néga- tion+bhi "comparer" + dharma "loi") ; nouv. éc. : taihô !$•££ "loi en face". 7 interprétations Ttt. 1733 I : (1) taihô H^féc "loi en face" (gloses taikô §^[ê] "dirigeant vers le Nirvana," taikan MWl "en face du N. par Inspection"), (2) sûhô jgfcfé; "loi par énumé- rations", (3) bukuhô -{£££ "loi de subjugation", (4) tsûhô îîlfé? "loi de pénétration" (par approfondis- sement), (5) muhihô Mïfc&i " loi incomparable", (6) daihô %fè "grande loi", (7) shakuhô fffë "loi explicative". Références scripturales pour chacun de ces sens. 4 interprétations Ttt. 2122 11 = supra (i)-(4). 36 interprétations dans cm. au Kosa de Jintai jjiij^ Krs. I ; cf. aussi cm. sk. de Yasomitra, p. 12. Définition Tt. 1558 1 ( = K. Lav. 1, 3-4): L'Abhidharma, c'est la Sapience immaculée, avec son escorte. . .et c'est encore toute Sapience, et tout traité qui mène à la Sapience immaculée. L'enseignement du B. s'établit à trois points de vue : Défenses [moralité] (adhisîlam), Esprit (adhi- cittam) et Sapience (adhiprajnam) ; ce dernier est le plus élevé, c'est celui se place l 'Abhidharma. Le corps de doctrines compris sous ce nom et les problèmes qui se posent à son sujet seront traités

ABIDATSUMA

ABÔ

dans une partie ultérieure du dictionnaire, à propos des livres qui l'exposent et qui sont désignés sous le même nom.

ABIMOKUTEI POÉSIE, te. d'un mot sk. hy- pothétique qui serait abhimukti, et qui est td. par shinge <f=f#£ "conviction" Ttt. 1796 III. Il n'est pas douteux qu'il s'agit d'une lecture fautive du sk. adhimukti.

JABIMOKYA ou abimokukya p^it (ou ~g) ÈH£> te. du sk. abhimukha (°î) "Droit-en-face", 6e des 10 Terres de Bs. Td. genzen %]&%] "actuelle". —Cf. *Ji "Terre".— Nom d'un Sceau T. 848 iv.

ABIRAUNKEN WfemWA Tt. 861, ou M^m

&'x t. 848 m, Ttt. 1796 xi, mmm-m t. 1273,

H^H^X Hizk. = sk. avirahûrhkham. Une des grandes Formules de la secte Shingon. Proprement c'est une des Formules de Vairocana dans le Plan de Matrice, mais on l'emploie aussi comme Charme de tous les B. Dans T. 848 III Vairocana enseigne cette Formule en vue de subjuguer les quatre Mâra et de sortir des six Destinations ; mais la première syllabe dans ce texte est âh au lieu de a : c'est d'après la tradition de Kôbô Daishi que la substitution d'un a initial a été admise au Japon. Ttt. 1796 ad loc. donne l'interprétation de chacune de ces syllabes. D'autre part Ssjg. de Kôbô Daishi les met en rapport avec les cinq Eléments, les cinq Sapiences et les cinq B. Cf. *Abanrankanken, *Arahashana.

ABISAMBUTSUDA |5BJj£HWÊ, ou abr. abi- sambutsu psjJUrî'felii Tt. 1509 xxxvm, ou ayuisam- butsu HfjÉH'flî T. 221 =sk. abhisambuddha ; tib. mnon par rjogs par sans rgyas. Gog. m td. gentô- gaku ï^^^ "qui a l'Eveil actuel et Egal" et observe que ce terme a pour synonyme celui de jôshibutsu J&3z$l» "B. accompli et parfait" employé dans T. 226.— Cf. *Bodai.

abisha pmm (ou mmwî, m%&, mua.

HiÊï^) = sk. âvesa. Td. hennyû j||A "entrée". C'est l'entrée d'un dieu ou d'un démon dans un médium, autrement dit la possession. Plusieurs textes es. décrivent en détail ce phénomène, notam- ment T. 1277 spécialement consacré à l 'âvesa : "Méthode d'âvesa enseignée par le dieu Mahes- vara et de prompte efficacité." Mahesvara s'adresse à Nârâyana : "Si l'on veut connaître les choses de l'avenir, il faut choisir quatre ou cinq garçonnets (dônan jgj$, sk. batu) ou fillettes (dônyo jl^G sk. kumârî) âgés de sept à huit ans, sans cicatrice ni marque au visage, ayant l'oreille fine et l'intelli- gence éveillée. On les soumet à une diète frugale pendant trois jours au moins ou une semaine ; puis, quand un jour propice a été choisi pour la céré-

monie, Pusya, Abhijit etc., on les baigne, on les enduit d'encens, on leur passe des vêtements purs, on leur met du camphre dans la bouche. Devant le récitant chargé des Formules, assis face à l'Est, on place l'enfant debout sur un petit autel de santal blanc enduit d'encens, d'une coudée environ, et on répand des fleurs. Le récitant brûle de l'encens de Parthie dans un chaudron à eau lustrale, il pro- nonce la Formule du grand Sceau en accomplis- sant sept fois la Bénédiction. On fait monter la vapeur d'encens vers les mains de la fillette, qui s'en couvre le visage, pendant que le récitant accom- plit encore sept fois la Bénédiction avec des fleurs rouges ... Bientôt l'enfant se met à trembler; c'est la marque de la possession. Il faut alors se hâter de l'interroger sur les bonheurs ou les malheurs futurs" et aussi du passé et du présent, d'après les autres textes : T. 867 11, Tt. 1199, Tt. 1202, Tt. 895 11 (qui appelle cette cérémonie hashina &fcf£$$ = sk. prasna "interrogation" ?). Ttt. 2061 1 rapporte que Vajrabodhi, au palais impérial de Chine, "lia par ses Charmes deux fillettes de sept ans qui se trouvèrent possédées par des princesses défuntes." Des pratiques analogues sont encore très répandues en Chine et en Annam ; les médiums, quel que soit leur âge, continuent à être désignés comme "le garçonnet" et "la fillette". Au Japon, les médiums sont appelés yorimashi ffjA», ou miko 7JÂ~£c, ou kuchiyose P^.

ABISHARA psil&îiH = sk. abhicara (ou °câra). Td. shitsugyô $|ff "rapide". T. 721 xvi : C'est la quinzième des trente-six classes de Trépassés qui habitent le monde des Trépassés (l'autre catégorie habite le monde des hommes). Cf. *Gaki.

ABISHAROKA PBlM)lPt}$9 T. 893, Tt. 1056 et 1216, ou psjJëfàlM T. 952, ^jgffiPi^ T. 951, abisharaka W&MWiM T. 849, abisara pmkM Tt. ii94 = sk. abhicaruka (ou °câruka) ; tib. drag chul spyod "pratique terrible". Td. gôbuku P£tJc, jôbuku |§t^ "dompter". Exorcisme. Nom d'une classe d'exorcismes et de libations destinés à sub- juguer les Etres. Cf. *Goma.

ABISHIDO |5iJMH^=sk. abhijit; Mvy. 3207 tib. byi bzin, ch. nyo iç. Nom d'une mansion lunaire. T. 1300 11 Quand on naît au temps la lune quitte la mansion nyo, on a beaucoup d'honneurs. La te. n'est donnée que par Sgsk. 11. Cf. *Shuku.

ABÔ pjjfg, ou |5pJ$7, fflttj. Geôliers infernaux. Leur nom a l'apparence d'une transcription, mais l'original n'en est pas connu. On peut suggérer le sk. avânc, avâk "la tête en bas", position qui est celle des êtres infernaux ; cf. le nom de l'enfer Avîci. Td. fugun ^^ "pas foule", fondée sans doute sur

ABÔ _8

une fausse étymologie avarga. Le nom est parfois réduit à jg, p. ex. T. 42. On le trouve aussi, mais seulement dans la littérature jap., combiné avec le mot Râksasa en Abôrasetsu PSJES^^IJ ; la forme Bôra ffr|§ ^ se Ht dans un sûtra apocryphe Jizôbosatsuhosshininnenjûôkyô i&ffî^îMïi % ®%k -\~3LW£ semble en être une abréviation. Le terme Abô paraît déjà dans le Vinaya des Mahîsâsaka T. 1421 xxvm : "tous les ministres de l'enfer, Abô en tête". D'après T. 741 ils ont une tête et des pieds de- bœuf, sont forts à renverser des mon- tagnes, et portent des fourches d'acier; c'est eux qui amènent les damnés devant Yama. D'après Ttt. 21 21 xlix citant un sûtra perdu, ils sont au nombre d'un million, soumis à l'autorité de Vai- sravana, et ils portent deux cornes. T. 202 xm : Abô à têtes de mouton, de cerf, de lièvre, et d'autres animaux ; Ttt. 2122 lxxxiv : Abô à tête de bœuf. —Cf. *Abi.

JABOKYA |5nli^flin = sk. amogha, td. fukû ^S "non vide" (au sens de "non vain"). Epithète qui figure en composition dans un grand nombre de noms de divinités es., p. ex. Amoghapâsa, Amo- ghasiddhi (*Fukûkensaku ^H^, *Fukûjôju ^ S^gfc» Q- v.). Elle est associée au nom de Vairo- cana dans la célèbre Formule dite Kômyôshingon ^^ytH" T. 1002 (cf. T. 1092 xxvn) : Om Amogha Vairocana mahâmudra manipadma jvâla pravartaya hûrh. Autre te. amokukya |5pJ g flfl] dans le nom du fameux traducteur Amoghavajra.

ABUDA mmt (ou Sg&Pfc, &&PÊ), ou abudon HStfH (j&à^oft) = sk. arbuda, p. abbuda ; tib. chu bur can "qui a une maladie éruptive". Td. K, shumotsu fljHIÎJ "tumeur, cloque". Nom d'un Enfer. T. 24 IV et 25 iv : C'est le premier des dix Enfers ; on l'appelle abuda parce que les corps des habitants de ces Enfers sont comme des bulles. T. 1 xix (le Dîrghâgama auquel se rattachent les deux textes précités) donne aussi une liste de 10 Enfers ; le premier y est appelé kôun JjLfÈ "épais nuages", parce que le corps des Etres y est pareil à d'épais nuages (cette interprétation ramène sans doute la te. abuda au sk. ambuda "nuage"). Tt. 1505 11 le nomme comme un des 3 Enfers froids et le traduit par sokki 4^36 "produit soudainement". Tt. 1509 xvi en fait un des 8 Enfers froids : Il y souffle un vent empoisonné et glacial qui fend la peau des damnés, fait tomber leurs cheveux, déchire leurs tendons et leurs chairs, brûle leurs os et con- sume leur moelle. Tt. 1558 xi en fait aussi le pre- mier des 8 Enfers froids ; cm. Ttt. 1821 xi dit qu'on l'appelle "cloque" parce que le froid produit des cloques sur le corps des damnés. Id. Ttt. 1579 iv. En jap. le mot abata, altération du sk. arbuda, désigne un visage marqué de petite vérole. Cf.

ADANA

*Jigoku.

abudon m^& (ou ptmm&m&,im& etc.)

= sk. arbuda, le second des cinq états du fœtus. -Cf. *Tai £.

ABUKANA m&W (ou g?) $.— Ttt. 1805 11 a td. konyûshû ,H^À^£ "appeler à entrer dans l'assem- blée". Bns. il a cité Keds. p. 46 donne la même td. et ajoute : C'est une pratique pour éliminer les péchés. Cf. p. abbhâna qui pourrait supposer sk. âhvâna "appeler à soi" ; abbhâna en p. désigne le rappel dans l'intérieur de la communauté d'un moine mis en pénitence.

ADAIANOKUHANA |Sr|gppï|^ïR^ = sk. âdya- nutpadâ ou °panna, td. hompushô if^^E "Sans- Production originel" Tt. 1509 xxvn. Un des Sens de la lettre a. Cf. *A (Ajigi).

ADAIMOKUTAKA|SiJ|g0^^n [ou ~flm] (corr. Ttt. 2128 xn en ajimokutokka [^*t!î@î#$l!) = sk. atimuktaka (?). Td. zenshiike ff }& j&ij'é, koshôshi lajS?^» ryûshike jf|i®|1é "sésame" (?) Ttt. 2131 vnl ; d'après cet ouvrage, l 'atimuktaka ressemble au chanvre, avec des fleurs rouges, des feuilles bleues ; on en tire de l'huile et du parfum. (Observer que les noms botaniques dijnnés par P. W. pour l'atimuk- taka sont tout différents : Diospyros Glutinosa, ou Dalbergia Ougeinensis, ou Gaertnera Racemosa. Mais cf. Laufer, Sino-Iranica 290, qui rétablit adhimuktaka [?] et l'explique par "sésame".)

ADANA PrI Pg^5 = sk. âdâna ; tib. len pa Attribution-personnelle. Td. shûji %)$$ "prendre et maintenir" Tt. 1593 I, 1594 1 etc. ; muge 4ffif§? "sans Libération" Ttt. 185 1 m etc. Nom donné à une des Notations, la 7e ou la 8e. Tt. 1594 1: Cette Notation [âlaya] porte aussi le nom d 'âdâna ; à ce sujet la Tradition (Âgama) est comme il est dit dans le Sandhinirmocanasûtra [T. 676 1] : La Notation âdâna, très profonde et subtile, [évolue avec] tous les Germes comme un Courant. Mais à des ignorants je ne donne pas d'explication sur ce sujet ; je crains en effet qu'ils ne l'Imaginent pour en faire un Soi. Pourquoi cette Notation [âlaya] reçoit-elle aussi le nom d'âdâna ? C'est parce qu'elle maintient et s'attribue tous les Organes du Formel, et parce qu'elle est l'appui de la Prise de tous les Substantiels- propres. Pourquoi ? Les Organes du Formel, parce qu'il sont maintenus et appropriés par elle, ne se perdent ni se détruisent ; jusqu'à la fin de la vie ils font leur Révolution à sa suite. Et de plus, lors du Passage-d'existence, c'est elle qui prend la nou- velle Existence et qui maintient ainsi le Substan- tiel-propre.— Cf. aussi Tt. 1585 m. On a beau- coup discuté en Chine sur le rang de l'âdâna dans

ADANA

l'énumération des Notations. En gros, on peut dire que les maîtres des écoles anciennes, Dasabhûmi, Mahâyânasamparigraha, Tendai, l'ont compté comme la septième, tandis que l'école nouvelle, à dater de Genjô, le compte pour la huitième. Ane. éc. Ttt. 1851 m énumère huit désignations de l'â- dâna : (1) Inscience; (2) Notation d'Acte; (3) Nota- tion de Révolution ; (4) Notation d'Actualisation ; (5) Notation [d'Obstruction] de Connaissance ; (6) Notation de Série ; (7) Notation Fictive ; (8) Notation de Prise. Le nom de Notation Fictive suffit à montrer que la qualité de réel est réservée ici à la huitième. Cette doctrine est d'accord avec la version du Mah° samparigraha par Paramârtha. Le fondateur du Tendai se rattache à cette école : Ttt. 1716 v c, 1777 v. Nouv. éc. Cf. Tt. 1579 lxxvi ; Tt. 1594 I. Ici le septième rang des Notations est occupé par le Mental Passionné (sk. klistamanas) ; l'âdâna se confond avec l'âlaya et occupe le huitième rang. T. 676 1 : Cette Notation est aussi appelée âdâna, parce qu'elle suit le corps et le maintient. Elle est aussi appelée âlaya, parce qu'elle saisit le corps et y est emmagasinée, et partage avec lui sécurité et danger. Cf. *Araya, *Amara, *Shiki.

AD ARA HiM (ou W&!) = sk. âdara; tib. gus "respect". Td. gasshô ^Sjl "joindre les mains" Ttt. 1796 xiii, ou sakyô f^§jj "faire une salutation respectueuse" Mvy. 1764. Ttt. 1796 xm donne une liste de douze Sceaux consistant à joindre les mains; le 6e, le 11e, le 12e sont dits Adara. Cf. *In E|J.

AENTEIKARA |îpI $iJ Jg gnf H = sk. ?— Nom d'un démon, td. shokukashoshô jjfcj/C$?!H "brûlé par le feu qu'il mange" T. 984 1 cité Keds. 13 [S. XXVII, vu, 45 b, donne kotsu £fc pour en $1]].

AGANÔ i&UtÔnJï^sk. aghana[m] ; td. mukô "non épais". Nom d'un éclair à l'Est T. 1402

JAGIBIKA H^^fiin-sk. âjîvika ; td. *Jamyô Jflînfr "vie perverse", q. v.

AGINI P^fë, ou Ttt. 213 1 vi agini JgS/B = sk. Agni ; td. *katen i^.X "dieu du feu"; le second des douze grands dieux du brahmanisme (*Jûniten) adoptés par le bouddhisme Ttt. 1297 (qui est un rituel d'offrande à ces Douze Dieux). Le bouddhisme lui accorde une place dans l'Es. : il est placé dans la Cour (ou section) de Diamant extérieure de chacun des deux Cercles (de Diamant et de Matrice). T. 848 1 et cm. Ttt. 1796 v : Il est figuré dans les flammes avec trois marques de cendre sur le front et sur les deux bras (comme le font les brahmanes avec leurs trois doigts, ajoute le cm.) ; il est de cou- leur rouge foncé, tient sur son cœur un triangle ; sa tête est entourée d'une auréole ronde, et ses at-

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tributs sont le rosaire et le flacon. Vairocana se manifeste sous cette forme pour attirer les brahmanes du Veda, adorateurs du feu. Sa Formule est : Namo Agnaye svâhâ Ttt. 1295, etc' Actuellement dans le Cercle de Diamant il a pour attributs le bâton d'ascète et le triangle (dit Roue de feu triangulaire sankakukarin H#j.i/C$ifl) '■> dans le Cercle de Ma- trice (et dans la Série des Douze Dieux), il est figuré comme un ascète entouré de flammes avec quatre bras (et non deux) : une des mains droites tient un triangle devant la poitrine, l'autre, dressée, tient un rosaire ; une des mains gauches tient le flacon kundî devant les pieds, l'autre élève le bâton dit "bâton d'ascète" en forme de massue (cette tra- dition est celle d'Amoghavajra Tt. 908). Cf. Bbkw. 418, 440, 673. Il est assisté d'une reine en titre et d'une concubine royale Hizk. II, Ttt. 2131 vi donne pour son nom de famille une te. JSakiritayani ® ^(Jof^IflîM °iui semble correspondre à un patro- nymique du type Saukrtyâyani. Cf. *Katen.

AHADANA |SIiKPÈ8tf = sk. avadâna ; td. hiyu ffiflfs "comparaison", shutsuyô #i$t "faire sortir la lumière". Nom d'un genre littéraire l'Acte présent d'un personnage est rapporté par compa- raison à un épisode de son passé. Cf. la seconde partie du dictionnaire.

AHAE |$Pl$r# Gog. m, Ttt. 2131 1, ou ahae Htëtlt T. 1, T. 226 11, idiara Pffffl£$i T. 23 IV, ahagô [WlH T. 226 m, ahagôshu HIMH (ou £g) ib. vin, aekara WfâlmM. T- 23 vi, aegôshu ISJ#Mfê Gog. m, abasairasha WWMWM Tt- 1S^S n, te. partielles ou totales du sk. âbhâsvara, p. âbhassara ; tib. 'od gsal "éclat de lumière". Resplendissant. Td. kôonten Jt^fJl "Dieux dont la voix (svara) est lumière (âbhâ)" (anc. éc. ; les auteurs ch. ex- pliquent que la lumière émanant de leur bouche leur tient lieu de langage Ttt. 2121 I, 2131 11, 2035 xxxi), ou gokkôjôten fêàft&Ji "Dieux purs de splendeur extrême" (nouv. éc). La td. de l'anc. éc. repose sur une analyse fantaisiste de l'original ; en réalité le nom est dérivé du verbe âbhâs "briller" avec le suffixe d'adjectif °vara ; les interprètes se sont plu à y retrouver le mot svara "son" comme dans le cas d'Avalokitesvara (cf. *Kannon). On les place en gé- néral dans le troisième ciel, le plus élevé, de la deu- xième Extase dans le Plan du Formel Mvy. 3092, qui suit le KosaTt. 1558 vin ( = K. Lav. ni, 2). Cepen- dant T. 23 iv les met au neuvième ciel du Plan de Formel qui, ici, ne comporte pas de division en Ex- tases.— Leur caractéristique c'est qu'ils ont même corps, mais sont divers de Connotation Mvy. 2291 ; Tt. 1558 vin ( = K. Lav. m, 19-20) ; T.125 xxxm. Leur corps a une taille de 8 Lieues et leur vie une durée de 8 Périodes Tt. 1558 XI ( = K. Lav. ni, 171, 174). Parfois leur nom s'emploie pour désigner tout

AHAE

l'ensemble des Dieux de la deuxième Extase, p. ex. Tt. 1558 vin (=K. Lav. m, 19), Ttt. 2121 I. Cette Extase est la limite de la destruction par le feu ; tout ce qui est au-dessous est brûlé par l'incendie cosmique Tt. 1558 xn ( = K. Lav. 111, 215 ; aussi ib. vin = K. Lav. m, 20). C'est donc dans le ciel des Resplendissants que viennent renaître les Etres à la fin de chaque Période ; c'est lui aussi qu'ils quit- tent au commencement de la Période suivante pour aller renaître dans les mondes inférieurs.— Mais ce ciel est sujet à la destruction par l'eau Tt. 1558 xn (=K. Lav. m, 215). L'Ekottarâgama T. 125 xxxiv (=Aiig. Nik. vu 62 Suriya, cet épisode manque) conte comment, au début d'une Période, les Dieux Resplendissants (qui dans leur ciel, ajoutent d'autres textes, se nourrissaient de pensée, ou de joie) des- cendent dans le Jambudvîpa pour y manger la graisse de la terre ; ceux d'entre eux qui en mangent beaucoup perdent leur luminosité, et les Pieds de

Fig. 3. Dieux Resplendissants.

Magie qui leur permettaient de voler dans les airs ; leur corps se solidifie, ils ne peuvent regagner leur ciel et deviennent des hommes et des femmes ; ils sont réprimandés par les autres, qui ont pu remonter au ciel, et ils construisent des maisons pour se cacher : c'est l'origine des habitations humaines. Ce mythe se retrouve, avec des variantes, dans un grand nombre de textes (cf. O. Franke, Dîghanikâya 273 n. 1) : en pâli, dans l'Agannasutta du Dîg. Nik. xxvn ( = Dîr- ghâgama T. 1 vi et td. parallèle T. 10 11 ; aussi T. 1 xxn et td. parallèles T. 23 VI, 24 x, 25 x) ; en sk., dans le Mahâvastu I, 338-348 ; en ch. (cf. Beal, Catena 109- 112), en dehors des Âgama précités, dans le Madhyama T. 26 xxxix, dans Ttt. 2121 1, etc.; en tib., dans l'Abhiniskramanasûtra, Kanjur, Mdo Xxvi 161 (td. Csoma, JASB, 11,' 385); aussi Rockhill, Life 2. M. S. Lévi en a retrouvé des fragments dans une version koutchéenne. Daus l'es., les Dieux Res-

0 AHARARA

plendissants sont figurés au nord de la Section de Diamant extérieure du Plan de Matrice ; ils sont assis sur une natte, flanqués de deux assistants, et tiennent dans la main droite un bouton de lotus. Cf. *Bon, *Shikikai.

AHAMANAABA H$J»« Tt. 1505 n, ou ahamana |foJ$J^$J Kog. iv, hamana j$|g£jS ib., ahatsuramanaba M^MkMM'^ Gog. m, ôhamana ÉsîM#J T. 224 11, Ttt. 2131 iv, ôha H$ Kog. iv, aharana $0$.%$$$ T. 23 iv = sk. apramânâbha, p. appamânâbha ; Mvy. 3091 tib. chad med 'od ; ch. muryôkô MitJt "lumière incommensurable". Nom de Dieux du Plan de Formel, placés dans le deuxième ciel de la deuxième Extase. Cf. *Shikikai.

JAHAMATSURIKA |fcJïR*f(J*n, ou abamakka Pl$k~MlN T. 1092, ahamaraga MHkJÊMM Bzm.= sk. apâmârga, nom d'une plante, Achryanthes Aspera. T. 1060 on l'emploie pour expulser les fœtus morts ; td. goshitsusô 4^83?^

AHANDARA PnJ^|Pg|$ = sk. avântara l'inté- rieur des limites". Ssk. vin b td. *kekkai fâfft. (q.v.) "limites fixées".

AHARARA (foj $£}/;£§, ou Ttt. 2087 m aharara mmm, T. 155 h aharari WtWJ. Tt. 2042 1 ahaha H#£$£> etc. = sk. p. Apalâla ; tib. sog ma med "sans paille". Td. mumyô 4^gj "sans pousse", mu- tôkan ffîfâ^t "sans paille", muru ^tg? "sans reste" ; Mvy. 3273 furukokue ^®jg3#c "qui ne laisse ni céréales ni vêtements". Ttt. 2087 111 Nom d'un roi-Dragon qui habitait dans un étang localisé aux sources du Svat ; du temps du B. Kâsyapa, il était dans la condition d'homme sous le nom de Kyôgi $t (var. £&) flft [ = sk. Gângi], et par ses artifices ma- giques empêchait les mauvais démons de déchaîner des orages. Les gens du pays lui offraient des céréales en hommage de reconnaissance. Mais un jour ils cessèrent, et Gângi irrité se transforma en Dragon venimeux ; il fit vœu de ruiner les moissons par des orages violents ; il reçut alors le nom d 'Apalâla. Pris de pitié pour la misère des habitants du lieu, le B. alla lui livrer combat ; il frappa la montagne avec le foudre de Vajrapâni, et Apalâla dompté se convertit ; le B. consentit toutefois à le laisser une fois tous les douze ans déchaîner l'orage pour assurer sa subsistance. T. 155 il donne de cette légende une version plus développée : L'étang est localisé dans le village de Uren Mj^ près de Râjagrha ; cet étang est le séjour d'un Dragon nommé Sandari pj$|P£3*i [ = sk. Sundara], qui détruit les moissons dans le Magadha. Un brahmane le dompte par ses artifices magiques, et la population l'en récompense par des cadeaux ; mais lorsque le B. vient s'établir à Râjagrha, sa bienfaisante influence suffit à réprimer l'activité

AHARARA

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du Dragon et les habitants cessent d'offrir des pré- sents au brahmane. Irrité, celui-ci fait vœu de de- venir Dragon ainsi que sa femme et ses deux enfants ; pour assurer la réalisation de ce vœu, il s'acquiert le mérite d'offrir un repas aux quatre grands disciples du B. Il prend alors la place du Dragon Sandari et se met à ravager les moissons, dont il ne laisse que les pailles, d'où son nom Aharari |JnJ$£|j£f Ij ; sa femme changée en Dragon reçoit le nom de Hijuni Jfcf^JÉ, et l'un de ses fils celui de Kizenni $$$!$]&. Le roi Ajâtasatru demande secours au B. ; secondé par Vajrapâni, qui brise la montagne de son foudre, le B. soumet le Dragon, sa femme et ses enfants, et tous les Dragons et démons fauteurs de maladies se sauvent dans le royaume voisin de Vaisâlî. Tt. 1448 IX, qui te. Ahatsura P5j§fc|jÉ, situe la légende dans "l'Inde du Nord" c'est-à-dire du Nord-Ouest , mais à la fin du récit le B. enjoint à Apalâla de "faire en sorte que tous les hommes habitant le Magadha soient exempts de crainte". Ce texte fait également allusion à la femme, aux enfants du Dragon, et au "vœu pervers" qui l'aurait fait naître en cette con- dition.— Tt. 1509 ix rappelle brièvement la soumis- sion d'Apalâla, "au royaume des Gesshi JfjiÇ dans l'Inde du Nord". T. 425 iv fait allusion à un roi- Dragon ôra Hfljl (var. Kora iâfjl), qui ravageait les moissons et fut converti par le B. Cf. aussi T. 212 xxiii cité Watters, Travels 1 229 ; Tt. 2042 1, T. 2043 11, et Przyluski, Asoka 6. Tt. 1462 11 men- tionne le roi-Dragon Arabarô |fôj i$3£|flt (le texte p. correspondant, Samantapâsâdikâ, donne Aravâla) qui inondait les moissons au Cachemire et qui fut dompté par Madhyântika : il s'agit peut-être du même démon (cf. la prédiction sur la soumission du Dragon Korocha //tPflIfc [ = sk. Huruta] et la con- version du Cachemire, Tt. 1448 ix à la suite de la légende d'Apalâla).

AHATSURASHITA |5nJ£fr$|7lï£=sk. Aparâjita; tib. gzan gyis mi thub "non surmonté par un autre". Nom d'un Yaksa résidant à Sthûnâ T. 985 11. Autres te. aharajita pfttiWB£ T- 982 il ; araha- jitta p]%k$iM£> T. 984 1 qui traduit fushô ïfâfà "sans égal". Nom d'un Sceau, te. aharashitta PH&.WÀ£-> td. munôshô &g£g$ "invincible" T. 901 IV.

AHATSUTEIHATSURATEIDAISHANA |îpJ§£ J&^$lJli&tiï?î#P==sk- âpattipratidesanâ "confession du péché". Td. sange WLfà (anc. éc.) "contrition"; seppi fft^ (nouv. éc.) "dire le péché". Ttt. 2125 11 ; Ssk. vin a. Cf. *Sange.

AHÔ WjfâÈ, litt. loi du mutisme ; cf. Mvy. 9365 sk. mauna, tib. mi smra, ch. fugon ^ft", makusetsu l£f& "pas parler". Pratique ascétique du silence ; Ttt. 1808 IV b, se référant à T. 1435, la condamne

comme une Infraction-grave (sk. sthûlâtyaya) en tant qu'hérétique ; et en effet Ttt. 19 12 v b la mentionne comme une pratique des brahmanes. Il semble toutefois que le G.V. ait admis cette pratique. Sur le "mauvais silence", sk. mithyâmauna, cf. Tt. 1558 xvi ( = K. Lav. IV, 135, n. 2). Cf. *Ayô.

AI §£ = sk. ai ^, une des 12 voyelles et des 50 lettres du *Shittan.— Te. g, ft, ff , ffi, ^, H. £,&, jS£. Interprétations : T. 880 La lettre ai, c'est la Souveraineté inconcevable de toutes les Essences (sk. aisvarya). T. 469 et 187 iv Le ai est le son de la tenue supérieure (sk. airyâpatha ?). D'après Meikaku Ï3j§|f^ cité Bdji. 2, le nom sk. du dieu Sou- verain (îsvara) est Aidairi ScîHM (Aindriya), et c'est par ce nom qu'il explique le Sens de Souveraineté ; plus tard on crut à tort que dans Aindriya il y avait aussi le Sens de "tenue supérieure". Aussi T. 468 1 "Voie sainte" (sk. âryamarga ?); T. 374 vin, 375 vin, 376 v "Ainsi venu" (sk. aivamgata ?).

AI ^, Amour. Le mot Ai correspond générale- ment à Soif (sk. trsnâ, p. tanhâ, p. ex. dans la série des 12 Facteurs), mais aussi à Ferveur (Ai ou Aigyô, sk. preman, priyatâ, p. pema), à Attraction (Ai ou Aijaku, Aishû, Aizen, Aiyoku, sk. p. râga), à Désir (sk. p. kâma), etc. ; la diversité des originaux sk. est souvent perdue de vue par les auteurs ch. et jap. Sous ce terme le bouddhisme ch. réunit et con- fond des notions que la langue technique du boud- dhisme indien s'est appliquée à différencier ; Ai désigne en général toutes les poussées sentimentales de l'ordre affectif. Sur cette confusion initiale vient encore se greffer l'équivoque qui résulte de la ré- volution accomplie par le G. V. dans le domaine des Passions : au lieu de leur déclarer une guerre sans merci comme le P. V., le G. V. prétend les sublimer, les "purger" des éléments malfaisants, et les rendre utiles à l'œuvre du salut universel (cf. *Bonnô). Le grand nombre des métaphores figure le terme Ai prouve l'intense vitalité de cette notion dans la littérature du bouddhisme ch. et jap. Définitions. Définition de la Soif (ai) comme Facteur Tt. 1558 ix ( = K. Lav. m, 64): "Convoiter les biens matériels et les plaisirs sexuels." Autres définitions Ttt. 1851 v c: "Ai, c'est la Passion d'Attraction" ; Ttt. 1830 xvi : "Ai, c'est la Passion de la Soif." Classifications numériques. Deux Amours. (a) Passionné et Sans-Passion. Tt. 1545 xxix II y a deux sortes de Ferveur : la Ferveur Passionnée, qui est Attraction ; la Ferveur Sans-Passion', qui est Foi. Toute Attraction est Ferveur, mais il y a une Ferveur sans Attraction : c'est la Foi ; toute Foi est Ferveur, mais il y a une Ferveur sans Foi : c'est la Ferveur Passionnée. Tt. 1558 IV ( = K. Lav. il, 171) La Ferveur Passionnée est Attraction, c'est celle qu'on a pour la femme, les enfants, etc. ; la Ferveur Sans-

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Passion est Foi, c'est celle qu'on a pour le maître, les hommes supérieurs, etc. (b) Amour de Désir, propre aux Profanes, et Amour de Loi, propre aux Bs. et aux êtres supérieurs : Tt. 1509 lxxii II faut avoir des pensées d'Amour provenant de la Compassion, et non des pensées d'Amour provenant de la Passion du Désir d'Attraction. La Loi Mondaine est d'aimer sa femme, ses enfants, des bœufs, des chevaux, etc., et de haïr ses ennemis, les brigands, etc. Mais, transformant cet Amour Mondain, les Bs. n'ont que des pensées de Compassion pour tous les Etres.

(c) Amour de Trépassé et Amour de Loi : T. 374 v L'Amour de Trépassé n'existe plus dans la vraie Libération. L'Amour de Loi est la Compassion pour les Etres ; c'est lui qui est la vraie Libération.

(d) Mauvais Amour et Amour de bonne Essence, ib. xiii : le premier recherché par les ignorants, le se- cond par les Bs. ; ce dernier se subdivise en mauvais Amour de bonne Essence, propre à ceux qui ne recherchent que les deux Véhicules (Auditeurs et B.- pour-soi), et bon Amour de bonne Essence, propre à ceux qui recherchent le G.V. Ib. xiii énumère encore les variétés suivantes de mauvais Amour : (1) Amour de son propre corps, (2) Amour de ce dont on a besoin ; (1) Amour de Désir, (2) Amour de Formel, (3) Amour de Sans-Forme (cf. inf. 3 Amours) ; (1) Amour comme Facteur d'Acte, (2) comme Facteur de Passion, (3) comme Facteur de Douleur ; (1) Amour des vêtements, (2) des boissons et mets, (3) de la couche, (4) des bouillons et médicaments ; (1-5) Amour des cinq Masses. Trois Amours. (a) T. 353 classe, parmi les Pas- sions des cinq Terres à Résidences, les Passions des trois Plans comme suit : (1) Terre à Résidence de l'Amour de Désir Amour des Objets extérieurs des cinq Désirs, dans le Plan du Désir ; (2) Terre à Résidence de l'Amour de Formel Amour de son propre corps Formel, dans le Plan du Formel ; (3) Terre à Résidence de l'Amour d'Existence Amour de son propre mal, dans le Plan du Sans-Forme. Dans cette classification l'Amour tient lieu de toutes les Passions, dont il est le principe (cf. inf. Aikon). Cf. Tt. 1558 ix (=K. Lav. m, 85-86), la triple Soif: kâmatrsnâ, rûpatrsnâ, ârûpyatrsnâ. Cf. aussi Tt. 1579 lxvii. (b) Ojys. 11 c et Osks. xvm : (1) Amour du Domaine : pensée d'attachement conçue, au moment de mourir, à l'égard des parents, des biens ; (2) Amour de son propre corps : pensée d'attachement conçue, au moment de mourir, à l'égard de son propre corps ; (3) Amour de la Naissance future : pensée d'attachement conçue, au moment de mourir, à l'égard de la condition l'on naîtra. Quatre Amours. Tt. 1509 xliii : (1) L'Amour de Désir, qui est facile à voir, le péché qu'il implique étant de la catégorie de l'impureté ; (2) l'Amour de l'Existence qui, étant sans impureté, est plus difficile à éliminer ; (3) l'Amour de la Non-Existence, difficile à éliminer,

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parce qu'il ressemble à la Connaissance par laquelle on détruit l'Existence ; (4) l'Amour d'Essence, con- sistant à aimer toutes les bonnes Essences : il est profitable pour atteindre la Voie ; le péché qu'il implique est difficile à voir. Termes composés. Aien ^£$fc, l'Attraction comme Facteur; T. 310 lxxviii Parmi toutes les Passions, nulle n'est plus grave que celle formée par le Facteur de l'Amour. ~go ~jf_, veiller avec Amour, Ttt. 1912 vu c. ~gô ~i%c, Amour comme Acte causal produisant un Fruit futur; T. 670 II. ~gyô ~$£, Ferveur (sk. preman, priyatâ, p. pema): Amour Sans-Passion. Tt. 1558 iv ( = K. Lav. 11, 172) L'Amour en tant que Ferveur a pour Substantiel la Foi. Tt. 1585 vi La Foi a pour Caractère la Ferveur. Dans la secte Shin c'est un des noms de l'Esprit de Foi. Cf. T. 310 xvii, texte du 18e Vœu : "Ferveur joyeuse" ; Tt. 1524 : "Ferveur pour la saveur de l'Essence de B.", que l'on éprouve en Paradis. ~/zo ~i_j, aimer l'Essence : attachement fervent à l'Essence. T. 360 11 ; Ttt. 191 1 v f : "Aimer l'Essence, c'est de l'Inscience." ~i ~]_|, les deux troubles (*waku ^) : Attraction et Haine; T. 397 m. jaku ~ _f, At- traction (sk. p. râga), un des trois Poisons. T. 310 xcvn Produire une pensée d'Attraction, comme une mouche qui voit un crachat. T. 278 xxv Ne pouvoir boire jusqu'à la dessécher la grande mer de l'Attrac- tion.— Aijakujihishin _^j_;*_Mls Esprit de Com- passion produit par l'Attraction, cf. inf. Aikendaihi. Aijakushôji :_f_^E, Transmigration par At- traction.— ~jaku ~f|f, Regret d'Amour. T. 262 iv Je n'aime pas ma vie corporelle, mais je regrette l'Eveil sans-supérieur. Ttt. 1912 vu b N'avoir aucun Regret d'Amour pour la vie corporelle ou les riches- ses:— ~kai ~^JL, Plan de l'Amour; T. 397 m. ~ke ~f|)t, Illusion de l'Amour, autre nom du trouble (*waku fê&) de l'Esprit-en-travail. Tous les troubles se définissent par l'Amour, parce que l'Attraction est le plus puissant de tous ; le mot Illusion signifie que toutes les Passions sont vides et illusoires. ~ken ~}_ (aussi Keiiai JJLJt), Amour et Vue, les deux Passions fondamentales ; l'une produit un trouble portant sur les choses, l'autre trouble la raison. L'Amour (Attraction) représente à lui seul tous les autres principes de trouble portant sur les choses, parce qu'il est l'origine de la Douleur (cf. Aikon). T. 670 vi Les Etres tombent dans la fosse de l'Amour et de la Vue et perdent le chemin de l'Eveil. Tt. 1509 vu Deux espèces de Passions : l'une relevant de l'Amour et l'autre de la Vue. Ib. xxi Les Etres ont deux Conduites distinctes : Conduite d'Amour et Conduite de Vue. Ceux chez qui prédomine l'Amour s'attachent au plaisir ; ceux chez qui prédomine la Vue s'attachent à la Conduite de la Vue du Corps, etc. Cf. aussi T. 374 xv. Aikendaihi ^J^Lzk^, Grande Compassion de Vue d'Amour : sauver les Etres par l'effet d'une Com-

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passion qui n'est pas dégagée des Passions et n'est pas associée à la Sapience. C'est le cas des saints du P.V. qui n'ont pas encore tranché les Passions de l'Amour et de la Vue et reconnaissent encore les deux Caractères d'Aimé et d'Aimant ; leur Compas- sion étant illusoire et impure, ils sont dégoûtés d'être hommes ; il leur faut renoncer à cette Compassion. Tt. 1509 lxxix II y a deux voies pour les Bs. : celle de la Compassion et celle du Vide. L'Esprit de Compassion leur fait prendre en pitié les Etres, et ils forment le Vœu de les sauver ; mais l'Esprit de Vide détruit cet Esprit de Compassion. La Compas- sion seule sans Sapience fait tomber l'Esprit dans l'Idée-à-rebours de l'Existence des Etres. T. 1775 v (Vimalakîrtinirdesasûtra) : Il faut éliminer la grande Compassion de Vue d'Amour à l'égard des Etres. Pourquoi cela ? C'est en tranchant la Passion des Objets extérieurs que le Bs. produit la grande Compassion. Une Compassion liée à la Vue d'Amour donne lieu à un Esprit de dégoût à l'égard des nais- sances et des morts ; si l'on se débarrasse d'une telle Compassion, ce dégoût disparaît, et que l'on naisse la Compassion n'est plus Revêtue de la Vue d'Amour. Cm. Kumârajîva ib. : Une Compassion produite par l'Attraction née à la vue des Etres, lorsqu'on n'a pas encore approfondi le Caractère réel, c'est ce qu'on appelle grande Compassion de Vue d'Amour. Elle est illusoire et impure, et peut donner lieu à des Connotations de dégoût ; il faut donc l'éli- miner. Cm. Sôjô ib. : Celui qui soigne doit d'abord Inspecter ce principe que sa propre maladie, comme celle des Etres, n'est que le résultat illusoire et irréel d'un Enchaînement causal. C'est dans cet esprit que doit se produire la Compassion. On appelle Compas- sion de Vue d'Amour une Compassion née de l'Amour conçu à la vue des Etres, lorsque l'Inspec- tion ci-dessus définie n'est pas encore parfaitement pure. Il y' a du bon dans cette Compassion, mais les Domaines de la Vue d'Amour et de l'Esprit d'Existence [croyance à l'Existence] s'y trouvent mêlés, et elle n'est pas libre de tous liens ; elle doit donc être rejetée. Cm. Dôshô' ib. : La grande Com- passion de Vue d'Amour naît d'une Inspection se produit l'Esprit d'Amour et l'on désire sauver les Etres en les "voyant" encore (comme des Objets extérieurs). Elle existe aussi chez les Bs. qui, bien qu'ayant dompté toutes les Passions, font exprès de ne pas les trancher entièrement, et admettent les Caractères d'Aimant et d'Aimé, afin de sauver les Etres. Ttt. 1958 1 expose pour- quoi il est faux de croire que l'œuvre d'exhortation à gagner la Terre Pure soit fondée sur la Com- passion de Vue d'Amour. Le Bs. doit pratiquer à la fois la Sapience de Vide et la grande Com- passion, et ne point tomber exclusivement dans l'une ni dans l'autre. Dans ce texte de T. 1775 1 : "De même que si l'on veut construire une maison

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sur un terrain vide on ne rencontre point d'obstacle, mais qu'il est impossible d'en construire une dans le vide, ainsi le Bs. forme le Vœu d'utiliser le Terrain de B. pour y parfaire les Etres, et en formant un tel Vœu il ne se place point dans le Vide", le "vide" est interprété comme signifiant la Sapience du Vide, le "terrain" comme signifiant les Etres, la Vue des Etres, et la grande Compassion qui résulte de cette Vue. On ne peut construire sur un terrain s'il n'est vide, ni dans le vide sans terrain : il faut un terrain

vide. kon ^g, Racine d'Amour: la Passion de

l'Attraction comme Racine de toutes les autres Passions T. 397 xxvm. T. 673 1 "Inscience et Racine d'Amour". T. 262 il "L'Attraction est la Racine qui cause toutes les Douleurs." Cf. BEFEO

XXIV, 134 n. 2. kyô ~%., Ferveur et Respect.

Tt. 1558 IV (=K. Lav. 11, 172) En ce qui concerne la Ferveur et le Respect, quatre alternatives : (1) Ferveur sans Respect, à l'égard de la femme, des enfants, des compagnons en vie religieuse, des dis- ciples, etc. (2) Respect sans Ferveur, à l'égard du maître d'autrui, de l'homme doué de qualités, etc. (3) Respect qui est Ferveur, à l'égard de son maître, de son père, de sa mère, de ses oncles, etc. (4) Ni Respect ni Ferveur, à l'égard des autres personnes. La Ferveur et le Respect n'existent que dans les Plans du Désir et du Formel. Cf. Tt. 1545 xxix. Aussi Respect Fervent, comme celui du fils pieux pour ses parents, auquel est comparée la Compassion du Bs. T. 360 1. ~nen ~;g;, Pensée d'Amour. Le Tg. n'en a pas T. 374 11. ~ron ~%m, Vains-propos de l'ordre de l'Amour. Tt. 1564 ni et cm. Ttt. 1824 I Deux sortes de Vains-propos : de l'ordre de l'Amour, consistant à avoir un Esprit d'attachement à toutes les Essences ; de l'ordre des Vues, consistant à faire des explications tran- chées sur toutes les Essences. ~shin ~<C.S Esprit d'Amour (= Attraction) ; T. 670 vu.— ~shû ~$t, Attachement d'Amour = Attraction = Aijaku, sup. ; T. 262 1. ~sô ~$|î, Connotation d'Amour; T. 374 11. ~yoku ~$J, Désir d 'Amour = Attraction =Aijaku, sup.; T. 360 tt. ~zen ~%i, Souillure d'Amour=Attraction=Aijaku, sup. ; Tt. 1509 I, xxxiv. ~zô ~tff, Amour et Haine : aimer ses proches, haïr ses ennemis ; T. 279 xxvm, 262 m. T. 94s iv Les Vues diverses font la Haine ; l'union

des consciences fait l'Amour. waku ~^&, Trouble

de la raison causé par l'Amour. Onnai }§&, Amour reconnaissant, à l'égard des parents, des frères, de l'époux ou de l'épouse, etc. T. 360 : C'est un lien. T. 842 : C'est une Cause de Transmigra- tion.— Ttt. 2122 xxx : Au cours de la Transmigration dans les trois Plans, l'Amour reconnaissant ne peut être tranché. Le vraie reconnaissance consiste à rejeter la reconnaissance et à entrer dans l'Inopéré. Comparaisons. Aibaku gff , Lien de l'Amour. T. 246 11 "Liens de l'Inscience et de l'Amour".

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~doku ~%, Poison de l'Amour. Tt. 1509 xv "Flèche de la Vue enduite du poison de l'Amour". ~en ~gl, Onctuosité de l'Amour, qui rend luisant tout le corps de ceux qui convoitent les richesses T. 945 VIII. ~gen ~|ii|, Oeil d'Amour. T. 279 xxv L'œil d'Amour de la grande Compassion regardé avec Egalité tous les Etres. ~ka ~itf, Fleuve de l'Amour. L'Attraction comparée à un fleuve se noient les hommes ; les pensées d'At- traction s'attachant aux objets comparées à l'eau du fleuve qui imbibe toutes choses; T. 279 xxvi,

697, 945 iv, Ttt. 1733 xi, 1753 iv. kai ~?&,

Mer de l'Amour. L'Attraction est large et profonde comme la mer en tant qu'elle ne se rassasie pas de ce qu'elle a déjà obtenu, et agitée comme la mer en tant qu'insatisfaite à l'égard des objets non encore obtenus; T. 278 11, 279 lxxviii, Ttt. 1912 v d, 1735 xiii. ~ke ~$si, Lien de l'Amour Tt. 1509 xxviii. ~ken ~fpj, Filet de l'Amour T. 721 vu. ~ken ~j$iij, Cocon de l'Amour. L'homme pris d'Amour est comme le ver qui s'enveloppe dans son propre réseau de fils Ttt. 191 2 v c. ~ki ~3&,

Démon de l'Amour Tt. 2058 m. ko ~$Jî, Amour

comparé à la balle de riz qu'il faut rejeter Tt. 150c xxviii. ~mô ~$3, filet de l'Amour; T. 279 xxxiv, 190 xxxiii. ~m'« ~îMy humectation de l'Amour. Le moribond produit la Passion d'Amour qui humecte le Germe d'Acte d'où sort le Fruit de la douleur de l'existence future T. 279 xxxvm. ~n« ~$£, esclave de l'Amour T. 468 II. ~rin ~$jjj, Roue de l'Amour. L'homme est sur le char, entraîné vers les 6 Destinations ; Srsh. vin. ~rasetsunyo ~$!i3;"&*> l'Amour comparé à une Râksasî Ttt. 2058 11. ~shu ~H, Germe de l'Amour, produisant le Fruit de la Douleur T. 297 1. ~sui ~7jt, Eau d'Amour, qui humecte le champ de l'Acte et hâte le Fruit T. 279 xxxvn. Signifie aussi émission spon- tanée.— Onnaika JB3£$9, Fleuve de l'Amour re- connaissant Tt. 1509 1. Onnaishi J§J?!jîlJ, Epine de l'Amour, empoisonnée T. 1 x. Onnainu JH^SX, Esclave de l'Amour reconnaissant T. 277 1. Onnaigoku fê^£%$, Enfer de l'Amour reconnaissant T. 1 1.— Renvois.— Aibetsuriku ^ftlffi'g, Douleur causée par l'absence d'un être aimé. Cf. *Ku ^. ~go ~h§» Parole d'Amour. Cf. *Shô gj. ~ketsu ~£g, Lien de l'Amour. Cf. *Ketsu fg. ~shi ~;£, Branche de l'Amour. Cf. *Innen gj$&.

AIKISSHI fg*£, ou aikitsu fg§ Gog. xxi. Td. Ttt. 2128 liv et Gog. xxi kishiki ^P% "démon qui fait lever les cadavres". C'est aussi l'interpréta- tion que donne Ttt. 171 8 sur T. 262 vu le texte ch. porte kissha ^jgj (var. kissho ^M) dans une liste de démons qui causent les maladies ; l'original sk. (Lotus, 240) a krtya; il mentionne des espèces nombreuses de ces démons : Yaksakrtya, Amânu- sakrtya, Asurakrtya, et les Krtya de la fièvre seconde,

AIKONGO

tierce, quarte. Mvy. 4372 n'a que la forme féminine krtyâ, la seule en usage dans le sk. classique ce mot désigne une mauvaise fée ; il est rendu dans Mvy. par gsed byed en tib. ; en ch. sagai f^^ "malfaisant". Ttt. 2131 vi td. littéralement shosa $ff^ "fait" (sk. krta). La première syllabe de Aikisshi pourrait être l'interjection sk. ai. Tt. 620 11 ils tiennent des bâtons de fer, portent des guir- landes de crânes, et provoquent la démence, la lèpre blanche, etc. ; méthode pour les exorciser. Cf. *Bidara.

AIKONGO tgifcWl Diamant d'Amour, nom d'un Bs. Dans l'Es., sa place est à l'Ouest parmi les 5 Bs. de Diamant de l'Assemblée de Méthode du Plan de

Fig. 4. Aikongô.

Diamant. Il porte une bannière à tête de monstre marin appelée Makatsuc'ô HfJJItët "hampe de Makara" = sk. Makaraketu, nom donné en sk. classique à l'Amour (Kâma). Il est de couleur bleue. On compare le Makara, à qui pour se désaltérer ne suffisent pas les eaux des quatre océans, au Bs. dont la Compassion est insatiable Kmds. III ; Mtsg. 133. Ce personnage se distingue à peine de Kongôai- bosatsu ^|f3iJ^^^, un des 4 Bs. de Diamant qui entourent le B. Aksobhya (cf. *Ashuku) dans la Roue de l'Est du Plan de Diamant. Celui-ci est aussi de couleur bleue ; il tient dans la main gauche un arc, dans la droite une flèche T. 868 il (l'arc manque dans Hizk., Bzss. 41 et fig. LUI, et dans les peintures actuelles des Cercles). L'arc et la flèche (de fleurs) sont aussi les attributs de l'Amour indien. Les 5 Bs. de Diamant ont d'autre part leur Cercle spécial

AIKONGO

is

AIZEMMYÔO

Fig. s. Kongôai.

figure Aikongô ; Bbkw. 489 et fig. clxxxi. Cf. *Aizemmyôô, *Kongôbosatsu.

AIRABATSUNA Wfèfâ.^, ou Airabatsuna % %&&, Airahakuna 338119$. Ainabana f|$M5, Irabana #f|$£$, Inabana #HJ^-^, Inrabana $ÈWB3R>, Innabana PM$J3gL% Inrana WÊiffî etc. = sk. Airâvana (Airâvata), p. Erâvana. Nom d'un roi-Dragon qui sert de monture au dieu Indra ; c'est un des dix éléphants placés aux dix points cardinaux pour soutenir le monde. T. 721 xxi C'est un roi-éléphant blanc, à six têtes ; il prend part aux combats contre les Asura (cf. *Ashura) et porte un millier d'Indra. T. 279 lxvi II est long de neuf Lieues, haut de trois et habite sur les flancs du Sumeru. Ttt. 1821 xix dérive le mot d'un nom de l'eau, sk. ira : ce serait un Dragon dans l'eau en même temps que l'éléphant d'Indra. Eog. IV expli- que : ira = indra + vana "voix" (sk. bhâna ou vânî?), ou encore i = "sortir" + râvana "cri de joie". Mvy. 3354 td. tib. sa bsrun gi bu "fils du protecteur du sol" et ch. shuchishi ^iJË1^ même sens (évidem- ment fondé sur une analyse fantaisiste ira "terre" + avana "protection"), ou encore chiji itj)££ "soutien de la terre". Gog. xxiv (xxv) l'identifie avec *Irahattara = sk. Elâpattra ; l'identification semble inacceptable.

AISHINTEN ^#^ "Dieux au corps aimé". Tt. 1509 x les nomme parmi les Dieux des six cieux du Plan du Désir : "leur apparence est merveilleuse, d'où leur nom". Ces Dieux ne se retrouvent dans aucune autre liste ; ce sont peut-être les Tusitakâyika.

AITEN ppj^fô, td. Gog. vm éd. cor. [ = ix éd. ch.] shingaku £;ffJ§| "débutant dans l'étude" ou Jshimpocchi gîftjj^ "néophyte", à l'occasion d'un passage du Vimalakîrtinirdesasûtra td. par Shiken

SCWt T. 474 1, le mot se présente avec trois variantes : aiten PRÎ^fô, aigyô pl%ff, aig° WJWR* Les versions parallèles T. 475 1 et 476 11 portent toutes les deux shingaku. M. Ogiwara Unrai $cl^ §^Ç nous suggère la correction aikatsu Pnlî&fiîï qui correspondrait au sk. âdikarmika = Mvy. 387 tib. las dan po, ch. shogaku ^J^ "débutant dans l'étude", et Mvy. 9242 td. analogues.

AIZAITEN *gfà%, "dieu aimant la richesse". Nom d'une étoile qui préside à la richesse, rangée parmi les sept Luminaires, elle est désignée comme "l'étoile du loup avide" tonrôsei £|&J&. Elle est placée dans le Plan de Matrice au Nord de la Cour de Diamant extérieure Tmds. vu.

AIZEMMYÔO ^IfcBJÏ, Roi de Science d'At- traction =sk. Râgavidyârâja ; autres noms Ragaraja |&Mffl = sk. Râgarâja, Makaraga Jf fnT|if$ = Ma- hârâga, Bakuwakurarajahitsuriya ff QJUfâSdfrSJS = Vajrarâjapriya. Aperçu. Aizemmyôô est, comme tous les personnages de sa classe, les Rois de Science (*Myôô, sk. Vi- dyârâja), une divinité du type ésotérique (sk. tantra) qui, pour assurer mieux la protection des fidèles, prend un aspect terrible : les Myôô ont pour correspondant, dans le panthéon de l'Inde et du Tibet, les Bhairava "effroyables" et les Krodharâja "rois de co- lère". Comme eux il a trois yeux, plusieurs paires de bras, la che- velure hérissée, et il est susceptible de recevoir plusieurs visages. Il représente l'Amour, l'a- mour sublimé, mais avec un tréfonds d'érotisme comme c'est le cas ordinairement dans le Tantra ; il a hérité de l'Amour l'arc et la flèche classiques (tel l'Eros grec), le croc ou hameçon, et la couleur rouge. Mais sa fureur ne se tourne que contre les erreurs grossières d'où naît l'amour profane, la croyance au Soi et la croyance aux choses. Ses armes sont de Diamant (ou de Foudre ; le mot sk. vajra a les deux significations), comme c'est aussi le cas de ses congénères ; elles sont infrangibles et im- maculées. Destructeur des Passions vulgaires, il suscite à leur place un Amour plus grand et plus fort qu'elles, qui embrasse l'univers d'une ardeur égale pour l'amener au salut. Ses fidèles se récla- ment de ce principe : "les Passions, c'est l'Eveil" Ttt,

Aizemmyôô.

AIZEMMYÔÔ

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AIZEMMYÔÔ

Fig. 7. Aizemmyôô bicéphale.

1911 1, 1716 ix ; cf. Ttt. 1796 x: D'ordinaire on enseigne à vaincre l'Attraction par la Non- Attrac- tion ; mais maintenant j'enseigne à la vaincre par la

plus grande Attrac- tion.— Sa Concen- tration est dite meonzôsammai J^ m^m" Concen- tration de l'organe secret, caché com- me chez le cheval" (meonzô est un des 32 Caractères du Grand Mâle, sk. kosâpagatavastigu- hya, cf. *Sô fë) : c'est en entrant dans cette Concen- tration que Vairo- cana enseigne la Formule de Aizemmyôô T. 867 (2e chap., intitulé Esprit du Roi Aizen) ; cm. Ysks. I l'appelle aussi jogaishôjô $fcziïiffifê. "Extase est éliminée l'Obstruction (des Passions)" : les Passions sont manifestées par l'Erreur et éliminées pai l'Eveil, de même que l'organe du cheval apparaît au moment du rut et se cache aussitôt après ; d'après le même cm. certains textes interprétaient le mot râga par onzô f^lÊ "organe secret caché". Hmjr. 6 fait al- lusion à des in- terprétations ob- scènes qui eurent cours dans l'Es, j ap . , notamment dans la branche Tachikawa j£JI| $ft ; Aizemmyôô est aussi la divi- nité principale de la branche Ono /MFfà. On le considère comme une "transfor- mation" soit de Vairocana, soit du Bs. de Dia- mant d'Amour, *Aikongô, soit enfin de l'ensem- ble des 4 Bs. de Diamant qui entourent le B. Aksobhya dans la Roue de l'Est du Plan de Dia- mant : Etre, Roi, Amour, Joie (cf. *Ashuku) .—Nom es.: Riaikongô f|fëgfèKJ!| "Diamant détaché de l'Amour". Germe: hûm. Formule T. 867: Om mahârâgavajrosnîsavajrasattva jah hûm varh hoh.

Fig. 8. Tenkyûaizen.

Formes de Convention: le croc à cinq pointes (pour pêcher les Etres), la coiffure de lion (symbole de courroux), l'arc et la flèche (dont le contact sym- bolise l'Amour Ysks. 1, ou qui représentent encore la Concentration et la Sapience, au moyen desquelles on tire sur la fausse Vue du Soi dans l'individu et dans les Essences). Sceau: T. 867 Les médius sont dressés l'un contre l'autre, les autres doigts sont entrecroisés et repliés à l'intérieur des paumes. Iconographie. La forme ordinaire à une tête et six bras est décrite T. 867 (5e chap.) : "Son corps a la couleur des rayons du soleil ; il se tient dans une Roue ardente, et de ses trois yeux regarde avec colère. Il a une coiffure de lion, surmontée d'un croc à cinq pointes ; sa chevelure hérissée lui donne un aspect irrité, et de sa tête pendent des guirlandes de cinq couleurs. Des écharpes divines couvrent ses oreilles. Dans la main gauche supé- rieure il tient une clochette d'or, dans la droite un Diamant à cinq pointes; son Attitude est celle d'un Etre maintenant le Plan des Etres. Dans la main gauche du milieu il tient un arc de Diamant, dans la droite une flèche de Diamant, comme s'il décochait de la lumière d'étoile pour créer l'Es- sence de la grande At- traction. La main gauche inférieure tient "cela" (un objet dont le choix est laissé aux fidèles : Joyau, corps humain, tête humaine, sac, etc. ; en général c'est le Joyau ; cf. Kkzs. v qui donne plusieurs images ne va- riant que par l'attribut tenu dans cette main), et la droite un lotus. . . Il est assis les jambes croisées sur un lotus rouge placé sur un vase précieux, des bords duquel s'échappent des Joyaux." On trouve également une représen- tation bicéphale à deux ou huit bras : les deux têtes représenteraient respectivement Aizen Jclfë e* Zeiiai |fe^, ces deux noms étant mentionnés T. 867 ; on interprète Zen comme l'aspect masculin de Aizen et Ai comme son aspect féminin, oar l'homme éprouve de l'Attraction (zen) pour la femme, mais la femme aime (ai) l'homme. Une autre forme, dite de l'arc céleste Tenkyûaizen X^M^c» encoche une flèche vers le ciel. Une forme tricéphale tenant un arc bandé, et placée sur un lion, aurait été introduite

9. Aizemmyôô tricéphale.

PLANCHE I

AIZEMMYOO.

Peinture attnbure à Kose Aimi lîffttIM. (début du Xe siècle). Gokokuin ilSWBi;, Ueno, Tokyo.

AIZEMMYÔO

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AJARI

de Chine au Japon par Chishô Daishi *$&.%$$ au IXe siècle. Aizemmyôôhô SJIfèBÉJIEfé;, cérémonie es. dans laquelle Aizemmyôô joue le rôle de divinité principale. Son image rouge est placée sur une estrade rouge et les officiants sont vêtus de rouge. Cette cérémonie, décrite T. 867 et Tt. 1132, peut s'accomplir d'après ces textes en vue des cinq objets suivants : (1) senchika J^jg^S = sk. sântika "Apaisement" (du mal), (2) fushutchika ^j^^jSn = sk. paustika "Accroissement" (du bien), (3) bakushi- karana |$f#o$!!!ifM£=sk- vasîkarana "Ensorcellement" (4) gataya $[)^ = sk. ?, (5) *abisaroka ffl&fflfe jjp = sk. abhicaruka (ou °câruka) "Exorcisme" (cf. *Goma). Au xie siècle Jôson fSL^l, fondateur de l'école Ono, l'accomplit au palais impérial du Japon. Aizemmandara ^t$i§kMMi> Cercle de Aizemmyôô. Il en existe une variété à 37 personnages, qui se rattacherait à la tradition de T. 867, mais la forme la plus connue est celle de Tt. 1132 qui comprend les 17 personnages suivants: au centre Aizem- myôô, dont ici le Germe est om ; à ses côtés quatre Etres de Diamant : Ishô M&. "né du Mental" (sk. Manoja), Keirikira ffMtëlifè^sk. Kelikila, Airaku 5£$â "joie d'amour" (sk. Râgavajra Hmjr. 11), Iki MM. "souffle du Mental", qui ont respectivement pour Germes ma,hâ,su,kha ; aux angles les person- nages féminins correspondant aux quatre précédents ; leurs noms sont les mêmes, mais leurs Germes diffèrent : va, jra, sat, tva ; sur les côtés de l'encadre- ment quatre Bs. : Formel, G. jah; Son, G. hûm; Odeur, G. vam ; Saveur, G. hoh ; aux angles quatre Bs. des Saisons : Printemps, G. su ; Pluie, G. ra ; Automne, G. ta ; Hiver, G. sattvarh. Les Germes forment ainsi la Formule suivante : Om mahâsukhavajrasattva jah hûm vam hoh suratasat- tvam. Des spécimens de ce Cercle sont conservés au Japon, notamment au Taizanji ^[il^f en Harima et au Zuishihin H|pil>$c en Yamashiro. Cf. *Aikongô.

AJARI |5nJH9!^ = sk. âcârya, p. âcariya ; tib. slob dpon. Maître. Autres te. ajari psjfljfÊÎ, ashari |îpJ $l%k, ashiri [fôjjji&flj, |5njjftg^ (anc. éc.) ; ashariya

mmw$, nmmv, pvmnm (noUV. éC.) ; jan m

gl (abr.).— Td. kyôju ficig "professeur" Skk. VII, ôkuyô Ultft'fil "digne d'être servi" ib., ôkagyô H$£pJ ff "dont la conduite est digne d'être imitée" ib., shôgyô jE^T "conduite correcte" ib. et Ssk. VII, Tt. 1660, Ttt. 2060 11, chiken ^SÊ "sage"Ttt. 2060 il, denju fj£iS "qui transmet" ib., kihan $Jtfg "mo- dèle" Skk. vu, Ssk. vu, Ttt. 2125 Vil. Cette dernière td. est celle de la "nouvelle école". Origine de l'institution dans le bouddhisme. T. 1428 xxxiv En ce temps, les Moines mendiants récem- ment ordonnés n'avaient personne pour les ins- truire après la mort de leurs Professeurs. Ne recevant pas d'enseignement, ils négligeaient leurs

Attitudes, manquaient d'ordre dans leurs vêtements, ne mendiaient pas selon la règle, recevaient souvent de la nourriture impure ou dans des bols impurs, et poussaient des cris bruyants lors des grands et des petits repas, comme les brahmanes dans leurs réu- nions. Alors les Moines mendiants allèrent rapporter cela au Bhagavat, qui dit : J'autorise dorénavant l'institution de Maîtres et de Disciples ; qu'ils se considèrent comme pères et fils, et s'assurent mu- tuellement enseignement et service. Cinq sortes : T. 1421 xvi Le B. dit : Il y a cinq sortes de Maîtres : (1) Shukkeajari ffi^H^âï (Maître pour sortir de la maison) ; c'est le Maître qui convertit et ordonne les Novices. (2) Kyôjuajari tfefêH^l^ (Maître en- seignant) ; c'est le Maître qui enseigne la règle des Attitudes à observer lors de la réception des Défenses complètes. (3) Kommaajari ^|^H^^ (Maître d'Actes ; sk. karmâcârya) ; c'est le Maître qui ac- complit les Actes [prescrits] lors de la réception des Défenses complètes. (4) Jukyôajari igM|SIg]£* (Maî- tre enseignant les sûtra ; sk. pâthâcârya) ; c'est le Maître qui a enseigné, ne fût-ce qu'un seul jour, à réciter les sûtra. (5) Eshiajari 'KÏiPSjffl^ (Maître auprès duquel on réside) ; c'est le Maître auprès duquel on habite dans le même logis. Autre classifi- cation, de cinq, Eog. il : (1) Maître d'Actes (Komma 99J§) ; (2) Maître d'Attitudes (Igi tfftfc) I (3) Maître auprès duquel on réside (Eshi j£jt) ; Maître en- seignant les sûtra (Jukyô $£%£) ; (5) Maître des dix Défenses (Jukkai +$). Cf. Mvy. 8728-8732 : (1) sk. âcârya, tib. slob dpon ; (2) sk. karmakâraka, tib. las byed; (3) sk. raho'nusâsaka, tib. gsan steston; (4) sk. nisrayadâyaka, tib. gnas byin ; (5) sk. pâthâcârya, tib. klog pa'i slob dpon. Six sortes, Sgs. m : (1) Maître de tonsure (Teihatsu $lj§l) î (2) Maître pour sortir de la maison (Shukke ffi^O ; (3) Maître en- seignant les sûtra (Jukyô $&M) ; (4) Maître enseignant (Kyôju gcjg) ; (5) Maître d'Actes (Komma J$£$) ; (6) Maître auprès duquel on réside (Eshi $cjfc.)- Kunjijari ^J$^M, Maître de Kundî, terme qui désigne dans l'es, le Maître d'Onction (l'Onction se faisant avec le vase kundî). Es. Treize Vertus des Maîtres d'après la secte Shingon : T. 848 I Les Maîtres es Cercles du premier degré doivent (1) avoir produit l'Esprit d'Eveil, (2) posséder Sapience et Compassion, (3) être experts dans tous les arts, (4) bien pratiquer la Perfection de Sapience, (5) comprendre à fond le Véhicule triple, (6) bien ex- pliquer le Sens réel des Formules, (7) connaître l'Es- prit de tous les Etres, (8) avoir Foi en tous les B. et Bs., (9) avoir obtenu l'Onction et autres habilitations à transmettre la doctrine, et posséder l'intelligence subtile des dessins de Cercles, (10) avoir une nature douce et détachée du Soi, (11) montrer de la décision dans la pratique des Formules, (12) être profondé- ment exercés dans l'Application, (13) résider avec fermeté dans l'Esprit d'Eveil. Avec de telles Es-

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sences on est un Maître, objet des louanges des B. et des Bs. Et cm. Ttt. 1796: Celui qu'on appelle Maître, c'est un Etre de Diamant, le plus élevé parmi les hommes ; il comprend les trois Esotériques ; et c'est aussi Vairocana lui-même. Ajariikanjô WMMtÈifflLM, sk- âcâryâbhiseka, Onc- tion de Maître, dite aussi Dengyôkanjô 4$fiç$llii, Onction de transmission de la doctrine, une des cérémonies les plus importantes de la secte Shingon. Elle consacre comme Maître celui qui la reçoit, et qui doit posséder les treize Vertus. Ttt. 1796 : A droit au titre de Maître celui qui connaît à fond tous les personnages vénérés, les Formules, les Sceaux, les Pratiques d'Inspection et les Atteintes, et qui a reçu l'Onction de transmission de la doctrine. Cf. Rituel spécial Tt. 862. Titres et fonctions des Maîtres au Japon. Actuellement le titre d'Ajari (Maître) n'est plus employé au Japon que dans les sectes Shingon et Taimitsu (branche es. de la secte Tendai). On distinguait naguère trois classes d'Ajari, et dans chaque classe des "grands Ajari" et des "Aja- ri": (1) Shichikôzahajari -bî^UlpsjÉ^, Maîtres des sept hautes montagnes, i.e. Hiei Jfc^, Hira JfcJâ, Ibuki #Pft, Atago J£^3 , Kimbu &^, Katsuragi ^ :($, Kamine jfâ^. Sur ces montagnes se célébrait deux fois par an, au printemps et à l'automne, une cérémonie dite "Contrition de Bhaisajyaguru" (Yakushikeka ^SÇfe^) l'on priait pour obtenir de bonnes moissons. Les moines nommés par décrets impériaux pour cette cérémonie étaient appelés Ajari. (2) Dembôajari {$ï£P6lfê;13&, Maîtres transmettant la Loi. Titre en usage dans les sectes Shingon et Taimitsu. (3) Isshinajari IH^J^t^, Maîtres à vie. Titre des Maîtres d'Onction dans ces mêmes sectes. Cette charge peut être remplie par des nobles. Dans le Japon ancien, Ajari fut un titre de fonction officielle, reconnu par l'Etat. Cette fonction était remplie par des moines appartenant aux sectes Shingon ou Taimitsu, et oints par transmission secrète. Les premiers décrets impériaux en attestant formellement l'institution datent de 876, mais le titre officiel d'Ajari est mentionné dès 836.

AJUNNA p9fig|!, ou anjunna fâ&ffi, ajana WMM> îarajuna R $| $g& irijunna 3||gg M, ashûdana PfMffcffi^sk. arjuna, p. ajj°. Nom d'arbre, Terminalia Arjuna P.W. Le fameux Nâgâr- juna était, disait-on, sous cet arbre Tt. 2047 et 2058. Ttt. 1824 I td. ririju U^fâ.

ÎAKA MfB, ou JSflJn. &&, FffR»*sk. argha, arghya ; p. agghiya ; tib. mchod yon "hommage méritoire" ; ch. kudoku Xj]^ "Mérite", kudokusui ïJJWjK "eau de Mérite" Mvy. 4352.— Eau liturgique. Le terme sk., qui signifie au propre "valeur, hon- neur, honorable", a été appliqué dans l'Inde à l'accueil de l'hôte, et plus particulièrement à l'eau

du bain de pieds qu'on présentait à l'hôte dès son arrivée. Les textes ch. définissent aka comme l'Eau liturgique T. 893 m, T. 1101, Ttt. 2131 vu, ou souvent comme le vase qui la contient Fig. 10. Akaki. Ttt. 2128 x, 2129 V, ou même comme un récipient en général (baignoire, etc.) Ttt. 2035 xliii. L'Eau liturgique est parfumée avec des fleurs Ttt. 1796 xi. Au Japon, ce terme introduit par la secte Shingon est entré dans l'usage courant pour désigner l'Eau liturgique. Akaki P^flMH, vase con- tenant de l'Eau liturgique, une des trois sortes de vases employés dans le rituel es. ; les autres con- tiennent de la poudre d'encens et des fleurs.

JAKADA HME, ou agetsuda (TOPE, ageida W^PS, ou T. 474 m akonda PnJit'P'tï^sk. P- aSada "remède". Ttt. 2128 xxi et xxv, qui donne l'étymo- logie exacte : non-maladie, y ajoute des interpréta- tions de fantaisie : â "étendu, tout" + gâta "partir", c.-à-d. que toutes les maladies disparaissent, ou encore agada "sans prix". Ib. xxvi td. fushiyaku <&JE$è "remède d'immortalité". Eog. n td. mubyô jfcfrt "sans maladie". Gog. xxiv td. ganyaku &%& "pilule". Le mot paraît, affecté d'une valeur mys- tique, dans le titre de plusieurs sections de T. 1092 (xxxm, xliii, xlv, lv, lxiii). L'agada sert de com- paraison dans divers sûtra pour exalter la parole du B. qui guérit de toutes les Passions T. 279 xm et passim, 376 vi, etc. Au Japon, la secte Jôdo le compare avec le Nembutsu ^'ffj Shns. Ttt. 2125 III (td. Takakusu 127): Agada est la 5e section de la science médicale (Ayurveda), qui traite des antidotes.

AKANITA mmfflft, WMÙït, &&*$£, ou akanishitta |55ï$!lJÊI£lFC, akanishata JEfiSB/Ëi^Iλ aka- nishita pïj|S/ES?fl:E> etc. = sk. akanistha, p. akanittha ; Mvy. 3106 tib. 'og min "pas inférieur", ch. hige ^£T\ id. Dieux qui habitent le 18e et dernier ciel du Plan du Formel, d'où l'interprétation donnée à leur nom : ils ne sont inférieurs à aucune autre classe dans leur Plan. Le sk. a une autre désignation aghanistha Mvy. 3107 (tib. gzugs mtha' "limite du Formel", ch. shikikukyô fe-JujË "aboutissement du Formel"; cf. Tt. 1558 xi = K. Lav. ni, 168) qui s'applique aux mêmes Dieux. Quoique les te. ch. reposent toutes sur akanistha, Eog. I et Ttt. 21 31 iv donnent le sens correspondant à sk. aghanistha : shikikukyô. Mais Eog. ib. a aussi l'interprétation : a "pas" +kanistha"leplus petit", parce que ce ciel est le plus grand du Plan du Formel. Tt. 1558 xi ( = K. Lav. in, 174) : ils ont une taille de 16.000 Lieues, une vie de 16.000 Périodes. Pour le terme aga I^T^ÏÎ === sk. agha (sup. aghanistha), cf. Tt. 1558 i( = K. Lav. I, 50) qui cite deux interprétations du mot agha : "heurt excessif" (a = atyartham) c.-à-d. le Formel

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massif, ou "exempt de heurt" (a privatif) c.-à-d. le vide.

tAKARAKA MMMiM^^k. Angaraka, Mvy. 3179 tib. mig dmar "œil rouge", ch. kasei i^M." étoile du feu". Autre td. kayô ^C^|. La planète Mars, régent du troisième jour de la semaine. Dans l'Es, il est placé au Sud de la Cour extérieure de la section de Diamant du Plan de Matrice. Hizk. : Il est blanc et tient une lance. Mais cf. Bzze. m son aspect est tout différent.

JAKARO ppff&DPi, ou agarô HiM, akugeiro /g JSflf§» etc. = sk. agaru, aguru ; p. agaru, agalu, akalu ; tib. agaru : Amyris Agallocha P.W. (?), Aquilaria (?), "bois d'aloès", "bois d'aigle". Td. jinkô fcfrg, jinsuikô tt;K§ "parfum qui plonge au fond de l'eau" (c.-à-d. bois dont le "cœur" est lourd et parfumé) T. 665 vu etc., ou mikkô 3f£|f (Tt. 1509 cité Ttt. 2131 vin) "parfum de miel". Ttt. 2122 'Xxxvi cite un ouvrage l 'agaru est décrit comme un produit des pays qui forment aujourd'hui l'Annam ; pour d'autres textes non bouddhiques, qui tous indiquent la même provenance, cf. Bdji. 2824. Le Nihonshoki B^^liE, rapporte que des pêcheurs en recueillirent dans la mer et en firent hommage à la cour du Japon en 595.

AKASHA PRl$n^ = sk. âkâsa, td. *kokû gj^ "Espace" Ttt. 1796 xm.

JAKATA pijîtg^, ou PnlJlg^ id. [prononciation traditionnelle : la prononc. normale serait agetta] = sk. Agastya. Nom d'un Roi d'éclair T. 665 vu l'Est) ; d'une étoile T. 374 xm ( = Canopus ; elle guérit des morsures des serpents et des Mâra ; cm. Ttt. 1767 : cette étoile paraît au 8e mois) ; d'un Voyant qui pendant douze ans intercepta le cours du Gange en le faisant couler dans son oreille T. 374 xxxix. Le miracle de la mer avalée, qui est le miracle classique d'Agastya, est dans ce dernier texte attribué au Voyant Ginu ^|g, td. Ttt. 2128 xxvi Shôsen §£{|I| "Voyant victorieux", sk. Jisnu. Mvy. 3457 donne le nom du Voyant sous la forme Agasti et td. sanso lllJH "rat des montagnes", tib. ri byi, même sens.

AKAUN piJîift, te. du nom d'un Bs.— Td. Ya- kuô §j|3î "roi des remèdes", sk. Bhaisajyarâja. Cette te. ne paraît que dans Ttt. 2131 II, citant T. 1161 le mot ne se retrouve pas. Mais T. 278 v mentionne Daiyakuô X$fè~£. et la td. parallèle T. 279 xm porte au même endroit la te. *akada Pnf{UllI?ti (q.v.) sk. agada ; il faut donc sans doute corriger akaun en akadon |5pJ$D3| = sk. agadarh.

AKENTA Hii^=sk. p. âgantuka "qui sur- vient, accidentel" ; Mvy. 6937 : tib. (1) glo bur du

'ons "venu soudainement", (2) glo skyes "sou- dainement produit", (3) thor bu "dispersé"; ch. (1) rai 2fc "venu", (2) shô £ "né", (3) san |fc "dis- persé", (4) gûrai f$2fS "venu soudainement", (5) shôshin £<£» "Esprit produit" ; et Mvy. 8746: tib. blo bur du 'oris "venu soudain", ch. kakusô ^êrffr "moine visiteur". Tt. 1462 vi, qui donne la te. ch., td. kakubiku ^Jfclc. "moine visiteur". La variété des td. s'explique par la diversité d'emploi du mot. Dans la vie conventuelle, il désigne le moine de passage dans un monastère ; dans la philosophie, il s'applique aux Passions considérées comme des visiteurs dont le passage trouble la paix de l'Esprit. Pour ce dernier sens, cf. *Kakujin.

AKEIRA Hgg^ = sk.Angiras. Nom d'un Voyant Tt. 852 11. Le B. est désigné comme Ângirasa, Mvy. 77 tib. ni ma'i rgyud "lignée du soleil", ch. nichi- zokukei 0 j§|^ id. ou nichizoku 0 "race du soleil" (cf. l'appellation Âdityabandhu donnée au B.).

Akeira (A Agiras).

Dans l'Es, il figure au Sud de la Cour extérieure de la Section de Diamant du Plan de Matrice, parmi les assistants d'Agni (*Katen) ; il est de couleur rouge et tient un lotus surmonté d'un flacon, Hizk.

AKU £g "mal", syn. fuzen ^§| "pas bon"; sk. papa, pâpaka, akusala (p. akusala ; te. akotsushira P»J££ift Keds., akusatsuna MW$ Ttt. 1830 iv, akusetsura /g$l]|j£ Tt. 1821 v) ; tib. mi dge "pas bon", sdig "péché". Mal ; péché. Aperçu. La notion du mal se transforme sans cesse au cours du développement du bouddhisme. Elle est, au début, une notion de l'ordre de la discipline, tant que l'église consiste surtout en une communauté de moines ; le mal est alors un péché (sk. avadya, p. avajja=lat. infandum ; tib. kha na ma tho, inter- prété par "ce qui n'est pas sorti de la bouche"=ce qui n'est pas confessé ; ch. kashaku PHff^ "blâmé"),

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étroitement lié à la confession qui le répare ; c'est contrevenir à la loi telle que le B. l'a prêchée, et cette loi est un code monastique. La règle, c'est de résister à l'entraînement aux Actes ; les dix Péchés Majeurs (inf. Jûaku) sont des manquements à des Défenses. Le saint, autrement dit le disciple, tend à atteindre au plus tôt le stage de l'Arhat qui est une sorte de réduction du Nirvana, et cesse toute activité. La souillure qu'il faut rejeter, ce sont les Passions, c'est la vie de sentiment. Avec le G.V., le boud- dhisme accepte résolument l'action qu'il sanctifie ; l'obstacle que le saint, le Bs., doit surmonter est l'ignorance ou la fausse science, car le B. est l'Omni- scient ; désormais orientée vers les perspectives de l'avenir, la doctrine étudie le mal moins dans ses origines passées, comme faisait le P.V., que dans ses conséquences ultérieures à travers l'infini des exis- tences.— Pour les péchés contre la discipline, on en trouvera le détail dans des articles spéciaux, sous les rubriques le Vinaya les a classés. Pour les Âgama, il suffira de citer un texte capital qui ouvre la collection de l'Ekottara T. 125 1 : En présence de tous les Dieux et de tous les grands saints, Ânanda communique à Mahâkâsyapa l'essence de la doctrine résumée en une stance : "Ne pas faire le mal, se consacrer au bien, nettoyer son Esprit, c'est la doctrine des B." Cette stance a été insérée dans la collection du Dhammapada (p., vers 183) ; elle est récitée régulièrement dans l'Introduction de chacun des Prâtimoksa, comme le résumé de la doctrine prêchée par le B. Kâsyapa, le prédécesseur direct de Sâkyamuni (cf. Shichibutsutsûkàige, s.v. *Butsu). Dans la philosophie du bouddhisme dès les Âgama, le mal est une des trois catégories entre lesquelles on répartit les Essences, les deux autres étant le bien (sk. kusala ; cf. *Zen f|) et l'Indéfini (sk. avyâkrta ; cf. *Muki 4ffifE). Dans la série des Actes, le mal est classé comme "Noir" par opposition avec le bien, qui est "Blanc", et avec l'Indéfini, qui n'est "ni Blanc ni Noir"; cf. *Gô ^.—Définition Il est difficile d'extraire de la littérature canonique une définition parfaitement satisfaisante du mal ; le génie hindou procède plus volontiers par énumérations et clas- sifications. Il suffira de citer ici une définition qui se retrouve presque identique dans deux des ouvrages classiques de l'Abhidharma, la Mahâvibhâsâ Tt. 1545 li (qui consacre cinq chapitres cxii-cxvi à la question du Mal) et l'Abhidharmakosa Tt. 1558 xv, d'une part à propos des Essences, d'autre part à propos des Actes : "Le Mal, c'est ce qui n'implique pas la sécurité durable, et qui amène des fruits désagréables." Goaku £1, les cinq Péchés Capitaux, sont les infractions aux cinq Défenses, savoir: Meurtre, Vol, Luxure, Mensonge, Usage de l'alcool (cf. *Kai }j|) ; le Sukhâvatîvyûha contient un morceau célèbre sur les cinq Péchés Capitaux et les cinq bonnes observances correspondantes,

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morceau qui paraît seulement dans trois des cinq td., T. 360, 361, 362, et qui manque à l'original sk. Il faut les distinguer des Gogyaku Sjjfr Péchés de Damnation-immédiate (sk. ânantarya) : tuer sa mère, un Arhat, son père, diviser la communauté, provo- quer (une effusion de) sang du Tg. avec une pensée de haine, doublés eux-mêmes des cinq péchés dits "analogues" (cf. *Gyaku). Jûaku •j'M, les dix Péchés Majeurs (souvent associés aux Gogyaku dans l'expression Akugyaku MiÊ> et souvent désignés comme les dix voies d'Acte mauvaises, Jûakugôdô "h^^JÎË. sk. akusalakarmapatha), sk. dasa akusa- lâni, p. dasa akusalâni, tib. mi dge bcu : (1) sesshô !$*£ (nouv. éc. : danshômyô j^^Ë^p), sk. prânâti- pâta ; p. pânât° ; tib. srog gcod : Meurtre (litt. destruction de la vie) ; (2) chûtô {gif^t (n. éc. fuyoshu ^>J$tplîsO> sk. p. adattâdâna ; tib. ma byin pa len : Vol (litt. prendre ce qui n'est pas donné) ; (3) jain JfPfêr (n. éc. yokujagyô ^fàfl^T), sk. kâmamithyâcâra ; p. k°micchâ° ; tib. 'dod pas log par gyem : Luxure (litt. perversion libidineuse) ; (4) môgo ^1§ (n. éc. koôgo HSIf-Èln)» sk. mrsâvâda ; p. musâ° ; tib. rjun du smra: Mensonge ; (5) akku ^P (n. éc. soakugo H«§wîî)> sk. pârusya ; p. pharusavâcâ ; tib. chig rcub mo smra : Grossièreté de langage ; (6) ryôzetsu ^ï£ (n. éc. rikango Pffaîln), sk. paisunya ; p. pisunavâcâ ; tib. phra mar smra : Calomnie ; (7) kigo $ntg (n. éc. zôego $&WM)> sk. sambhinna- pralâpa ; p. s°ppalâpa ; tib. chig bkyal : Verbiage ; (8) tonyoku ^gfc (n. éc. ton f£), sk. abhidhyâ ; p. abhijjhâ ; tib. brnab sems : Cupidité ; (9) shinni %MiËi (n- éc. shin @j|), sk. p. vyâpâda ; tib. gnod sems: Malveillance; (10) jaken JfPliL (n- éc. id.), sk. mithyâdrsti ; p. micchâditthi ; tib. log par lta : Vue perverse. Ces dix péchés se répartissent en trois catégories : les trois premiers sont du domaine du corps (shinakugyô fyjfèff, sk. kâyaduscarita, tib. lus kyi nés par spyod) ; les quatre suivants sont du domaine de la parole (goakugyô Hf^fx» sk. vâg°, tib. nag gi . . . ) ; les trois derniers sont du domaine du Mental (iakugyô iiJMfr, sk. mano°, tib. yid kyi. . .). Réf. p. ex. Âgama T. 1 ix et 125 xliii ; T. 727 (texte spécial, attribué à Asvaghosa) ; Abhidharma: Tt. 1558 xvi ( = K. Lav. iv, 137 sq.), 1646 vin (chapitre entier) ; 1552 IV ; 1562 xlii. Pour la casuistique de l'acte qui constitue le péché, cf. *Gô |j^ "Acte" : la casuistique du péché a naturellement exercé le zèle pieux des commentateurs ; l'analyse de chaque péché dans les Vinaya constitue un parfait modèle du genre. Pour l'Abhidharma, on se contentera de renvoyer p. ex. à la Mahâvibhâsâ Tt. 1545 qui a plusieurs chapitres, cxvm-cxxi, sur le péché de Meurtre, à Tt. 1509 xm qui établit dix catégories de péchés de Mensonge, à Tt. 1579 Lix qui établit sept rubriques de Verbiage ; et pour les sûtra du G.V., à T. 279 xxxv qui distingue dix-sept variétés de Grossièreté de langage. Les dix Péchés Majeurs

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sont mis en relation, dans l'école du Kosa, avec les trois Passions fondamentales, désignées comme les "trois poisons", sandoku H$, ou "les trois racines", sankon HfJI (cf. *Bonnô) : Meurtre, Grossièreté de langage et Malveillance sont accomplis sous l'influ- ence de la Haine ; Luxure, Cupidité, Vol, sous celle de l'Attraction ; Vue perverse, sous celle de l'Erreur ; Tt. 1558 xvi, et cf. Tt. 1606 vu. Ils sont également mis en rapport avec les trois mauvaises Destinations: Enfer, Animal, Trépassé, mais sans aucune précision dans la répartition ; c'est ce qui est appelé sam- bonjûaku Hpo"f*M "les dix péchés en trois caté- gories" Tt. 1509 xcm et xcvi ; Ttt. 191 1 1 c. La question n'a pas manqué d'être soulevée de savoir si les animaux p. ex. sont susceptibles de commettre des péchés de Damnation-immédiate ; certains docteurs le niaient, mais d'autres (p. ex. Tt. 1545 cxix.) admettaient que les animaux à l'intelligence éveillée, tel le cheval âjâneya, pouvaient encourir la damnation (Tt. i558xvn = K. Lav. iv, 205). T. ] 821 11 donne une liste particulière des dix péchés les plus graves : (1) Meurtre : tuer son père qui est B.- pour-soi (cf. le cas analogue de Rudrâyana, Arhat, tué par son fils Tt. 1558 xvm = K. Lav. iv, 215) ; (2) Vol : s'emparer des biens appartenant aux Trois Joyaux (cf. ib. xvi = K. Lav. IV, 156) ; (3) Luxure : souiller sa mère, nonne et Arhatî (cf. ib. xvm = K. Lav. iv, 219) ; (4) Mensonge : imputer à un Tg. des méfaits fictifs ; (5) Calomnie : médire des saints, des sages et des moines ; (6) Grossièreté de langage : injurier un saint ; (7) Verbiage : troubler par des discours la recherche de la Loi ; (8) Malveillance : tuer sa mère ; (9) Cupidité : convoiter les biens d'un homme pieux ; (10) Vue perverse : Vue de l'un ou l'autre des deux Extrêmes. Dans la série des dix Péchés Majeurs, on a encore tenté d'introduire une hiérarchie de gravité. Déjà le B. avait enseigné ex- pressément, à l'encontre de la doctrine des Jaina, que parmi les trois catégories de péché : du corps, de la parole, du Mental, le péché Mental est le plus grave de tous (T. 26 xxxn ; cf. Tt. 1558 xvm = K. Lav. iv, 218; aussi Tt. 1509 lxxxiv) ; d'autre part, le mensonge en vue du schisme, qui combine un des cinq Péchés Capitaux avec un des cinq de Damnation-immédiate, est considéré aussi comme le plus grave des péchés ; ou bien encore c'est la Vue perverse (Tt. 1558 xvm = K. Lav. iv, 218) : celle-ci en effet seule peut rompre les racines de bien (ib. xvn = K. Lav. iv, 170), en niant la Cause et le Fruit ; ailleurs encore (T. 821 11), c'est le Meurtre et la Vue perverse ; ou c'est le Meurtre seul (Tt. 1509 xm, p. 155 inf. col. 2-3). Inversement, l'usage de l'alcool est tenu pour le plus léger des Péchés Majeurs, parce qu'il n'implique pas de dommage pour autrui Tt. 1509 xcn ; mais sur ce point les discussions avaient été très vives entre l'école de l'Abhidharma et celle du Vinaya qui voulait maintenir la proscription de

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l'alcool dans toute sa rigueur (Tt. 1558 xiv = K. Lav. iv, 83). La secte Tendai s'est particulièrement appliquée à établir la hiérarchie des péchés, en se fondant sur les textes précités du Daichidoron (Tt. 1509 xm) et du Nyoraimitsuzôkyô (T. 821 il) : elle les divise en trois catégories selon la force de la pensée au moment du péché, l'objet du péché, l'existence et la promptitude du remords. Cf. Ttt. 1912 1 e; Tss. 1. La secte Vijnaptimâtra Tt. 1579 lx détermine la gravité des péchés au point de vue de cinq Facteurs : plaisir mental, moyens, manquer l'occasion de ré- parer, opinions fausses, circonstances. Sans entrer ici dans la doctrine de la rétribution qui sera exposée à propos de l'Acte (*Gô), on indiquera seulement la rétribution (de Coulée) des dix Péchés Majeurs avec les divergences de trois des textes principaux : Âgama : Ekottara (e) T. 125 xliii ; Sarhyukta (s) T. 99 xxxvii ; et Abhidharma : Kosa (k) Tt. 1558 xvii ( = K. Lav. iv, 186) identique sur ce point à Tt. 1562 xn et 1563 xxni : Meurtre-— vie brève ; Vol— pauvreté ; Luxure— épouse infidèle ; Mensonge —objet de calomnie (s et k) ou— haleine fétide (e) ; Verbiage— parole sans créance (s et k) ou— terrain inégal (e ; mais cf. la rétribution de Régence dans k :— saisons bouleversées) ; Calomnie-— les amis deviennent des ennemis (s et k), ou— ronces dans le terrain (e ; mais cf. sup.) ; Grossièreté de langage— entendre des propos désagréables ; Cupidité— accrois- sement de Cupidité (s et k), ou-— moissons pauvres (e ; cf. sup.) ; Malveillance— accroissement de Mal- veillance (s et k), ou-— beaucoup d'objets malpropres (e) ; Vue perverse— accroissement d'ignorance (s et k) ou-— huit grands Enfers (e). Liste analogue, plus développée, dans T. 279 xxxv. Enfin Ttt. 2122 a un chapitre entier (lxxiii) sur les dix Péchés Majeurs. Termes composés. Akki M$k> "Ie mal comme Mobile" (de salut). Doctrine particulièrement en honneur dans les sectes Shin (Jôdo) et Shingon, et d'après laquelle les plus grands péchés peuvent occasionner le salut ; cf. inf. Akuninshôki. Le ré- formateur japonais Shinran, fondateur de la secte Shin, énumère (Gtks. 1) sept catégories de grands pécheurs susceptibles d'être sauvés par la dévotion à Amida. Akkijin ~5&if|,I,> Mauvais démon. Tt. 1668 ix énumère dix espèces de grands démons qui ont 51.302 espèces de serviteurs ; leurs noms sont : Shabitadai ïliË^fê, Igarashi ffiHNfflïP , Idaigatei tf*»fc,Banakenta«gi£, Niraniridai $«£! fê, Hannida JŒJEPg, Aami MMffi, Jakyabani Jifè ^/£, Taataita £|JBl£l^, Taitekiki fêtgfè- La plupart de ces noms ont une apparence suspecte ; d'ailleurs tout l'ouvrage semble apocryphe. Akuja ~JfP "niai et perversité" : les Passions et les Vues perverses. Les Passions sont moins graves, mais plus difficiles à trancher ; on les compare à des fibres de lotus qu'il faut couper. Les Vues, plus redoutables puisqu'elles conduisent fatalement aux mauvaises

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Destinations, sont d'autre part plus faciles à dé- truire ; on les compare à des pierres qu'il faut casser. ~kai ~jfc, sk. duhsîla ; cf. inf. Akuritsugi. ~kaku ~%£ "mauvaise pensée", Ttt. 1851 v c ; Ttt. 1912 V d. ~ken ~%., sk. durdrsti "mauvaise Vue" ; cf. *Ken H "Vue".—~ninsh6ki ~ÀIEfél> "les méchants comme vrai Mobile" du Vœu d'Amida. Hônen dit (Shns.) : "C'est pour les pires et les plus vils des hommes qu'est énoncée la Loi la meilleure et la plus haute." Et Shinran (Tnns.) : "On dit com- munément que les méchants peuvent naître dans le Paradis, et à plus forte raison les bons. C'est ren- verser les termes, faute de comprendre la puissance du Vœu qui est de sauver les Etres par sa seule force ; il faut dire : Les bons peuvent naître dans le Paradis, et à plus forte raison les méchants." ~ritsugi ~^||, sk. duhsamvara, "mauvaise Res- triction" ; c'est le contraire des bonnes Restrictions, c'est-à-dire des observances prescrites par la Dis- cipline religieuse pour "restreindre" le mal. On désigne par ce terme certains métiers réprouvés : de même qu'en embrassant la carrière religieuse on "restreint" le mal, de même, en se livrant à ces métiers, en en observant les règles, on "restreint" le bien. P. ex. T. 262 v ( = Lotus 168) : Un Bs. ne fréquente pas les parias, les éleveurs de porcs, de moutons, de poules, de chiens, les chasseurs, les pêcheurs, tous ceux qui observent de mauvaises Restrictions. T. 374 xxix énumère seize sortes de mauvaises Restrictions ; T. 156 vi en énumère douze sortes. Cf. *Ritsugi. ~ryû ~f§ "mauvais Dragon' T. 246 I. ~sa ~ftî "méfait", traduit à la fois sk duskrta (souvent rendu par la te. *tokira Çgiaffli q.v.), p. dukkata, tib. fies byas, Méfait (un des groupes de fautes disciplinaires), et sk. kaukrtya, p kukkucca, tib. 'gyod, Remords (qui se traduit aussi *ke tfe)- Dans ce dernier sens, les caractères ^gfë se prononcent : akusa dans l'école Kosa, et : osa dans l'école Vijfiaptimâtra. Sur le Remords, cf. Tt. 1558 iv (=K. Lav. 11, 166), et Tt. 1585 vu— Cf. *Ju M- ~setsu ~fft "mauvaise parole", l'un des deux groupes de fautes disciplinaires qui constituent le duskrta, l'autre groupe étant l'akusa (sup.) propre- ment dit. Cf. *Ju |ǧ. ~shi ~f!îjî "mauvais maître" Tt. 1509 I. ~shô ~^ "mauvaise Nature", une des trois Natures (bonne, mauvaise, Indéfinie). Cf. *Shô *($. ~shu ~j$|l "mauvaise Destination", sk. p. apâ- ya, tib. nan son ; et sk. durgati, p. dugg°, tib. nan 'gro. Cf. *Shu "Destination". ~shûaku ~$4S "les méchants parmi les méchants". Ttt. 1821 xix Les bouchers sont méchants par profession ; ceux d'entre eux qui par surcroît font le mal sont les méchants parmi les méchants. ~shukû ~^l$ "mauvaise Prise du Vide" : s'attacher à la doctrine du Vide en l'isolant de la loi de causalité ; c'est une des doctrines extrêmes. T. 1581 11 Soutenir que tout est vide, ceci aussi bien que cela, c'est la mauvaise Prise du Vide.

Tt. 1585 vu La mauvaise Prise du Vide, c'est nier les deux Vérités ; les B. ne peuvent y remédier par leurs paroles. Ttt. 19 12 vf: Mieux vaut avoir une Vue du Soi grande comme le mont Sumeru que d'avoir la mauvaise Prise du Vide. ~soku ~ffâ "mauvais toucher" : toute nourriture touchée par la main d'autrui est impure ; le Vinaya interdit d'en manger. Ttt. 1804 c et Ttt. 1805 en b. ~dô ~?i = Akushu. ~m ~^5£ "mauvais ami", sk. kumitra, p. pâpamitta, tib. bses gfien nan ; on dit aussi : Aku- chishiki 3§£fllu£ "mauvaise connaissance". C'est l'opposé du *zennu H^Ê ou zenchishiki H^O^ "bon ami", sk. kalyânamitra. T. 1 xi compte parmi les six causes de ruine celle d'avoir un mauvais ami ; elle cause les six préjudices suivants : perte de temps, goût de se cacher, entraînement d'autrui, entreprise sur les biens d'autrui, usage égoïste de tous les biens, affichage des défauts d'autrui. Ib. quatre circonstances provoquent les mauvaises amitiés : boire, jouer, courir les femmes, aimer les chants et les danses. Une autre td. du même texte (T. 16) énumère quatre sortes de mauvais amis : un ennemi déguisé, un flatteur médisant, un faux compatissant qui jouit de vos malheurs, un intrigant déguisé ; ou encore : celui que le moindre empiéte- ment surexcite, celui qui refuse son service aux moments difficiles, celui qui vous fuit dans votre malheur, celui qui vous déserte à l'article de la mort. Tt. 1610 11 cite une stance du B. sur le mauvais ami : Un mauvais ami qui n'a ni savoir (chi £fl) ni connaissance (shiki §[$) du bien nuit à la bonne con- duite, comme une araignée qui tombe dans le lait l'empoisonne.

AKU Jjg ou |l^ = sk. ah ££, le visarga, une des 12 voyelles et des 50 lettres cfu *Shittan ; 4e des "cinq Points de l'a", correspondant au Nirvana (cf. *A, Ajigoten), le visarga est dit "point du Nirvana" nehanten ïê^SS, soit à cause des sens du mot visarga "émission, rejet, libération", soit parce que dans l'ordre du syllabaire *Shittan l'ah est la dernière des voyelles. Interprétations : T. 1003 1 Nirvana ; T. 468 1, 469, 187 iv motsumetsujin jg j$l|£, jimmotsu fcfcgÊ» metsumotsu jgStj^ "extinction, absorption"; T. 879 onri :MM "éloignement" (des Essences Impercevables) ; T. 375 vin shôjô ilf^t "Véhicule éminent" (terme appliqué au Ma- hâparinirvânasûtra du G.V., éminent parmi tous les sûtra) ; T. 376 v gujin g|^ "exhaustif" (terme appliqué aux sûtra du G.V.). Toutes ces inter- prétations paraissent s'expliquer comme celle de Nirvana ci-dessus.

AKURAKARA WfàWâti%k=&. âkulakara ; td. sakuran f£$L "faire du trouble". Nom d'un vent T. 1341 xv, sont encore mentionnés les vents anukaga fflêSfflfKl* ashugaatara H^fJIlR^-^. arambabasoto

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^glUH [td. hotsuji ®M "produire une affaire", sk. ârambhavastu ?], etc.

AKUSATSURA Mfflfty ou akusatsuna W&ffl, akusetsura ^iJijè, akosshira Pl&$.ffli = sk. aksara, p. akkhara ; tib. yi ge, ch. ji ^, monji jSC^ "lettre" Mvy. 2014; aussi Ttt. 1830 iv td. jifukaiten ^^ Bj^Sfî "non changement des lettres" : Ttt. 1821 v explique que les lettres ne changent pas suivant les endroits. Ttt. 1796 xiv td. fudô yfîfjj "iné- branlable" ; ib. xvii distingue en sk. deux ordres de lettres : (1) aksara, les lettres fondamentales, (2) lipi, les lettres additionnelles. Cf. *Benzenna.

AKUSHAJU MXM "groupe d'aksa". Sk. aksa désigne l'Elœocarpus Ganitrus et ses fruits, dont on fait des rosaires, et qui, tombés sur le sol en tas, sont l'image des groupements naturels. Autre nom : urunarasha nj§[l^^l||5^ = sk. rudrâksa, td. temmoku Ji ! 1 "yeux du Dieu" (parce que les fruits ressemblent ,aux trois yeux du dieu Rudra = Siva). Ttt. 2128 xxxv C'est un arbre occidental dont les fruits sont de petites boules, grosses comme des cerises ou des noix, et de couleur violette ; on en fait des rosaires aux grains très durs, qu'emploient ceux qui récitent les textes de la Section de Diamant, d'où leur autre nom kongôshi ^pjlj1]^ "grains de Diamant". Tt. 1585 11 Depuis un temps infini, il y a pour les Etres toutes sortes de Plans qui existent à la façon d'Essences, comme des groupes d'aksa. Cm. Ttt. 1830 iv Les aksa ont la forme de mujikishi jf^'^-f' (noix de galle); tombés à terre, ils forment des groupes, d'où la métaphore. Autre cm. Ttt. 1833 Dans les pays oc- cidentaux on tire de l'aksa une teinture et une huile. Tt. 1579 li compare les groupes d'aksa aux nom- breux Plans contenus dans la Notation de Tréfonds ; T. 945 1, aux Germes des Actes. Gog. xxm cité Keds. 34 explique la métaphore par le fait que dans les pays occidentaux ces fruits se vendent groupés en masse, comme en Chine les noyaux d'abricot.

AMA |fôl)î§! = sk. ambâ, p. ammâ ; Mvy. 3925 tib. yum mam za za, ch. sommo JfDjïJ: "vénérable mère" ; Ttt. 2131 v td. nyomo-£cHJ:"mère".Tt. 1462 VI donne amatata |fôj|§i£^ =sk. ambâ + tâta "mère + père". Cf. *Bikuni.

AMADAIKANNON PWfë (ou ppfjgfë, MM 6N0 ISiï- Nom de la 21e des 33 formes d'Ava- lokitesvara vénérées au Japon. Td. mui $Hj^ "sans crainte", kankô j^J$ "large". Ces deux td. sont tirées d'un rituel consacré à cette divinité, cité Keds. p. 5 ; on y rencontre encore la te. |îpI^^ dont le dernier caractère ne se trouve pas dans les dic- tionnaires : Keds. le corrige en §5^ dai. Le même rituel, reproduit Ttt. 11 15 d'après un ms. de l'époque de Heian, rap porte que cette divinité s'était

incarnée naguère en la personne d'un roi dans la région de Khotan, et en donne la de- scription suivante "Elle a trois yeux^M^ ""'1 et quatre bras, ' comme *Harami- tsubosatsu $iHg i%0. (Pâramitâbo- dhisattva) ; elle est montée sur un lion blanc, et regarde au-dessous de son genou gauche ; elle porte une coiffure de Joyaux ornée de lotus blancs ; ses deux mains antérieures tiennent un luth kûgô §g|| (vînâ)

décoré d'une tête Fi»- I2- Amadai Kannon.

de phénix ; la main gauche postérieure tient un monstre Makara, la main droite un oiseau de bon augure blanc ; son pied gauche est relevé sur la tête du lion, son pied droit pend ; elle porte un vête- ment divin avec des bracelets ; tout son corps répand de la lumière et son visage respire la com- passion." Son Germe est A. D'après Hmjr. 25, son culte aurait été introduit de Chine par Shûei 'MWL au IXe siècle.

AMARA |SJJ|f$|=sk. amala. Immaculé. Autres te. amatsura $$jfci$k> ammara ^0H. Td. muku Mifê "immaculé", shôjô Jpf£j? "pur", etc. Neuviè- me Notation, admise par l'ancienne école antérieure à Genjô (Hiuan-tsang) ; celui-ci l'exclut et réduit le nombre des Notations à huit. Le texte fondamental est T. 273 : Les B. Tg., constamment avec l'Eveil unique Révolutionnant les diverses Notations, les font entrer dans l 'amala. T. 671 ix : Toutes sortes de Notations, huit, neuf, pareilles aux vagues dans l'eau. T. 682 11 : L'Esprit est de huit sortes ou encore de neuf. Ib. m : La Matrice pure de Tg. est aussi appelée Sapience Immaculée ; elle est éternelle, sans commencement ni fin, et transcende le Tétralemme. Tt. 1584 1 : Comme Auxiliaire contre la Notation d'âlaya, on atteste la Notation amala ; la première est une Essence Impermanente et à-Ecoulement ; l'amala est une Essence perma- nente et sans-Ecoulement. On atteste la Notation amala pour atteindre la Voie de l'Objectif Ainsité. L'âlaya est toujours associé avec les Fruits de la Turbulence ; dans l'amala ces Fruits sont anéantis.

Tt. 1620 "l'ouverture du poing" par Dinnâga) ; souvent, dans ce cas, les te. employées varient, et elles ont plus d'une fois provoqué la confusion avec sk. âmra "mangue" : T. 94s 11 te. ammara ^¥$%k et T. 475 1 te. ammaroku ^£0$)- Cette dernière te. se retrouve dans la fa- meuse histoire de la moitié de myrobolan donnée à l'église par Asoka déchu T. 2043 et 2042 ; dans ce dernier texte on trouve aussi la te. anra ^Ifè qui correspond en réalité à âmra "mangue" (cf. *Am- mora). Gog. xxn : Les feuilles ressemblent à celles du jujubier ; les fleurs sont blanches et petites ; le fruit ressemble à la noix et il a un goût acide et doux à la fois. T. 1453 vin : La saveur est acre au premier contact mais le jus est doux, ainsi s'explique le nom donné en ch. au fruit : yokan ffèif "le reste

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L'âlaya est le fondement de toutes les Passions, et ne l'est pas de la Voie Sainte ; l'amala est le fonde- ment de la Voie Sainte, et ne l'est pas des Passions. Tt. 1617 1 lui donne le nom de nyonyo #(]#[! "Ainsi-ainsi", parce qu'elle seule est sans Idée-à- rebours et sans Transformation. Tt. 1587 : La nature vraie c'est la Notation amala, en laquelle ne sont point confondus Domaines et Notations. Nyoraikudokushôgongyô ftJ3fcïÔî§3£S&85 (original perdu, pas de td.) cité T. 1585 m, Ttt. 1861 1: La Notation Immaculée des Tg. est pure, c'est le Plan Sans Ecoulement ; elle est libérée de toutes les Obstructions et associée à la Connaissance de Mi- roir.— T. 945 iv classe l'amala parmi les sept désigna- tions de l'état de Fruit, avec Eveil, Nirvana, Ainsité, Nature de B., Matrice de Tg. vide, Connaissance de Miroir. Pour la nouv. éc, l'amala est simplement la section pure de la huitième Notation (propre aux seuls Tg.), la section souillée formant l'âlaya propre- ment dit ; Tt. 1585 ni, Ttt. 1830 III b, 1861 1, etc.

AMAROKU |ÎBj0|/j = sk. âmalaka ; tib. skyu ru ra, ch. sansa \li$t Mvy. 5799. Td. yokanshi ^"ft* ^ (de Canton) Tt. 1462 xvn, T. 145 1 1, T. 1453 vin ; les deux derniers te. ammarakka ^j^ti^'M- Ttt. 2128 xxv (xxxvi) et Eog. 11 td. muku jfl$fc "immaculé" (sk. amala). Le myrobolan emblic (Phyllanthus Emblica). C'est un des cinq fruits autorisés comme remède ; à ce titre il est souvent mentionné dans la Discipline T. 1428 xlii, 1421 xxn ,1448 1 (où les te. ammora 3fë:£lJ$k, amara plj^t |}Ê, ammaroku ^0f^ sont employées indistincte- ment). On s'en sert aussi pour laver les cheveux T. 145 1 I. On le prend contre le froid T. 475 cm. m, ou contre la soif T. 1453 VIII. Le myrobolan dans la paume de la main est le symbole de la vérité évidente T. 374 xxvn, 375 xxv, 670 iv (cf. l'expression hastâ- malaka dans les écoles brahmaniques : Hastâmalaka "le myrobolan dans la main" est le titre d'un abrégé fameux du Vedânta ; cf. aussi les titres de Shôchû- ron ^4"lra Tt. 1621 "traité dans la paume" ou Gekenron

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est doux". Cf. *Karitoku.

AMIDA WffîVfc, sk. Amitâbha. tib. 'Od dpag med ; et sk. Amitâyus, tib. Che dpag med. Td. Muryô $£4 "Incommensurable"; Muryôkô ty&jfcft "Lumière Incommensurable" (Amitâbha); Muryôju MiÊîl "Longévité Incommensurable" (Amitâyus). B. de l'Ouest. Aperçu. Amida est aujourd'hui, sans aucun doute, la divinité la plus populaire du panthéon bouddhique ; il a éclipsé le B. historique, Sâkyamuni, dans tout le domaine de l'église ch. et jap. Amida, ou pour l'appeler de son nom original Amitâbha ou Amitâyus, est inconnu du bouddhisme ancien ; le P. V. continue à l'ignorer entièrement. La naissance de ce culte est un des problèmes les plus obscurs de l'histoire du G.V. ; les grands sûtra de cette école Amida commence à paraître sont loin de lui accorder une place privilégiée. Le Paradis occidental de Sukhâvatî il règne, et ses fidèles s'acheminent vers le Nirvana sans sortir de l'extase et de la béatitude, n'était d'abord qu'un des multiples Terrains de B. vers lesquels le croyant pouvait orienter sa destination posthume : Maitreya, en particulier, lui fit longtemps une concurrence souvent victorieuse avec son Paradis de Tusita ; Aksobhya offrait, avec moins de succès peut-être, son Paradis d'Abhirati. Les facteurs qui ont assuré le triomphe d 'Amida sur ses concurrents demeurent encore indéterminés ; il n'est pas probable qu'il faille les chercher sur le sol indien ; on les trouvera plutôt en étudiant la propagation du bouddhisme hors de l'Inde, sur cette zone intermédiaire de la Sérinde dominait l'in- fluence iranienne. Deux faits s'imposent à l'atten- tion dans ce problème si obscur : entre tous les B. des points cardinaux, Amida seul reste immuablement attaché à une direction fixe : toujours il préside à l'Ouest. En outre, son culte va de pair avec le culte d'une autre divinité non moins mystérieuse, Avalo- kitesvara, appelé lui aussi à une éclatante destinée, tantôt subordonné à Amida, tantôt même identifié avec lui. Avec le succès d 'Amida s'est organisé autour de lui, comme autour du B. Sâkyamuni, un système de Jâtaka et aussi une doctrine de salut qui paraissent s'être élaborés l'un et l'autre en dehors de l'Inde. Noms. On ne trouve nulle part dans les documents sk. de nom réduit à la forme Amita, qui correspondrait à la te. ch. Amida. Le grand Sukhâvatî vyûha sk. donne partout Amitâbha, sauf une fois Amitâyus ; le petit Sukhâvatîvyûha sk. ne donne qu'Amitâyus. Dans les td. ch. T. 360 et T. 3 61, on trouve les termes Muryôkaku MÈL^t "B. Incommensurable" et Muryôson 4itëJ!;1^: "Vénéré Incommensurable", qui paraissent reposer sur un original Amita ; mais peut-être la te. Amida n'est-elle qu'une abr. des te. Amidaba |5iJ$jj|?fcj3|| = Amitâbha ou Amidayushi Mffî$fcl3iffi = Amitâyus. On fait correspondre Amitâbha à la Sapience d'Amida, et

PLANCHE II

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Fresque du Hôryûji ?ic^=£ (VIIe siècle).

AMIDA

Amitâyus à sa Compassion ; mais ces noms ne dé- signent que deux aspects d'un même et unique personnage ; en pratique, du reste, le nom Amitâyus (Muryôju) est presque exclusivement employé dans le monde de civilisation chinoise. Cf. T. 366 : "La lumière incommensurable de ce B. éclaire les royau- mes des dix directions sans que rien l'arrête ; c'est pourquoi on l'appelle Amida" (Amitâbha) ; et ib. : "La longévité de ce B. et de son peuple est incom- mensurable, infinie, et s'étend sur des Périodes Incalculables ; c'est pourquoi on l'appelle Amida" (Amitâyus). Dans l'Es. (cf. infra), un des noms d'Amida (dans le Plan de Diamant) est Avaloki- tesvara (cf. *Kannon) : cette identification du B. Amida au Bs. Avalokitesvara s'explique par des textes es. comme T. 890 ou Tt. 931 ; dans ce dernier p. ex. on lit que si l'on Inspecte la lettre hrîh (qui est le Germe d'Amida), elle se transforme en une fleur de lotus entr 'ouverte, laquelle se transforme à son tour en Avalokitesvara ; et d'après Bdsg. ix-x, le /"nom fondamental" d'Amida est Avalokitesvara- râjatathâgata (c'est le nom qu'il porte p. ex. T. 865 11), Amitâbha et Amitâyus n'étant que des appellations de ses Vertus. Dans tout l'ensemble du monde bouddhique, les images d 'Avalokitesvara portent sur la tête une petite image d'Amida (cf. inf. Iconographie) : en dehors du monde de civi- lisation chinoise, l'existence d'Amida et de son culte ne paraît attestée par aucun autre document icono- graphique, épigraphique ou manuscrit. Dans la bio- graphie de Enichi (Houei-je) t£B , moine qui visita l'Inde au début du vme siècle (702-719), il est rapporté que tous les savants de l'Inde lui parlèrent d'Amida et de son Paradis, et que des révélations sur le même sujet lui furent faites par un Avaloki- tesvara dont la statue se trouvait au Nord-Est de la capitale du Gandhâra (Ttt. 2061 xxix et 2035 xxvn). Un autre nom d'Amida dans l'Es, est Amrta, de sorte que les Charmes d'Amrta, comme Tt. 13 16 et 13 17, s'emploient pour Amida ; cf. aussi infra le "grand Charme" d'Amida, dit "Charme des 12 Amrta". Douze noms d'Amitâbha T. 933 et Ttt. 1978 : Muryôkô $£;§:-)£ (Lumière incommensura- ble), Muhenkô j&fèJt (L. illimitée), Mugekô $&$& 3fc (L. sans obstacle), Mutaikô $&Ws3t (L. sans relation), Ennôkô Ê$jj£;)fc (L. de flamme royale), Shôjôkô ïfff 3fc (L. pure), Kangikô fc#3t (L. de joie), Chiekô ^jgjfc (L. de Sapience), Fudankô ^Êiffît (L. ininterrompue), Nanjikô HI^Tt (L. difficile à concevoir), Mushôkô $$$§5fc (L. indi- cible), Chônichigakkô fêïB/3 3fc (L. passant celle du Soleil et de la Lune). Treize noms d'Amida T. 360 1 : les précédents, plus Muryôju (Amitâyus). Trente-sept noms, Bdji. 73. Revue des textes canoniques. D'après un mot célèbre de Tannen ïiï#S Ttt. 1912, Amida serait, de tous les B., le plus fréquemment mentionné dans l'ensemble des sûtra.

25 AMIDA

En dehors des sûtra, des sâstra (Vasubandhu, Tt. 1524) et autres ouvrages qui lui sont spéciale- ment consacrés, on trouve sur lui de nombreux documents épars dans le Canon chinois. Une com- pilation de ces références a été faite au Japon (Absr.): elle cite plus de 200 ouvrages, dont la plupart relèvent de l'Es. ; les sûtra sont au nombre de 180 environ, dont 70 appartenant au G.V. ex., à commencer par les grands sûtra Avatarhsaka (T. 279 lxxx), Nirvana, Saddharmapundarîka, etc. ; les sâstra atteignent la vingtaine. Dans les textes de Perfection de Sapience, Amida ne semble pas figurer, sa place étant occupée par Aksobhya (cf. *Ashuku) ; son Paradis de l'Ouest (Sukhâvatî) y est toutefois mentionné T. 220 1. A deux sâstra fameux nous empruntons les citations suivantes : Tt. 1666 (Asvaghosa) : De plus, si des Etres débutant dans l'étude de cette Essence recherchent la Foi correcte, mais qu'étant faibles d'esprit et habitant dans ce monde Saha ils craignent de ne pouvoir rencontrer toujours des B. et les servir personnellement ; s'ils se disent, prenant peur, que l'Esprit de Foi est difficile à atteindre, et se trouvent disposés à la Ré- gression : qu'on le sache, le Tg. a un Moyen supérieur de capter l'Esprit de Foi : c'est-à-dire que, par le Facteur de penser au B. de tout son esprit, on obtient d'aller naître, selon le Vœu qu'on a formé, dans un Terrain de B. situé "ailleurs", d'y voir sans cesse le B., et de quitter à jamais les Destinations mauvaises. C'est comme il est dit dans le sûtra : Si un homme pense de toutes ses forces au B. Amida du Paradis de l'Ouest, et que par la Déflexion des bonnes Racines de ses pratiques il forme le Vœu de naître dans ce monde-là, il obtiendra d'y aller naître. Il y verra sans cesse le B., et il n'y aura donc jamais pour lui de Régression. Car, s'il Inspecte le Corps d'Essence d'Ainsité de ce B. là-bas, et s'applique sans relâche aux Exercices, il obtiendra finalement de naître dans son Paradis, et de stationner dans la Concentration Correcte. Tt. 1509 xxxvi (Nâgârju- na) : Le B. Sâkyamuni a d'autre part une Terre pure (shôjôkokudo ?jf£jî[ll±), telle que le royaume du B. Amida ; le B. Amida a aussi un royaume impur, tel que celui du B. Sâkyamuni. Ib. ix : Il y avait un Moine mendiant qui- récitait le sûtra du B. Amida et la Mahâprajnâpâramitâ. Peu avant sa mort, il dit à ses disciples que le B. Amida avec sa grande as- semblée était venu ; se redressant aussitôt, il prit refuge en lui, et mourut. Après sa mort, ses disciples recueillirent des fagots et l'incinérèrent. Le lende- main on trouva dans les cendres sa langue qui n'avait pas été consumée ; parce qu'il avait récité le sûtra du B. Amida, il vit ce B. venir à sa mort, et parce qu'il avait récité la Mh. Pp., sa langue n'avait pas été con- sumée. Ce sont des faits du temps présent. Pour un autre texte de Nâgârjuna avec cm. de Vasuban- dhu, cf. infra Vues des Sectes (Jôdo). Naissances.

AMIDA 26

On divise les sûtra relatifs à Amida en trois ca- tégories, traitant respectivement de ses Naissances, de ses Charmes, et de l'Extase dont il est l'objet. Dans la première de ces catégories se rangent le Sukhâvatîvyûha et ses versions chinoises, T. 360, 361, 362, 363, 364, 310 [5], qui sont (notamment T. 360, auquel on joint ordinairement T. 365 et 366 : ce sont les Jôdo sambukyô fë*±EÏ$IS) les autorités fondamentales de la secte Jôdo, ou secte d'Amida. Il y est conté comment, du temps du B. Lokesvararâja, 53e B. après Dîparhkara, un roi conçut l'Esprit d'Eveil pour avoir écouté les pré- dications de ce B., abandonna son trône et se fit moine sous le nom de Dharmâkara (T. 362 Dom- maka #jf $9, T. 360 Hôzô j£j^, T. 361 Hôbôzô tëWM, T. 310 [5] Hôsho fèfà; T. 363 donne Dharmâkara, Sahô #fë). Sur la prière de ce moine, le B. Lokesvararâja lui exposa le bien et le mal des Dieux et des hommes et les mérites et démérites des différents royaumes dans 210 Millions de Terrains de B., qu'il lui fit voir. Le moine passa cinq Périodes à réfléchir (pour faire un choix, ajoute T. 310 [5]) et à s'approprier les pratiques pures par lesquelles on peut orner un Terrain de B.; puis il se présenta de nouveau devant le même B. et émit 48 Vœux, dont le principal est le 18e, formulé comme suit dans T. 360 : "A supposer que j'obtienne de devenir B., si des Etres des dix directions, croyant en moi et m'aimant de tout leur Esprit, désirent naître en mon royaume dans la mesure de dix pensées, et qu'ils n'y naissent point, je ne recevrai pas l'Eveil-cor- rect-complet ; exception étant faite seulement pour ceux qui se rendent coupables des cinq Péchés de Damnation-immédiate et de la calomnie contre la Loi correcte." Puis il accumula les pratiques jusqu'à ce que ses Vœux fussent réalisés et qu'il devînt le B. parfait Amitâyus en son Paradis occidental, il règne depuis dix Périodes accomplies. On trouve dans d'autres textes diverses références à des Nais- sances d'Amida. Les huit sûtra suivants sont cités dans Ass. III : (1) T. 262 III ( = Lotus 113) Le 9e des 16 princes fils du B. Mahâbhijnâjnânâbhibhû (Daitsûchishô zfcji^lfêp), dont le Ier devint Aksobhya et le 16e Sâkyamuni, est devenu Amitâbha. (2) T. 157 11 ( = Karunâpundarîkasûtra 11) Le roi Mujônen MW& (Sans-Pensée-de-Querelle, sk. Aranemi) qui régnait dans le monde Sandairan J^J^i^t pendant la Période Zenji §jf$ (Bien-maintenue, sk. Dhârana) est devenu Amitâyus. Il avait 1000 fils, dont le Ier est devenu Avalokitesvara, le 2e Mahâsthâmaprâpta, le 9e Aksobhya, etc. (3) T. 275 Du temps du B. Mukuenshôkiô MÊiafSiiï prêcha le Moine mendiant Jômyô ffifô (Vie-pure) ; c'est lui qui est maintenant Amida. (4) T. 425 1 Du temps du Tg. Raionku ^f^lÇL (Rugissement-de-son-de-tonnerre, sk. Meghasvara Mvy. 99), Amida était un prince nommé Jôfukuhôshûon ffîîJtwfflwC^ (Son-des-Rétri-

AMIDA

butions-de-Mérite-pur). (5) Ib. Du temps du B. Konryûketsukô &flï&3fc (Or-Dragon-Certitude- Lumière), il se nommait le Maître de la Loi Mu- genryôhôon ^HRKfifUïi1 (Voix-de- Joyau-infinie). (6) T. 643 IX Le 3e des 4 Moines mendiants qui vénérèrent le B. Kûô ^3i (Sûnyarâja ?) est actuelle- ment Amida. (7) T. 372 11 Du temps du B. Shishi $$"ï" (Simha), Amida était un Bs. nommé Shôi |$£j$ (Majesté éminente). (8) T. 1017 II était un prince nommé Fushigishôkudoku ^^W^Ê^ifâ (Mérite in- concevable et éminent). Sept sûtra contenant des références à d'autres Naissances sont cités dans Mjes. iv : (1) T. 425 Roi Tokke |§|$f sous Tg. Shôjin fgit -(2) T. 310 [18] Roi Enni fâfâ sous Tg. Jôrie tôftt (3) T. 649 Prince Fukuhôshôjô JgfRîfïféï. (4) T. 170 Prince Tokkô f^^fc fils du roi Gakushim- rau lljjyjl*, sous Tg. Gikichi f^. (5) T. 1340 xvn Bs. Myôsô llJ^"|i, qui éleva des stûpa après le Nirvana du Tg. Sanjô Mj_t. (6) T. 831 Roi Gattoku j§f# du temps du maître de la Loi *Benshaku fg$ff( (Prati- bhânakûta), lui-même futur Aksobhya, qui prêcha des Charmes après le Nirvana du Tg. Kanjizai fDJlf] ^E (Avalokitesvara). (7) T. 154 Isen ]%9c, disciple de Shudatsu fë'i^s, 16e B. passé. T. 633, cité Aigk. : Roi Eki $J£g sous Tg. Gakkitsu R #.— Dans plu- sieurs des textes précités, Amida est associé à Akso- bhya (cf. *Ashuku). Il est d'autre part mis en rapport avec Maitreya dans T. 327 = T. 310 [25] (Maitreya- pariprechâ, cf. BEFEO XXIV, 240 n. 7), l'on voit Maitreya interroger Sâkyamuni sur les dix pensées assurant l'accès au Paradis d'Amida. Vues des sectes [Bdji. 59-67]. Amida étant mentionné dans de nombreux sûtra reconnus comme autorités par les diverses sectes, la plupart de celles-ci ont des doctrines particulières à son sujet. D'une façon générale on distingue en lui deux aspects, celui de B. Idéal (Ributsu ïl^) et celui de personnalité vivante prêchant au Paradis de l'Ouest. Secte Hossô (cf. Ttt. 1861, art. "Trois Corps", et Ttt. 1757). Amida et les trois Corps de B. : (1) Corps de Nature-propre (Corps d'Essence). En tant que Corps de Nature-propre, Amida est pur Idéal (yuiri PjÉBi) et ne se différencie pas des autres B. (2) Corps de Fruition pour soi-même et Corps de Fruition pour autrui. C'est sous ce dernier aspect qu' Amida peut être vu par les Bs. ayant atteint l'une des dix Terres. Par ceux de la Ie Terre, il est vu sur une plateforme de lotus de 100 Joyaux ; par ceux de la 2e, sur une plateforme de lotus de 1000 Joyaux ; par ceux de la 10e, comme une Transformation de la Connaissance sans-Ecoulement. (3) Corps de Métamorphose. C'est en ce Corps qu'Amida est vu par les Bs. inférieurs aux Terres, ainsi que par les Auditeurs et les B.-pour-soi. De ce Corps relèvent aussi l'Amida qui a père et mère, comme celui des Naissances, l'Amida de T. 371, qui entre dans le Nirvana et auquel succédera Avalokitesvara, etc.

PLANCHE III

i. Amida debout (secte Jôdo).

2. Amida sur la tête de Kannon.

AMIDA 27

Secte Sanron. (1) En tant que Corps d'Essence ou Corps de Nature-propre, Amida est dit Corps Idéal. (2) En tant que Corps de Fruition pour soi-même, il est dit Corps de Connaissance. Ces deux Corps sont impérissables. (3) Dans le Corps de Métamorphose, on distingue deux aspects : le Corps de Fruition pour autrui et le Corps de Métamorphose proprement dit. C'est en ce Corps qu'Amida se fait voir sous une forme mortelle pour sauver les Etres. D'après Ttt. 1752, au Ier des trois Corps correspond la formule: "Ce Corps de Plan d'Essence pénètre tous les Etres"; au 2e, la formule : "Cet Esprit devient B." ; et au 3e, correspond l 'Amida qui réside au Paradis de l'Ouest. Secte Kegon. On trouve dans les ouvrages de cette secte quelques art. sur le Monde d'Amida. Ainsi d'après Kks. iv (art. "Renaissance"), ce Monde a deux aspects : (1) Comme Monde du Véhicule unique, il appartient à la Mer du Monde Orné déposé dans le Lotus (Rengezôshôgonsekaikai ^Ijê jîic}[i:ijî%tlî^?-$*) î en tant que maître de son Monde sous cet aspect, Amida est identique à Vairocana. (2) Comme Monde du Véhicule triple (Auditeurs, B.-pour-soi et Bs.), c'est le Paradis de l'Ouest, réside Amida en son Corps de Fruition. Secte Tendai. Cette secte distingue 3 Corps de B. et 4 sortes de Terrains (do ±) ; d'après Ttt. 1778, Amida relève du Corps de Correspondance ( Corps de Métamorphose) et son Paradis du Terrain de Cor- respondance ( = Terrain de Métamorphose) ; en effet, ce Paradis est un Terrain naissent les Audi- teurs et les B.-pour-soi ; on y mange, on y marche, les jours et les nuits s'y succèdent, et Amida y prêche la loi du Véhicule triple. Cependant, en tant qu'objet d'Inspection (notamment de la 9e des 16 Inspections de T. 365), Amida est conçu comme Corps de Frui- tion ; selon Ttt. 1751 p. ex., comme Corps de Fruition pour autrui. Un des grands savants jap. de cette secte, Genshin îj^fg , l'auteur de Akjs., a tenté de combiner avec la doctrine Tendai une interprétation es. du nom d'Amida : "A, c'est le Vide ; Mi, c'est le Fictif ; Da, c'est le Milieu, le Corps d'Essence. Le nom d'Amida peut être donné à tous les Etres des dix directions : Amida comme Corps d'Essence, c'est le Tg. de l'Eveil originel, et par conséquent l'Esprit de Terme (de chaque Etre) ; Amida comme Corps de Fruition pour soi-même et pour autrui, c'est (notre) corps de Formel, qui produit les causes et éprouve les effets ; Amida comme Corps de Métamorphose, c'est le B. Amida du Paradis. En méditant sur A, on détruit l'erreur de la Vue et l'on produit par cette cause le Corps de Fruition ; en méditant sur Mi, on détruit l'erreur des Passions et l'on produit par cette cause le Corps de Métamorphose ; en méditant sur Da, on détruit l'erreur de l'Inscience et l'on produit par cette cause le Corps d'Essence." Secte Zen. Cette secte ne reconnaît pas de B. hors de l'Esprit individuel ; ce qu'elle appelle Amida, c'est la

AMIDA

Nature de B. innée en chaque homme. Amida, c'est moi-même ; son Paradis, c'est mon Esprit ; mon but n'est pas d'aller naître en un Paradis après la mort, mais de réaliser Amida en mon corps présent et de faire apparaître le Paradis en ce monde- ci. En pratique cependant, on trouve souvent des images d'Amida dans les temples de la secte ; il y est représenté comme dans la secte Jôdo. Secte Jôdo. On oppose à toutes les autres sectes boud- dhiques (dénommées Shôdômon IgjJÎH, sectes de la Voie Sainte) les sectes dites de Terre Pure (Jôdomon ft^n), caractérisées par la croyance à un Paradis comme celui d'Amida, d'Aksobhya ou de Maitreya. Nâgârjuna, le second patriarche (après Asvaghosa), de la secte Jôdo d'Amida, distingue en effet, dans le chap. de Tt. 1521 intitulé : "La pratique facile", deux méthodes de salut : "C'est comme, parmi les voies de ce monde, il en est de faciles et de difficiles : marcher par voie de terre est pénible, naviguer par voie d'eau est agréable. Il en est de même des Voies des Bs. : les uns pratiquent avec zèle la Bonne- volonté ; mais d'autres, par la pratique facile du Moyen de la Foi, parviennent rapidement au Sans- Régression." Ce Moyen de la Foi consiste à penser, en invoquant leurs noms, aux B. des 10 directions, à Amida et à tous les autres B. (le Vœu fonda- mental d'Amida étant cité, et 32 stances, dites Hymne à Amida, Amidasan PnJ'jil^^, se rapportant exclusivement à lui), ainsi qu'à de nombreux Bs. (dont les noms se retrouvent dans le texte sk. du Sukhâvatîvyûha). Nâgârjuna considère Amida com- me un simple sauveur, un objet de Foi ; de même Vasubandhu, troisième patriarche de la secte, dont l'ouvrage Tt. 1524 (cm. à Tt. 1521) s'ouvre par cette strophe célèbre adressée au B. Amida : "Bha- gavat ! De tout mon Esprit je prends refuge en toi, Tg. dont la lumière sans obstacle pénètre les dix directions, et je désire naître en ton Paradis !" C'est chez le quatrième patriarche, Donran ^.^ (Ttt. 1819, cm. à Tt. 1524), qu'apparaît une conception plus philosophique d'Amida. Il distingue deux Corps : Corps d'Essence de Nature d'Essence et Corps d'Essence de Moyen, identiques l'un à l'autre d'un point de vue large (kôsônyû )Plfà\), mais différents d'un point de vue plus étroit, dans le détail (ryakusônyû B&flJÀ) ; ils ne forment qu'un en tant qu'ils sont tous deux Corps d'Essence, car un Corps d'Essence est sans Caractère et pour cette raison même a tous les Caractères. Dôshaku Mffl, le cinquième patriarche (Ttt. 1958), et Zendô fl'Ç, le sixième (Ttt. 1753), voient en Amida un Corps de Fruition, par opposition à certains auteurs de sectes adverses qui ne voulaient voir en lui qu'un Corps de Métamorphose. C'est également comme Corps de Fruition qu'il est conçu par la plupart des écoles jap. de la secte (sauf par l'école syncrétique Yûzûnembutsu g^lMSi^^ qui le conçoit comme

AMIDA

Corps d'Essence). Dans l'école Shin jj|.^, Shinran distingue, à la suite de Donran, deux Corps qu'il définit ainsi Yssm. : "Le Corps d'Essence de Nature d'Essence n'a ni couleur, ni forme ; on ne peut donc le concevoir ni en parler. En tant qu'il manifeste sa forme hors de l'Ainsité unique, on l'appelle Corps d'Essence de Moyen. Amida a pris forme comme Moine mendiant Dharmâkara et a formulé 48 grands Vœux ; c'est par suite de son Vœu fondamental de lumière et de longévité incommen- surables qu'il se manifeste (comme Amitâbha et Amitâyus) ... En tant qu'il est un fruit de l'acte causal de son Vœu, on l'appelle Corps de Fruition ; car Fruition signifie le fruit d'une cause. Hors de ce Corps de Fruition il manifeste des Corps de Mé- tamorphose, et répand la lumière sans obstacle de la Sapience dans les mondes innombrables comme les atomes." Esotérisme. Noms : Muryôjunyo- rai $!ÊiiLÎi#n2fc (Amitâyus-tg.) ou Kanjizaiônyorai ISê^tï^P^ (Avalokitesvararâja-tg.) dans le Plan de Diamant [PI. D.] ; Amidanyorai |5RJ!fô[_#n?i$ (Amita-tg.) dans le Plan de Matrice [PI. M.]. Nom es. : Shôjôkongô iff?=Jî__" H]l] (Diamant de pureté) dans les deux Plans (ou aussi Daihikongô ^C_§_?"ti6]lJ, Diamant de grande Compassion). Nature. Du point de vue de l'Egalité, tous les B. étant Egaux, Amida n'est autre que Vairocana qui possède les cinq Connaissances. Du point de vue du Diversifié, il a pour Vertu particulière la Connaissance de Perspicacité (myôkanzacchi ^H^^1, s^{- pratya- veksanâjnâna), une des cinq Connaissances de Vairocana, dont le rôle est de conduire les Etres à l'Eveil en tranchant les doutes relatifs aux prédica- tions de tous les B. Dans le système des Cinq Révolu- tions, il préside soit à l'entrée dans le Nirvana, soit à l'Attestation de l'Eveil (cf. *A [Ajigoten]). Locali- sation.— Dans PI. D. il est placé dans la Roue Ouest des 5 Roues de Libération de l'Assemblée d'Acte, derrière Vairocana, et entouré des 4 Bs. Essence de Diamant (devant), Bénéfice de Diamant (g.), Cause de Diamant (dr.) et Parole de Diamant (derrière), qui représentent ses 4 Vertus : donner l'Essence aux Etres, les servir, prêcher à cause d'eux, et leur parler. Dans PI. M. il réside sur le pétale Ouest de la Cour à 8 Pétales de la Plateforme centrale, devant Vairocana. C'est le seul des quatre grands B. des directions dont la situation cardinale (Ouest) et le nom (Amida) restent les mêmes dans l'un et dans l'autre Plan. Cf. *A et *Butsu. Germes. Docu- ments divers : T. 865 : hrîh, T. 867 : hûrh, T. 848 : a ou amita, Tt. 973 : vam, etc., chacun de ces Germes ayant son interprétation spéciale. Mais selon la tradi- tion couramment admise, ses Germes sont hrîh dans PI. D. et am dans PI. M. Le Germe hrîh est commun à Amida et au Bs. Avalokitesvara ; d'après T. 868 il symbolise la pureté immaculée ; c'est aussi le Germe du lotus, Forme de Convention d 'Amida. Am, 3 e

28 AMIDA

Révolution de l'a, a pour Caractère l'Attestation de l'Eveil (cf. *A [Ajigoten]) ; ajouté à : sa, qui est le Germe propre d'Avalokitesvara, il forme le groupe : sam, qui est donné comme un autre Germe d'Amida dans PI. M., et qui représente Amida identifié au Caractère de Fruit d'Eveil d'Avalokitesvara (Avalo- kitesvara, sa + 1'Eveil, am=Amida, sam). Formules. Unilittères : a (T. 1092 xx : Om a svâhà), hrîh (Tt. 1003). PI. D. : Om lokitesvararâja ; PI. M. : Namah samantabuddhânâm sam sah. Petit Charme (shôju /hP^, dit aussi Charme d'Esprit, Formule d'Esprit du Tg. Amitâyus) : Om amrtatejekara hûrh (Tt. 930). Grand Charme (daiju ;fcn,_, dit aussi Charme des 10 Amrta, Charme fondamental d'Amida) : Namo ratnatrayâya namo âryâmitâbhâya tathâga- tâyârhate samyaksambuddhâya tadyathâ om amrte amrtodbhave amrtasambhave amrtagarbhe amrtasid- dhe amrtateje amrtavikrinte (?) amrtavikrinta (?)- gâmini amrtagaganakîrtikare*(?) amrtadundubhisvare

Fig. 13. Cercle des neuf classes d'Amida.

sarvârthasâdhani sarvakarmaklesaksayahkare svâhâ (Tt. 930). Formes de Convention. Lotus épanoui PI. D., entr 'ouvert PI. M. D'après une autre tradi- tion, stûpa et Joyau. Pratiques. Amidahô [fo7_ȧ PÊ&6> cérémonie es. destinée à effacer les péchés, à assurer la naissance au Paradis et à attirer le bonheur sur les morts ; Amida dans son Cercle (Amidaman- dara) y figure au centre de l'estrade. Célébrée au Japon dès l'époque Fujiwara (xie s.). Amidamandara ~H|^j||, Cercle de l'Amidahô : il y en a plusieurs variétés, dont la plus usuelle est dite Kuhomman- dara ^Lnnâ^M) Cercle des 9 Classes : les Amida des 9 Classes y figurent entourés des 4 Bs. du PL

PLANCHE IV

i. Triade d'Amida (Hôryûji).

2. Pentade d'Amida (Hôryûji).

AMIDA 29

D., des douze B. de lumière [personnifiant les douze noms d'Amitâbha, cf. sup.] et de 25 Bs. [sur lesquels cf. Bbkw. 545-548]) ; elle aurait été introduite de Chine par Eun ifjîi en 847. Cf. Bbkw. 449-552 et fig. clxi ; aussi Mnkk. 356-357. Amidagoma ~fjg 0_, Libation à Amida accomplie avant l'Amidahô. Sceaux. Traditions et documents confus. D'une façon générale on peut distinguer deux Sceaux prin- cipaux : (1) Sceau de Concentration (jôin ^E|l) : les deux mains reposent devant le nombril, la droite sur la gauche, les paumes tournées vers le haut, les deux

index recourbés dos à dos formant des cercles avec les pouces (cf. Tmds.l, Zish. 1).

Fis- 14- Sceau de Concentration d'Amida. Ce Sceau est aussi

appelé Amidajôin ~fëÉP, Myôkanzacchiin #j/MfÊ? fVflJ, Saishôsammaiin îg§|HlïfcÉP, Rengebujôin jj| pîfêËP. ou encore Shiyuiin &f|Ep (T. 848 et cm. Ttt. 1796), Jûsammajiin fëH0itiîÉP (Tt. 1067), Josanranshinin B&tfefiL'frfll (T. 868 11). C'est le sceau d'Amida dans les Cercles et dans la plupart des statues assises. C'est aussi le Sceau du Ier des 9 Amida des 9 Classes (cf. infra Kuhon Amida). Par- fois les index ne sont pas redressés et le Sceau ne comporte qu'un cercle, fermé par les pouces, et non deux. (2) Dans le second Sceau, comme dans le premier s'il comporte deux cercles, le pouce et l'index (ou un autre doigt) de chaque main forment un cercle, mais la main droite est élevée devant l'épaule et la gauche abaissée devant le genou, les deux paumes étant tournées en avant. D'après Tdjs. ce Sceau serait dénommé Hosshinseppôin ^^^^ Ép ou Mushofushiin 4ffi0p£MÉP- C'est le Sceau du 3e des 9 Amida des 9 Classes (cf. Kuhon Amida). Il est fréquent dans les statues d'Amida debout, notam- ment dans les sectes Jôdo, Shin, Tendai, etc. La main droite qui s'élève indique la recherche de l'Eveil, et ses cinq doigts représentent les Plans des Auditeurs, des B.-pour-soi, des Bs., des B. ex. et des B. es. La main gauche qui s'abaisse symbolise la conversion des Etres, ses cinq doigts représentant les Plans des hommes, des Dieux, des Trépassés, des animaux et des infernaux (cf. Dsky.). On trouve beaucoup d'autres Sceaux dans les images anciennes d'Amida, antérieures à l'introduction de la secte Shingon au Japon. Un des plus fréquents est le Sceau dit de tourner la Roue de la Loi (tembôrinin $t?£iriiiiËIJ)» qui figure dans une fresque célèbre du Hôryûji ££|^|^p [pi. 11] et dans plusieurs images de l'époque de Nara. Cf. Bztk. 143 ; Bbkw. 540. Icono= graphie. Une forme d'Amida à 3 faces et 6 bras est décrite dans T. 890 11 : la tête porte une coiffure de joyaux ; chaque face a trois yeux ; les deux mains du haut portent des lotus épanouis, la main droite du milieu porte le Prajnâpâramitâsûtra et la main gauche

AMIDA

le Diamant, la main droite du bas porte le rosaire et la gauche le vase kundî. Mais cette forme est rarement représentée. Amida est généralement figuré comme un personnage humain nor- mal, soit avec une coiffure de Joyaux (p. ex. sous son aspect de Caractère de Fruit d'Avalokitesvara, cf. Bzss.), soit sans cheveux sous l'as- pect du moine mendiant Dharmâkara, soit avec des cheveux "en conque" (ra- hotsu ^H). Cette dernière variété est de beaucoup la plus fréquente, notamment dans les Cercles (des deux Plans), Amida figure assis sur un siège de lotus (symbolisant la pureté qu'implique son nom es.), la face dorée (couleur de l'automne, auquel cor- respond l'Ouest, l'or symbolisant aussi la plénitude et l'indestructibilité), et accomplissant le Sceau de Concentration. Dans l'Ex. le Sceau le plus fréquent est le second décrit ci-dessus, mais le premier se rencontre aussi, surtout dans les statues assises.

Fig. 15. Tembôrinin (fresque du Hôryûji).

Fig. 16. Amida (Plan de Diamant).

Kannonchôtai Amida HJ^MSc'^» Amida sur la tête d'Avalokitesvara. Textes : T. 365 Dans la coiffure divine d'Avalokitesvara est un B. de Métamorphose haut de 25 Lieues. T. 848 1 Dans son chignon apparaît Amitâyus. Amidasanzon ~H1£, Triade d'Amida : Amida flanqué d'Avalokitesvara à gauche et de Mahâsthâmaprâpta à droite. Généralement Amida est assis ; ses acolytes sont toujours debout. Au

AMIDA

30

ANAHANA

Japon, c'est sous cette forme qu'Amida est re- présenté dans la secte Jôdo, tandis que dans la secte Shin il est figuré seul et debout. Textes : Dans T. 157 11 (cf. sup. Naissances), les deux fils aînés du roi Aranemi, futur Amitâyus, deviennent Avalo- kitesvara et Mahâsthâmaprâpta. T. 365, 7e Inspec- tion : Le B. Amitâyus s'arrêta debout en l'air ; Ava- lokitesvara et Mahâsthâmaprâpta, ces deux Grands- Etres, le flanquaient, debout, à gauche et à droite. Ib., 8e Inspection : Pour se représenter ce B. (Amitâyus), il faut d'abord se représenter son image dorée comme le Jâmbûnada, assise sur une fleur de lotus . . . puis faire une grande fleur de lotus à sa gauche. . .et une à sa droite. . .et se représenter une image du Bs. Avalokitesvara assis sur la fleur de gauche... et le Bs. Mahâsthâmaprâpta assis sur celle de droite. . .Cf. aussi T. 371, etc. Amidagoson ~£Jil, Pentade d'Amida : Amida flanqué d'Avalo- kitesvara, de Mahâsthâmaprâpta, et de deux autres personnages que la tradition jap. identifie à Ksiti- garbha et à Nâgârjuna (2e patriarche de la secte Jôdo) : groupe dit des "cinq saints" (goshô £.§£!)• Pas de texte canonique. D'après la tradition, ce groupe aurait été un objet de foi en Chine ; on croyait qu'il apparaissait aux mourants. Mentionné dans les sources jap. dès l'ép. de Heian (Shks. II, Kkzs. ; cf. aussi Bbkw. 538). Kuhon Amida jlrm~> les Amida des 9 Classes, hypostases d'Amida correspondant à chacune des 9 Classes entre lesquelles sont répartis les Etres par rapport à son Paradis (cf. *Jôdo). Chacune de ces hypostases a son Germe et son Sceau spéciaux. Cf. Bdji. 875 et Bzze. 11, qui figurent ces Sceaux mais sans la garantie d'une tradition icono- graphique ancienne. Sur les 9 Classes, cf. T. 365, et BEFEO XXIV, 236. Cf. aussi*Jôdo.— Sur l'ensemble des questions concernant Amida, on consultera avec fruit les riches matériaux réunis dans Abkk.

JAMIRITA |ÎSJiîP|£, ou amiritai amorizu psJSP^cSP, etc. = sk. amrta ; td. *kanro "tflS (litt. "rosée douce"). Ambroisie. Atniritagundari ~¥3£f'J = sk. amrtakundalî ; td. kanrobyô "H"I|#R "vase d'Ambroisie". Nom d'un des cinq Grands Rois de Science, aussi Bs.; Tt. 121 1. Cf. *Myôô.

AMMORA #jgit> ou anra 3ffj& ambara $$$ = sk. âmra,p.amba ; la mangue (Mangifera Indica). Td. Ttt. 2131 vin na ^, espèce de poire ; le nom de femme Amrapâlî est rendu par Nanyo ^^c T. 553 et 534 (td. Anseikô ^tjtilî) î mais Keds. critique cette identification, et cite les td. soyô g^H "feuille acide" Hbg. ix (td. faite sur le sk. âmla "acide"), et nanfumbetsuju H^^lj^ "arbre difficile à détermi- ner", parce que le fruit tient de la poire et de la pêche. Le fruit figure souvent dans les règles de la Discipline T. 1421 xxn ; 1428 xliii ; 145 1 1. Le jardin des manguiers, Âmravana, est un des

séjours préférés du B.; T. 1 11 ; 476 1. Comparaison : Les quatre classes des moines sont aussi difficiles à distinguer que la mangue verte de la mangue mûre T. 374 vi et xxvni ; cf. Ttt. 2128 xxv et T. 145 1 1. Ttt. 2087 iv distingue deux variétés propos de Mathurâ), l'une petite qui jaunit en mûrissant, l'autre grande qui garde jusqu'au bout sa couleur verte. Les trois te. ci-dessus, ammora, anra, amba- ra, sont réservées en principe à la mangue ; mais la confusion avec les te. d'âmalaka "myrobolan emblic" est constante. Cf. *Amaroku.

AMOKUTA |SpJS£, td. munôatsu ffîfâM " ir- répressible" = sk. amukta ? Le 36e Sceau d'Avaloki- tesvara T. 901 iv.

AMOTA pïî&t (ou ~P£). Nom d'un joyau (sk. âmukta ?) Ttt. 2128 xliv ; T. 463.

AMUGAHASHA psj$filIlÔi^ï = sk. amoghapâsa; td. *fukûkensaku ^SH^i "lacet non vide". Nom d'une forme de *Kannon T. 901 iv et XII.

AN |U, ou Bf|, *£, ^, = sk. am #(, l'anusvâra, une des 12 voyelles et des 50 lettres du*Shittan ; 3e des "cinq Points de l'a", correspondant à l'Eveil [cf. *A (Ajigoten)], on l'appelle "l'a pourvu du point du Vide", l'anusvâra étant dénommé "point du Vide" kûten SK (cette désignation aurait été suggérée par la première syllabe du sk. ambara "es- pace vide", d'après Meikaku H/J-f^, savant jap. du XIe siècle, cité Bdji. 86). Interprétations : T. 1003 1, Ttt. 1796 x tôgaku *fjg, jôbodai J$|£i! "Eveil complet" (sk. [s]ambodhi) ; Tt. 880 henzai y£$£ "ex- trémité" (du sk. anta, écrit amta) ; T. 187 iv, 468 1, 469 muga $H$5è "non-moi", mugasho $SÊ$S0f "sans lieu de moi" (sk. amama) ; T. 375 vin, 376 v shaissai :M~^W "écarter toutes (les richesses)".

ANAGI PrI^HÎ^ Elément d'origine probablement indienne qui entre dans le nom de plusieurs Charmes mentionnés dans le même texte T. 1331 : (1) Ana- gichira psUft^iaifA td- "sauver des douleurs de la maladie" ; (2) ~chiro ~§fliii[ "sauver des douleurs de la maladie", ou ib. ni "pluie de la Loi dans les quatre univers" ; (3) ~chirô ~!t|j£ "sauver les Etres" ; (4) ~furo ~^]|f[ "patience de la Loi"

(5) ~fuchikurichina ~^-*g9iW$ffî "grand salut"

(6) ~jinnei ~a8t$f£ "sauver les Etres de la douleur" etc.

ANAGON plffifÇ (°u ~it), ou anagami |5nJ#fl {ftlDff, anagamei ^fiUliS, abr. nagon $J£ = sk. anâgâmin; td. *fugen ïfifê "Sans-retour".

ANAHANA |5nI$M$î, ou anahanna M anaahana [SnJ$5HiÈ$> annahanna £$$$#[$, abr.

ANAHANA

3i

ANGO

ampan ^J|9j = sk. ânâpâna ; td. *susokkan f$[,G,|B "Inspecter en comptant la respiration".

ANAITEYA |5SIïfêjg3P=sk- Âditya > td- Nitten- shi BX"F" "empereur du soleil". Nom d'un Sceau T. 1092 iv.

ANCHINHÔ *£$&&; "méthode pour maintenir en paix". Pratique es. destinée à préserver l'ordre et la paix soit des palais ou châteaux (anchinkok- kahô i^c^t^ §£$?)> s°it des foyers privés (kachinhô §£$!tÈ& ou chintakuhô ^^ï3j "méthode pour pro- téger la maison"). La première application en fut faite au Japon en 860, au palais impérial ; elle avait été importée de Chine par Jikaku ^ff^. La céré- monie se divise en trois catégories, suivant la divinité qui y préside : (1) Fudôanchin ^f-Wl^c^U (Acala) ; (2) Yôeanchin îlîj'jfc^çiiï (Kannon au vête- ment de feuillage) ; (3) Monjuhachijianchin jfc$^A ^:&$ii (Astâksara Manjusrî, ainsi dénommé parce qu'on emploie huit lettres de *Shittan dans ce rite). (1) et (2) s'emploient à l'inauguration des maisons neuves, et (3) pour éloigner les calamités des maisons déjà habitées. L'acte principal consiste à fixer le Cercle (*Mandara) de la divinité protectrice à la maîtresse poutre de la principale chambre.

ANDA ^ç^ = sk. anda "œuf". Nom d'une école hérétique qui professait la doctrine du honshôkei ^^Éni" ou honsaikei ^c|^|f "croyance à une produc- tion, ou à une limite, originelles". Tt. 1640: A l'origine il n'y avait ni soleil, ni lune, ni étoiles, ni air, ni terre, mais seulement l'eau. Alors se produisit le grand Anda pareil à un œuf de couleur dorée. Quand les temps furent mûrs, il se brisa en deux morceaux dont l'un monta et devint le ciel, et l'autre descendit et devint la terre. Puis entre ciel et terre naquit le dieu Brahmâ qu'on appelle l'ancêtre de tout ce qui est. On reconnaît ici la doctrine classique du brahmanisme sur le brahmânda ou œuf originel de Brahmâ. Cf. *Bon.

ANDAE £P6#, ou antabasha ^çOHJ|§£, andara- bassatsu £$'£W:M.ffi-> etc. = sk. antarvâsas, p. anta- ravâsa ; Mvy. 8935 tib. mthan gos "vêtement du bas", ch. tanne Jfî^ "vêtement simple", chûshukue ^fèfjSc td- littérale (chû = antar, shuku = vâsa), gee Tjfe "vêtement du bas" ; autres td. gojôe JL^tH "vêtement en cinq pièces" Kog. xv, rie H|2£ "vêtement intérieur" Gog. xv. C'est une des trois pièces qui, avec la samghâtî et l'uttarâsariga, con- stituent le costume du moine. Cf. *Kesa.

ANGO 5£ç|§ "rester tranquille"; sk. varsa, p. vassa "pluie"; tib. dbyar "été". Retraite: Saison des pluies, les moines interrompent leurs péré- grinations pour se fixer temporairement dans un

monastère. Aperçu. La Retraite n'est pas en principe une institution bouddhique ; c'est une institution indienne que le bouddhisme a dû, lui aussi, adopter et qu'il a propagée hors des frontières de l'Inde, quitte à lui laisser subir l'adaptation nécessaire. Dans l'Inde, c'est la saison des pluies, la mousson (comme nous disons en Occident, depuis que les navigateurs portugais ont emprunté cette appellation aux pilotes arabes de l'Océan Indien), qui commande le rythme de l'année entière, à tel point que le nom de la pluie, varsa, sert à désigner l'année ; la mousson commence vers le milieu de juin et se continue jusqu'au milieu de septembre ; les ordres vagabonds et mendiants qui ont toujours pullulé dans l'Inde sont obligés de suspendre temporairement leurs pérégrinations. Aujourd'hui encore, les moines Jaina, fidèles à la règle antique, s'arrêtent la mousson les surprend, et attendent le retour de la saison sèche pour continuer leurs tournées. C'est donc une période capitale de la vie religieuse, puisqu'elle seule permet le contact pro- longé entre les moines et la communauté des fidèles. —Te. barisha PflJi^, gJt$fë$ Gog. xxn ; barishi #fpj!$i Bzm. ; usha ]%£ Bdji. Autres td. uango Wl&fê "rester tranquille pendant les pluies" ; zage &M (anc. td. citée Ttt. 2087) "s'asseoir pour l'été" ; zarô f^Jft 0D-) "s'asseoir pour le dernier mois de l'année" (monastique : dans le comput ecclésias- tique, l'année s'ouvre en effet après la fin de la Retraite). L'entrée en Retraite est appelée kessei £rî$lj "se lier par des règles" ou ketsuge £nJC "se lier pour l'été" ; on en sort par le gesei H^fljl] "se délier des règles", ou le gege fffiM. "se délier de l'été". Les termes correspondants dans les autres langues sont (cf. Mvy. 8681, 8682), pour l'entrée : sk. varsopanâyikâ, p. vassûpanâyikâ, tib. dbyar sbyor "jour d'entrée en Retraite"; pour la sortie : sk. pravâ- ranâ [ou°a], p. pavâranâ, "l'Invite" ; tib. dgag dbya (phye) "arrêt" (ch. *zuii ffîM. "liberté").— Institu- tion de la règle. T. 1428 xxxvn Le B. résidait au jardin d'Anâthapindika, à Srâvastî, avec le groupe des six Mendiants. Ceux-ci en toute saison, printemps, été comme hiver, pérégrinaient parmi les hommes. Pendant les mois d'été les pluies orageuses firent des inondations, et ils perdirent dans les eaux vêtements, bols, sièges, étuis à aiguilles ; ils tuèrent en les piétinant plantes et arbustes vivants, et tous les maîtres de maison se moquèrent d'eux, disant : Les moines fils de Sâkya sont éhontés ; ils tuent en les piétinant les plantes et les arbustes vivants. Ils disent au dehors en se vantant : Nous connaissons la Loi correcte. Mais comment la connaissent-ils ? En toute saison, printemps, été. . .(ut sup.). . .ils tuent en les piétinant les plantes et les arbustes vivants et tranchent leurs organes de vie. Chez les hérétiques eux-mêmes on fait Retraite pendant trois mois ; et ceux-ci qui sont fils de Sâkya, en toute saison,

ANGO

printemps, été, etc.. . .tranchent leurs organes de vie. Il n'est pas jusqu'aux insectes et aux oiseaux qui n'aient leur gîte, trou ou nid... Les Moines mendiants entendirent cela. . .ils accusèrent les Six. . .(disant):. . .Les maîtres de maison s'imaginent qu'il y a des organes de vie dans les plantes et les arbustes. Comment avez-vous pu faire qu'ils se soient rendus coupables de railleries ?... Le B. réunit l'assemblée des moines. . .et prescrivit: Dorénavant les Moines mendiants sont autorisés à faire Retraite trois mois pendant l'été. Textes parallèles : T. 1421 xix (où la faute consiste simplement dans le fait de tuer en les piétinant les insectes et les plantes) ; 1435 xxiv (. . .piétiner les plantes vivantes et prendre la vie des insectes) ; 1445 (. . .les insectes seulement). Dates diverses. Deux écoles, qu'on désigne au Japon comme l'ancienne et la nouvelle [quoi- qu'elles s'appuient l'une et l'autre sur des autorités de la même époque : Dôsen (Tao-siuan) 3t1f et Genjô (Hiuan-tsang) &%£; la "nouvelle école", en matière de Vinaya, ne commence qu'avec Gijô (Yi-tsing) iëHPL donnent des dates différentes pour la période de l'Ango : du 16e jour du 4e mois au 15e jour du 7e mois (Ttt. 1804 1 d), ou du 16e jour du 5e mois au 15e jour du 8e mois (Ttt. 2087 vm). Genjô signale, dans ce dernier texte, l'erreur commise encore de son temps en Chine et la rectifie ; il indique expressé- ment que dans l'Inde la Retraite commence le Ier jour de la Ie quinzaine (noire ; cf. Gijô Ttt. 2125 11) du mois Srâvana et s'achève le 15e jour de la 2e quinzaine (claire) du mois Âsvayuja, dates qui cor- respondent dans le calendrier chinois au 16e jour du 5e mois et au 15e jour du 8e mois (le mois Srâvana est le 5e du calendrier indien dans le système Caitrâdi qui fait commencer l'année vers l'équinoxe vernal ; le mois Âsvayuja est le 8e). Selon Genjô, les dates de l'ango admises par "l'ancienne école" étaient dues à une erreur d'interprétation des traducteurs. Ce- pendant, dès avant Genjô, on trouve l'interprétation correcte (p. ex. Tt. 1462 xvn) aussi bien que l'inter- prétation erronée (p. ex. T. 1425 xn) ; T. 190 xxxix indique même comme dates initiales et finales le 16e jour du 6e mois et le 15e jour du 9e mois. En dehors de la période primitivement fixée, le B. aurait autorisé un autre trimestre de Retraite dit postérieur (goango fê5£;^|, p. pacchimikâ, par op- position au premier dit antérieur, zenango Mî&fê, p. purimikâ), commençant exactement un mois plus tard. Cette seconde époque aurait été instituée à l'occasion d'un retard de Sâriputra et Maudgalyâ- yana qui, partis le 15 pour passer la Retraite avec le B., ne l'avaient rejoint que le 17 (T. 1428 xxvn). Cf. T. 1421 xix, et Tt. 1462 xvn qui spécifie, en se référant au texte original du Vinaya sk., comme date d'entrée de la première Retraite le 16e jour du 5e mois, et de la seconde Retraite le 16e jour du 6e mois. Genjô indique, lui aussi, les deux mêmes

32 ANIRAKA

époques (Ttt. 2087 11). Une troisième époque pour la Retraite est mentionnée par T. 1428 lviii (ap- pendice), qui emploie les désignations: antérieure, moyenne (chûango tp&fê) et postérieure ; par Ttt. 1805 iv b, qui attribue cette triple classification à "l'école ancienne" exclusivement : la période moyen- ne aurait commencé à une date facultative entre les deux autres termes (17e jour du 4e mois et 15e du 5e); enfin par Gijô (Ttt. 2125 11), qui nie l'existence d'aucune autorité en faveur de l'époque moyenne. Dates aberrantes. Hors de l'Inde, on avait altéré la règle pour l'adapter au climat local ; p. ex. Ttt. 2087 I, au Tukhâra, comme la saison des pluies couvrait la fin de l'hiver et le début du printemps, la Retraite avait lieu du 16e jour du 12e mois au 15e jour du 3e mois. Au Japon, l'institution de la Retraite est attestée dès la fin du vne siècle ; un décret de l'em- pereur Temmu, conservé dans le code Engishiki £jE||;^> prescrit de célébrer l'ango dans les quinze grands monastères du 15e jour du 4e mois au 15e jour du 7e mois (comput de "l'école ancienne") ; il désigne des prédicateurs, des maîtres de lecture, et ordonne des distributions de textes sacrés à cette occasion. Dans le Japon actuel, un double ango est en usage : l'ango "des neiges" ou "d'hiver" qui va du 16 novembre au 15 février, sauf dans la secte Rinzai il dure quatre mois, à partir du 16 octobre ; l'ango "des pluies" ou "d'été" qui va du 16 mai au 15 août. Ce dernier, dans la secte Shin, consiste essentiellement en cours et con- férences pour les fidèles pendant les vacances d'été. Retraite du B. On trouve dans les diction- naires modernes du Japon une liste "traditionnelle" des localités le B. aurait passé l'ango, sans aucune autorité à l'appui ; en fait, cette liste est simplement empruntée au commentaire du Buddha- vamsa pâli, et elle est parvenue au Japon par les travaux européens. Ttt. 1861 11 a, se référant au Nirvânasûtra, décrit l'emploi de la journée du B. pendant la Retraite. La journée est divisée en cinq parties : (1) le B. se lève, se lave le visage et les dents, se vêt et se retire dans la chambre d'Extase ; puis il passe son Froc, prend son Bol et va mendier sa nourriture ; (2) sa tournée faite, il se lave les pieds ; réunit l'assemblée dco moines et leur adresse une prédication ; puis il prend son repas et rentre dans la chambre d'Extase ; il en sort peu après midi et prêche pour les visiteurs venus de partout ; (3) il prend son bain, se promène au jardin ; jusqu'au soir il reçoit les moines et répond à leurs questions ; (4) il prêche pour les Dieux et les esprits jusqu'à minuit ; (5) après une petite promenade, il se couche.

ANIRAKA |îôJ4Si!3$!l, ou Bzm- cité Keds. anaraka Hfêft}|l = sk. ârdraka ; Mvy. 5694 tib. sge 'u gser, ch. kyô m "gingembre". Nom de plante, Zingiber Officinale.

ANJIN

33

ANSOKUKO

ANJIN ^£» "apaiser l'Esprit", en le fixant sur Amida et son Paradis par une pensée de foi et d'abandon. C'est le sens spécial qu'a pris dans la secte Jôdo ce terme qui se rencontre fréquemment dans les Ecritures des autres sectes (p. ex. T. 310 lxxvi : O roi, que ton Esprit trouve apaisement en cette Essence !). D'après T. 365 trois états d'Esprit assurent infailliblement l'accès au Paradis (sanjin EH'CO : (1) un Esprit parfaitement sincère ; (2) un Esprit profond (profondément convaincu de sa misère et de la puissance du vœu d'Amida) ; (3) l'Esprit par lequel on Défléchit ses Mérites vers le Paradis et l'on forme le Vœu d'y aller naître. Ces trois états de l'Esprit sont impliqués dans le terme mjin, qui désigne l'apaisement de l'Esprit par une dévotion exclusive et absolue à Amida, tandis que dans les autres sectes cette concentration est d'ordre :ontemplatif et intellectuel. La secte Jôdo considère ;n effet que l'anjin a pour équivalents dans chacune les autres sectes respectivement les procédés suivants Bdji. 95): P.V., Inspection de l'Impersonnel; secte rîossô, les cinq Inspections de Simple Notification ; >ecte Sanron, Inspection de la Voie correcte des huit SJégations ; secte Kegon, Inspection du Caractère ibsolu du Vide, etc.; secte Tendai, les trois Inspec- tons de l'Esprit unique ; secte Shingon, Inspection lu Sans-production originel.

ANOKUDATSU fflf$&, ou anabatôta WfflS&g £, anahadatta ffîffii$M0', etc. = sk. Anavatapta ; :ib. ma dros, ch. munetsu $gf?& "pas chaud" Mvy. 5239 ; autres td. : munetsunô $£f&f§] "pas tourmenté jar la chaleur" Eog. 11 ; shôryô fjf 8jt "pur et frais", nubon ffàffe "pas brûlant" T. 291 il. Nom d'un des luit grands rois-Dragons ; il habite dans un étang jui reçoit son nom et d'où sortent les quatre fleuves lu monde. T. 1 xvm : il n'a pas les trois malheurs les autres rois-Dragons, qui sont : un vent et un iable ardents leur brûlent la peau et les os ; un vent violent souffle dans leurs palais et les découvre ; 'oiseau Garuda les tourmente au milieu de leurs eux (T. 831 : du sable chaud ne lui tombe pas :ur la tête ; il ne pratique pas la luxure avec un :orps de serpent ; il n'a pas peur du Garuda). rtt. 2087 1 : il était Bs. de la 8e Terre avant de •ecevoir la forme d'un Dragon. Tt. 1509 vu : il :st grand Bs. de la 7e Terre ; aussi ib. xxxix 1 est cité comme un exemple des Etres mauvais lui sont devenus des Bs. T. 291 il : les pluies qui :manent de son corps fécondent le Jambudvîpa, :omme la compassion du Tg. fait prospérer les Mérites de tous les Etres. T. 1341 vu : le B. prêche >our lui et pour le roi-Dragon Sunda les huit Membres de l'Eveil. Il est l'interlocuteur du B. ians T. 635 .Cf. Ttt. 2128 xxv, Eog. 11.— Dans l'Es. :'est le 3e des grands Garçons qui assistent le Roi le Science *Fudô (q.v.).

Fig. 17. Anoku Kannon.

ANOKUKANNON HffiBi1. La vingtième des trente-trois formes de *Kannon révérées au Japon. On la représente sur un rocher d'où elle surveille la mer. Cf. T. 262 vu (=Lotus 265, vers 6) : "Si un homme venait à tomber dans l'Océan redoutable, qui est la demeure des Dragons, des monstres marins et des Asura, qu'il se souvienne d'Avalokitesvara qui est le roi des habitants des mers, et il n'enfoncera jamais dans l'eau". L'élément anoku dans ce nom reste inexpliqué.

ANOKUTARASAMMYAKUSAMBODAI Hff £&HigHg$l, ou abr. anokubodai PfffF&H (P- ex. Tt. 1509 Lxxxv) = sk. anuttarasamyaksambodhi ; tib. bla na med pa yan dag par rjogs pa'i byan chub Mvy. 6355. Eveil correct-complet-sans-supérieur. Td. mujôshôhenchi IfllJijEtil^ir' connaissance. . . " même sens, ou mujôshôendô ~*|î "voie.. ." (anc. éc.) ; mujôshôtôshôgaku M-tïE%FÎEjst "éveil..." (nouv. éc). Cf. *Bodai.

ANSOKUKÔ ^,§.ff > sk. guggulu ; Mvy. 6257 tib. gu gu lu, ch. ansokukô ou ombakô "fëEliï. Nom d'un parfum dit "parfum des Parthes" (propt. "des Arsacides" ; ansoku=Arsak) : Encens. Un des trente-deux parfums énumérés T. 665 vu, qui représente l'original sk. par gugura Hy^JH. Autres te. kukura sjt^ijl Gog. x-xi, Eog. xlv, T. 1581 vu (qui prescrit d'en faire offrande sans le brûler) ; kyokukutsura JoBlEHè Ttt. 1829 (qui lui attribue une mauvaise odeur) ; kutsugura ttëlJIfif/î [corr. pour setsu~ }{U~] Ttt. 21 31 vin. Ce serait la résine obtenue de la Boswellia Serrata ou du Balsamo-

ANSOKUKÔ

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ARANNYA

dendron Mukul, le Bdellion des Grecs ; Laufer, Sino-Iranica 467.

ANTEIRA %mWi, ou Andara £|fÊH, Annara rë^lti- Un des douze généraux de Bhaisajyaguru. Cf. *Yakushi.

ANU PBT^ ou |JpIi£, anoku psj|^ = sk. anu ; tib. rdul phra mo "poussière subtile" Mvy. 8191 ; ch. mi % "subtil", mijin %M "poussière subtile". Ttt. 1861 va, 1821 x, 1796 1. Cf. *Gokumi.

ANUMODA |&!l&gltf&=sk. anumoda "approba- tion, litt. joie à la suite". Td. zuiki ffî^g., id. Ttt. 2125 1 : Salutation adressée au donateur par le moine qui accepte l'aumône.

ANURADA HSX3SPB=sk- anurâdhâ; Mvy. 3201 tib. lha mchams, ch. J§. Nom d'une mansion lunaire. T. 402 iv Celui qui naît sous son influence, s'il a de petites excroissances dans un espace de huit pouces au-dessus du genou, observe les Défenses, se conforme à la Loi, et possède honneurs et richesses. —Cf. *Shuku.

ANZENNA £fj§$î ou ^p$î = sk. anjana; Mvy. 9039 (anj°-salâkâ) tib. bsku ba'i thur ma "baguette à badigeonner", ch. saccho %&$} id. Médicament pour les yeux T. 1227, Gog. xxn. Il est fabriqué avec un minerai de couleur bleu-noir, ou violette ; il y en a aussi qui ressemble au kinsei i&fjf (lapis- lazuli ?) Ttt. 2128 xn et xxxvi. D'après Eog. 11 ce médicament est tiré d'une plante aux feuilles bleu- foncé. T. 279 lxxviii Si on s'en badigeonne les yeux, ce médicament rend invisible.

plffî, Rfjg, pnjPg, ou au |TPl^=sk. a+u. Ttt. 1827 1 b. : Le roi Brahmâ créa 72 lettres d'écriture kyarô -f£$$| (kharostrî) et les avala. Les deux lettres a, u, tombèrent des deux coins de sa bouche sur la terre. C'est pourquoi on les vénère et on les considère comme les Sons-Rois. Les hérétiques placent l'u au début des quatre Veda, et l'a au début des Kôôkyô J^ïï^ (les épopées ? litt. "sûtra étendus des rois"). Cf. Tt. 1509 et Tt. 1569 cités Keds. 23. Ttt. 1736 1 a : Les hérétiques commencent tous leurs sûtra par "a, u", parce qu'ils considèrent ces lettres comme propices ; a est la non-existence, u est l'existence ; toutes les Essences relèvent de l'une ou de l'autre. Cf. Ttt. 1718 1 a et cm. ; Keds. 23.

_ ARAHASHANA PpJ££S§$J, ou arabashana pf M^ÊjÊ$>> etc. = sk. arapacana ; tib. a ra ba ci na. Formule constituée par les cinq premières lettres du syllabaire sk. en 42 lettres tel que l'enseignent la Mahâprajnâpâramitâ, l'Avatamsaka, etc. (cf. *Shi- jûnijimon). C'est la Formule de la première des

trois Atteintes mystiques (cf. *Abanrankanken, *Abiraunken) qui sont données Tt. 905 et 906. Elle est l'objet de traités spéciaux elle est mise en rapport avec Manjusrî Tt. 1171, 1172, 1173, 1174; elle se rencontre déjà dans le Vinaya des Dharmagupta T. 1428 xi (6e Défaillance) comme un type de récitation sacrée faite en commun.

ARAKA H^tSP = sk. râga "Attraction". Ttt. 2131 xv td. "désir". Cf. *Ai g et *Ton j£.

ARAKA PBf£Hfc = sk. arka ; Mvy. 6217 td. byakuge Ë3^£ "fleur blanche". Nom d'une fleur, Asclepias Gigantea. Gog. x-xi et Eog. xlv te. aka |5flJ3$[l ou aga ppjf&f] et td- "fleur blanche". T. 1581 vu la cite comme une chose impure.

ARAKAN piBM, ou arokan pgfègg, araka ^ BM, id. HIppJ, arika |fo7^HPj, id. |foMPPj, etc. ; abr. rakan %$$$, raka ||PnJ = sk. arhat. Cf. *Rakan.

ARAMBA PSIH^. Ttt. 1733 cité Keds. 36: C'est une abr. de arateiramba plMkMËl^ = s^- [a]ratilambha, td. tokuki f#|£ "obtenir la joie" ; ce médicament guérit tous les maux du corps et de l'esprit et assure la joie. Eog. 11 C'est un jus qui se produit spontanément dans des creux de pierre des monts Gandhamâdana et Himalaya ; quand on en prend, on entre en Extase. T. 279 lxxxvii II rassasie le corps et l'esprit.

ARANNYA (TpJH^ T. 1435 x, 145 1 xvii,xxiv, Gog. I, Eog. I, Ttt. 2128 xxi, 2131 xx; ou aranna HÉ#fl Gog. iv ; arennya Mfàfë T. 1425 xi, 1440 V, 1162, Ttt. 1796 m, 21 31 xx ; arenni |ÎSI|,|5E T. 1435 VIII, Ttt. 2128 xiv ; arennyo |foj$|$n Tt. 1505 1 ; aranne psfljligt Eog. 1, Ttt. 2128 xxi ; aranna MM^ Gog. 1, iv ; arannyaka ppjj^ji Ssk. va; nouv. éc. arani Ig^'J^Stî Gog. iv = sk. aranya, p. aranna ; Mvy. 2991 tib. dgon pa "ermitage en forêt", ch. genjôsho p^|?^ "endroit tranquille" ; autres td. kûjaku ^^ "vide et tranquille" Gog. 1, Ttt. 2131 xx, genjaku ^^ "oisif et tranquille" Gog. I, gengen ffîffî "tranquille" Gog. IV, jakujô $^jf id. Ttt. 2128 xiv ; td. étymologiques mujô 4ffif^, mujôshô DHf^S?: "sans querelle" (a privatif +ran[y]a "bataille") Gog. 1, iv, xxm, Ttt. 2128 xxi, Eog. 1. Ermitage : lieu écarté les moines se retirent pour se livrer aux pratiques religieuses. Ttt. 1796 m Ce lieu est en dehors des limites du monastère ; les moines y résident soit seuls, soit par groupes de deux ou trois, soit dans une hutte, soit simplement sous un arbre. D'après les Vinaya T. 1428 x et xix, 1425 XI, 1435 vin, 1440 v, 145 1 xxiv, on appelle aranya un lieu situé à 500 portées d'arc ou à une portée de voix de tout village. T. 1425 XI ajoute qu'entre le village et l'ermitage il ne doit y avoir ni pâturages

APANNYA

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ARAYA

ni maisons. Eog. I en distingue trois sortes : (i) datsuma }!=É0 = sk. dharma, Ermitage d'Essence, c'est-à-dire l'on médite sur l'Essence apaisée et sans origine : c'est une Terrasse d'Eveil ; (2) matôga ÊftfHW^sk. mâtariga "paria", Ermitage situé [hors des agglomérations régulières] dans les cimetières, à une distance d'une portée de voix de tout village ; (3) dandaka ff|PÉiJ2nj = sk- dandaka (nom d'une région forestière et inhabitée du Deccan ancien, cf. Râmâ- yana), Ermitage situé dans un terrain de sable et de rochers. Cf. liste de trois Ermitages désignés par des noms de pays : Dandaka, Mâtahga, Kalihga Tt. 1790 ( = Vimsikâ 20), T. 26 xxxn ( = Majjh. Nik. I 378 Upâlisutta) ; et K. Lav. iv, 163. Arannyagyô f*fT, Pratique de l'Ermitage, une des douze prati- ques d'Ascèse ; cf. *Zuda.

ARAYA PBl^^=sk. p. âlaya ; tib. kun gzi. Tréfonds, nom donné à l'une des Notations. Te. anc. éc. ariya [foJM^ft, (5*1^^15; nouv. éc. araya filffî M, W%m, WWiï : abr. riya WR, raya OT.-Td. : Anc. éc. (Paramârtha etc.) : mumotsu M:Sl "sans submersion", interprétation fondée sur une lecture a-laya, avec un a négatif en tête + laya "évanouisse- ment" ; nouv. éc. (Genjô &%£ etc.): jj$Ê "magasin". Ttt. 1846 11 dit que la première interprétation est fondée sur la lettre, la seconde sur le sens. Ttt. 1851 m c énumère huit significations : Magasin, Sainte, Sens-ultime, Immaculée, Vraie, Ainsité, Maison, Fondamentale (c'est cette dernière désignation, sk. mûlavijnâna, qui était employée dans l'Âgama des Mahâsânghika, au témoignage d'Asariga et de Vasu- bandhu Tt. 1595 11 et 1597 11 ; aussi Tt. 1585 ni). Aperçu. La notion de l'âlayavijnâna "Notation de Tréfonds" est une des moins directement accessibles à l'esprit occidental. Nous sommes habitués par une longue tradition judéo-grecque à prendre la person- nalité humaine comme une donnée de l'évidence et à considérer la vie humaine comme une réalité com- plète, intégrale, pressée entre la création absolue et l'éternité de l'au-delà ; nous avons grand'peine à nous représenter la vie telle que l'Inde l'a conçue, et telle que le bouddhisme l'enseigne, comme un enchaîne- ment d'existences reliées par la causalité, en dehors de toute création, sans aucune préoccupation d'ori- gine. La notion de l'hérédité, introduite parles études médicales, tend cependant à modifier assez vite notre vieille tradition. L'âlayavijnâna est pour ainsi dire le magasin de ce que nous appellerions l'hérédité psychique; mais ici, sur le terrain indien, l'hérédité n'apparaît pas comme un accident de hasard dans la suite des générations ; elle est le lien nécessaire qui réunit, avec la fatalité inéluctable d'une loi mécanique, la série infinie manifestée dans l'existence présente à la série infinie qui doit en provenir. La psycho-physique du bouddhisme pose l'existence comme une suite continue d'instants ; l'âlayavijnâna

constitue la cohésion dans chaque série autonome d'instants conditionnés par le développement d'une seule et même causalité, il nous donne ainsi l'illusion de l'individu, de la personnalité ; c'est donc à la fois une sauvegarde contre le nihilisme absolu que pro- fesse l'école Mâdhyamika, et c'est aussi un piège auquel risque de se prendre le préjugé vulgaire du Soi. On conçoit l'extrême importance de cette no- tion dans le développement philosophique du boud- dhisme.— Petit Véhicule. La doctrine de l'âlaya se réclame toujours d'un passage de l'Ekottarâgama qui manque à la version chinoise de ce recueil, mais qui paraît dans le Nikâya p. correspondant : Anguttara, Catukkanipâta, 128. Paramârtha, le citant dans Tt. 1593 1, le rend ainsi : "Le monde se plaît à l'âlaya, aime l'âlaya, pratique l'âlaya, s'attache à l'âlaya ; afin d'éteindre l'âlaya, le Tg. énonce la Loi correcte, que le monde se réjouit d'entendre." La version de Genjô est légèrement différente Tt. 1598 11 : "Les Etres du monde ont l'amour de l'âlaya, trouvent la joie dans l'âlaya, se plaisent dans l'âlaya, font leurs délices de l'âlaya ; afin de trancher l'âlaya, Il a énoncé la Loi correcte." Le commentaire d'Asvabhâva sur ce dernier texte vaut d'être reproduit Tt. 1598 11 : Ce texte, dit-il, est celui de l'école Sarvâstivâda ; "ont l'amour de l'âlaya", cette expression désigne de façon générale l'attachement à l'âlaya ; "trouvent la joie" s'applique au présent ; "se plaisent dans l'âlaya" s'applique au passé ; "font leurs délices" s'applique au futur. Vasubandhu Tt. 1597 il propose la même inter- prétation conjointement avec une autre ; même inter- prétation aussi dans Tt. 1585 ni. Ttt. 1833 m signale un texte du Yogâcârabhûmisastra Tt. 1579 xcn qui se réfère à la même répartition. Ce texte de l'Âgama a été imité plus d'une fois ; Asvaghosa l'a versifié dans son Saundarânanda, et T. 190 xxxm l'amplifie. Tt. 1545 cxlv a un passage curieux : "Si les Es- sences sont Emmagasinées dans l'âlaya du Plan du Désir et sont Prises par le mamaita Jf!J|ff?^ (sk. mamâyita = égotifié), on dit que ce sont les Liens du Plan du Désir ; si elles sont Emmagasinées dans l'âlaya, ou Prises par le mamaita, du Plan du Formel ou du Sans-Forme, on dit que ce sont les Liens du Plan du Formel ou du Sans-Forme. Âlaya est l'équi- valent d'Attraction ; mamaita, l'équivalent de Vue." Ib. lxv "L'Arhat a. . .détruit l'âlaya"; Tt. 1546 xxxv (td. parallèle), au lieu de transcrire, traduit : "dé- truit le gîte" (sôkutsu JUS, litt. nid-grotte). Tt. 1558 xvi ( = K. Lav. iv, 160) Un sûtra dit : Le B. dit à la Grande Mère (Tt. 1559 donne Maraki ^H #l = sk. Mâlakîmâtar) : Qu'est-ce que tu en penses ? Tous les Formels, est-ce que ton œil ne les voit pas, ne les a pas vus, ne les verra pas, n'espère pas les voir ? Est-ce que, en raison d'eux, tu ne donnes pas naissance au désir, à l'Attraction, à l'affection, à l'amour, à l'âlaya ? (Le sûtra cité n'a pas été identi-

ARAYA 36

fié ; mais cf. passage analogue dans T. 99 xm, p. 90 sup. = Sam. Nik. 35, 95 Sangayha, le mot âlaya ne se retrouve pas.) Cf. encore Tt. 1585 m. Grand Véhicule. Nouvelle école. Les maîtres de l'école Sarvâstivâda n'étaient pas d'accord sur l'interprétation du mot âlaya; d'après Tt. 1593 I, ils en faisaient soit les Cinq Masses, soit une Impression de plaisir accompagnée d'Attraction, soit la Vue d'un Ensemble-de-réalités. Mais Asanga introduit une nouvelle notion: s'appuyant sur l'Abhidharma- mahâyânasûtra, le Larikâvatârasûtra, le Sandhinir- mocanasûtra etc., il fait de l'âlaya un autre nom de l'Esprit considéré comme le Magasin des Germes de toutes les Essences et comme la Concoction localisée, et il le compte parmi les Notations comme la huitiè- me, la Fondamentale (honjiki ipLfJlfc, sk. mûlavijnâna), ou encore la Notation de Magasin, parce qu'il Emmagasine l'amour du Soi. D'après Tt. 1585 II, le mot jjj|£, td. d'âlaya, implique à la fois les trois sens de nôzô lËJU Emmagasinant, shozô ffiffî, Emmagasiné, et shûzô $fcjig£ Magasinier. "Emma- gasinant" signifie qu'il serre les Germes des Essences souillées, comme le magasin contient les marchan- dises. "Emmagasiné" signifie que les Imprégnations des Essences souillées y sont contenues, comme les marchandises sont contenues dans le magasin. "Magasinier" s'applique à l'Attraction du Soi, car depuis l'éternité des temps les Etres retiennent cette Notation en la prenant pour leur Soi interne, comme le magasinier veille sur le magasin. L'âlaya est essentiellement cette Notation envisagée dans son Caractère propre ; envisagée dans son Caractère de Fruit, on l'appelle Notation de Concoction ; envi- sagée dans son Caractère de Cause, on l'appelle No- tation de tous les Germes. En correspondance avec ces trois termes, on distingue trois états de cette Notation Ttt. 1830 11 c : (1) L'état l'Attraction du Soi emmagasine et Travaille ; c'est de toute éternité l'état des Bs. inférieurs à la septième Terre, des Catéchumènes et des Profanes ; on l'appelle spécialement âlaya ; cette désignation est éliminée pour toujours à partir du moment l'on atteint l'état sans Prise de Soi. (2) L'état de Fruit des actes bons et mauvais ; c'est de toute éternité l'état des Bs. avant et y compris l'Esprit de Diamant, ou des Etres jusqu'à la Libération ou jusqu'à l'état Sans-Réci- pient des deux Véhicules ; on l'appelle vipâka (Con- coction) ; cette désignation est éliminée pour toujours à partir du moment l'Obstruction du Connaissable n'existe plus. (3) L'état du maintien de la Série ; c'est de toute éternité l'état qui va jusqu'à la limite extrême des Tg. et auquel aspirent les Etres : on l'ap- pelle âdâna (Attribution-personnelle; cf. *Adana), ce qui signifie maintenir, car il maintient les Germes de la Série. Cette Notation, de toute éternité, Actualise sans s'interrompre, à la manière d'un Courant (cf. *Bôru) ; mais les Morphèmes en sont subtils et dif-

ARAYA

ficiles à connaître. Sa nature n'est ni bonne, ni mauvaise, ni Indéfinie à-Revêtement ; elle est Indé- finie sans-Revêtement ; c'est pourquoi elle peut re- cevoir les Imprégnations bonnes, mauvaises, etc. Elle a comme Objectifs les Germes, les cinq Organes et le Monde-Réceptacle. Entre les cinquante-et-une Essences de l'ordre-de-l'Esprit, elle n'a comme associés perpétuels que les cinq Omniprésents qui sont : Acte-Mental, Toucher, Impression, Connota- tion, Esprit-en-travail. Telle est, en résumé, la doctrine de l'école de Simple Notification (Vijfïapti- mâtra), telle qu'elle est systématisée dans les travaux de Genjô et de ses disciples [Mbdj. 52]. Ancienne école. Jusqu'à Genjô, on discuta beaucoup en Chine sur la nature Vraie ou Fictive de l'âlaya ; cf. Ttt. 17 16 v c. L'école du Mhy. samparigraha- sâstra Tt. 1593 la tenait pour Fictive ; les maîtres du Dasabhûmisâstra (Db. st.) Tt. 1522 la tenaient pour Vraie, les sept autres étant Fictives ; cf. Ttt. 1824 vu. C'est à eux que remontent les huit dé- signations énumérées sup. (Magasin, Sainte, Sens- ultime, etc.). L'école du Db. st. se subdivisa elle- même en deux ; Ttt. 1717 : "Jusqu'aux Shin (Tsin) ff et aux Ryô (Leang) $£, les maîtres qui propageaient le Db. st. formaient deux branches réparties géogra- phiquement : au Nord de Sôshû jfg'J'H (Siang tcheou, actuellement Tchang-tô ^»fê§ au Ho-nan fif$i, près de la frontière du Tche-li jj|tf$ et du Chan-si UJ0), c'était l'âlaya qu'on regardait comme la base de sou- tien ; au Sud, c'était l'Ainsité ; l'une et l'autre branche se réclamaient de l'autorité de Vasubandhu, et leurs opinions n'en différaient pas moins comme l'eau et le feu. Quand le Mhy. samparigrahasâstra vint à être connu (td. de Buddhasânta Tt. 1592 [531 A.D.] et de Paramârtha Tt. 1593 [563 A.D.]), il fournit un appui à la branche du Nord. Mais un siècle plus tard, il parut de ce texte une seconde version [de Genjô Tt. 1594, 648-649 A.D.] qui différait de la première comme la branche Sud différait de la branche Nord. En effet, Parâmartha [Tt. 1593] faisait état d'une neuvième Notation, dite Immaculée, tandis que Genjô [Tt. 1594] n'en comptait que huit." Cf. Ttt. 1824 vu ; et *Amara, *Adana. Mahâyânaàrad- dhotpâdaSâstra (Tt. 1666). On trouve dans cet ouvrage attribué à Asvaghosa une théorie particulière de l'âlaya. Au lieu d'être, comme dans l'école nouvel- le, une Essence Relative et Fictive de l'ordre de l'Opéré et du Mort-né, l'âlaya est ici la combinaison du Vrai et du Fictif, de ce qui ne meurt ni ne naît d'une part et du Mort-né de l'autre, sans qu'il y ait entre ces termes identité ni différence ; au lieu d'être Indéfinie sans-Revêtement, elle est à la fois Eveil et Non-Eveil, Imprégnant et Imprégné. Sûtra. Citons encore deux sûtra importants du G.V. sur l'âlaya : Abhidharmamahâyânasûtra, cité dans Tt. 1585 m : Parce qu'elle retient et emma- gasine les Essences, la Notation de tous les Germes

ARAYA

est appelée âlaya ; moi, le Vainqueur, je le révèle. Laiikâvatâra, cité ib. (=texte sk. éd. Nanjô, il, 99- 100) : De même que la mer, rencontrant le Facteur du vent, produit toutes sortes de vagues et, s'Actua- lisant devant nous, fait des Révolutions d'activité sans interruption, ainsi la mer de la Notation de Magasin (sk. âlaya), battue par le vent des Domaines etc., produit sans interruption les vagues des Nota- tions qui, s' Actualisant devant nous, font des Ré- volutions d'activité. Hérésie. T. 848 mentionne, dans une liste de trente hérésies, l'hérésie de l 'âlaya. Cm. Ttt. 1796 11 : La secte hérétique de l'âlaya affirme l'existence d'un âlaya qui maintient le corps et qui a un pouvoir créateur ; il emmagasine toutes les images ; si on le comprime, rien n'existe ; si on le distend, il emplit le monde. C'est un Sens qui diffère de celui de l'âlaya dans le bouddhisme.

ARI |JBJ^ (ou ~|g), abr. de anzukamansetsuri $H tt$0ll#ff!j (corr. ansha~ $gtt~?) = sk- arjakaman- jarî. L'arjaka (Ocymum Pilosum P.W. : basilic) est un arbre à fleurs blanches et parfumées. T. 262 vu ( = Lotus p. 241): Il sera brisé en sept morceaux comme la branche de l'arbre ari (Lotus : "la tige du marjaka"). T. 985 I (td. Gijô) : Sa tête se cassera en sept morceaux comme le rankôshô jH|ffj§. ^*J° ^u' donne la te. complète note que rankô cor- respond à arjaka et shôtô ffgji à manjarî. Ttt. 21 31 vu explique que quand les branches tombent elles se brisent en sept morceaux. Cf. aussi ib. III.

ARIGI HIÏ'É:=sk. âlihgi; td. hôsoku fèfêj 'toucher en embrassant" Ttt. 1733 xix. Nom d'une Extase.

ARISHA Wffîé;, anc. éc. |&I|£$? = sk. ârsa ; Mvy. 1432 tib. gcug lag "science sacrée", ch. kyôten l^jlÇ- "textes sacrés". Autre td. Dge. v koshô- shu "rjlgrË "ancien maître saint". Arishage psjflj ïïH$ sk. ârsagâthâ : Formules en vers dues aux anciens Voyants ; on dit qu'elles sont de création spontanée Ttt. 1796 iv (p. 619 b).

ARITA H^ffE^sk- arista, aristaka. Nom d'arbre. Hbg. ix te. arishitta H^^ffu et td. mugen MWi

'sans anneau" ; mais la td. correcte mokugen ^djÊ "savonnier" (Sapindus Mokurossi ; le mot sk. dé- signe Sapindus Detergens P.W.) est donnée T. 1059, avec une te. fautive arishitsukashi psfl^J^lJÎB^. Les graines de cet arbre, mokugenshi Tfafêlïf- (lu aussi mugenshi), servent à faire des rosaires T. 786 (texte spécial Mokugenshikyô ^/JÉ"?"!?) ; le mot est entré dans la langue japonaise sous la forme mukuroji. On les brûlait aussi pour ensorceler les démons T.

1059, d'où sans doute leur autre nom ch. mugenshi iHii?."? "grains sans calamité" ; ce dernier terme, qui semble bien correspondre au sens étymologique de

37 ASATTA

l'original sk., ne paraît cependant pas attesté dans les textes bouddhiques. On trouve aussi une forme mokugenshi "fcfë,-}-.

ARITARI HH^IÏ» td. zuishin figit» "qui suit le cœur". Nom d'un Bs. T. 901 xn. (Le premier terme du mot est probablement sk. hrd ou hrdaya "coeur".)

ARIYA m$m, mWMi PWMti abr. riya $IW Gog. xvi, ai |5Bjïjl| Ssk. x sk. ârya, p. ariya ; tib. 'phags pa ; td. shô §g, shôja §E#, shônin |gA "saint". Gog. 1 et xvi interprète "sorti (de la douleur)". Cf. *Shônin.

AROGI #sjfli$jfiJ£=sk. ârogya, Mvy. 6520 tib. nad med, ch. mubyô jfàfâ "bonne santé". Ttt. 2125 III Salutation adressée à un inférieur par un moine.

JARORIKYA PRlPi^JlO, nom d'une Formule de Tara-Kannon ^IfèlS^ (sk. Târâ-Avalokitesvara) Tt. 1039 ; cf. *Tara.

ARUNA W%ffl> Wm.n, ou arôna J5ïJ£!$ = sk. aruna ; Mvy. 9296 tib. skya reh ( = rens), ch. shô- gyô Wfêè "aurore". Autres td. myôsô fp§;JU "aspect de lumière", ryôchiji T^Ë^F "moment l'on distingue le sol". Nom de plante. Eog. I Le lotus rouge est ainsi nommé à cause de sa couleur. Nom de parfum (plante parfumée ?) ib. 1 : Il est de couleur rouge comme l'aurore ; on l'appelle aussi aronabattei MlÈM^kMy de arona "rouge" (sk. aruna) et battei "extrêmement" (°vatî ?). Ttt. 2131 vin donne les deux sens.

ASAHANAGA |ÎBl^gï®|5f&fl = sk. âsphânaka. Nom d'une Concentration T. 866 1 ; Ttt. 2128 xxxvi glosant ce texte écrit fautivement abahanaga |5SJ^^ tSPflUl °lu* a passé dans les glossaires jap., et ex- plique : C'est l'Inspection de Diamant subtile ; c'est elle qui fait de la vérité sortir l'activité.

ASAMATSU psJH5K=sk. Aksayamati, nom d'un Bs. Mvy. 702 tib. blo gros mi zad, ch. mujinne $fe ^i£, mujinni $£|ÉiiÊ "esprit inépuisable". Cf. Ttt. 1721 XII, 2128 xix. Il est à plusieurs reprises l'interlocuteur du B., spécialement dans T. 262 vu ( = Lotus xxiv, dans le fameux chapitre sur Avalo- kitesvara), et il est le protagoniste de deux textes célèbres, T. 403 (Aksayamatinirdesa, cf. T. 397 xxvn-xxx) et T. 310 [45] (6pariprcchâ).

ASATSUJA IHIISI^sk. asâdhya "incurable". Nom d'une maladie T. 231 vu, Gog. iv.

ASATTA pBTgl£=sk. hastâ; Mvy. 3197 tib. me bzi, ch. shin f^. Hbg. 9 donne te. et td. Nom d'une

ASATTA

mansion lunaire. T. 402 iv L'homme qui naît sous son influence a des points rouges au-dessous de la taille ; il est voleur, trompeur, fourbe, ignorant, sot, pauvre en Mérites. Cf. *Shuku.

ASEITANJAYA psffg (ou ~fë ~ji) SgffiJflî=sk. ajitamjaya ; tib. ma rgyal rgyal "conquérant l'incon- quis" ; td. munôshô ffîflêfâ, nanshô HlgÊ "invin- cible". Nom d'un Charme pour entrer dans la Concentration de la lettre A, Ttt. 1796 x; [et nom de ville T. 982, 984, 985 = Lévi J. As. 1915 1, 37 et 48].

ASENTEIKA ppIPUlgjJO, ancienne te. asendai (5pj[^|| = sk. acchandaka ? Gog. xxiii-xxiv et Ttt. 2128 xlvii sur Tt. 1602 v td. muyoku MWi "non- désir" ; ce nom s'applique à ceux qui ne désirent pas le Nirvana. Ib. ancienne td. zuiisa |§§i^f^ "agir selon son bon plaisir". Ib. on dit aussi senteika fëîllÉ&lSJ, td. taton £>f£ "ayant beaucoup de convoitise" : on est attaché aux Transmigrations et on ne désire pas en sortir. Ttt. 1831 I a classe cette catégorie comme la seconde parmi les Icchantika ; cf. *Issendai.

ASETTA ^B&rlJE, ou atata WW£Vfc, arara MBB, aisetta HHP#TlT]3 = sk. atata; Mvy. 4931 tib. so tham tham "dents irrégulières", ch. chôtan J|lf| "long soupir". Un des huit Enfers froids, ainsi nommé du cri qu'on y pousse. T. 125 ni ; Tt. 1509 xvi. Cf. *Jigoku.

ASETTA ppHèfiË, ou ashitsuhata fflfàf&WL, ashahada psj<£ÉPtî> ashuta |TnJ$$f{Ê = sk. asvattha. Nom d'arbre, Ficus Religiosa. Cet arbre est fameux pour avoir abrité le B. quand il atteignit l'Eveil ; cf. *Bodai (Bodaiju). Le fruit d'asvattha est mentionné parmi les "huit jus" T. 1448 1 et 1453 v. Hbg. ix interprète à faux ce nom par ashabahada Pl^'^HS. PÊ, td. bakyaku J^IJjlJ "pied de cheval" = sk. asvapâda. Ttt. 1733 xx td. muzaiju MtfêlM "arbre sans péché" parce que, si on en fait trois fois le tour, on détruit ses péchés.

ASHABA ps^8f$ = sk. asava, nom d'une For- mule qui contient en elle toutes les Formules des trois sections du Plan de Matrice, car a représente la section de Tg. (anutpâda "non-Production"), sa représente la section de Lotus (suci, suddha "pur"), et va représente la section de Diamant (vajra "Dia- mant", ou encore vâda parce qu'elle dépasse toutes les "théories") ; Ttt. 1796 iv et v.

ASHADA M^ = sk. (1) asâdhâ (naksatra) et (2) âsâdha (mois). (1) Nom d'une mansion lunaire double. Mvy. 3204 pûrvâ°, tib. chu stod, ch. ki %g; 3205 uttarâ0, tib. chu smad, ch. to 4*- T. 402 iv L'homme qui naît sous l'influence de pûrvâsâdhâ

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a une marque sur la rotule ; il aime à secourir les pauvres et renaîtra au ciel. Sous l'influence d'ut- tarâsâdhâ, il a une marque sur le genou droit ; il est querelleur et n'inspire confiance à personne.

(2) Nom d'un mois, le 4e du calendrier luni-solaire. Mvy. 2865 tib. dbyar zla 'brin po'i chu stod ; ch. chûge 'ftfJC "deuxième des trois mois de l'été". Ttt. 2087 il donne comme correspondante dans le calen- drier ch. la période comprise entre le 16e jour du 4e mois et le 15e jour du 5e mois. Cf. *Shuku.

ASHAMARA [H^WM = sk- aksamâlâ; td. *juzu j$(Iy}c "rosaire" T. 901 iv. Nom d'un Sceau, aussi appelé Sceau des Dix Perfections, ib.

ASHAMASHAMA pl^B^B Tt. 1509 n = sk. p. asamasama ; Mvy. 529 et 6379 tib. mi ranam pa dan mnam pa "inégal et égal", ch. fubyôgyûbyôdô 7£J£%J$^ id., et mutôdô ffî*f^ id.— Epi thè te traditionnelle des B. (a privatif+sama "égal" répété).