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LOU TRESOR DOU FELIBRIGE

ou

DICTIONNAIRE

PROVENÇAL - FRANÇAIS

TOME I

V

SEPS 1974

Pc

M 7

AfX - EN- PROVENGE VM'RIMERIE VEUVE REMONDET- AUBIÎS

Empremarié Felibrenco

COUS MIKABÈU, 53.

AU MIEJOUR

Sant Jan, vèngue meissoun, abro si liô de joio; Amount sus l'aigo-vërs lou pastre pensatiéu , En l'ounour dôu païs, enausso uno mount-joio E marco li pasquié m o un te a passa l'estiéu.

Emai iéu, en lauranl e quichant moun anchoio, Pèr lou noum de Prouvènço ai fa eo que poudiéu ; E, Dieu de moun pres-fa m'aguènt donna la voio, Dins la rego, à geinoui, vuei rènde grâci à Diéu.

En lerro, fm-qu'au sistre, a cava moun araire ; E lou brounze rouman e l'or dis emperaire Treluson au soulèu dinlre lou blad que sort...

O pople dôu Miejour, escouto moun arengo : Se vos recounquisla l'empèri de talengo, Pèr l'arnesca de nôu, pesco en aquéu Trésor.

F. Mistral.

A Maiano, /nu 7 d'outobre de l'an 1878.

ABRÉVIATIONS

a.

dialecte des Alpes.

m.

adj.

adjectif.

m. s.

adj. de t. g.

adjectif de tout genre.

mérid.

adv.

adverbe.

mont p.

alb.

albigeois.

n.

ail.

allemand.

n. d'h.

angl.

anglais.

n. de f.

aph.

aphérèse.

n. de fam.

apoc.

apocope.

n. de 1.

ar.

arabe.

n. p.

ariég.

ariégeois.

narb.

Ami. prouv.

Armana prouvençau.

néerl.

art.

article.

niç.

art. ind.

article indéfini.

norm.

augm.

augmentatif.

or.

auv.

auvergnat.

P-

b. on béarn.

béarnais.

part.

b. lat.

bas-latin.

part. p.

b. lim.

bas-limousin.

part . prés.

bord.

bordelais.

Péj.

bourg.

bourguignon.

péng.

« an t. pop.

cantique populaire.

i'° pers.

carc.

carcassonnais.

■2" pers.

carp.

earpentrassien.

3e pers.

cat.

catalan.

piém.

celt.

celtique.

- plur.

eb. pop.

chant populaire.

port .

eond.

conditionnel.

prép.

conj.

conjonction.

prêt.

dan.

danois.

pron .

d. ou dauph.

dauphinois.

pron. m.

dim.

diminutif.

pron. indéf

écos.

écossais.

pron. pers.

esp.

espagnol.

prov.

excl.

exclamation.

pyr-

expr: adv.

expr. adv.

querc.

f.

féminin.

R.

for.

îorézien .

rh.

fr.

français.

rom.

fut.

futur.

rouerg.

gaël.

gaélique.

s.

gall.

gallois.

s. et adj.

g. ou gasc.

gascon .

s. f.

goth.

gothique-

s. m.

gr-

grec.

s. m. et f.

hébr.

hébreu.

se conj.

hong.

hongrois.

sing.

id.

idem.

subj.

imparf.

imparfait.

suéd.

impér.

impératif.

sync.

ind.

indicatif.

t.

inf.

infinitif.

t. se.

interj.

interjection.

toul.

irl.

irlandais.

tud.

it.

italien.

v.

land.

landais.

v. a.

1. ou lang.

languedocien.

v. a. et n. .

Lat.

latin.

v. r.

lim.

limousin.

v. ail.

Lin.

Linné.

v. fr.

loc. adv.

locution adverbiale.

val.

lyon.

lyonnais.

"viv.

marseillais, même signification, méridional, montpelliérain. nom.

nom d'homme.

nom de femme.

nom de famille.

nom de lieu.

nom propre.

narbonnais.

néerlandais.

niçois.

normand.

orangeois.

pour.

participe.

participe passé.

participe présent.

péjoratif.

périgourdin.

première personne.

deuxième personne.

troisième personne.

piémontais.

pluriel.

portugais.

préposition.

prétérit.

pronom.

pronom démonstratif.

pronom indéfini.

pronom personnel.

proverbe ou provençal.

pyrénéen.

quercinois.

radical, racine.

dialecte des bords du Rhône.

roman (vieux provençal).

rouergat.

substantif.

substantif et adjectif.

substantif féminin.

substantif masculin.

substantif masculin et féminin

se conjugue.

singulier.

subjonctif.

suédois.

syncope.

terme.

terme scientifique.

toulousain.

ludesque.

voir.

verbe actif.

verbe actif et neutre.

verbe réfléchi ou réciproque.

vieil allemand.

vieux français.

valaque.

vivarais.

LOU TRESOR DOU PELIBRIGE

ou

DICTIONNAIRE

PROVENÇAL - FRANÇAIS

A

A. s. m. A, première lettre de l'alphabet. Sur les monnaies, elle désigne l'atelier mo- nétaire d'Avignon.

Saupre ni A, ni B, ne savoir ni A ni B.

Dans le provençal ancien, la lettre et le son a caractérisaient* les désinences féminines : arma, armas, dona, donas, terra, terras. Aujourd'hui Va final est remplacé par o dans la plus grande partie du domaine de la langue d'Oc. Il persiste dans quelques régions des Al- pes, à Nice, à Montpellier, dans le Velay, la haute Auvergne, le Roussillon et la Catalo- gne. Il est remplacé par e, en Bôarn et sur le littoral du golfe de Gascogne. Cependant V. Lespy (Grammaire béarnaise) déclare que Ve finalise prononce comme un o doux. La trans- formation de l'a final en o apparaît clans les documents écrits au 15e siècle. Voir à la lettre 0 pour plus de détails à ce sujet.

En Dauphiné et en Périgord, ie singulier a pris l'o final, et l'a primitif s'est conservé au pluriel : la terra, las terras ou las terra, la messo, las messas ou las messa.

Il est des provinces, telles que le Limousin, le Querci, le Rouergue, l'Auvergne, le Viva- rais et le Dauphiné, oii la voyelle a, même dans le corps des mots, prend généralement le son de l'o : carra, corra, carnaval, corno- Oal, rasounara, rosou/noro, ma, mo. Dans ces provinces, Va étymologique n'est prononcé que lorsqu'il porte l'accent tonique, et encore cette règle est sujette à de nombreuses excep- tions. Mais les auteurs qui écrivent dans ces dialectes doivent éviter d'exprimer par l'écri- ture ce vice de prononciation qui est particu- lier, comme on le voit, aux régions monta- gneuses et froides du Midi. ' Dans le bas Languedoc, Va tonique se per- mute quelquefois avec e : mar, mer, pas, pès, rable, rhbln.

Kn Béarn, devient e dans le orps de cer- tains mots : sacra, segra, peseadou, pesque- dou, ainsi qu'aux désinences féminines: terfa, terre, barca,, barque.

A Taras con— sur— Rhône, Va final affecte gé- néralement l'intonation e : manja, manjè, erida, cridè.

Kn Provence et en Languedoc, Va s'emploie souvent pour e dans l'intérieur des mots : ferra, farra, fiela, fiala, semena, samena.

a final est le signe caractéristique de l'in- finitif des verbes de la première conjugaison : ama, canta, trouba. La lettre r, qui termi- nait autrefois l'infinitif, ne se prononce plus que dans certaines parties des Alpes et dans le département de la Drôme. La terminaison française er apparaît dans la haute Auver- gne/

a final, en Provence, Velay, Auvergne et Limousin, caractérise aussi le participe passé de la môme conjugaison : ama, ado, canta, ado, trouba, ado. Dans les autres provinces du Midi, on prononce amat, ado, cantat, ado, troubat, ado. En Dauphiné, a final caractérise le participe passé pour les deux genres; ainsi trouba, dans ce dialecte, signifie trouver, trouvé et trouvée.

a final indique la 3e personne du futur singulier : raubara, il volera, rendra, il vien- dra, dira, il dira, qui deviennent raubarô, ven Irô, dirb, en Limousin, Auvergne, Rouer- gue et nord-ouest de l'Hérault.

a final, en Béarn et Catalogne, indique aussi la 3: personne du passé défini de la 1" conjugaison : canta, il chanta, ana, il alla. Dans le reste du Midi on dit cantè, cantec ou cantèt, anc, anèc ou an'et.

ac, aJ, suffixe particulier à un grand nombre de localités du sud-ouest de la France et qui représente probablement la désinence latine aéum, par la permutation du t en c qui est très fréquente en Gascogne (bournac ou bonrnat, ruche ; patac ou patat, coup ; amie ou amit, ami). Ainsi Alairac (Aude), Alley- rat (Corrèze); Sauvagnac (Charente), Sau- aagnat (Puy-de-Dôme) ; Mauriac (Gironde), Mauriat (Puy-de-Dôme). L'identité des suf- fixes ac, at, est évidente dans Cognac (Cha- rente) et Condat (Cantal), qui dérivent tous deux du latin condatum, confluent.

ado, terminaison qui indique un subs- tantif, un adjectif ou un participe passé fémi- nins: meinado, pelado, passado. Mais dans la haute Provence on dit meinaio, pelaio, pa ssa io, et en Dauphiné meina, pela, passa. Dans le haut Languedoc les substantifs en ado prennent fréquemment la forme masculine : brassado, brassât, jounchado, jounchat.

âge, atge, atye, suffixe qui représente la désinence latine a ticus, aticum. Exem-

ples: arrage (erraticus), sôuvage fsylva- ticus), aglanage (glandaticum).

agno, désinence de substantifs féminins qui désigne rapport , ensemble, uénéralifé, quantité ou besoin pressant : mountagno, pourtagno, poustagno, pissagno.

ai , diphthongue qui se prononce , d'une émission de voix, devient ei en Provence, lorsqu'elle perd la tonique : ainsi aigo, aigre, paire, faisso, produisent les dérivés eiga- gno, eigreto, pétrin, feisset.

aio, alho, désinence de substantifs fé- minins qui exprime une idée de collectivité ou de dépréciation : poulaio ou poulalho, tri- paio ou tripalho, cape/anaio ou capela- nalho.

aire, terminaison de substantifs ou ad- jectifs verbaux désignant celui qui fait l'action marquée par un verbe de la 1'" conjugaison : canta ire, chanteur, de canta, chanter, acam- paire, amasseur, de acampa, amasser. Le féminin des mots en aire est en arello, airis ou airo : ainsi cantaire, acampaire, font cantarello , acamp arello , ou cantairis , acclmpairis, dans la Provence centrale et le Dauphiné, ou cantairo, acampairo, en Lan- guedoc, Gascogne et comté de Nice.

am , an, deviennent souvent em, en, - au commencement des mots : ambicioun , embicionn, anguielo, enguielo, angouisso, engouisso.

an, désinence de collectivité: fihan, fe- melan, fedan, garban, nivoulan. Elle existe en catalan avec la forme am : brancam, mu— lam, postam.

an final désigne la 1" personne de l'in- dicatif pluriel des verbes de la lre conjugai- son : esperan , nous attendons-, estudian, nous étudions, qui se prononcent esperam , estudiam , en Gascogne et Béarn.

an final désigne la lr" personne de l'im- pératif pluriel des 2e et 3e conjugaisons, dans le Languedoc, l'Auvergne, le Limousin et la Gascogne : courran, courons, fasan, fesons, began , buvons, vendan , vendons. En Pro- vence on dit : courren, fasen, beguen, ven- den.

an, terminaison de la 3e personne du plu- riel du futur, devient au ou du, en Castrais, Limousin , Rouergue et nord-ouest de l'Hé-

rault : acabaran , acabarau ou acabarbu , faran, farau ou farbu, diran, dirau ou diràu; et en Auvergne, acabaYoun, faroun,

diroun. , , .

_ an, terminaison de la 3e personne du plu- riel du passé défini, en Béarn : cardan, ils chantèrent, au lieu de : cant'eron, qui est la forme provençale.

an, suffixe de beaucoup de noms de lieux situés en Languedoc. Il représente le suffixe latin anum : Frontignan (Frontinianum), Rédessan (Reditianum), Marseillan (Mar- cellianum). . .

ànci, àncio, anço, désinence qui indi- que un substantif féminin formé avec un verbe de la lrc conjugaison : aboundànci de o- bounda, benuranço de benura, coumen- çanço, de coumcnça.

' _ a n o , suffixe de beaucoup de noms de lieux situés en Provence. Il représente le suffixe la- tin ana: Simiano, Simiane (Simiana); Cla- mensano, Cla.mensa.ne (C lamentianaj; Sau- mano, Saumane (Summana).

ant final indique le participe présent de la lre conjugaison : donnant, mandant, can- tant, qui en Guienne deviennent : dounans, mandans, cantans.

arai , rai, terminaison provençale du futur des verbes : tournarai, prendrai, di- rai, ras, ra, ren, rés, ran ; en Limousin , tovrnarai, ra, rô, rem, rei, ran ou rau ; en Gascogne, Béarn, Albigeois, Narbonnais et Vivarais, tournarèi, ras, ra, ram, rats, ran ; en Querci, Toulousain, Carcassais et Ca- talogne, tournure, ras, ra, etc.; à Nice, tour- nerai.

ard, ardo, désinence qui donne aux

adjectifs un sens augmentatif ou péjoratif : gaiard, chambard, goulard, ardo. Les Limousins terminent en ard tous les aug- mentatifs qui finissent en as dans les autres dialectes : grandard pour grandas, bou- nard pour bounas.

argue, argo, suffixe particulier à beau- coup de noms de lieux, qu'on trouve surtout dans le bas Languedoc, et qui représente la désinence latine anicus , anicum , amca , anicœ, exemples : Vcndargues (Venerani- cus), Goudargue (Gordanicum), Massar- gues (Marsanicœ), Meirargo (Mariani-

ca). 1

as, terminaison de la 2e personne du pluriel de l'indicatif et de l'impératif des ver- bes de la lrc conjugaison : picas, toumbas, qui deviennent picats, toumbats en Gasco- gne et haut Languedoc, et piques, toumbès en Dauphiné et haute Provence.

as, terminaison de la 2" personne du sin- gulier du passé défini, en Béarn : cantas, tu chantas. Dans le reste du Midi , cantcrcs ou cantèros.

as, assas, atas, aras, désinence ordi- naire des augmentatifs et péjoratifs : porc, porc, pourcas , gros porc, pourcassas , pourcatas, porc énorme; grand, grand, grandas, très grand, grandaras, démesuré- ment grand. Le féminin se forme en asso, grandas, grandasso, et le pluriel languedo- cien en asscs ou àssis : ribas, ribasscs ou- ribàssis.

at, désinence qui indique un substantif masculin : coumbat, constat, atroubat, mal- adoubat, prat, valat.

at , désinence qui indique un diminutif, particulièrement en Languedoc, Gascogne et Guienne: cebat, plant d'oignon, aucat, oison, passerai, moineau, de cebo, auco, passcro.

'•at, ado, désinence qui indique le parti- cipe passé de la 1" conjugaison, en Languedoc, Gascogne, Catalogne et comté de Nice : mas- carat, ado, régalât, ado, qui font au pluriel dans le haut Languedoc : mascaràdis, ados, regalàdis, ados.

a»., diphthongue qui se prononce aou , d'une émission de voix. En Bigorre elle se change quelquefois en o : pauc, poc, rauc, roc.

À ABADA

oh final, désinence d'un grand nombre d'adjectifs et de substantifs, qui devient sou- vent a! en Languedoc: mourtau , mourtal , oustau, oustal, faus, fais.

au final, désinence de substantifs qui expriment la qualité désignée par le radical, en Guienne : feiniantau, fainéantise, de fei- ntant; bagantau, polissonnerie, de bagant; flaugnacau , mignardise, de flaugnac.

au, syncope bas-alpine de la désinence ado : apoussau, escuilau, sarau, pour a- poussado, escudelado, salado.

are ou àvi, aves, avo, avian, avias, avon, terminaisons de l'imparfait de la 1" conjugaison, dounave ou dounàvi , aves, avo, avian, avias, avon, qui deviennent à Nice et dans les Alpes : dounàvi, aves, avo, avan, avas, avon; en Limousin, dounave ou dounavo, àva, avo, avant, ava, avan ou avon ; en Auvergne, dounave, ave, àva, avan, avas, avon ; en bas Languedoc, dou- nave, aves, avo, àven, aves, àvou ou àven; en haut Languedoc et Agenais, dounàbi, abes, abo, àben, àbets, àben ; à Toulouse, dounài, àos, ào, àen, àes, àon ; en Gascogne, dou- nàuoi, àuos, àuo, auon, auots, àuon ou àuen ; et en Guienne, dounèui, eues, eue, èuem, èuets, èuen. A Valence (Drôme), on dit dounàvi pour dounavias, vous donniez, et dounavon pour dounavian, nous donnions.

Pour les autres désinences et terminaisons, voir aux lettres E, I, 0, U.

À, o (lim.), AU (b.), (rom. cat, esp. it. a, lat. ad), prép. et art. indiquant le datif. A, dans, avec, v. ad, and, end ; vers, chez, v. encà, vers.

A la gl'eiso, à l'église ; à Marsiho, à Mar- seille ; à la carrier o, dans la rue ; à l'Africo, à l'Afrique, en Afrique ; à ta santa, à ta san- té ; à la primo aubo, au point du jour ; à l'avignounenco , à la mode d'Avignon; à bôudre, pêle-mêle ; à jabo, à foison ; à bono ouro, de bonne heure ; à regret , à regret ; cout'eu à très lamo, couteau à trois lames; orne à talent, homme de talent ; courre à pècldescaus, courir nu-pieds ; de pau ce pan, peu à peu ; de vint à trento persovno, vingt à trente personnes ; de cap à pèd, de pied en cap ; à cha un, à dm dous, un à un, deux à deux; porto à porto, porte à porte; nas à nas, nez à nez; coumenço à piqûre, il com- mence à pleuvoir; fiho à marida,û\\e à ma- rier; à lou creire, à l'en croire ; à lou v'eire, h le voir; à dire lou verai, à dire vrai ; à falé mouri, tant vau ren estre, puisqu'il faut mourir, autant vaut ne rien être; don tèms qu'èro à M. tau , pendant qu'il était chez M. un tel ; à Meissemin, chez Maximin, v. acô de; à fauto d'autre, m'a près à ièu, faute d'autre, il m'a pris; pudi à. vin, à la pipo, puer le vin, la pipe.

Helas ! aquelo que te mounto Es la que me demounto à mi.

Gautier, de Toulouse. Elo me pago à mi.

F. DE CORTÈTE.

Cet emploi de la préposition à est très fré- quent en Catalogne.

A, devant une voyelle, prend un n eupho- nique pour empêcher l'élision ou l'hiatus : pico à-n-aquelo porto, frappe à cette porte; l'auro coumenço à-n-alena, le vent com- mence à souffler; à-n-un sbu li cerieso, à un sou les cerises; à-n-Estève, à Etienne; vau à-n-Arle, à-n-Avignoun, à-n-Ara- moun, je vais à Arles, à Avignon, à Aramon. A-n-un lebraud.

P. GOUDELIN.

Quand sounjas à-n-aquéu malur.

C. BRUEYS.

En pareil cas, l'ancien provençal ajoutait un z : « Per esquivar hyat, deu hom pauzar z aprop à prepositio » (Leys d'Amor). Ce z, qui n'est du reste que le d 'de la préposition latine ad, s'est conservé dans quelques phra- ses toutes faites : à-z-Ais, à Aix, à-z-At, à Apt, à-z-Aup, à Aups, à-z-Aude, sur les

bords de l'Aude; à-z-auto voues, à haute voix. Mais dans le Rouergue son emploi est encore général : à-z-Ebo, à Eve, à-z-uu sàu, à un sou.

En bas Limousin, devant une voyelle, à re- devient ad : ad un ase, à un âne.

D'à, forme qui rappelle la préposition ita- lienne da : d'à pèd, à pied; d'à geinoui, à genoux; d'à pauto, à quatre pattes; d'à pas, pas à pas ; teni d'à ment, guetter ; d'à fiour, à fleur ; d'à plan, horizontalement ; d'à plat, de plat ; d'à front, de front ; d'à founs, à fond; d'à nue, cette nuit; d'à pro, du côté de la proue ; d'à poupo, à la poupe ; d'à jouve, dans la jeunesse, d'à vi'ei, étant vieux, à Nice, v. da.

La préposition à, ajoutée à un substantif ou à un adjectif, contribue à la formation d'un grand nombre de verbes : acivada, de à, ci- vado ; adouci, de à, dous ; amourti, de à, mort ; amoulouna, de à, mouloun.

A, particule inséparable qui s'ajoute au com- mencement d'un grand nombre de mots, par euphonie ou par abus. Ainsi on dit indifférem- ment : coumença, acoumença, regarda, arregarda, trouba, atrouba, plan, aplan. Cette espèce d'augment, appelée adjectio dans Las Flors dcl Gay Sabcr, est beaucoup usi- tée en Gascogne, Béarn et Navarre devant la lettre r : rai, arrai, rasin, arrasin, rous, arrous. Les Grecs écrivaient de même fiX-rftf.it ou a.eXY,xf>àa , sans que le sens fût mo- difié.

Dans certains mots, tels que aglan, anose, apjruno, acipres, acuèrni, acaus, qui se disent pour glan , nose , pruno , cipr'es , cuèrni, caus, il est évident que l'a provient de l'article la : la glan, l'aglan, ta nosc, l'anosc, la pruno, l'apruno, etc.

L'a privatif des Grecs se retrouve aussi dans quelques verbes : abena, épuiser la veine ; abrouqui , abrouti , priver de bourgeons; abouvia, dételer les boeufs; acoura, faire défaillir le cœur ; agouta , priver de gouttes ; amaluga, déhancher.

A, AT (d.), o (lim.), OT (Velay), (rom. a, ha, cat. ha, lat. habet), il ou elle a, v. ave.

N'a, il en a ; quant a? combien a-t-il V n'i'a, n'a (m.), il y en a, il en tient; i'a très jour, très jours a (g.), il y a trois jours; t'a quàuquis an, quàuquis annado i'a, il y a quelques années; lou tèms l'a, le temps est à ces choses.

A, v. as ; a, v. ac ; a, v. la ; Aàï, v. Alàri.

ab, OB (querc), (cat. abj, prép. latine et romane qui signifie par, avec» v. arn, amb, amè, ambô, emè, embe.

Ab intestat, sans tester; ab hic et ab hoc, tabic e taboc, ah hoc et ab hac, à tort et à travers, désordonnément ; parla ab hic et ab hoc, il parle sans savoir ce qu'il dit ; ab tant, pourtant, en bas Limousin ; tripo ab mous- tardo, tripe avec moutarde. Ab, dab, dap, avec, est usité en Roussillon , Gascogne et Béarn. Ab sauras pour ba sauras, tu le sau- ras, dans l'Ariége.

ABA, ABAC (1. g.), ABACO (nie..), (rom. cat. abac, it. abbaco, esp. port, abaco, lat. aba- cus), s. in. t. se. Abaque, tableau propre à tra- cer des figures géométriques, v. tablèu ; tail- loir d'un chapiteau, v. taiadou ; pour abbé, coryphée, v. abat.

Ûompcnd ion dcl abaco, titre d'un traité de mathémathiques en langue provençale im- primé à Turin en 1492.

ABAC A, v. a. Donner la buvée aux cochons, en bas Limousin, v. arriba.

Abaco lous tessous.

j. ROUX.

R. à, bac.

Abacha, v. abeissa ; abachado, v. abeissado ; abacho, v. abaisso ; abachoun, v. abatoun ; a- bacous, v. bacous.

abada, v. a. Ouvrir la bouche ou le bec, en Dauphiné, v. bada; élargir, délivrer, v. alarga .

Abada l'a vé, élargir le troupeau ; abada lou barrau, mettre le baril en perce. R. à, bado.

ABADAIA

YBANCA

4BIDAIA, ESBADAIA, ABADALHA (l.), EBA-

D\LHA (lim.). esbalha (a.), (cat. esb ada Uar) , v a Faire bâiller, ouvrir, v. desbadaula.

Àbadaio la porto, ouvre la porte.

S'abadaia, v. r. S'ouvrir entièrement, se crevasser.

Un caraven moustrous dejout e) s'abadaio.

A. LANGLADE. _

Abadaia, abadalhat (1.), ado, part, et adj. Tout ouvert, bâillant, béant, ante.

Miôugrano abadaiado, grenade entr'ou- verte. R. à, badai.

ABADARNA, BADARNA, BADEBNA, EIBARNA (d ). (rom. abarnar, cat. abadernar), v a. Crevasser, ouvrir complètement, v. desba- darna, csbadarna.

Badarnas tout, durbès la pouerto ei vènt.

J. DIOULOUFET.

S'abadarna, v. r. Se crevasser, s'entre- bâiller. .'

Abadarna, ado, part, et ad]. Crevasse, en- tre-bâillé, ée. . ,

Muraio abadarnado, mur lézarde, a. a, baderno, ou batan.

ABADEIRA, ABAXDEIBA et BAXDEIRA (d.-), v. a. Entre-bâiller, ouvrir, rendre béant, v. alanda, durbi, csbalança.

Abadèire, êtres, èiro, ciran, ciras, èiron.

S'abadeira, v. r. Devenir béant, s'ouvrir. S'abadèiron à la redoulènci

Maienco li pourtau di grand tèmple de Diéu.

G. B.-WYSE.

Abadeira, ado, part, et adj. Entre-bâillé, ée. A leissa la porto abadeirado.

J.-J. BONNET.

R. à, badiè.

ABADESSO, ABATESSO, BÀDESSO (rom. cat.

abadessa, esp. abadesa, it. port, abbatessa, b. lat. abbatissa), s. f. Abbesse, v. beilouno; reine d'un bal, d'une fête, v. prièuresso.

La maire abadesso, la mère abbesse.

L'abadesso jamai agissié pèr caprice.

D. GARNIES.

Pioi de soun endrecbou l'an fach cap-de-jouvent, Quand sa mouiè qu'es ioi s'endeven abadesso.

A. LANGLADE.

« Nîmes avait une maison publique de dé- baucbe, gouvernée par une abbesse à laquelle les consuls offraient un hommage solennel et un présent toutes les années, le jour de l'As- cension. »

BAUMES.

R. abat.

abadiasso, s. f. Grande abbaye, abbaye en ruines. Les Abbadiasses, n. de 1. près Noguères (Basses-Pvrénées). R. abadié.

ABADIAU, ABADIAL (1), ABADIOL (lim.),

alo, olo, (rom. abadil, esp. abacial, it. ab- batiale, lat. abbatialis), adj. Abbatial, aie.

Glèiso abadialo, église d'une abbaye. R. abat.

ABADIÉ, ABADIE (1.), ABADIÔ (g ), BADIÔ

(alb.), ABAIO (d.), (rom. abadia, abbadie, cat. esp. abadia, it. port, abbadia, b. lat. abbatia), s. f. Abbaye, monastère, v. cou- rent, mounastiè, moungiè; dignité d'abbé, de chef de la jeunesse, de prince d'une féte ; cortège de l'Abbé de la Jeunesse, à la Fête- Dieu d'Aix; Abbadie, Labadie, Labadié, Daba- die, Radie, de Labadye, noms de fam. mérid.

Lo. grando abadié, nom qu'on donnait, au moven âge, à un célèbre lupanar de Toulouse.

Faire V 'abadié, se dit de la jeunesse d'un lieu qui va solennellement féliciter et fêter de nouveaux époux.

De retour de si guerro anavo en roumavage E bastissié toun abadié.

E. RANQUET.

prov. L'abadié se perd pas pèr un mouine.

Quau es esta mouine e abat, saup téuti li vice de l'abadié. R. abat.

Abado, v. à bado.

ABADOT, ABADOU (1.), ABEROT (g.), S. m.

Petit abbé, en Narbonnais, v. abatoun.

Quand ?èi veni soun abadot.

G. AZAÏS.

B. abat.

abafa (esp. befar, railler), v. a. Insulter quelqu'un en sa présence, v. escarni. R. à, 6a f. .

A BA FAIRE, AREIXO, AIBIS, AIRO, S. M adj.

Insulteur, euse. v. insultairc. R. abafa.

ARAGNOR, abagxôuh (rom. avan, plante qui croît aux bords des eaux, qui les retient), s. m. Fruit de l'épine-vinettc, au Queiras, v. agrioutat. . ; ,

ABAGNOURIÉ, s. m. Epine-vmette, dans les Alpes, v. eigret, vinetiè. li. abagnor.

Abaguié, v. baguié ; abai, v. ah ! vai ; abaia, v. bajan. -r: .

ABAIA, ABAJA (lim.), BAJA, RIAUJA (b.lim.), ABEAJA (auv.), (v. fr. abayer, it. abbajare, lat. adbaubari), v. n. Aboyer, clabauder, criailler, dans le Var, v. japa, bauba. Lei chin an abaia touto la nue.

J.-J. BONNET. ABAIADO, ABAJADO et BIAUJADO (lim.), S. f Aboi, clameur, v. jap. R. abaia.

ABAIAIRE, ABAJAIRE et BIAUJAIRE (hm.),

arello, airis, airo (it. ctbbajatore), s. et adj. Aboyeur, euse, x.japaire.

Vous cragne briso, tros d'abajaire.

j. roux.

R. abaia. . ' ...

4B4IAMEN, ABAJAMEN (lim.), (it. abbaja- mento), s. m. Aboiement, clabaudage, v.ja- padis, boutadisso.

L'abaiamen dôu loup, de la lebre, de la perdris, les divers aboiements du chien, selon qu'il poursuit un loup, un lièvre ou une per- drix. R. abaia.

Abaicha, abaissa, y. abeissa; abaile, v. baile ; abairou, v. aveiroun. ;

abusso, abacho (g.), (rom. abats), s. f. Abaisse, fond d'un pâté, v. planchié ; dépres- sion du sol, v. baisso. R. abaissa.

Abaius, v. bahut.

abajèro, s. f. Airelle rouge, arbuste des Pyrénées, v. aire. R. abajou.

arajoeo, bajolo, s. Aboyeur, euse, per- sonne grossière, en bas Limousin , v. bra- maire; Bajolle, nom de fam. mérid. As fini de desparla, bajolo ?

J. ROUX.

R. abaja. .

abajou , auajou (g.), s. m. truit de 1 ai- relle rouge, v. âge.

S'anèren sus la mountagno Manja arsanos e abajous.

CH. POP. ARIEGEOIS.

R. abarjo, baio.

Abajou, v. abat-jour ; abal, v. abau ; abal, v, avau ; abaia, v. avala.

abala , abaeha (lim.), (esp. aballar, it. abbacchiare), v. a. Abattre, gauler, en Au vergne et Limousin, v. acana, avala. Abalhon lous cacals.

J. ROUX.

R. abal, avau. Abalado, v. avalado.

abaeage, abalhage (lim.), s. m. Action d'abattre, de gauler, v. acanage. R. abala. ABAEAIBE, ABAUIAIRE (lim ), AIRO, S. Ce

lui, celle qui abat, qui gaule, v. acanaire. R abala.

Abalan, ano, v. abelan, ano ; abalanca, v avalanca; abalanca, v. esbalança ; abalandra, v. balandra.

ABALAUSI, A BAL AU VI et ABARAUVI (m), ABLAUVI (lim.), ABALAUDI (Var), ABARAUDI (a.), (rom. ebalauzir), v. a. Abasourdir, v. dcbalausi, esbalausi ; éblouir, v. esbléufa. Abalausisse, isses, is, issèn, issès, isson. Abalausi, abalausit (1.), ido, part. Aba- sourdi, ébloui, ie.

Siéu enca tout abalaudi.

V. THOURON.

Regarde abalausido.

F. DU CAULON.

Moun amo pèr encuei es touto abalauvido.

R. MARCELIN.

R. abal, avau, ausi.

ABALAUSIMEX, ABALAUVIMEX (lim ), ABA-

rauvimen (m.), s. m. Action d'abasourdir, v. esbalausimen, R. abalausi.

3

MtAKAl VISOI V , AltAI.AI VISOr el BALAI

visoc (lim.), s. f. Etourdimement, vertige,

tlebri.lai'si'io.

L'abalauvisoun c l'estrarnbord que Ion prerigy - ron.

F. MISTRAL.

abalauvi-,

4BAEI, ABAHI (a. m.), AVARI (1.), (rom.- bailir, gouverner, diriger, b. lat. boAlire, posséder, faire valoir), v. a. et n. Elever, nour- rir, v. atefia, cnanti, entraire, perregi /sau- ver, préserver, réserver, ramasser, mettre â l'abri, parvenir â établir un ouvrage, v. es- couti, gandi, rebari ; tenir, durer, demeurer, vivre, v. tempouri ; réussir, en Rouergue, y. cncapa ; pour anéantir, détruire, v. avait.

Abalisse, isses, is, issèn, issès, isson; issièu ; i guère ; irai; irièu ; isse, issen, issès; igue ; iguèsse ; issènt.

Abali de poulet, élever des poussins ; de sèt enfant n'a pouscu ges abali, de sent en- fants il n'a pu en conserver aucun ; poae rèn abali dins ma terro, je ne puis rien sauver dans mon champ, on me vole tout ; degun pou abali à soun entour, nul ne peut tenir auprès de lui ; se pou pas abari de la caud ou de la fre, on ne peut durer de chaud, de froid.

Bregido abalis moun enfant.

J. ROUMANILLE.

Pèr abari la matinado.

J. AZAÏS.

S'abali, s'abari, v. r. S'élever, se nourrir; se lancer, à Marseille.

Aquèu drôle s'abaliguè soulet, ce garçon s'éleva seul.

Que s'a proun peno a s'abali, Sèmpre ta gr'aci ajude-li.

A. CROUSILLAT.

En touto sesoun risouleto, Ea tout climat s'abarissènt.

jd.

prov. Très passeroun sus uno espigo Podon pas s'abari. Ni 1res garçoun près d'uno fiho Jamai s'endeveni. Abali, abarit (1.), ido, part, et adj. Elevé, ée. nourri, ie ; construit, ite.

Es tout abali, il est grand et fort; fiho abalido , fille formée; poucello abarido , truie'adulte.

Coumo un pilié mal abarit.

h. birat.

R. à, baile, bailo.

ABAEI9IEX (rom. bailUment), s. m. Action d'élever, de nourrir, éducation, v. enantimen, nourrigage.

Begoularié lou mèu pèr voste abalimen.

calendau.

R. abali.

Abalisco, v. avalisco; abalôudi, v. abalaudi.

ABALOUBDI, ESBAEOUBDI (a.), EIRALOUR- Di, •ebaeoubdi (d.), (it. abbalordire, sba- lordire), v. a, Abalourdir, étourdir, abasour- dir, consterner, v. esbalausi, estabousi.

Abalourdisse, isses, is, issèn, issès, is- son.

S'abalourdi, v. r. Devenir balourd, stupide. Abalourdi, ido, part. Abalourdi, ie ; cons- terné, étonné, ée.

E lôutei clous èron couino candi, Sènso boufa, dôu cop esbalourdi.

J. DIOULOUFET»

R. à, balourd.

abalourdoiex , s. m. Étourdissement , consternation, v. estabousimen. R. abalour- di.

Abalôusi, v. abalausi ; abals, abalses, v. a- vaus; aban, v. avans-; abança, v. avança.

abanca, bancha (d.), v. a. Cultiver par bancs, mettre à bancs, creuser des tranchées dans un champ de manière que la terre qu'on retire de l'une serve à combler l'autre ; re- creuser à la bêche le sillon ouvert par la charrue, v. luchcta, desfounsa.

Abanque, anques, anco, ancan, ancas, ancon.

Abanca 'no terro, défoncer un champ, ef- fondrer un terrain.

4

Abanca, abvncat (L), ado, part. Cultivé par bancs. R. à, banc.

abaxcado, s. f. Culture par bancs, v. en- froundado, recavado.

Vequi uno bravo abancado.

J. HOUX.

R. abanca.

abaxcage, s. m. Action de cultiver à bancs, mise à bancs, v. desfounsage. R. abanca.

Abancalado, v. avalancado; abànci, abanço, y. avanco; abancomen, v. avançamen.

ABAXDEIKA, ABAXDIEIU A (1), EMBAX-

deiba, baxdeira (rh.), (rom. banc irar, cat, abanderejar),x. a. Pavoiser, v. pavesa, ten- du ; pour ouvrir, v. abadeira.

Abandèire, èires, eiro, ciran, eiras, èi- ron.

S'abandeira, v, r. Se pavoiser.

Abvndeira, abandieirat (1.), ado (esp. a- banderado), part, et adj. Pavoisé, ée, orné de pavillons.

Tôuti li bastimen abandeira.

ARM. PROUV.

Ambé ma barco abandeirado Sus la mar fau ma passejado.

G. AZAÏS.

R. à, bandicro.

abaxdi, v. a. Lancer avec force, sonner les cloches à volée, v. bandi.

Subran lei campano soun abandido.

LOU TRON DE L'ÈR.

R. à, band. Abando, v. à bando.

abaxdoux, abaxdou (1. g. b.), (rom. a- bandon, rom. cat, abando, esp. port, aban- dono, it. abbandono), s. m. Abandon, v. dc- leissamen.

Ate d'abancloun, acte d'abandon, cession de biens; n'en fau un ate d'abandoun, j'y re- nonce ; à l'abandoun, à l'abandon ; vicure à l'abandoun, s'abandonner, se livrer à tous les vice*. R. abandonna.

abaxdouxa (rom. cat. esp. port, abando- nar, it. abbandonare), y. a. et n. Abandon- ner, v. desmanteni ; céder, lâcher, v. leissa, lâcha.

Abandounès pas moun misérable sort, formule employée par les estropiés qui men- dient.

Sèmblo qu'amour nous abandouno.

c. BRUEYS.

prov. Diéu abandouno pas li siéu. Qu loujour pren e rèn noun douno, A la lin cadun l'abandouno.

S'abandouna, v. r. S'abandonner, se laisser aller ; se prostituer.

Enfant que s'abandouno, enfant qui com- mence à marcher seul.

prov. Femo que pren Se vènd : Femo que douno S'abandouno.

Abandouna, abandounat (1.), ado, part., adj. et s. Abandonné, ée ; désert, erte.

Un abandouna, un abandonné; se lan- guis courue un abandonna, il s'ennuie à mourir; un abandouna de Diéu, un chena- pan , un scélérat , uno abandounado , une femme perdue. R. à, et (rom. bandon, band, permission).

abaxdouxadame V (rom. abandonada- men, esp. abandonadamente, it. abbando- natamente), adv. Abandonnément, avec aban- don ; sans réserve. R. abandouna.

ABAXDOUX AI RE, ARELLO, AIRO, S. Celui,

celle qui abandonne, v. placaire. R. aban- donna.

ABAXDOUXAMEX , ABAXDOUXOMEX (1.),

(cat, abandonamcnt, esp. abandonamiento, it, abbandonamento),s.m. Abandonnément, délaissement ; dérèglement de mœurs, v. gour- rinigc. R. abandouna.

Abangéli, v. evangéli ; abanio, v. avanio ; abans, abant, abants, v. avans; abantatge, v. avantage ; abantatja, v. avantaja; abantatjous, v. avantajous ; abantura, v. aventura ; aban- turiè, v. aventurié ; abauturo, v. aventura;

ABANCADO ABASTA

abanturous, v. aventurous; abaous, v. abôu- soun ; abara, v. abarra; abaran, v. abelan ; abaraudi, abarauvi, v. abalausi.

ABARBA, EMBARBA, v. a. Mettre en terre une plante ou une branche, pour qu'elle pousse des racines, v. planta.

S'abarba, s'embarba (it. abbarbicarsi), v. r. Jeter des racines, v. barba.

Un vièi cepoun qu'a fa que crèisse e s'embarba dins un bouen gara.

F. VIDAL.

Abarba, abarbat (1.), ado, part, et adj. Qui a jeté des radicules.

Maiàu abarba, sautelle de vigne. 11. à, barbo.

abarbada, v. a. Abecquer ; faire manger un vieillard, un pauvre, y. abcca, arriba, paisse.

Pèr abarbada tant de mounde i'a de peno.

J. ROUX.

Abarbada, ado, part. Abecqué, ée, nourri, ie. R. à, barbado.

abarbadou, embarradou, s. m. Lieu l'on plante des boutures pour leur faire jeter des racines, pépinière, v. couvadou, servo.

Mètre un planton à l'abarbadou, mettre un jeune plant en pépinière. R. abarba.

ABARBASSI (S'), y. r. Devenir barbu, laisser croître sa barbe,

Abarbassi, abarbassit (L), ido, part, et adj. Qui a une longue barbe, hérissé, ée.

prov. Abarbassi coume un bouissoun. R. à, barbasso.

Abarboula, v. esbarboula ; abarcouri, v. a- vercouli.

ABARDASSI, v. a. Durcir la terre, en parlant du vent, de la pluie, v. aclapi, afegi, asseta.

S'abardassi, v. r. Devenir dur comme un sol pavé de dalles.

Abardassi, ido, part, et adj. Durci comme un pavé. R. à, bardât.

abardousi (s'), y. r. Devenir bourbeux, v. fângueja. R. à, bardons.

Abaré, aro, v. avare, aro.

ABAREC (rom. iHirec, chaume, paille, mor- ceau), s. m. Outil quelconque, en Guienne, v. eisino, ôutis. R. varage.

Abarécio, y. avariço ; abareja, v. barreja ; abarejadis, v. barrejadis; abarejô, v. à bar- rejo.

abargÈ , auarchÈ, s. m. Azerolier, en Gascogne, y. argeiroulic. A 'nsignat d'empéula l'abargè de reinelo.

G. DELPRAT.

R. abarjo.

Abari, y. abali ; abaria, v. avaria; abaricio, v. avariço ; abaricious, v. avancions; abaris, v. auvàri.

ararja (it. abbarcare, entasser), v. a. A- monceler le foin, en Limousin, v. acucha, amoulouna. R. à, barjo.

ABARJO, AUARJO, AUARCHO (lat. bacca,

baie), s. f. Azerole, en Gascogne, v. argei- rolo ; pour meule de foin, y. barjo, balzo.

L'auarjo la mes aniaro.

G. d'astros. ABARJOL, s. m. Foin amoncelé, petit tas de foin, en Limousin, v. mouloun, patà. R. a- barja.

Âbarmi, y. amarvi ; abarôudi, y. abalaudi ; abarouna, v. abarrouna ; aharous, v. avarous.

ABARRA (it. b. lat. abbarrare), y. a. Fer- mer avec une barre, barrer, y. barra; enfer- mer, enclore, y. embarra ; envahir, en parlant d'un troupeau, v. abroua.

Avèn pas un renoum ounèste, Pèr qu'abarran quauque esparset.

E. GLEYZES.

Abarra, abarrat (L), ado, part. Barré ; ra- vagé par un troupeau.

Tèms abarra, temps couvert. R. à, barro.

abarrage. ABARRÀGi (m.), s. m. Action de barrer, d'enfermer, de conduire un troupeau dans un champ cultivé, v. barrage. R. abar- ra.

Abarrèi, y. à barrèi.

ararreja, v. a. Mettre pêle-mêle, confon- dre, brouiller, v. barreja.

S'abarreja, v. r. Se mêler, se mélanger, se tempérer.

Al soufle del zefir la calou s'abarrejo.

DEBAR.

Brelouns, Picards, Gascons, toulsalors'abarrejon.

J. JASMIN.

R. à, barrejo.

abarrejadis , s. m. Pêle-mêle, mélange, foule confuse, multitude, v. barrejadis. R. abarreja.

Abarrejo, v. à barrejo.

abarrouxa, abarouxa , v. a. Entasser, amonceler, dans les Alpes, v. amoulouna.

Abarrouna, ado, part, et adj. Amoncelé, ée.

Cresto abarrounado, crête de montagne mamelonnée. R. à, barroun.

abartassi (s'), y. r. Devenir buissonneux, se rabougrir, y. abouissouni, agarrussi.

Abartassisse, isses, is, isscn, iss'es, isson.

Abartassi, abartassit (L), ido, part, et adj. Buissonneux, euse, rabougri, ie. R. à, bartas.

abartassisiex , s. m. Action de devenir buissonneux, de rabougrir, v. abouissouni- men. R. abartassi.

Abarut, y. à barut.

ABAS , AD A BAS (m.), (it. abbasso, esp. a- bajo), adv. Là-bas, v. avau, ciçabas, eila- bas, perabas, pereilabas.

D'abas, de là-bas.

Tu sies abas, demoro-ie.

A. PEYROL.

Abas est l'opposé de adaut. R. à, bas.

abasa (esp. abajar), y. a. Mettre à bas, démolir, y. toumba ; combler, y. atura.

S'abasa, v. r. Descendre le pays, descendre un fleuYe, aller dans le sud, v. davala ; s'é- crouler, s'effondrer, y. agrasa.

M'abasère vers loti Gras, je descendis vers l'embouchure du Rhône.

Abasa, ado (rom. abassat), part, et adj. Descendu, ue ; effondré, ée, R. à, bas.

abasaxi. y. a. rendre basané ; user, v. a- terri.

Abasanisse, isses, is, isscn, issèts, isson.

S'abasani, v. r. Prendre un teint basané, se flétrir, se rider ; se pourrir à moitié, en parlant d'une planche, y. ablôusoun i .

La poumo ivernenco Que coumenço à s'abasani.

LAFA RE-ALAIS .

Ab.vsani, abasanit (L), ido, part, et adj. Ba- sané, ée. R. à, basano.

abasa ximex, s. m. Action de rendre ou de devenir basané. R. abasa ni.

Abasima, abasina, v. abima.

abasourdi, eibasourdi (d.), v. a. Aba- sourdir, y. abalourdi , estabousi.

Abasourdisse, isses, is, isscn, isses, is- son.

Abasourdi, abasourdit (1. g.), ido, part. Aba- sourdi, ie. E li baus de l'enlour n'en soun abasourdi.

F. GRAS.

R. ab, assourdi. Abassa, y. à bassa.

ABASTA (rom. cat. esp. port, abastar, it. abastare), x . n. Suffire; tourner à bien ou à mal, v. basta ; atteindre, arriver avec peine, v. ajougne ; pourvoir, v. prouvcsi ; abonder, y. abounda.

Abaslo , commandement de marine, c'est assez; se rcn noun mal abaslo, s'il ne sur- vient rien de fâcheux ; tout i'abasto, rien n'y manque.

T'abasto-ti de dire amb'uno voues superbo Que tout sié, pèr que tout siegae fach alalèu?

f. d'olivet.

De sa boucasso l'hiatus

A las aurelbos abastavo.

J. AZAÏS.

S'abasta, y. r. Se poser, en parlant d'une volée d'oiseaux, en Guienne, y. apausa.

Abasta, abastat(1. g.), ado, part, et adj. Qui en a suffisamment, rassasié, ée, pourvu, ue. R. à, basto.

ABASTAMEN (rom. abastamen, cat. abas- tament, esp. abastamiento), s. m. Suffi- sance, v. proun, sufisènço. R. abasta.

Abastanco, v. à bastanço.

ABASTARDI, ABASTARDESI (lim.), (rom. abastardir, it. abbastardirc) , \ . a. Abâtar- dir, v. embastardi, abourdi,%

Abâtardisse, isses, is, issèn, issès, is- son.

Abastardis pas la raço, il cbasse de race.

S'abastardi, y. r. S'abâtardir, dégénérer.

Abastardi, abastardit (1. g.), ido, part, et adj. Abâtardi, ie.

Blad que s'es abastardi, froment qui a bisé.

prov. Quand lou fru sèmblo à l'aubre, noun s'es pas abastardi. R. à, bastard.

ABASTARDIMEX , ABASTARDISSAMEN (it.

abbastardimento) , s. m. Abâtardissement, dégénérescence, v. abourdimen.

E fau pas crèire, coume d'uni, qu'aquelo varieta marque l'aboulimen o l'abasiardimen.

F. MISTRAL.

R. abastard i.

abastoua (cat. abastonejar), y. a. En- gerber, lier les blés coupés, en Gascogne, l'on se sert d'une cheville pour tourner le lien, v. liadou. R. à, bastou.

ABAT (rom. abat, abbat, cat. esp. abad, port, abbade, it. abbatc, lat. abbas, atis), s. m. Abbé, v. capelan ; recteur d'une confré- rie ; chef d'une fête, coryphée, y. cap-de- jouvènt, capitàni de vilo, prièu ; Abat, Labat, de Labat, noms de fam. mérid.

Abat de la jouinesso, abat de la vilo, abat dôu pople, dignitaire dont le choix était fait par les jeunes gens et approuvé par les consuls, dans les anciennes communes de Pro- vence. L'Abbé de la Jeunesse présidait à la danse et aux amusements publics, et exerçait sur eux une sorte de police. Il percevait le droit de pelote, v. peloto.

Abat di Tarascaire, grand-maître des che- valiers de la Tarasque ; abat d'un moulin d'oli, maître-valet d'un moulin à huile; abat dôu clôuchiè, maître-sonneur ; rede coume un abat, grave comme un officiant; lou Plan de l'Abat, ancien domaine de l'abbé de Sénan- ques, près Gordes.

Facbat de quita lou coumbat,

S'envai trouva moussu l'Abat,

Qu'es aquel que das mariages

De chascun lèvo lous péages.

D. SAGE.

prov. Coume l'abat canlo, lou raouine respond.

Quand l'abat lèn taverne, H mouine podon ana au vin.

Dôu plus nèsci n'an fa l'abat.

abat, s. f. Petite vallée entre deux dunes, en Guienne, v. Veto.

Abat d'aigo, s. m. Grosse pluie. R. abatre.

abat-car, s. m. Outil de sellier. R. aba- tre, car.

ABAT-JOUR, ABAT-JOr (ni), BOT-JOUR (lim.), s. m. Abat-jour, jalousie, y. jalousie. Proche aquéleis abat-jour blu. «.

PH. CHAUVIER.

R. abatre, jour.

ABATAGE, ABATÀGI (m.), ABATATGE (g.), s. m. Abatage, v. abracadis ; coins qu'on place sous un levier pour faire une pesée, v. aigre. R. abatre.

ABATAIA, 1BATALHA (1. g. b.), (rom. aba- talharj, v. a. Assaillir, poursuivre avec des projectiles, jeter des pierres avec la fronde, v. aguincha, aqueirq; abattre des noix, gauler, v. acana.

L'abat a ièron à cop de caiau, on le pour- suivit à coups de pierres. Vous abalaiara d'escais-nourns prouvençaus.

LAFARE-ALAIS.

S' abataia, v. r. Se livrer bataille, se battre à coups de pierres. R. à, bataio.

abatas, a betas, s. m. Gros abbé, vilain abbé, v. capelanas. R. abaA.

ABATEIUE, EREIXO, eiro (L), (esp. aba-

ABASTAMEN ABDICACIOUIN

tidor, it. abbattitorej, s. Abatteur, euse, v. toumbaire.

Abateire dequiho, abatteur de quilles. R, abatre.

abatemex , abatamex (rom. abatemen, abatament , cat. abatement , port, abati- mento, esp. abatimiento, it. abbatimento), s. m. Abattement; langueur, v. langui . R. a- batre.

ABATÈXT, A BATE NT (L), s. m. Abatant, es- pèce de volet qu'on abat ou qu'on élève à vo- lonté, v. fauco, tampo. R. abatre.

Abatesso, v. abadesso.

abatis (du fr.), s. m. Abatis, v. chaple, toumbado. Dins un lal meichant tems, sans aquel abatis, Coussi lança la fam del troupèl que palis?

J-.C. PEYROT.

R. abatre.

ABATOUN , ABACHOUN , ABETOUX , AÎÎE-

choun (m. rh.), abequet (L), s. m. Petit abbé, v. abadot, capelanot.

N'en farian un abatoun.

J. ROUMANILLE.

Quau es aquelo em'aquel abachoun?

isclo d'or.

R. abat.

ABATRE, ABATE (g. b.), (rom. cat. abatre, port, abater, esp. abatir, it. abbattere), v. a. et n. Abattre, renverser, v. abraca, toumba ; t. de mar. dériver, s'écarter de son chemin, v. escata.

Se conj. comme batre.

Li fèbre abaton forço, les fièvres affaiblis- sent beaucoup.

prov. Picboi ome abat grand roure.

S'abatre, v. r. S'abattre, tomber tout d'un coup.

Lou chivau s'abateguè, le cheval s'abattit.

Abatu, abatut (1. g.), udo, part, et adj. Abattu, ue, languissant, ante, fatigué, ée, pâle ; Abattu, nom de fam. prov.; Labatut, nom de 1. et de fam. fréquent en Gascogne et Péri- gord. ;

Courre à brido abaiudo, courir à bride abattue. R. à, batre.

ABAU, abal, s. m. Tas de 32 gerbes, en Dauphiné, v. rnolo ; veillotte, petit tas de foin, v. balzo, balsiero ; ancienne mesure de capacité pour les bois, en Limousin. Elle se divisait en 3 brasses ou cordes, et équiva- lait à 12 stères.

Tènen lou abau au navei.

BÉCHAMEIL.

R. abala. Abaubi, v. esbaubi.

abauca , abaucha (lim..), (cat. abalgar, piém. suisse balcà, cesser, calmer, angl. balk, négliger, gr. A6a.xnv, se taire), v. a. et n. Cal- mer, apaiser, cesser, v.ameisa, cala.

Abauque, auqv.es, àuco, aucan, aucas, aucon.

Abauca la fèbre, apaiser la fièvre; lou t'ems a abauca, le temps s'est adouci. Abauco sa fièro peitrino.

M1RÈIO.

Abaucant leis inquiet, esperit maufatan.

F. VIDAL.

S'abauca, v. r. Se calmer, s'apaiser, se taire. Pamens lou barjo-mau s' abauco.

F. GRAS.

De pau a pau li brut s'abauquèron.

T. AUBANEL.

Abauca, abauc.vt (L), ado, part, Calmé, apaisé, ée; pour gazonné, v. abauqui. R. à, bauca.

abauca men, s. m. Apaisement, v. amei- samen.

L'abaucamen de la tempèsto.

CALENDAU.

R. abauca.

abaÙoi, v. a. Lancer, donner l'essor, pro- duire, v. bandi, lança.

Abaudisse, isses, is, issèn, issès, isson.

Abaudis soun chivau dins leis aigo prefoundo.

M. BOURRELLY.

S'abaudi, v. r. Se produire, se lancer dans le monde, prendre l'essor, s'habituer.

Dins l'espaci s'enauro, au soulèll s'abaudis.

A. CROUSILLAÏ.

Léu-lèu que s'abaudis, eountènt a faire gau.

R. MARCELIN.

Abauui, abaudit (1.), ino, part, et adj. Qui a pris son essor, lancé, ée, enhardi, ie. R. à, baud.

aba l'iji.hen, s. m. Action de lancer, <\<- pro- duire, de prendre l'essor, v. av.roun. R. a— baudi.

A B A uq l* E IRA, ABOITIEBA (rh.), v. a. In- cliner en talus, v. atalussa.

Abauquèire, èires , èiro, eiran, ciras, eiron.

Abauqueira, ado, part, et adj. Incliné en ta- lus. R. à, bauquicro.

abauqui (s'), v. r. Se couvrir de graminées, devenir dru et verdoyant comme le gazon, v. agerbi, atepi.

Abauquzsse, isses, is, issèn, issès, isson.

Abauqui, ido, abauca, ado, part. Gazonné, ée.

Ribo abauquido , talus de gazon. R. à, bauco.

ABAUQUIMEX, s. m. Gazonnement, v. ate- pimen. R. abauqui.

Abauri, v. abourri ; abauro, v. ahouro, aro; abaus, abausses, v. baus ; abausa, v. abôusa.

ABAUSi, abauvi (lim.), (lat. abuti, abuser), v. n. et a. Foisonner, abonder, v. abounda; durer, v. leida; se targuer, exagérer, v. goun- fla ; rassasier, blaser, ennuyer, v. embouni.

Abausisse, isses, is, isscn, issès, isson.

Fai tout ço que pou pèr abausi, il prend des airs importants.

S'abausi, v. r. S'étendre de son long, en Languedoc, v. abôu.sa.

M'abausissi siaudamen à loun coustat.

L. DE RICARD.

Abauzit, nom de fam. lang.

ABAUSIDOU , ABAUVIDOU (lim.), OUIRO,

adj. et s. Vantard, arde, v. miraclous. R. a- bausi.

ABAUSIMEN , ABAUVIMEN (lim.), s. m. Ac- tion de foisonner; ostentation, exagération, v. abounde. R. abausi.

ABAUSISSÈXT, A BAUVISSÈ XT (lim.), ÈXTO.

adj. Qui foisonne, avantageux, euse, v. aboun- dièu ; présomptueux, euse, v. vantaire. R. abausi.

Abausomen , v. abôusamen ; abausous, v. abôusoun.

ABAUTI (val. pat, lit ; goth. badi, lit), y. n. Pâmer, tomber en défaillance, v. basi, cor-fali.

Abautisse, isses, is, issèn, issès, isson. S'abauti, v. r. Se pâmer ; s'endormir, som- meiller.

An'avi m'abauti, quand m'avès destournat.

J. CASTELA.

Dins iéu tout s'abaulis.

E. GLEYZES.

Abauti, abautit (L), ido, part. Pâmé, ée, endormi, ie. Dins lou fort de la nèch, quand tout èro abautit.

J. CASTELA.

abautoiex, s. m. Défaillance, évanouisse- ment, v. avanimen. R. abauti.

Abauva, y. abôusa ; abauvamen, v. abôusa- men; abauvi, v. abausi; abauvoun, v. abôu- soun.

abdala (ar. abdallah, serviteur de Dieu), n. p. Abdelal, nom de fam. marseillais.

ABDERITAX , AXO (lat, abderitanus), adj. et s. Abdéritain, aine, d'Abdère.

E leis Abderitan espurgavon sa bilo.

M. BOURRELLY.

ABOÈRO (lat. Abdera), n. de 1. Abdère, ville de Thrace. Un filousofe encian, Demoucrile d'Abdèro.

M. BOURRELLY.

ABDICA (cat, esp. port, abdicar, it, lat, ab- dicare), v. a. et n. Abdiquer, v. remercia, renouncia.

Abdique, iques, ico, ican, icas, icon.

ABDICACIOUX, ABDICACIEX (m.), ABDICA- CIÉU(1. g.), (cat, abdicaciô, esp. abdicacion, it. abdicazionc, lat. abdicatio, onis), s. f. Abdication.

AliDOrx ('rom. cat. Iat. Abdon), n. d'h.

Abdon. . . ., , .

Sant Abdoun e Scnnen, saints Abdon et Sennen, honorés dans le Vallespir, en Rous- sillon. , ., ,

VBE VBES, abet (rom. abetz , aios, iat, apeœ ou habitus), s. m. Balle des céréales en Languedoc, v. acs, arofo, boufo, boulofo, peioun ; Abe, Abbes, nom de fam. lang.

L'abc dôu blad, la balle du blé.

Lou creson rascagnut, mes qu'un cop de crebèl

Lou despolhe de l'abe, e veiran lou blad bel.

J. LAURES.

Lou gra de l'abe separèt.

j. AZAÏS.

Me calauèt alounga sur d'abets de cibado.

L. VB S T REPAIN .

Abé, v. abet ; abé, v. avé ; abé, v. ali ! be ; abé, v. labé ; abè, v. avié.

ABEAKA , ABIALA , v. a. Arroser, dans les Mpes y. bcsala, aseiga. R. à, beal.

abeahôUR, s. m. Tournée, instrument d'a- griculture pour faire les canaux, dans le Quei- ras, y. sapo, trenco. R. abeara.

Vbeberatye, v. abéurage ; abèbi, abèbes, abe- be, ubebèm, abebèts, abèben, imparf. bcarn. et bord du v. avé ; abec, v. ambé, amb.

ABECA, ABECHA (d.), ABECADA (rouerg.), (b. Iat. abbecare, it. imbeccare), v. a. Abec- quer, v. abarbada, aresca, paisse.

Abaque, èques, èco, ecan, ecas, ècon.

Abeca 'n passeroun, abecquer un moi- neau.

Abeca, abecat (1. g.), ado, part. Abecque, ee. R. à, bec, becado.

abecado (rom. abec), s. f. Becquée, v. be- cado, barbado. R. abeca.-

abecage, ABECÀGI (m.), s. m. Abecque- ment, v. peissage. R. abeca.

iBECAROLO, becarolo (cat. becerolas), s. f. A*b c, alphabet, à Toulouse, v. santo- crous, beaba.

Es à l'abeçarolo, à las beçarolos, il est a l'abécédaire.

Dins l'abeçarolo ounte nous ensignavon à legi.

F. DU CAULON.

Apàrio dins las beçarolos.

P. GOUDELIN.

R. abecé.

ABECÉ, ABECEDE, ABEICEI (d.), (esp. abece, port, a-b-c, it. abbici), s. m. Abc, alphabet, y. alfabet.

Es encaro à l'abeccdè, il est encore à

l'a b c.

abecedàbi (rom. becedari, cat. abecedari, esp. port, abeccdario, it. abbecedario , b. Iat. abecedarium), s. m. Abécédaire, livre qui contient l'ab c, y. cagasso, matino. R. «6e- cedè.

Abech, v. labech ; abechoun, v. abatoun. abecoci, s. m. Benêt, imbécile, v. bedigas, darut. R. aubicou. Abedre, v. avé.

abefi, ido, adj. Qui a la lèvre pendante, idiot, ote, v. embefia. R. à, bèfi.

Abegados, v. à vegado ; abege, abeche, v. avé ; abèi, v. vuei ; abeiano, y. abihano ; abeié, v. abihié; abeicha, v. abeissa; abeichàgi, v. abeissage; abeichaire, v. abeissaire.

Abeichi pour vène eici, dans l'Aude.

abeié, aveiè et abeliè (1.), (b. Iat. ave- ria, bcrlia), s. m. Grand troupeau transhu- mant, qui passe l'hiver dans la plaine et l'été dans la montagne, v. bcilié, coumpagno, es- cabot, atago, rabato, rego.

Lis abeié d'Arlc, les troupeaux d'Arles, qui en 1872 comptaient plus de 400,000 têtes; Us abeié davalon, les troupeaux descendent des montagnes ; camin dis abeié, passage destiné aux troupeaux transhumants, v. carrairo.

Se lous vesias ensen, semblon un abeliè.

J. ROUDIL.

L'origine du mot abeié, qui est usité sur les deux rives du Rhône et s'applique aux trou- peaux des Alpes et des Cévennes, est assez dou- teuse. Abeié. pourrait être une corruption du gascon auelhè , troupeau d'ouailles, comme aussi une altération du mot bcilié , troupeau

ABDOUN ABENA

conduit par un baile. Il pourrait même venir à'avé, troupeau de brebis, comme l'indique le bas-latin averia, ou du bas-latin abellus, agneau de lait.

Abeié, v. abihié; abeieto, v. abiheto ; abeio, v. abiho ; abèire, v. avé.

ABEISSA, ABEICHA (a ), ABAISSA (1), ABAI- CHA, abacha (g.), (rom. abaissai', cat. port. abaixar, esp. abajar, it, abbassarc), v. a. et n. Abaisser, incliner, diminuer, dégrader, ravaler, v. acata, clina, rebala.

Abaisse, aisses, aisso, eissan, eissas, aisson.

Abaisso lou toun, baisse le ton ; abeissa 'n fais, déposer un fardeau.

S'abeissa, v. r. S'abaisser ; s'humilier, s'a- vilir ; se mésallier.

Mai pèr bonur lis aigo s'abeissèron.

A. PEYROL.

prov. Quau s'abaisso, Dieu l'enausso.

Au mai s'abaisson, niai mostron lou darrié.

Abeissa, abaissât (1. g.), ado, part. Abaissé,

ée.

La Vierge ausso si manoto, Lou pouniié s'es abeissa.

oraison pop.

R. à, beissa.

ABEISSADO, ABAISSADO (1), ABACHADO

(g.), (rom. abaissacla, esp. bajadaj, s. f. Inclinaison ; révérence pour saluer ; déclivité, pente, v. baisso, enclin.

Abeissado de cap, penchement de tête ; fai-iè toun abeissado, fais-lui la révérence. R. abeissa.

ABEISSAGE, ABEISSÀGI (m), ABEICHÀGI

(a.), abaissatge (1.), s. m. Action d'abais- ser, de s'abaisser.

Malur à quau n'en voudra ges, D'un perdoun qu'à moun fléu costo tal abeissage !

S. LAMBERT.

R. abeissa.

ABEISSAIRE, ABEICHAIRE (a.), ABAISSAIRE (L), ARELLO, AlRO(rom. abaissaire, abays- sador, cat. abaxador), s. et adj. Celui, celle qui abaisse, v. rebalaire.

Muscle abeissaire, muscle abaisseur. R. abeissa.

ABEISSA3ÏEX, ABEICHAMEX (a.), ABAIS- SOMEX (L), (rom. baichament, cat. abaxa- ment, port, avaixamento, esp. abajamiento, it. abbassamento), s. m. Abaissement, humi- liation, v. acatamen.

Adoron, tremoulant, de Diéu l'abeissamen.

S. LAMBERT.

De vosle abeissamen, de vosto oubeïssènço Deja Diéu avié près piela.

F. DU CAULON.

R. abeissa.

abeissoux (D'), loc. adv. En se baissant, v. clinoun.

Van d'abeissoun, marchon à pas de loup.

J.-F. ROUX.

R. abeissa.

abèl (b. Iat, abellis, apile), s. m. Rucher, en Languedoc, v. abihié, apiè.

Talha lous abèls, châtrer les ruches. Brounzino, voultejo au pouelo Coumo un abèl au cagnard.

A. LEYRIS.

Coumo abeio au founs de soun abèl.

LAFARE— ALAIS.

R. abiho.

abèl (rom. cat, esp. Iat. Abel, it. Abele), n. d'h. Abel; Abély, Abbal, Abeau, noms de fam. mérid.

L'enganat e l'enganaire

Si com Abel a soun fraire.

P. CARDINAL.

ABELA, EBELA (lim.), (cat. abillar, it, «6- bellarc), v. a. Embellir, polir, nettoyer, ras- séréner, v. embeli.

Abellc, elles, ello, élan, elas, ellon.

S'abela, v. r. S'embellir.

Lom tems s'abello, le temps se met au beau.

Abela, abelat (1.), ado, part, et adj. Em- belli, ie. R. à, bku. Abela, v. avelan.

A BELA N, ABALAN (rh. 1), ABERAX, ABA-

rax, arabax (m.), AXO, adj. Se dit des aman- des dont l'écale est friable et dont le goût rappelle celui des noisettes, v. cacho-dèni, pistacho, princesso ; tendre, facile, v. ten- dre; généreux, euse, libéral, aie, y. aboun- dous, alargant.

Ame lié abel an, amandier qui porte Vamelo abeiano, variété d'amande, originaire d'Afri- que, v. araban; on nomme aussi de ce nom les amandes jumelles, v. bessouno ; miejo- abelano, amande mi-fine; avé li man abe- iano, avoir les mains toujours prêtes à donner, être prompt à frapper ; es gaire abelan, il n'est pas généreux; abelan coume vno nose estre- chano, se dit ironiquement d'un avare.

La sincerita de toun jouine cor abelan.

A. ARNAVIELLE.

R. avelano.

Abelanè, abelaniè, v. avelanié ; abelaniei- rado, v. avelanierado ; abelanièiro, v. avela- niero; abeiano, v. avelano; abelatiè, v. avela- tié; abelha, v. abiba; abelhano, v. abihano; abelhard, v. abihard; abelhè, v. abihié; abe- Iheto, v. abiheto ; abelho, v. abiho.

ABELl, BELI (rom. cat. abelir, it. abbel- lire), v. a. et n. Embellir, v. embeli ; flatter, v. alisca ; devenir beau, paraître beau, v. apoulidi ; agréer, plaire, en Dauphiné, v. a- grada.

Abêtisse, isses, is, issèn, iss'es, isson. Tan m'abelis vostre cortés deman.

DANTE.

Abeli, abelit (1.), ido, part, et adj. Em- belli, ie ; agréable, charmant, ante. R. à, bèu.

Abelié, v. abeié; abelié, v. abihié.

ABELIMEX (rom. abelimen, cat. abeliment, it. abbellimento), s. m. Embellissement, agré- ment, charme, v. chale.

Lou mounde emé sa glôri e seis abelimen.

A. CROUSILLAT.

Sourgènt d'abelimen d'aqueste bèu lerraire.

E. eyssette.

R. abeli.

abelitbi, abeletri, v. a. Rendre bélître,

rendre poltron, v. apôutrouni.

Abelitrisse, isses, is, issèn, isses, isson.

S'abelitri, v. r. Devenir bélître.

Abflitri, abelitrit (1.), ido, part, et adj. Devenu bélître. R. à, belitre.

Abello, v. abulo.

abeloux, n. p. Abellon, Abelous, Abeilhou, noms de fam. mérid.

L'Abèl divin de la proumesso Te bénis, coundusèire, innoucènt Abeloun.

S. LAMBERT.

R. Abel.

ABELU, abeluc (L), ABERLUC (g.), s. m. Eveil au travail, vivacité, ardeur, désir d'ap- prendre, v. afecioun ; dextérité, v. biais, gàubi.

Abèl abelu, immédiatement, sans réflexion, d'après le premier aperçu. Aquel sani abeluc que tant nous mouraliso.

A. VILLIÉ.

R. abeluga.

ABELUGA (rom. abellucar), v. a. Eveiller, émoustiller, v. escarrabiha. * Abelugue, gues, go, gan, gas, gon.

S'abeluga, v. r. S'éveiller, s'animer, s'é- chauffer au travail.

Abeluga, abelugat (1.), ado, part, et adj. Éveillé, ée, dispos ; étincelant, ante.

Sous èls tant languissents, dins lou crâne amagats,

Venguèron tout-d'un-cop nègres, abelugats.

J. CASTELA.

R. à, belugo.

Abem, aben,v. avèn ; abèm, v. avian; abèn, v. avien ; aben, v. avènt; aben pour avèn, v. aveni.

abexa , avexa (1.), (rom. abenar), \. a. User, utiliser jusqu'au bout, épuiser, consom- mer, v. gausi ; t. de filature, achever de filer ce qui reste de soie aux derniers cocons d'une bassine ; mettre à profit, ménager, économi- ser^, aprouficha ; élimer, v. blesi ; débiter, y. chabi ; fatiguer, importuner, en Castrais, v. alassa ; élever une plantation, nourrir un en- fant ou un animal, en Dauphiné, v. abali.

Abena sis abihage , avena sas fardos ([ ) user ses vieux habits ; abena lou joûr, profiter du jour jusqu'à son déclin; abena sa marchandise), écouler sa mar- chandise- la merlusso abeno forço oit, il faut beaucoup d'huile pour frire la morue; abeno la sau, consomme le sel, ménage te sel ; es tèms d'abena, il est temps de finir.

Pèr li paure, pèr lou bon Dieu

N'abeDè, de lano e de fiéu.

T. AUBANEL.

S'abena v. r. S'épuiser, s'user, se consom- mer ; se fatiguer par excès de travail ; «'uti- liser. , '

Ma vido que s abeno.

L. KOUMIEUX.

S'abeno pèr ploura.

A. AUTHEMAN.

prov. La diferènei di gousl fai que tout s'abeno.

\bes\, avenat (L), ado, part, et adj. Usé, épuisé consommé, élimé, fatigué, ee, ruine par les maladies ou la débauche ; élevé, ée, grandi, ie, en Diois. . ,

Se noun sies abena, si tu n'es pas fatigue ; aquel orne s'es bèn abena, cet homme a joui d'une longue vie. R. à, bèn ou veno.

4BEXADCRO, avexaduro (L), s. f. Reste de cocons à demi dévidés, soie inférieure qui en provient. R. abena. .

ABEXAGE, ABEXÀGI (m.), s. m. Epuise- ment, consommation, usure, v. gausiduro ; plantation nouvelle, en Dauphiné, v. flan- tiè. R. abcna. .

ABEXAIBE, ABELLO, AIRO, S. et ad]. Celui,

celle qui use, qui élime, qui épuise, qui débite;

consommateur, trice, v. counsumaire. S'un abenaire l'embarrasso, Li deslarapo lou courrènt d'èr.

A. VILLIE.

R. abena.

Abenamen, v. avenamen. n <

abexat, s. m. Excès de fatigue, dégoût, a

Castres, v. sadou. N'ai fach un abenat, j'en suis excède, H.

abena.

Abenca, v. avenca; abenci, v. avenci; aben- driô pour avendrié, v. aveni ; abenent, v. ave-

nent-

abexgo (rom. abenga), s. f. Nom d une an- cienne monnaie, moindre que la maille. R. auben, enco.

Abengudo, v. avengudo ; abengue, v. aveni ; abensut, v. avengu.

abÉxi, v. n. Venir à bien, v. abasta, réus- si ; pour avenir, v. aveni.

Abenisse, isses, is, issèn, issès, isson.

Abexi, abexit (L), ido, part. Venu à bien.

Bèn aveni, bien conditionné. R. à, bèn.

Abenomen, v. avenimen ; abent, v. avènt; abenturo, v. aventura ; abé-pla, v. plan.

abexso, abexse (b.), (rom. Abensa, Aven- $a), n. de 1. Abense, près Viodos (Rasses-Py- rénées).

Abeque, abec (rom. abque), avec, a Bor- deaux, v. ab, amb, ambè, amè.

Abera, v. avéra ; abera, v. aura ; abera, v. avelan ; aberan, ano, v. abelan, ano ; aberca, abercha, v. berça, breca ; abere, v. avé ; abe- rèi,eras, era, eram, erats, eran, futur bèarn. du v. avé.

ABERG (rom. cat. alberg, it. albergo, ail. herberg), s. m. Châlet, dans les Alpes dau- phinoises, v. rnèiro, rauando.

Abergougna, v. avergougna ; aberi , erès, erè, erèm.'erèts, erèn, conditionnel bèarn. du r. avé; abenga, v. averiga; aberit, ido, v. esberi, ido ; aberl'enco, v. amelenco ; aberlen- quiè, v. amelenquié; aberluc, v. abelu ; aber- ma, v. amerma; abermi, v. amarvi.

aberxou, s. j. Terre-noix, plante, en Li- mousin, v. arlucibu, biso, nissôu, nousiho ; •nodosité qui vient aux mains des goutteux, v. nous.

Aniren querre de las abernous dins lou prat.

j. EOUX.

B. août, nose.

abkrxoi'Ssks, s. m. pl. Saule marceau, dans l'Hérault, v. bedis. R. averno, verno.

ABENADURO ÀBI

Aberot, v. abadol,

abebouxi, v. a. Priver un mouton ou un agneau, lui apprendre à manger dans La main et à suivie son maître, v. aprivada. Aberounisse, isscs, is, issèn, isses, isson. S'aberouni, v. r. Se garnir de vers, en par- lant des fruits v. urna, coussouna. Acoumenço a s'abasani E f in is de s'aberouni.

LAFARE-ALAIS.

Aberouni, aherounit (L), ido, part, et adj. Privé, ée; véreux, euse, v. vermenous. R. a, beroun.

Aberra, v. abourri.

ABERRAC.IOUX, ABERRAGIEX (m.), ARER-

raciéu (1. g.), (it. aberrazione, lat. aber- ratio, onis), s. f. Aberration, v. àrri.

léu pode pas m'esplica l'aberracioun de cert'ani persouno.

LOU PROUVENÇAU.

Abersàri, v. aversàri ; abersiéu, v. aversioun ; aberso, v. averso; abert, v. aubert; abertada, v. avertada ; aberti, v. averti; abes, v. abe; abès, v. aviés; abès, v. avès; abesc, v. vise; abesca, v. aresca ; ahesca, v. abeca ; abescat, v. evescat; abescops pour à bèls cops, v. cop; abesia, abesina, v. avesina ; abespra, v. aves- pra; abesque, v. evesque; abessa,_v. versa.

ARESSi (lat, hebescere), v. a. Emousser, v. a foula.

Abessis dan fenun lou lengou tant pounchu.

A. A RN A VIELLE.

S'abessi, v. r. S'émousser.

Lou pounchou s'es abessi.

LAF A REGALAIS.

Abessi, abessit (L), ido, part. Émoussé, ée.

aressimex , s. m. Action d'émousser, de s'émousser, v. afoulagc. R. abessi.

ARESTI, ARETi et eireti (rom. abe.stir, esp. abestiar, it, abbestiare), v. a. Abêtir, hébéter, v. cbeta.

Abestisse, isses, is, issèn, issès, isson, ou (m.) abestissi, isses, isse, etc.

Lou vin vous abestisse.

M. BOURRELLY.

S'abesti, v. r. Abêtir, s'abrutir.

S'abestis toujour que mai, il rabêtit de jour en jour.

Abesti, abestit (1. g.), part, adj. et s. Abêti, ie, hébété, ée, stupide, brutal, aie.

O grano d' abesti! t. injurieux. R. à, bèsti.

ARESTI AL A, v. a. Pourvoir un domaine des bestiaux nécessaires pour son exploitation, v. acabala.

Pèr abestiala aquèu mas faudriè milo escut, il faudrait mille écus pour fournir cette ferme de bestiaux.

S'abestiala, v. r. Se pourvoir de bestiaux.

Abestiala, abestialat (L), ado, part, et adj. Pourvu des bestiaux nécessaires. R. à, bestiau.

ARESTIASSI, v. a. Abrutir, v. abesti. L'esclavage abestiassis, la servitude abru- tit.

S'abestiassi, v. r. S'abrutir. Abestiassi, abestiassit (1.), ido, part, et adj. Abruti, ie.

Un fat abestiassit.

BACQUEIRA.

R. à, bestiasso.

abestimex , s. m. Action d'abêtir ; hébé- tude, stupidité, v. balourdige, dassarié.

Quand l'amo s'abestis, l'abestimen se coumplis de pertout.

J.-B. GAUT.

R. abesti.

abestissèxt, èxto, adj. Qui abêtit, qui hébète, v. abrutissent. R. abesti.

ABET, A VET (g.), (rom. abet , avet , cat, abet, it. abete, esp. abeto, lat. abies, etis), s. m. Sapin, arbre, v. sap, serento ; pour balle des grains, v. abe.

De bos d'abet, du bois de sapin.

L'abet e le pignè manjarion soupos sul cap al na- sitort.

P. GOUDELIN.

L'abet souloumbrous.

F. GRAS.

•Abeta, v. ebeta ; abêti, v. aberti ; abets, v. avès; abèts, v. avias; abèu, v. bèu \ ; abèu, v. abus; abéuda, v. avéusa.

ABÉl'BA, AlllEl'RA frouerg ), IBCOTOJ ,

lOlBKTHA CI.;, Crom. <;iil. nb<:u rar , esp. abw- var, it. abbeverare), v. a. Abreuver, arro- ser, v. aseiga; combuger, v. embuga; étein- dre la chaux, v. fura ; faire couler du mortier clair entre les pierres, ou de la terre meuble sur les racines d'un jeune plant ; en faire ac- croire, leurrer, v. abriva.

Li ràfi van obtura, les valets de ferme vont faire boire leurs bêtes.

Abéura li foundamento, vider quelques bouteilles à l'occasion de la pose des premières pierres d'une construction ; abéura de bèlli resoun, bercer de belles paroles.

De-long dou valat Abéuro si vaco.

T. AUBAXEL.

Aro que n'ai plus ma barbasso, Miano rne dira plus que semble aquéu qu'abèuvè lou bon Diéu en crous.

J. ROUMAMLLE.

S'abéura, v. r. S'abreuver; se griser; se mouiller.

T'abéurariés à la font d'alegresso.

L. ROUMIEUX.

Abéura, abéurat (L), ado, part. Abreuvé, imbibé, trompé, ée.

Ëron bèn abéura, ils buvaient de bon vin ; terro abèurado, terre bien humectée. R. à, bèure.

ABÉUBADO (cat. abeurada), s. f. Ce qu'on fait boire en une fois ; irrigation, v. arrou- sado ; bourde, v. bulo, baio. Que mesprese lou mounde e sa douço abèurado.

isclo d'or. Qu'es acô que -vai a l'abéurado, Sènso jamai prene uno goulado? énigme populaire dont le mot est esquerlo, clochette du bétail. R. abéura.

ABÉURADOU, ABlÉURADOU (1), ABECRÔC, ARUOURÔUR (a,), (rom. cat. abeurador, esp. abrevadero, it. abbeveratojo, b. lat. abeura- torium), s. m. Abreuvoir, auget ; creux où. l'on verse du mortier pour le faire pénétrer entre les pierres, v. bevedou, nauquet, pielo.

Cassa à l'abèuradou, tendre des filets le long d'un ruisseau ou vont boire les oiseaux ; vai soulet à l'abèuradou, il ne faut pas le presser pour boire. L'ase à l'abèuradou vèn d'engouli la luno.

p. VIDAL.

R. abéura.

ARBITRAGE, ARÉCRÀGI (m.J, AREURATGE (L), BÉURAGE (d.), RÉIÎRATGE (g.), ARERE- ratye (b.), (rom. abeurage, abeuratge, beu- ragge, buouratge, port, beberagem, it. beve- ragcjio), s. m. Breuvage, v. bevèndo ; action d'abreuver, d'arroser ; coulis , mortier clair qu'on fait couler entre les pierres ; rainure d'une pierre qui reçoit ce coulis ; lieu les oiseaux vont boire fbuvée des pourceaux, v. beveiroun, peirado.

Casso à f'abôurage, chasse à l'abreuvoir ; douna 'n abéurage à-n-un chivau, donner une potion à un cheval; l' abeurage dou Plan de la Mar, nom d'une nappe d'eau qui se trouve près des Lèques (Bouches-du-Rhône). R. abéura.

ARBITRAIRE, arello, AIRO (esp. abreva- dorj, s. Celui, celle qui abreuve, qui arrose, qui en fait accroire, v. embulaire.

Abèuraire d'ibrougno, débitant de vin. R. abéura.

ABÉURE , s. m. Rreuvage, v. bèure; vin trempé, piquette, v. trempo. De-que vènes troubla moun abéure, rascas?

a. bigot.

Quand l'abéure grumaire, en trincant, se béura.

A. ARNAVIELLE.

R. abéura.

Abéusa, v. avéusa,

ÀRi, arit, XARiT(l.),(rom. abit,abiti, habit, habiti, avid, esp. abit, cat. habit, it. abito, lat. habitus), s. m. Habit, vêtement, v. vèsti; robe de religieux, sac de pénitent, v. raubo ; frac, habit de fête, v. quèli, reboundo.

8

ABIGH ABIMA

Abi à co d'agasso, habit à basques lon- gues ; àbi à co de merlusso, habit à queue de morue; abit nouviau, habit nuptial; abit bourgès, habit bourgeois ; abit rascla, habit râpé; basto, taceto d'un abit, basque d'un habit'; faire abit, porter l'habit, le frac; fen- dre l'àbi en uno ftguiero, jeter le froc aux orties; faire un abit, coupa 'n abit, draper quelqu'un, médire de lui; vai te faire tira l'àbi, va te faire paître ; tiro-iè l'abit, tarare, je n'en crois rien.

prov. L'àbi fai pas lou mouine.

Fiho poulido sènso abit, Mai de caligaaire que de marit.

Abi, -v. aviéu; abia, v. avia; abiada, y. a- miada, amadoua ; abiado, abial, v. aviado ; abiala, v. abeara ; abias, v. avias ; abiba, v. aviva ; abibado, v. avivado.

abich (rom. abiU, aibit.z, aibit , bien doué, parfait, lat. habitus, bien tenu), n. p. Habiscb, nom de fam. provençal.

Abicou, abicoul, v. aubicùu; abicoun, v. aù- bicoun; abida, v. avida; abide, v. avide.

ABIDOS (rom. Abidos, Bidos, Avidoos , Avitos), n. de 1. Abidos (Basses-Pyrénées).

Abié, v. abeié ; abiè, v. aveni ; abiela, abie- ra, v.. aviela; abielan, v. abelan ; abelhunit, y. avieiastri ; abièn, v. avian ; abiene, v. aveni ; abiès, v. avias; abiéua, v. aviva; abiéura, v. abéura.

AB1HA , ABILHA (1. g. a.), BILHA (lim.), (rom. abilhar, it. abbigliare), v. a. Habiller, vêtir, v. atrenca, vesti ; t. de cuisine, de boucherie et de tannerie, v. adouba ; draper, critiquer, v. tapissa; gourmander, répriman- der, v. charpa.

Abiha 'n mort, ensevelir un mort.

Qu'es acô : de-vèspre l'abihon E de-malin lou desabihon ?

énigme populaire dont le mot est fiô , feu, qu'on couvre le soir et qu'on découvre le ma- tin.

prov. Abihas un bastoun, Aurés un baroun.

S'abiha, v. r. S'habiller. S'abiha d'estièu, d'ivèr, prendre les ha- bits d'été, d'hiver; s'abiha de làugiè, se vê- tir à la légère ; s'abiha di jour ôubrant, de tôuti lijour, mettre un habit à tous les jours ; s'abiha dôu dimenche, s'endimancher. Jèsu-Crist s'abiho en paure, L'ôumorno vai demanda.

CH. POP.

Abiha, abilhat (1. g.), ado, part, et adj. Ha- billé, ée.

Mcloun b'en abiha, melon brodé ; l'abiha de sedo, le cochon; l'abiha de velout, le 18 au jeu de loto; fan abiha coume se d'eu, on t'a habillé de toutes pièces. prov. Bèn caussa, bèn couifa, Sias a mita abiha.

R. abile.

abiha, ABELHA (1.), v. a. Mettre des es- saims dans des ruches, ou des ruches dans un rucher.

Abiha, abelhat(L), ado, part, et adj. Pourvu d'abeilles ; perc"; de petits trous comme les gâteaux de cire des abeilles, v. bresca. R. a- biho.

abihado, abilhado (1.), s. f. Carte qui porte une figure, v. bello. R. abiha.

ABIHAGE, ABIHÀGI (m.), ABILHAGE (d.), abilhatge (1. g.), s. m. Action d'habiller ; t. de cuisinier et de pelletier, habillage, v. adou- bage ; habillement, vêtement, v. vèsti, besou- r/no, fardo, raubo.

Abihage d'estièu, habit d'été ; abihage dôu, dimenche, habit du dimanche; carga sis a- bihage, revêtir ses habits; t'an fa 'n brave abihage, on t'a bien drapé.

Dins sis abihage peious L'auro frejo s'encafournavo.

A. BIGOT.

Vai, s'as plus lou même abihage, As toujour lou même visage.

t. aubanel.

R. abiha.

ABIHAIRE, ABILHAIRE(1. a.), ABELLO, AIRO,

s. Celui, celle qui habille, qui ensevelit les morts; qui aime à critiquer; t. de tannerie, habilleur, v. adoubaire.

Lous cousluriés, bouons abilhaires.

C. BRUEYS.

R. abiha.

ABIHAMEN , ABILHAMEX (a.), ABILHOMEX (1. g.), (rom. habillamen, it. abbigliamento), s. m. Habillement, robe de femme, v. vesti- men.

Abihamen de dôu, vêtement de deuil. prov. Abihamen de lano Tèn la pèu sano.

R. abiha.

ABIHA X , ABELHAX (1.), (b. lat. ahellia- num, abelianum, abellanum), n. de 1. A- beilhan (Hérault).

abiha xo , abelhaxo (1.), (esp. abejera), s. f. Mélisse, plante aimée des abeilles, v. ci- trounello, limouneto ; cépage cultivé dans l'Ardèche, que l'on croit être le chasselas do- ré, v. pico-poul,-lardado.

Abihano, majourano, roumanin, menugueto.

ARM. PROUV.

R. abiho.

abihabd, abelhard (1.), s. m. Bourdon, abeille mâle, v. tereno ; Abeilard, n. de fam.

prov. Varaia coume un abihard, rôder et fureter. R. abiho.

abihasso, abelhasso (1.), s. f. Grosse a- beille, méchante abeille, v. guèspo. R. abiho.

abiheto, abelheto (1. g.), s. f. Petite a- beillë, v. abiho uno. Encaro l'abiheto, encaro la paloumbo Pouedon trouva la mouert au coutau, dins la coumbo .

A. CROUSILLAT.

R. abiho.

abihié, abelhè (i.), abelhèi (bord.), (cat. abellar, esp. abejero, b. lat. abellarium , apicularium), s. m. Rucher, lieu plein d'a- beilles, v. abèl, apiè ; variété de raisin qui attire les abeilles, v. abihano ; guêpier, v. guespiè ; pour troupeau, v. abeié.

Alor s'entend la bloundo abiho

Vounvouneja dins l'abihié.

F. THÉOBALD.

Lou vounvounamen d'aquel inmènse abihié que li dien Marsiho.

TOUAR.

abiho, abeio (m. nie.), abuio (rh.), a-

BILHO, ABELHO, AVELHO (1. g. d.), BELHO (lim.), (rom. port, abelha, cat. abella, esp. abeja, it. ape, lat. apicula), s. f. Abeille, mouche à miel , v.. mousco d'or ; ophrys abeille, plante, v. erbo-de-la-guespo ; nom d'une famille provençale qui porte trois abeilles dans son blason ; pour étincelle, en Dauphiné, v. belugo.

Rci d' abiho, abeille mâle, faux bourdon; rèino d'abiho, reine-abeille, abeille femelle, v. bello, gouver, maïstro ; brusc d'abiho, ruche d'abeilles; bresco d'abiho, gaufre d'a- beille ; pinau dis abiho, propolis des abeilles ; cambo d'abiho, cambo d'ambiho, patte d'a- beille, jambe débile, v. gambiho, brescam- biho ; erbo-de-l' abiho, caille-lait, plante; lou Rouças dis Abiho, nom d'un escarpe- ment situé dans la Combe de Lourmarin (Vau- cluse); lis Abiho, les Abeilles, nom de lieu, près Carpentras.

L' Abiho prouvencalo, titre d'un recueil de poésies provençales (Marseille, 1858).

Vièurc d'acord coume lis abiho, vivre unis; sage coume uno abiho, sage comme une fille; carga coume uno abiho, chargé comme une. abeille qui vient de butiner; va- lent coume uno abiho, diligent comme une abeille; rous coume uno abiho, blond com- me l'or ; t'a poun l'abiho f sens-tu la piqûre? t'a-t-on vertement répondu? fau pas dire de mau davans lis abiho, on croit que les abeilles sont irritées par les blasphèmes.

prov. Quau met soun argent en abiho Risco de se grata l'auriho.

Les abeilles vendues portent malheur ; on ne doit s'en procurer ou s'en défaire qu'en les

troquant en nature contre une autre marchan- dise, d'après la croyance populaire.

prov. Lis abiho e li fiho

Fan grata lis auriho. A la flour vai toustèms l'abiho.

A Sant Miquèu, Estoufo l'abiho e tasto lou mèu. Quand l'abiho rèslo de se retira Acô 's uno provo que deman plôura.

abiholo, BIHOI.O (montp.), (esp. abeja- ruco), s. m. Guêpier, oiseau qui mange les abeilles, v. sereno. R. abiho.

ABIHOIXO, ABIHOUN, ABÎLHOU (1.), (port.

abelhina), s. Avette, jeune abeille, v. abiheto.

Jamai lous abilhous, dins sous mounto-davalo, Avien fach ressounli tant fort brounzimen d'alo.

A. LANGLADE.

R. abiho.

ABIHOUSO, abelhouso (viv.), n. de 1. A- beillouze (Ardèche) .

A 151 la , ABILLA (1.), v. a. Affiner, duper, en Castrais, v. afina, e-mbula.

Abila, abillat (1.), ado, part. Affiné; appro- prié, ée. R. abile.

abilamen, abii.i.omex (1.), (cat. habil- itent, it. abilmente, esp. port, habilmente), adv. Habilement, v. adrechamen.

Abilamen ramplissien si toupin.

a. peyrol.

R. abile.

abilas, abinlas (1.), ASSO, adj. Très ha- bile, v. finas.

Acà 's d'aquèlis abilas, ce sont ces pré- tendus habiles. R. abile.

ABILE, ABIL (niç.), ABILLE, ABIXLE, A- BIRLE (1. g.), ILo/lLLO, IXLO, IRLO (rom.

abil, habit, abilh, cat. esp. port, habil, it. abile, lat. habil is), adj. Habile, adroit, fin, v. asciença, biaissu, endùstri, fin; Habil, nom de fam. mérid.

Es un abile orne, c'est un habile homme ; abili travaiairc , abiles travalhaircs (1.), habiles travailleurs; abili paraulo, abilos paraulos (L), habiles paroles; abllis enga- no, abilos enganos (1.), habiles ruses. prov. Quau part couioun, noun tourno abile.

ABILESSO, ABILESO, ABILLESO Ct-ABÏX- LESSO(L), (saintongeois habilesse),s. f. Habi- leté, aptitude, capacité, v. biais. Dins lis oubreto d'abilesso.

CALENDAU.

prov. Dins uno eimino de presoumeioun i'a pas un pata d'abilesso.

R. abile.

ABILET, absxlet (1.), ETO, adj. Assez ha- bile, v. engaubia.

Chatouno abileto, jeune fille adroite. 11.

vbile.

ABILETA , ABILLETAT (L), (rom. habili- tais, cat. habilitât, esp. habilidad, it. abi- lità, lat. habilitas, atis), s. f. Habileté, dex- térité, v. aubire, gàubi.

Avié fa vèire soun courage e soun abileta guer- rière

ARM. PROUV.

Abilha, v. abiha; abili, v. avili.

ABILITA (rom. abilitar, habilitai-, cat. esp. port, habilitai', it. abilitare, b. lat. ha- bilitais), v. a. Habiliter, rendre apte, v. a- draia.

Abilita, abilitat (1.), ado, part, et adj. Ha- lité, ée. R. abile.

ABIMTAOOUX, ABILITACIEX (m.), ABILI- TACIÉC (1. g.), (cat. habilitaciô, esp. habi- litacion, it. abilita.zione), s. f. Habilitation. R. abilita.

ABIMA, ABISMA (g.), ABASIMA (rh,), ABISSA (L), ABIR3IA (lim.), (rom. abismar, abissar, abyssar, cat. abisar, esp. port, abismar, it. abissare), v. a. Abîmer; harasser, surmener, accabler, v. avenca, ablasiga ; friper, gâter, v. péri; ruiner, détruire, v. derou'i.

Dieu m'abîme! sorte d'imprécation usitée en Rouergue ; abima de cop, accabler de coups.

l'abasimon la tèsto.

H. MOBEL.

S'abîma, s'abissa, s'abasima, v. r. S'abîmer. La vilo onnie siéu nado Devrié s'abasima.

CH. POP.

Dirias que tout vai s'abissa.

A. LANGLADE.

Faire abima 'n chivau , surmener un cheval.

Abîma, abissat (1.), ado, part, et adj. Abimé, harassé, dégradé, fripé, ée.

Nous siaa abima, nous nous sommes abî- més.

Abasimado de tristesse

L. ROUMIEUX.

R. abime.

abimage, abasimamen, s. m. Action 'd'a- bîmer, de harasser ; extrême lassitude, acca- blement, v. ablasigaduro. R. abima.

ABI.MAIRE, ABASIMAIRE, ARELLO, AIRO, s. Celui, celle qui abime, harasse ou fripe, v. destrù^si. R. abima.

abîmant, abasimant, anto, adj. Haras- sant, accablant, ante, v. aelinant. R. abima. Abasimanlo èron li mougno Qu'aquesl iargavo à pleiî de pougno.

MIRÈIO.

ABIME, ABISME (g. a.), ABISSE (lim.), ABIS (1. ni;1.), (rom. abis, abissi, cat. abisme, abis, esp. port, abismo, it. abisso, lat. abys- sus), s. m. Abime, gouffre, v. baren, caraven, gourg, toumple ; fondrière, puisard, creux dans lequel les eaux se perdent, v. aven, afous, embut ; enfer, malheur extrême, des- truction, v. infèr; grande foule, v. n'eblo.

Lis abime de la palun, les fondrières des marais; lis abis de la mar, les grandes pro- fondeurs de la mer.

prov. Abriéu es lou mesd'abime, avril est le mois du dégât, à cause des gelées tardives.

N'i'a 'n abis, il y en a terriblement ; plôu que 'n abis, il pleut comme jamais, à Cas- tres; tout pèr abis, en perdition, en désordre. Regardo-l'en la bareo : es alènt e l'uei fis Pèr descurbi li moustre en lou founsde l'abis.

C. SARATO.

abina (lat. binare), v. a. Accoupler, assor- tir, apparier, en Limousin, v. aparia.

S'abina, v. r. S'accoupler, se ranger par paire.

Un brave orne s'abiuo mal amb'un couqui.

J. ROUX.

Abina, ado, part. Accouplé, ée.

Abina, v. avina; abinata, v. avinata; abin- dran pour avendran ; abinen, v. avenènt ; abinle, v. abile ; abinlesso, v. abilesso ; abiô, v. avié; abioi, v. aviéu ; abion, abiou, v. avien ; abioua, v. aviva; abiquet, v. abitet ; abirle, v. abile ; abirma, v. abima ; abiroun, v. avi- roun ; abis, v. avis ; abis, v. vis ; abis, v. aviés; abis, abisme, v. abime; abisa, v. avisa; abisma, abissa, v. abima; abissa, v. abeissa.

ABISSIN, ixo (cat. abissi, ina ; lat. abys- sinusj, s. et adj. Abyssin, ine.

Devouris dou regard li désert abissin.

MIRÈIO.

ABlSSivio (cat. \X. Abissinia, lat. Abyssi- nia), s. f. Abyssinie, contrée d'Afrique.

Abit, v. àbi ; abit, v. avit, vit.

abita (rom. abitarjiabitar, cat. esp. port. habitar, it. abitare, lat. habitare), v. a. et n. Habiter, y. esta, demoura, repeira ; pour atteindre, v. avita.

Rèn que m:ilur n'abito au mounde.

C. BRUEYS.

prov. Avans que de te manda, Agnes oiistau pèr abita. Ounle la pas es, D'ipii abito. Lou loup f.ii jamai niau ounle abito. Abita, abitat (1.), ado, part, et adj. Habi- té, ée.

Owl.au abita, maison habitée ; quand se lai siguèt abitado (\.), lorsqu'elle s'y fut rendue.

abitabm;, abitapee (1. g.V ablo, aplo (cat. esp. habitable, it. abitabile, lat. habi- tabilis), adj. Habitable, v. loujable.

ABIMAGE ABLANQUI

Dins tout lou mounde abi table.

G. ZEKBIN.

Que dintre lou mounde aimable N'en fougue jamai un semblable.

C. BRUEYS.

ABITACIOUN, AB1TACIEN (m.), AUITAUÏEU (1. g.), (rom. esp. habitacion, rom. cat. ha- bitacio, it. abitazione, lat. habitatio, onis), s. f. Habitation, domicile, propriété d'un co- lon, plantation, v. demoro, estage.

L'abitacioun sérié bastido.

C. BRUEYS.

En s'entestant a-n-uno abilacoun bagnado.

T. POUSSEL.

ABITACLE (rom. abi tac le, habitacles, abi- tacol, habitacol, cat. habitacle, it. abitacolo, esp. habitacolo, lat. habitaculum), s. m. Habitacle; taudis ; t. de mar. espèce d'armoire, v. armàri, recatadou.

Es aquéu cors qu'es esta l'abilacle de l'inmacu- lado.

L. DE BERLUC-PERUSSIS.

abitadoit, ouiro (rom. habita ■tour, ha- bitador, abitador, cat. esp. port, habitador, it. abilatore, lat. habitator), s. Habitant, an- te, indigène, v. abitant. R. abita.

abiïage, abitatge (1. g.), (rom. habitatgc, habitament, it. abitazzio), s. m. Action d'ha- biter ; résidence, v. estage.

Aqui soun abitage a fa, Aeô n'ei bèn la verita.

CANTIQUE DE S. GENS.

R. abita.

ABITAIRE, ARELLO, AIRIS, AIRO (rom. abi- taire, habitaire, ayris, airitz, arit, lat. habitator, atrix), s. Celui, celle qui habite, résidant, ante, v. résident. R. abita.

Abitalha, v. avitaia ; abitalheto, v. avi- taieto.

abitant, ANTO (rom. cat. habitant, anta, il. abitante, port. esp. habitante, lat. habi- tans, antis), s. Habitant, ante ; propriétaire foncier, v. estajan.

A-diéu-sias, bràvis abitant !

Vous avèn di ço que sabian.

CHANSON DES « PIELOUSO »

Es besoun que se vague rèudre Abitanto d'aquéu quartié.

G. ZERBIN.

R. abita.

abitareli.o, bitarello, s. f. Maison de refuge pour les voyageurs, hôtellerie de grande route, relais ; l'Habitarelle, la Ritarelle, la Vitarelle, nom de lieu fréquent dans les Cé- vennes et le bas Limousin, v. aubergo, lougis. Soun intra pèr soupa dins uno abilarello.

L. ROUMIEUX.

R. abita.

abitabeloto, s. f. Petite hôtellerie, v. lougissoun. R. abitarello.

abiten (rom. Abithen, Bitenh, Bitengs, Havitenh , Avitenh, Aviteing , Avitein), n. de 1. Abitain (Basses-Pyrénées).

ABITOUN, ABITET, ABIQUET (m.), S. m. Petit habit, v. merlussoun ; jaquette, v.ja- queto.

Lis abitet, les petits messieurs. R. abit.

abitua, ABITUIA (d.), (cat. esp. port, habi- tuar, it. abituare, lat. habituare), v. a. Ha- bituer, v. acoustuma, avesa.

S'abitua, v. r. S'habituer.

Pou pas se i'abitua, il ne peut s'y accou- tumer.

Abitua, abituat (1), ado, part, et adj . Habitué, ée.

Mal abitua, qui n'a pas l'habitude ; à l'a- bituado, à l'accoutumée.

Soul, lis abitua restèron.

S. LAMBERT. ABITUALAMEX, ABITUALOMEN (1.), (cat. habitualment, it. abitualmente), adv. Habi- tuellement, v. coustumo (de). R. abituau.

ABITUAU, ABITUAL (l.V ALO, (rom. cat. esp. port, habituai, it. anituale, lat. habi- tualis), adj. Habituel, elle, v. coustumié. Renouncias à vouéiteis abituàlei cativarié.

F. GUITTON-TALAMEL.

abitudasso, s. f. Mauvaise habitude, cou- tume invétérée. R. abitudo.

9

ABITUDO (rom. abitv.t, cal. habitat, it. abitudine, esp. habitud, port, habitude, lat. h abitudo), s. f. Habitude, coutume, v. cous- tumo, irantran, t/ridou/el.

Acô vôu l'abitudo, cela demande l'babi-

tude ; d'abiiudo, habhuellemenl ; « l'abi-

lvdo,ù l'accoutumée; fav. pu.- />■, p,.r,Jr(. li bonis abitudo, il faut conserver les bonnes coutumes.

De soun piebot travai a perdu l'abiiudo.

J. ROI.MANILLE.

ABJEICIOUN, ABJEICIEN (m.), ABJECCIÉI (L), (esp. abyeecion, cat. abjecciô, it. abbie-- zione, rom. lat. abjectio, onis), s. f. Abjec- tion, v. bassesso, câtiviti, pequinane

a «jet, ÈTO(cat. abject, it. abbieito, esp. abyeeto, lat. abjectusj, adj. t. littéraire.' Ab- ject, ecte, v. bas.

abjura (rom. cat, esp. port, abjurar, it. abbju rare, lat. abjurare),\. a. et ri. Abjurer j v. renega, abrenouncia.

Abjuro ta tristo manio.

H. MOREL.

Abjura, abjurât (1.), ado, part. Abjuré, ée qui a abjuré.

ARJURACIOUN, ABJURACIEN (m.), ABJUBA- CIÉU (1. g.), (rom. abjuramenl, cat. abjura- ciô, esp. abjuracion, it. abbjurazzione,\&i. abjuratio, onis), s. f. Abjuration, v. de'sba- teja, descrestiana.

ABLA (esp. hablar, lat. fabulare), v. n. Hâ- bler, parler beaucoup, en Limousin, v. alanta barja.

Ablaca, v. abraca; ablacado, v. abracado ABLACIOUN, ABLACIEN (m ), ABLAClÉl"

(1. g.), (cat. ablaciô , rom. lat. ablaiio , onis), s. f. t, se. Ablation, v. lèvo.

ABLADA, BLADA (lim.), ABLAIA, ABUEI4

(a.), (rom. ab/adar, it. abbiadare,b. lat abla- dare), v. a. Emblaver, pourvoir de blé, v. em- blada ; mettre du blé sous la meule, v. pais- se ; donner du grain, attirer les oiseaux, v. engrana ; rosser, étriller, éreinter, accabler, v. acivada; aplanir, raser, détruire, v. abraca.

Abladan la mita dou bèn, nous ensemen- çons la moitié de la ferme ; ma terro s'abladn em'un sestiè, mon champ reçoit un setier de semence.

De bèn luen Paris lous ablado.

ALMAN. LIM.

Ablada, abladat(L), ado, part, et adj. Em- blavé, ée; rossé, éreinté, ée.

An tout abla la, ils ont tout détruit.

Lis isclo dôu Rose tant verdoulelo, tant floum- sènlo, tant abladado.

_ , l . , ARM. PROUV.

R. a, blad.

abladado, s. f. Volée de coups, v. rousto. R. ablada.

ABUADAf.E , ABLADAT (L), s. m. Action d'emblaver, emblavure, terrain ensemencé, v. semenat ; approvisionnement de blé, v. bla- daric.

Reguejant l'abladat cadun em soun araire.

_• , , A. LANGLADE.

R. ablada.

ABLADOU, ABLAIRE, ABLOUB (lim ), ABLUR, amblur (rh.), (esp. hab/ador, rom. fableor, lat. fabulator), s. m. Hâbleur, v. alant, fres- caire, messourguié.

Lou successour d'aquel ablaire.

_ , , G. ZERBIN.

R. abla.

Ablaja, v. ablasiga ; ablaja, v. abaja.

abuanda (esp. ablandar, lat. ad, blan- dus, blandiri),\. a. Flatter, caresser, ména- ger, v. alisca, aplana, paupa.

T'ablandarai pas, je ne te ménagerai pas.

Ablanda, v. abranda ; ablandant,\\ abran- dant.

ABLANQUI, v. a. Rendre blanc, blanchir, laver, v. blanchi.

Sèns vèire ablanqui soun peu blounde.

LAFARE— ALAIS.

R. à, blanc.

Ablar, v. amblard.

10

ABLARIÉ, ablariô (lim.), s. f. Hâblerie, V. vantaric. R. abla.

Ablasi, v. ablesi, blesi ; ablasiduro, y. ble- siduro.

ABLASIGA, BLASIGA et DEBLASIGA (1), ABLEIGA, ABREIGA, ABREGA (m.), ABLATUGA (g.), ABLAJA (d.), (lyon. ablager,h. lat. abra- dicarc, arracher, ou ail. blasig, qui a des ampoules), v. a. Harasser, accabler, éreinter, excéder, abîmer, v. demasia, arrena, as- sanca ; dévaster, ruiner, v. derouï.

Ablasigue, gues, go, gan, gas, gon, ou ablàigui (m.), aiguës, aigo, eigan, eigas, ai gon.

Se cantes courae un enrabia, Doumaci que rèn t'ablasigo.

A. MATHIEU.

Oh ! dounas-i, vous-auts que le trop ablasigo.

DAVEAU.

S'ablasiga, v. r. Se harasser, s'abîmer.

Ablasiga, ablasigat (1.), ado, part, et adj. Harassé, accablé, éreinté ; ruiné, ée ; meur- tri, ie. ,

Èro ablasigado, elle était moulue.

Lou paure ome n'èro ableiga.

M. BOURRELLY. ABLASIGADURO, ABLEIGADURO et ABREI-

caduro (m.), s. f. Accablement, éremte- ment, lassitude douloureuse, v. amalugadu- ro escrancaduro, lassige. R. ablasiga. ABLASIGAÎRE, AREIXO, AIRO, ¥. et adj.

Celui, celle qui harasse, accable, éreinte, v. abimant.

Contro l'unitat ablasigarello.

X. DE RICARD.

R. ablasiga.

ablatieu (rom. cat. ablatiu, it. esp.port. aidativo, lat. ablativus), s. m. t. se. Ablatif. Mes le tems magislè l'a mes a l'ablatiéu.

P. GOUDELIN.

ablauda, v. a. Ëblouir, attirer, en Limou- sin, v. esblèugi. R. abranda, ablanda.

Âblauvi, v. abalauvi ; ableia, v. ablada ; ableiga, v. ablasiga ; ablesto, v. blesto.

ABLETI, ABLESI, ABLASI (l.),V. a. Avachir, flétrir, v. blesi. Abletisse, isses, is, issen, issès, isson.

Santejon e fan de roundellos

Al punt d'ablasi le gazoun.

L. VESTREPAIN.

S'aiîleti, v. r. S'avachir. Ableti, ablesit (1.), ido, part, et adj. Ava- chi, flétri, ie, élimé, ée.

La pinluro ablasido S'escrafo et s'abouris.

LAFARE-ALAIS.

R. à, blet.

Abléugi, ablôuja, v. esblèugi ; abloun, v. ùubloun.

ablôusouni (s'), v. r. Se pourrir, en par- lant des arbres, v. alouiri, pourri. Ablôusounisse, isses, is, iss'en, issès,

iSSOYt

Ablôusouni, ido, part. Pourri, ie, gât.é, ée. Libranco d'aqnel aubre soun ablousounido.

J.-J. BONNET.

R. à, blôusoun.

ABLOUTA, v. a. Vendre ou acheter en bloc ; joindre ensemble plusieurs sommes, addition- ner, v. ajusta.

Ablote, otes, oto, outan, outas, oton.

Ablouta, abloutat (L), ado, part. Réuni en bloc. R. à, blot.

ABLUCIOUN , ABLUCIEN (m.) , ABLUCIEU

(1- g-)> (rom. cat. abluciô, esp. ablucion, it.' abluzionc, lat. ablutio, onis), s. f. Ablu- tion, v. lavado.

Quand lou cuiat eis ablucien

Cfouso lei det sus lou callci.

M. BOURRELLY.

Ablur, v. ablaire ; abnega, v. annega ; ab- negacioun, v. annegacioun.

ABO, ABOUL (rouerg.), AURVO (d.), (rom. avol), adj. Meuble, friable, en parlant de la terre, v. van, ano ; mauvais, aise, v. avàu, aule.

Tcrro abo, terre veule, sablon.

ABLARIÉ ABOUGRIMEN

prov. l. Aigo courrento

N'es pas aboul ni pudento.

R. avàu.

Abôï (j'avoue), en Gascogne, v. avoua.

4BORD, abouord (rouerg.), (cat, abort, esp. abordo, it. abbordo), s. m. Abord, ap- proche, arrivée, v. acost ; afiluence, foison, y. prèisso, toumbado ; rencontre, v. rescontre.

Abord ! t. de mar. commandement à une chaloupe d'approcher et de venir au vaisseau qui le lui fait ; à l'abord de l'estang, au bord de l'étang, v. bro ; is abord de Calèndo, aux environs de la Noël ; s'aviès un abord, si tu étais accosté ; aguère un marrit abord, j'eus une mauvaise rencontre ; i'aviè 'n abord de mounde, il y avait un abord de monde, une grande foule ; t'a d'aigo abord, il y a beaucoup d'eau ; es un abord estaca, il est très intéressé ; soufre un abord, il souffre extrêmement ; es un abord greu, il est très lourd ; n'i'a abord, il y en a beau- coup; à l'abord, au début; d'abord, d'abord, dès l'abord, tout de suite ; d'abord que, dès que, aussitôt que, puisque, attendu que, v. amor ; d'abord que vos pas, puisque tu ne veux pas ; fugue d'abord gausi, cela fut ra- pidement usé ; es esta d'abord lest, il a été tout de suite prêt ; sièu d'abord las, je suis vite fatigué ; tout d'abord, dins d'abord ({.), tout d'abord ; de prim abord, au pre- mier abord, de prime abord. R. abourda.

Aborja pour abarja.

ABOS (rom. Abos, Aboos, Avos, b. lat. Abossium), n. de 1. Abos (Rasses-Pyrénées), que l'on appelle proverbialement : l'ainat de Parbaiso, l'aîné de Parbayse, commune voi- sine, moins ancienne qu'Abos.

Ahou, v. ab, ambé ; abou, v. aguè ; aboua, v. avoua.

aboua (S'), v. r. Se pourrir, se gâter, en parlant du bois, en Limousin, v. ablousoum, alouiri.

Aboua, avoua, ado (esp. abobado, qui a 1 an- niais), part, et adj. Pourri, ie, malandreux, euse. R. aboi

abouau, s. m. Rue se ramassent, ou viennent déboucher les eaux, à Agde, v. porto eiquiero. R. abouca.

ABOUCA, ABOUCHA (lim. d.), ABOULCA (g.l.), ABUCA (m.), (rom. abocar, avocar, cat, esp. abocar, it. abboccarc, abbiosciare),s . a. et n. Tourner contre terre la bouche de quelqu'un ou de quelque chose, poser un vase sur sa "ueule, v. amou rra ; vider, verser, v. vuja ; verser les blés, v. coucha; réduire au silence, v acaia ; aboucher, mettre en présence, v. acara ; fermer boutique, v. plega ; verser, en parlant d'une voiture, v. versa ; assom- mer, v. ensuca.

Abouque, ques, co, can, cas, con.

Abouca 'n sa dins un autre, vider un sac dans un autre ; abouco de vin clins lou vèire, verse du vin dans le verre.

Amour, o fièr amour, meravibous doumlaire

Que vers terro, quand vos, abonques li mourtau.

G. b.-wyse. M'aboucho dessoulo soun fais.

J. SICARD.

S' abouca, s'aboucha (a.), s'aboutia (d.), v.r. Tourner la face contre terre, se prosterner, tomber, verser, en parlant des blés ou des charrettes; se taire, cesser; s'aboucher.

S'abouquè sus la taulo, il s'accouda sur la table en appuyant la tête sur ses bras ; s'a- quèu blad s'abouco, i'aura de paio, se dit d'un blé chétif.

Al mièi sur jou lou pot s'abouco.

J. JASMIN.

S'abuco sus d'un banc.

J.-F. ROUX.

Abouca, aboucat (L), ado, part, Tourné la bouche en bas, prosterné, ée.

Abouca pèr lou mau, accablé par la ma- ladie ; l'an abouca, on l'a réduit au silence.

Ta voues, ecô dôu cèu, Irono à travès leis âge,

E la terro aboucado escoulo lou Segnour.

A. CROUSILLAT.

R. à, bouco.

ABOUCAMEN, ABOUCHAMEN (lim.), (cat.a6o- cament, esp. abocamiento, it. abboccamen- « to), s. m. Action de tourner la bouche en bas, de faire taire ou de se taire, v. abaucamen ; prosternation ; abouchement, entrevue, v. en- tre-visto.

Fuguè fourça d'espera dins uno baumo l'abouca- men de la Terrour.

F. MISTRAL.

R. abouca.

Aboucasseja, v. avoucateja ; aboucassi, v. abouscassi ; aboucassiè, v. avoucassié.

aboucat, s. m. Versement, culbute d'une voiture, en Castrais, v. verso ; tuile du lar- mier d'un toit,

Faire un aboucat, verser. R. abouca.

Aboucat, v. avoucat ; abouch, v. voues ; abouchardi, v. embouchardi.

abouchouchou, s. m. Sorte de drap de laine qui se fabrique en Languedoc et qu'on expédie dans le Levant,

aboucina, v. a. Morceler, en Languedoc, v. boucina, esboucouna.

Aboucina la car, charcuter la viande.

E quand, dema mati, lous bes s'aboucinèsson.

J. CASTELA.

R. à, boucin.

ABOUCOUN (D ), D'ABOUCHOUN (rh ), D'A- BOUCOUS (L), D'ABOUCHOUS (d ), I> ABOU- CHOU (lim.), (lyon. à bouchon), loc. adv. La face ou la gueule contre terre, prosterné, ée,

v. abôusoun (d').

Toupin d'aboucoun, pot renversé; dour- mi d'aboucoun, dormir couché sur. le ventre ; mete-te d'abouchoun, mets-toi à plat ventre. M'alongue d'abouchoun e d'agachoun.

CALENDAU.

R. abouca.

ABOUCOUXA , ABOUCHOUNA (d.) , ABOU-

côuna (lim.), (v. esp. abocinar), v. a. Tour- ner la face contre terre, v. abouca, amourra.

S'aboucouna, v. r. Tomber la face contre terre.

Aboucouna, aboucounat (L), ado, part. Pros- terné, ée.

Aboucouna souto lou vedèu d'or.

CALENDAU.

R. aboucoun. Abouda, v. avouda.

abouoenfli, v. a. Faire tuméfier, v. bou-

denfla. . , . .

Aboudenflisse, isses, is, issen, isses,

isson.

S'aboudenfli, v. r. Se tumeher.

Aboudenfli, ido, part. Tuméfié, ée.

Lou nas aboudenfli d'un flame coup de poung.

R. SERRE.

R. à, boudenfle.

Abôudi, v. abaudi. . abôudri, v. a. Ameublir la terre, v. trissa,

a^Abôud risse, isses, is, issèn, issès, isson.

S'abôudri, v. r. S'ameublir.

Abôudri, aboudrit (1.), ido, part. Ameubli, ie. R. à, bovdre.

ABOUDRIMEN, s. m. Ameublissement, v. afinage. R. abôudri.

\bouei, abouiei, v. vuei.

abougna, v. a. et n. Entasser, v amou- louna ; pommer, en parlant des choux, v. bounnouna, cabussa.

S'abougna, v. r. Se mettre les uns sur les

autres. t .

Abougna, abougnat (L), ado, part, et adj. Entassé ; oommé, ée, cabus. R. à, bougno.

ABOUGRI, v. a. Rendre maussade, v. cn- qrouqna. , , „,,,

S'abougri, v. r. Devenir maussade; îabou- errir, v. rabruga.

AÊougri, abougrit (L), ido, part, et adj. Maussade ; rabougri, ie. R. a, bougre, ou abrouqui. . ,

ABOUGRIMEN, s. m. Abougnssement , v. abov issounimen. R. abougri.

Âboui, abous, alou, aboum, abouts, aboun, prétérit béam. du v. abé, avé.

abouissouxi, abouichouxi (a), v. a. Rendre buissonneux ou pareil aux buissons, ■v. embovissouni , abartassi, agarrussi.

S'abouissouni, V. r. Devenir buissonneux, rabougrir,

Abol'issouni, abouissounit (1.), ido, part et adj. Rabougri, ie. R. à, bouissoun.

ABOUISSOUXlMEX, s. m. Action de rabou- grir. R. abouissouni.

ABOUX, oulo (lat. abulus, inconsidéré, ir- réfléchi, gr. a&i/ioj, fou), adj. Qui a le vertige, à qui la tète tourne, pris de la tête, en Cas- trais, v. amorri, lourd ; pour mauvais, v. avàu, abo.

A BOULA, A BIT LA (rh.), (lyon. abouler), v. a. et n. Mesurer la distance d'une boule au but, V. boula, cana, pauma; t. d'argot, don- ner, financer, s'exécuter, v. poundre.

Abouten, mesurons.

Es l'astre majourau que chasque jour aboulo

D'un bout à 1'ature bout I'espaei clou cèu blu.

F. GRAS.

S'aboula, y. r. Se mesurer ; se comparer. Te vos pjas aboula 'me iéu ? tu ne veux pas te comparer à moi ? Fau que pousqués vous aboula 'nié li Francbiniand.

F. DU CAULON.

Quau vos que s'abotile emé lu ?

A. MATHIEU.

Aboula, aboulat (1.), ado, part. Mesuré, comparé, ée. R. à, boulo.

abollaibe, s. m. Celui qui mesure les coups , au jeu de boule, v. boulairc. R. aboula.

Aboulca v. abouca ; aboulega, v. boulega.

abouli, abouri (1.), (rom. cat. esp. port. abolir, it, abolir e, lat. abolore), v. a. Abolir, annuler, supprimer, détruire, v. dcrouï ; user, faner, v. gausi, passi ; mener à bonne fin, v. abeni.

Aboutisse, isses, is, issèn, issès, isson.

Abouli un camin, défricher un chemin ; abouri uno nisado, détruire une nichée ; abouri un afaire, réussir dans une affaire ; lou champ abouris forço , le travail des champs use beaucoup.

Lou tèms noun a ges de pieta, Vous abouris e vous escranco.

CH. GLEIZE.

S'abolli, s'abouri, v. r. Tomber en désué- tude, en décadence, en friche ; dépérir ; dis- paraître, v. arali.

Modo que s'àboulis, mode qui se perd ; acô s'aboul iguè, s'aboulissè (m.), cela fut aboli ; fau que tout s'abouligue, cal que tout s'abourisco (1.), il faut que tout périsse.

Abouli, abourit (1), ido, part, et adj. Aboli, dépéri, rabougri, flétri, ie.

Oustau abouli, maison en ruines; vigno aboulido, vigné abandonnée; femo abou- rido, femme fanée; caro abourido, visage fatigué ; acô s'vnrai à l'abourido (1.), cela tombe en désuétude ; ira abouli, un abourit (1.), une terre inculte, en Vivarais ; un dissi- pateur, un homme ruiné, en Limousin.

ABOILICIOUX, ABOI'LICIEX (m.), ABOULI- CIEL" (1. g.), (cat. a'joliciô, esp. aoolicton, it. aboiisione, lat. a'jolitio, onis),s. f. Abo- lition, v. destrucioun.

Presiqué l'aboulicioun de la messo.

A. MICHEL.

Fasènt largesso De perdoun e d'aboulicien.

ABOI LIMKX, ABOURIMEX (1.), ABOULISSA- ME.v (>}.), wjoiï.ïssimex (Var), (port, aboli- mento), s. m. Abolissement , destruction, abandon, désuétude, v. avalimen.

Travaia n'es qu'aboulimen de cors, le travail use le corps. R. a'iouli.

aboulimev, s. m. Vertige, tournoiement de tête, à Castres, v. lourdige, amourreta. R. aboul.

aboclissèire, ÈIRO, eiris, s. Celui, celle qui abolit, v. destruzèire. R. abouli.

Abouludd, v. avouluda ; aboum, v. ague- rian ; abournercat, v. à bon marcat.

ABOUISSOUNJ ABOUNDE

abôumiaxi (s'), v. r. S'accoutumer un genre de vie misérable et malpropre, tel que celui des bohémiens, v. acoucari, agusi.

Aboumianisse, isses, is, issèn, issès, isson.

Abôumiani, ido, part, et adj. Accoutumé à la vie de bohème,

S'ei raubado em'un abôumian'r,

MIRÈIO.

Sies louto tiéuno ; parte, abôumianido.

ID.

R. à, bôumian.

aboumixa (rom. cat. esp. port, abominar, v. fr. abominer, it. abbominare, lat. abomi- nari), v. a. Abhorrer, poursuivre de son exé- cration, v. abourri.

Aboumino voste Vicàri,

Lou raubo e lou tèn presounié.

L. BARD.

S'aboumina, v. r. S'abhorrer. Aro cadun si fa la guerro, E s'abouminon à tout pas.

P. FIGANIÈRE.

Aboumina, abouminat (1.), ado, part, et adj. Exécré, ée.

ABOUMIXABLAMEX, ABOUMIXABLOMEX et ABOUMIXAPLOMEX (1. g.), (cat. abominable- ment, esp. abominablemcnte, it. abbomine- volmente), adv. Abominablement, v. ourri- blamen. R. abouminable.

ABOUMIXABLE, ABOUMIXAPLE(l. g.), ABLO, aplo (rom. abhomcnable, cat. esp. abomina- ble, it, abominabile , lat, abominabilis), adj. Abominable, v. ourrible.

Es abouminable, c'est abominable ; abou- minàbli reproche, abouminables repro- ches (1.), abominables reproches ; aboumi- nàblis acioun, abouminablos accièus (1). abominables actions.

ABOUMIXACIOUX , ABOUMIXACIEX (m.), ABOUMIXACIÉU (1. g.), (rom. abhominatio, cat. abominaciô, esp. abominacion, it. abo- minasione, lat. abominatio, onis), s. f. Abomination; dégoût, v. abourrimen.

Abouminacioun d'Avignoun, ancien dic- ton provençal, v. Babilouno ; es uno abou- minacioun, c'est une abomination ; dire d' abouminacioun, dire des horreurs.

aboux (rom. Abbon), n. d'h. Abbon, abbé de Fleury, martyrisé en Gascogne (1004).

ABOUX (rom. Albon, b. lat. Castrum Al- bonis, Albonii, Albionis, lat. Epaone), n. de 1. Albon (Drôme).

Li comte d'Aboun, les Abons ou comtes d'Albon , anciens seigneurs dauphinois qui prirent au 12e siècle le titre de Dauphins de Viennois.

Aboun, v. aguèron.

abouxa (cat, esp. abonar, it, abbonare), v. a. et n. Abonner, v. acandoula ; abonnir, v. abonni.

Abounariéu, je serais content qu'il en fût toujours ainsi.

S'abouna, v. r. S'abonner, v. afeva ; consen- tir, v. counsenti ; se bonifier, mûrir, v. faire. En tout ço que faras m'abôuni.

rampal.

Abouna, aboun at (1.), ado, part. adj. et s. Abonné, ée. R. à, bon.

abouxa<;a (cat. abonansar, esp. abonan- zar, it. abbnnacciare), v. a. et n. Adoucir, calmer, v. abauca, amcisa.

S'abounaca, v. r. Se calmer, se radoucir.

La mar s'abounacè, la mer se calma.

Abounaça, abounaçat (1.), ado, part. Calmé, ée.

E lou cant dis auceloun E lis oundo abounaçado.

v. balaguer.

R. à, bounaço.

ABOUXAGE, ABOUXÀGI (m.), ABOUXATGE (1. g.), s. m. Action d'abonner ; compensation, v. coumpensacioun ; cabaret habitué.

Faire l'abounagè, compenser les frais, n'a- voir ni gain ni porte. R. abouna.

ABOUXA1RE, ABELLO, AIBO (1.), S. Celui, celle qui abonne, qui reroit des abonnements, v. acandoulaire. R. ab*ouna.

I 1

ABOUXAIIIO, KOI XÉlliO, K f. </■<' ,< "••

les enfants «jettenl des fruits verts pour les abonnir, en Dauphiné, \ . eec&imdudo. A saupu de loueis-d'or se faire uno boum iro.

n , U- OJilVEL.

li. abonna.

Anoi vami v. aboi rsroMi n [cM. abo nament, esp. abonarnùmtoj , s. m. Abonne- ment, v. cando.

Es sege franc l'abounariicn.

J. DÉSAXÂT.

Li persouno qu'an pas encaro paga soun abou- namen.

L. ROUMIEUX.

R, abouna,

ABOUXDA, ABOUXTA (a.), (rom. abondar, abundar, avondar, aondar, aundar, cat. esp. port, abundar, it. abbondare, lat. abun- dare), v. n. et a. Abonder, foisonner, v. abausi, leida, reventa ; fournir en abondance, com- bler, rassassier, v. cafi; assaisonner, v. garni; gonfler le cœur, v. gounfla.

Li cese aboundon mai que li lentiho, les pois chiches foisonnent plus que les lentille.-. En qui n'es gràcio que n'abounde.

P. GOUDELIN. Pèr sourti d'aquel pessainen Que la trigosso e que l'aboundo.

LAFARE— ALAIS.

S'abounda, v. r. Se dégoûter de.

S'es aboundado de lou dire, elle s'est lassée de le lui dire.

Abounda, aboundat (L), ado, part. Comblé, rassasié, ée.

Abounda de plour, gros de larmes.

ABOUXOÀXCI, ABOUXDÀXCIO (L), BODN-

OÀxcio(g.), abouxdaxço (nie.), (rom. abon- dancia, habundancia, dbond'ansa, aondan- sa, undansa, ondansa, cat. abundansa, esp. port, abundancia, it. ahbondanza, lat. abun- dantia) , s. f. Abondance, v. benuranço , mauno ; vin étendu d'eau, vin trempé, v. trempo.

Blad-d'aboundùnci , variété de froment, v. bladj faire d'aboundànci , augmenter un ragoût avec des miettes de pain et autres in- grédients ; parla d'aboundànci, parler d'a- bondance, improviser; Santo-Aboundàncio, n. de 1. Sainte-Abondance (Lot-et-Garonne). prov. Aboundànci pou pas nouire.

Vau mai carestié de plaço qu'aboundànri

d'oustau, ou Paboundanci adus lou des- goust. e la carestié la fam.

De l'abound'anci dôu cor la bouco parlo, ou

aboundànci de cor fai lengo parla. prov. G. Quand lou conçut sus la sant Jan avanço.

Es sinne de grando aboundanco.

Ai!OUXDA X<;oi ouxo. adj .Qui produit abon- damment, épithète qu'on donne à une variété de pois, en bas Limousin. R. aboundanco.

ABOUXDAXï, AXTO (rom. habundant ', aon- dant, cat, abunc/ant, esp. port, abundante, it. abbondante, lat, abundans, antis). adj' Abondant, ante, v. aboundous ; nom de fam mérid.

Pais aboundant, pays plantureux; aboun- dànti recloto, récoltes' abondantes.

ABOUXDE, ABOUXD (a), AVOUAT, AVOU (lim.), (rom.oori, avondcsa, esp. abundo, b. lat. abundus), s. m. Exubérance, surplus, sa- tiété, v. fàsti ; ce qui fait foisonner, assaison- nement, v. adoubun ; volume, v. embalun.

Pourta aboundc, foisonner, durer, être utile ; acà m'es en abounde, cela m'ennuie, me dégoûte. R. abounda.

D'inferto a soun abounde : An ! plaço au paure mounde !

c. reybaud. ABOUXDE, ABOUXDIÉU, ABOUXDIVO (1 ) JVO, ibo (g.), (v. fr. habonde, rom. abundi- vol, it. abbondevolo), adj. Qui foisonne, qui regorge, exubérant, rassasiant, ante, v. a'bau- sissènt; Abonde, nom de famille, v. avoun.

Lou faiàu es aboundc, le haricot rassasie ; a tout aboundc, il a tout à profusion. Lou riche de si bèn abounde, Quand siguè eila, manqué de tout.

A. BIGOT.

12

Autour mai aboundiéu que rebrounda.

ARM. PROUV.

Quiten la nivo, Quiten aquel aire aboundivo.

LA.FARE-ALA.IS.

R. abounde.

abouxdi, v. a. Combuger une futaille, en bas Limousin, v. boumbi, embuga.

Se conj. comme boundi. R. à, bound.

abouxdous, ouso, ouo (m.), (rom. abun- dos, habundos, abondos, avondos, aondos, aundos, cat. abundôs, esp. port, abundoso, it. abbondoso), adj. Abondant, exubérant, ante, ample ; large, généreux, copieux, euse, v. abelan, larg.

Aquel àbi es aboundous, cet habit est lar- ge; faire l'aboundous , affecter la largesse.

prov. Aboundous coume li cebo en Egito.

Aboundàusis annado, années d'abondance.

Aboundouses, ousos, plur. lang. (l'aboun- dous, ouso. R. abounde.

ABOUXDOUSAMEX (rom. abondozament , aondos amen, cat. abundosament, it. abbon- dosamente), adv. Abondamment, copieuse- ment, v. à jabo. R. aboundous.

ABOUXEX (lat, ebbaoncnsis, epaonensis, habitant d'Albon), n. p. Abonnenq, nom de fam. dauph. R. Aboun.

abouxi (rom. abonezir, it. abbonire), y. a. Abonnir, bonifier ; rassasier, blaser, dégoû- ter, v. embouni, afastiga.

Abonnisse, isses, is, issèn, issès, isson.

S'abouni, v. r. Se bonifier ; se blaser, se dé- goûter. . . , " Fa i7-e abouni de nèspo, faire mûrir des nèfles.

Abouni, abounit (1.), ido, part, et adj. Abon- ni, ie ; rassasié, blasé, ée.

Quand soun abouni de quiéu de becasso, D'alo de perdris emé de rabasso, S'amon, li groumand, dôutour Yvarèn, Emé de faiôu desgreissa li dent.

J. ROUMANILLE.

R. à, bon.

ABOUXIMEX (it. abbonamento),s. m. Amé- lioration, v. meiouranço ; satiété, v. abounde. R. abouni.

ABOUXISSÈXT, èxto, adj. Qui abonnit; qui rassasie, qui blase, v, fastigous. R. abouni.

Abount, v. abounde ; abounta, v. abounda.

abouqui, v. a. Soumettre la chèvre au bouc, v. aci. R. à, bouc.

abouquiéu, ivo, adj. Qui verse ou fait ver- ser facilement, versant, ante.

Cam>n abouquiéu, chemin qui incline d'un côté ; carreto abouquivo , charrette versante. R. abouca.

ABOUQUISSAGE, s. m. Action de conduire la chèvre au bouc. R. abouqui.

Aboura, v. auboura.

aboubda (cat. esp. port, abordar, it. ab- bordare). v. a. et n. Aborder ; prendre terre ; aller à l'abordage, v. arramba ; affluer, v. gouma; pour avorter, v. avourta.

Aborde, ordes, ordo, ourdan, ourdas, ordon.

Abourdavo la cinquanteno , il touchait à la cinquantaine.

S'abourda, v. r. S'aborder.

En s'abourdant, en s'accostant.

Abourda, abourdat (1.), ado, part, Abordé, ée. R. à, bord.

ABOUBDABLE, ABOUBDAPLE (1. g.) ABLO, APLO, adj. Abordable, v. acessible. R. a- bourda.

aboubdado (v. fr. abordée), s. f. Arrivée, abord, approche, v. abord. R. ahovrda.

ABOU3ÎDAGE , ABOUBDÀGI (m.), ABOUB- DATGE (1. g.), (cat. abordatge, esp. abordage, port, abordagem, it, abbordagio), s. m. A- bordage, v. arrambage.

Li Prouvençau volon sus l'autre pèr lou prene a l'abourdage.

ARM. PROUV.

Se'n-côup mi l'anci a l'abourd'agi.

J.-F. ROUX.

R. abourda.

ABOITKDAIBE, ABELLO , AIBO (cat, esp.

ABOUNDI ABOUSIGA

abordador), s. Celui, celle qui aborde, v. ar- rambaire. R. abourda.

aboubdi (rom. abhortir, it. lat. abortire, avorter), v. a. Abâtardir, corrompre, v. abas-

tardi.

Abourdisse, isses, is, issèn, tssès, isson. S'abourdi, v. r. Dégénérer, se gâter. Abourdi, abourdit (1.) mo, part, et ad]. Abâ- tardi, ie, corrompu, ue.

Le patoues es un lengatge abourdit,

A. FOUBÈS.

R. à, bord.

aboubdimex (rom. abhort iment) , s. m. Abâtardissement, corruption, v. gastaduro.

Alin la vilo estucho, estrange boulimen Ount se chalo l'abourdimen.

A. CROUSILLAT.

R. abourdi.

ABOUBGALI, AGOUBGALI , V. a. Civiliser, polir, inspirer des sentiments généreux, v. ci- vilisa.

Abourgalissse, isses, is, issèn, issès, is- son.

Tocon, encanton, apoulisson E l'orne dur abouigalisson.

CALENDAU.

S'abourgali, v. a. Devenir civil, libéral, gé- néreux, v. alarga.

prov. Quand un vilan s'abourgalis, met tout pèr escudello.

Abourgali, abourgalit (1.), ido, part, et adj. Civilisé, ée, libéral, aie, plein d'urbanité. R. à, bourgau.

aboubgaliiMEX, s. m. Civilisation, urba- nité. R. abourgali.

Abourgna, v. embourgna ; abouri, v. abouli.

aboubia, v. a. Prendre une métairie, affer- mer à mi-fruit, dans le Tarn, v. arrenda.

Abôrie, ories, ôrio, ourian, ourias, 6- rion.

S'abouria, v. r. Entrer en qualité de mé- tayer. R. à, bàri.

ABOUBIÉIT, ivo, IBO (rom. abori us, de abo- ra, de bonne heure), adj. Hâtif, ive, précoce, en'Rouergue, v. dourec, premeiren.

Cerieso abourivo, cerise précoce; verdo abourivo, variété de châtaigne ; enfant abou- riéu, enfant avant le sacrement,

prov. Jamai l'abouriéu Noun demando l'ôumorno au tardiéu, les semailles hâtives valent toujours mieux que les tardives.

prov. Frucho abourivo noun vau gaire. Mauvaso eibo es abourivo, emai vèn touto soulo.

Abouriga, v. abreguia, abragui; abourimen, v. aboulimen.

ABOUBLHOUS (d'), (it. da bornio), loc. adv. A l'aveuglette, en Dauphiné, v. cluchoun, plegoun.

Coumo sieu sens ressourso, Fau qu'ane d'abourlhous.

G. MARTIN.

R. à, borlhc, borgne.

aboubma (S'), v. r. S'accroupir sur le fumier, se blottir, en Forez, v. agroua, agroumcli. R. à, bourmo.

ABOUBXA (rom. bornai-, b. lat, abonnare), v. a. Aborner, borner, délimiter, v. bouina.

Aboi'ne, ornes, orno, ournan, ournas, ornon. R. a, borno , bouino .

aboubxamex, s. m. Abornement, délimi- tation, bornage, v. agachoun.

Lou Rose ne siguèt l'abouruamen.

X. DE RICARD.

R. abourna.

ABOUBXI (S'), S'ABOUBXESI (lim.), v. r. S'échauffer, se gâter, se moisir, v. cscaufa, mousi.

Lou la s'abournis, le lait s'échauffe.

prov. Emé lou tèms s'abournira. Abourni, ido, part, et adj. Moisi, ie, en bas Limousin.

Froumage abourni, fromage gâté; viando aboumido, viande échauffée. R. à, buerno.

Abôuro, v. ahouro ; abourra, v. bourra ; a- bourrela, v. bourrela.

ABOUBBI, AVEBBI (d ), ESBAUBI, ABEBBA

(g.), (rom. aborrir, aorrir, cat, aborrir, avorrir, esp. aburrir, it. aborrire, lat. ab- horrere), v. a. Abhorrer, avoir en horreur, prendre en aversion, v. enira, ourri.

Abourrisse, isses, is, issèn, issès, isson.

Abourris panearo li femo, il aime encore le cotillon.

S'abourri, v. r. Prendre les aliments en aversion, se dégoûter; tomber aans la crapule, v. abouli; fondre sur, en Béarn, v. toumba ; s'exécrer.

E voulès pas que nous abourriguen ?

J. ROUMANILLE.

prov. b. Agio nou s'abourreicb sus mousco,

l'aigle ne fait pas la chasse aux mouches.

Abourri, abourrit (1.), ido, part, et adj. Abhorré; dégoûté, ée ; luxuriant, ante; pour fané, v. abouli. .

Ai abourri la car, j'ai pris la viande en dégoût,

Mai ôublides, di roso en fumant li boutoun, Que n'ères enca ièr qu uno loi o abom rido.

L. ROUMIEUX.

Fen abourri, foin touffu; peu abourri, cheveux épais.

ABOUBBlMEX (cat. abommcnt.. esp. abur- rimiento, it. aborrimento), s. m. Horreur, aversion, dégoût, v. escor, fàsti, iro.

L'iro, l'abourrimen, L'endignacioun e t'escaufèstre.

CALENDAU.

aboubbissa, aboutbissa (it. abborrac- ciare, bousiller), v. a. Brouiller, emmêler, en Gascogne, v. cmbourrissa.

Lous empèu:s enlre-laçats E lous brancs touts ab( utrissats.

G. D'ASTROS.

R à, bourro, ou broussa.

aboubbissado , s. f. Pêle-mêle, choses brouillées, v. barbouiado. R. abourrissa.

Aboilrrour, v. ourrour.

aboubsage, aboussàgi (m.), s. m. Pique- nique, repas de société, v. escoutissoun. R. à, bourso.

Abourta, v. avourta; abourtoun, v. avour- toun ; abous, v. aguères.

ABÔUSA, ABAUSA (1.), ABOUVA , ABAUVA

(m.), (rom. abauzar), v. a. Coucher sur le ventre, retourner un vase sens dessus dessous, accabler, v. abouca; abattre, renverser, v. es-

terni.

Abàuse, àuscs, ôuso, ôusan, nusa=, ouson. S'abôusa, v. r. Se coucher à plat ventre, se prosterner; tomber à plat, s'ébouler, s'affais- ser ; se poser, en parlant d'un oiseau. Jan emé Jano Fasien uno cabano : Jan petè, La cabano s'abôust-.

DICTON ENFANTIN.

Abôusa, ado (esp. abuzado), part, et adj. Couché sur le ventre, prosterné ; accablé, ee. R. à, bôuso.

ABÔUSAMEX, ABAUSOME (1), ABAUVA-

mex (m.), s. m. Prosternement ; prostration, accablement, affaissement, effondrement, v. aboucamen. R. abôusa.

Oh ! quente abôusamen !

L. MOUTIER.

abouscassi, v. a. Mettre une terre en bois, v. abousqui.

S'abouscassi, v. r. Devenir sauvage, se cou- vrir de bois, de broussailles, s'abâtardir ; se ratatiner ; se négliger dans sa tenue, v. abar- tassi, agarrussi.

Abouscassi, embouscati, ido, part, et adj. Devenu sauvage ; boisé, ée.

S'cs abouscassi, il s'est fait laid.

Se permenavo un jour dins la Vau-fèro, rode a- dounc sôuvertous, arèbre, abouscassi.

V. LIEUTAUD.

Encountrado abouscassido.

J.-B. GAUT.

R. à, bouscas.

Abouseira, v. esbousela, esboudela.

abousiga, v. a. Affricher, laisser en friche, v. acampassi. R. à, bousigo.

ABÔUSOUN ABRANDANÏ

13

ABÔUSOUN (D), DABÔUVOUN (ni.), W'A- BAUSOU, D'ABAUSOUS (1.), ABAOUS(a.), (rom. abausos, d'abau von , h. lat. abovo), loc. adv. A plat ventre, à plate terre, ventre à terre, v. aboucoun, rebaloun.

D'ouïe loumba d'abôusoun.

M. LACROIX.

Un marit pourra fl'abôuvoun Li faire pelar la bouligo.

c. BRUEYS.

H. aboi' sa.

ABÔUSOUNA, EMBÔUSOUNA, EMBAUSOUNA,

ESBousouna, v. a. Faire ébouler ou écrouler, v. agrasa.

Lachèt un pet qu'empouisounavo

E que cujèt embôtisouna

L'Italio e lou mounl Etna.

c. FAVRE.

S'abôusouna, s'embôusou.na, s'esbôusouna, v. r. S'ébouler, s'écrouler, v. esboudcla, esbou- rtena, vedela.

Ai pou que ma pauro cabano s'abôusoune.

L. ROUMIEUX.

Sa gleiseto toumbavo en rouino, s'esbôusounavo.

A. ARNAVIELLE.

Abôusouna, abousounat (1.), ado, part, et adj. Éboulé, ée, en ruines. Ah ! se veirié putèii lou mounde abôusouna !

p. GAUSSEN.

L'aubre que s'aubouro Sus Israël abôusouna.

S. LAMBERT.

Dirias-ti que moun fil Ceset La voudrié vèire abôusonnado !

J. REBOUL.

R. abôusoun.

ABÔUSOUNADUBO , EMBOUSOUNADUBO ,

esbousouxadubo (1.) , s. Éboulement, v. pou lin, vedèu, embousenado.

Lou cors d'un paure mestierau enseveli souto uno esbousounaduro.

ARM. PROUV.

R. abôusouna.

ABÔUSOUNAIBE, ABELLO, AIBO, S. et adj. Celui, celle qui fait ébouler, démolisseur, euse, v. dcstrùssi.

Lou picou abôusounaire a escampihat toutos las pèiros.

C. CAVALLIER.

R. abôusouna.

ABOÇSQU1 (S'), v. r. Se couvrir de bois, se pourvoir de bois, v. abo'uscaasi.

Abousqui, abousqueiri , ido, part, et adj. Pourvu de bois, boisé, ée.

Aquelo colo es bèn abonsqueirido.

j.-j. bonnet.

R. à, bosc.

abousquimex. s. m. Boisement, reboise- ment.

L'abousquimen di colo, le boisement des montagnes. R. abousqui.

abouss 4 (esp. abosar),v. a. t. de mar. Bosser.

Abosse, osses, osse, oussan, oussas, osson.

Aboussa, ado, part. Bossé, ée. R. à, bosso.

ABOUSS 4GE, 4BOUSSÀGI (m.), s. m. t. de mar. Action de bosser; pour pique-nique, v. éboursage. R. aboussa.

Abôussi, ousses, ousse, oussem, oussets, ous- sen, ou abôussi, ôussis, ôussie, ôussim, ôussils, ôussin, imparf. subj. béarnais et aquitain du v. abô, avé.

Aboussina, v. aboucina.

a bout a (rom. abotar), v. a. Haler un chien, exciter, v. cassa, bourra.

Ah outo, abouto, chou ! chou— pille ! R. ù, buta, ou ahuto.

Aboiital, v. agoutal ; aboutas, v. ah ! boutas.

abouti, v. n. Aboutir, v. rccouii.

Abovti<s<-, isscs, is, isscn, issès, isson.

En qu'aboutis aco ? à quoi cela peut-il aboutir?

Au doute tout aboutis.

H. MOREL.

R. à, bout. Aboutia, v. aboucha.

ASOUTKAHU8, s. f. Femme d'apothicaire. La torre abouticairis, la sœur apothicai- resse. R. abouticàri.

ABOUTICÀRI, BOUTICÀBI (m.), BOUÎ1CAIBE, POUTICÀRI (nie,.), APOUTICÀRI, APOUTIN- GAIBE (L), APOUTICAIBE (d.), POUTICAIBE

(g.), (rom. abot.it/uari, apotecari, ipoticari, ipotocari, ipoticairc , cal. apotecari, <'s|i. boticario, lat. apothecarius) . s. m. Apothi- caire, pharmacien, v. farmacian.

Comte d'àbouticàri, mémoire d'apothi- caire, sur lequel il y a beaucoup à rabattre ; abouticàri sùnso sucre, marchand mal ap- provisionné.

Sahi faire Ion boutickri.

C. BRUEYS.

prov. Viéi médecin, jouine cirourgian, riche abou- ticàri.

ABOUTICABIÉ, BOUTÎCARIÉ (m.), POUTT-

caibiè, APOuncAfiio (1.), Çb.l.apothecaria), s. f. Apothicairerie, pharmacie, v. farmacïo. Las pouticairiès soun deforo.

J. MICHEL.

R. abouticàri.

Abôutiera, v. abauqueira.

ABOUTISSENT, ABOUTISSENT (1.), ÈNTO, ento, adj. et s. Aboutissant, ante, v. coun- front. R. abouti.

ABOUTOULI , ABOUTOULIT (1.), IDO, adj.

Boursoufflé, ée, v. boudenfle. R. à, boudoul.

Aboutrissa, v. abourrissa; abouts, v. ague- rias ; abôuva, v. abôusa ; abôuvi, v. abauvi, abausi ; abôuvidou, v. abauvidou ; abôuvimen, v. abauvimen ; abôuvissènt, v. abauvissènt.

abouvia, v. a. Dételer les bœufs, v. des- jougne.

Abàvie, ôvies, ovio, ouvian, ouvias, à- vion.

Abouvia, ado, part. Dételé, détaché de la charrue. R. à, biou.

abb\ (messin apar, allumer, esp. aburar, brûler, hébr. baar, brûler, ail. amberen, brû- ler), v. a. Allumer, embraser, exciter, v. alu- ma, atuba, embranda.

Abre ou abri (m.) ; abrave ou abràvi (m.) ; abrère ou abrèri (m.); qu'abrèsse ou abrèssi (m.).

Abras lou lume, allumez la lampe; ai uno set que abre, je brûle de soif.

Sant Jan fai fiô, Sant Pèire l'abro, paroles qu'on chante en allumant le feu de la Saint-Jean.

L'ermito diligent abro la regalido.

A. CROUSILLAT.

Sàbi que vous plasès au lume, Car vous en abras set o vuech.

G. ZERBIN.

Baroun, abren la guerro santo.

J.-B. GAUT.

Abrarias uno brouqueto sus si gauto.

M. DE TRUCHET.

S'abra, v. r. S'allumer.

Pertoui la vounte lou fuec s'abro.

C. BRUEYS.

Abra, ado, part, et adj. Allumé, embrasé, ée. Abra d'iro, enflammé de. colère. ABB4CA, ABUACA (1.), ABBANCA, V. a. et n.

Accourcir, trancher, couper, v. irenca; abat- tre, verser les blés, v. abouca ; tendre un câ- ble, v. souca ; pour braquer, v. braca.

Abraquc, ques, co, can, cas, con.

Abraca de maiôu, raccourcir des ceps nou- vellement plantés; abraca la vido,- trancher la vie ; abraca l'amoulat, abattre l'airée ; abraca 'no boutiho, briser une bouteille à coups de pierres ; abraca de soutiso, accabler d'injures ; abraco, embraque, commandement de marine pour faire roidir une manœuvre; la cordo abraco trop, la corde est trop ten- due.

Se poudian abraca toun alo trop laugèro.

J. JASMIN.

prov. En parlant, long camin s'abraco.

Abraca, abracat (1.), ado, part, et adj. Cou- pé, retranché, ée; brisé, accablé, ée, abattu, ue.

Rovre abraca , chêne renversé. R. à, brac.

abbacadis, s. m. Abatis, v. boucadis. R. abraca.

ABRACADO, ABLACADO (1.), B. f. Chablis,

abatis d'arbres, v. chaple ; versement des blés par les pluies, v. entrai ; jonchée, airée, v. s oui ado.

E de la s^'iivo espalancado Alor conte tablai ado.

CALENDAU.

R. abraca.

ABBADOU, s. m. Lieu l'on allume, foyer embrasé, fournaise, v. fiô,

L'abradou di fassaio, le foyer l'on al- lume les brandons.

D'alegresso aro siéu un abradou terrible.

G. B.-WYSE.

R. abra.

ABBAGUI, ABBEGUI, ABBEGI, ABBEGUIA

aboubiga (rom. abraguir), v. a. et a. Ame- ner à suppuration ; s'abeéder, v. apoustemi.

Aco abraguira, cette tumeur s'abeédera ; faire abra/jui, ulcérer.

S'abragui, v. r. Venir à suppuration. Se s'abraguis, siéu gari.

J.-J. BONNET.

Abragui, ido, part, et adj. Abcédé, ée, en suppuration, plein de pus; rempli, ie, qui se répand ; Abrachi, nom de fam. prov. R. à, brac.

ABBAGUIDUBO, ABBEGLTDUBO, s. f. Abcès, tumeur qui s'ahcède, plaie qui suppure, v. apoustemidu ro. R. abragui.

ABBAIBE , ABELLO, AIBO, S. Allumeur,

euse, v. alumaire, atubaire. R. abra.

ABBAM (rom. Abram, Abraham, it. Abra~ mo, esp. Àbrahan, hébr. Abram, Abraham), n. d'h. Abraham, personnage qui figurait jadis dans les jeux de la Fête-Dieu d'Aix ; Abram, Abran, nom de fam. prov. israëlite.

Raço d' Abram , enfants d'Abraham, Hé- breux ; sant Abram, saint Abraham, mort en 472, honoré en Auvergne.

ABBAMA, ABBAMEJA, ABBASAMA, ABBE- SEM 4 (a.), ABBAMINA (d.), ADO, (it. bra- mare, désirer ardemment), adj. Enflammé de désir, passionné, affamé, ée ; âpre à la curée, avide, cupide, v. afri , aloubati , coubês, mau-plen.

Quand vèi l'argent, es abram a, la vue de l'argent le tente.

L'abramado fielairis.

T. GROS.

De tant d'abrasama l'apetis l'enfetavo.

J.-B. GAUT.

R. à, bram.

ABB4M 4D1SSO, 4BBAMADUBO, S. f. Passion désordonnée, désir immodéré, avidité, cupidi- té, v. avariço, remoulige.

Es d'uno abramadisso incouncevablo.

J.-J. BONNET.

R. abrama.

Abranat, v. branat ; abranca, v. abraca; a- brand, v. à brand.

ABBAND (rom. Atbran, b. lat. Atbrandus), n. p. Habrand, Aybram, noms de fam. mérid.

ABBANDA, ablanda (lim.), (rom. abran- dar, abrandir, ail. brand, incendie), v. a. et n. Embraser, incendier, enflammer, v. em- branda, abraca; attiser, propager, v. empura; pour appréhender, v. aprehendre.

Lis uci abranclon, les yeux flamboient.

Le bouissoun préservât dins le foc que l'abrando.

GUITARD.

S'abranda, v. r. S'embraser, se propager. La ploio es abranda (for.), la pluie tombe à verse.

0 flamo

Ounte se puriûco e s'abrando l'amour.

CALENDAU.

Abranda, abrandat (L), ado, part, et adj. Embrasé, enflammé, ée.

Abranda de set, brûlant de soif.

prov. Abranda coume un fiô de sant Jan, coume un carboun rousent.

R. à, brand a.

ABBAXDANT, ABL4XD4XT (lim.), ANTO, adj. Enflammé, ée, brûlant, ante, v. auben, rousent.

u

Ferre abrandant, fer rougi au feu ; uei abrandant, œil flamboyant.

Candèlo abrandanto.

CALENDAU.

R. abranda.

\brano, v. brando ; abrard, v. ebrat.

ABRASA (roui, abraizar, cat.esp. port, abra- *ar) v a. Garnir de braise ; embraser, v. em- branda; souder au feu, braser, v. brasa.

Abrasa 'no escaufeto, mettre de la braise dans un réchaud; abrasa sis esclop passer de la braise dans ses sabots, pour les echautier. Abraso la jouvènço.

J.-B. GAUT.

Ouicon d'abrasant qu'es dins motin sen.

P. GAUSSEN.

S'abrasa, v. r. S'embraser. Abrasa, abrasat (l.), ado, part, et ad]. Em- brasé, passionné, ée.

Pipo abrasado, pipe allumée.

Abrasa d'uno fh>ro ardour.

S. LAMBERT.

R. à, braso. ,

ABR4S4DURO, s. f. Brasure, soudure, v. brasaduro, soudage. R. abrasa.

ABR \SAIRE, EST AMARRAS AIRE, ESTARRA- SÀRI (liai ), TARRASA, ESTARRASA, TARA- BRASA (1.), ESTARRASAIRE (g.), s. m. Chau- dronnier ambulant, étameur, v. estamaire, ma an in.

Fai un foc d'abrasaire.

LA LAUSETO.

R. abrasa. Abrasama, v. abrama.

ARRASAMEX (cat. abrasamcnt, port, abra- samento, esp. abrasamiento , it. abbraccia- mento), s. m. Embrasement, y. embrasamen. R. abrasa.

ABRASCA, v. a. et n. Lbrancher, casser les branches, v. esbranca, espalanca, escranca.

Abrasqûe, ques, co, can, cas, con.

Aubre qu'abrasco de fru, arbre qui rompt sous le fruit.

Eu abrascant la cimerlo dau pivo.

LAFARE— ALAIS.

S' abrasca, v. r. Rompre sous le poids des

fruits. ^.

Abrasca, abrascat (L), ado, part. Ebran- ché, surchargé de fruits, ée. R. à, brasc.

ARRASCAGE, s. m. Action d'ébrancher, v. esbrancamen. R. abrasca.

A RR ASC Al RE, ARELLO, AIRO, S. et ad].

Celui, celle qui ébranche, casseur de branches, v. esbrancaire. R. abrasca.

abr asc amen, s. m. Ebranchement, v. es- palaneamcn. R. abrasca.

Àbrasque, asco, v. brasc, asco.

ARRASSA (rom. cat. abrassar, it. abbrac- ciare), v. a. Prendre avec les bras, embrasser, y. embrassa.

E piii que la pas abrasse lou mouiide.

F. MARTELLY.

S'abrassant a sa rusco.

PEYROUNET.

R. à, bras.

ARRASSA, ARRASSAC et AURRASSAC (g.), ARBASSAC, AUBRESSAC (L), ABRESSAC, OR-

RiossA(d.), (ail. habersack), s. m. Havre-sac, v. sa, carnié. Tiro de soun abrassa l'Armana prouvençau.

ARM. PROUV.

Belôu fara rampli l'abrassac d'âucelous.

L. VESTREPAIN.

ABRASSADO (cat. abrassada, it. ahbrac- ciata), s. f. Prise à bras, embrassade, v. em- brassado, brassado.

A forço d'abrassados, de plours sens fi.

B. FLORET.

R. abrassa. ,. .

abrassagat, s. m. Contenu d un havre- sac. R. a'>rassa. .

Abrausi, v. brausi, brounzi ; abravaja, v. es bravac'ia; abravis, v. aubo-vit.

ARRE n. d'h. Saint Abre ou Avre, honore a Grenoble ; la mère de Fénélon s'appelait Louise de Saint-Abre. .

Abre, v. aubre ; abrega, v. ablasiga; abregi,

ABRASA ABRIGO

abregui, abreguia, v. abragui ; abregoun, v. barjavoun; abreia, v. abriga ; abreiga, v. a- bleiga, ablasiga; abreia, v. abréuja ; abreja, v. abriga; abrejaneo (d.), v. abreviacioun.

ARRÈL, OBRÈL, s. m. Arroche, plante pota- gère, en basLimousin,v.armÔM.R. brèl,bruei.

Abremba, v. membra.

abbena, v. a. Donner du son ; charger de coups, rosser, v. ablada,acivada. R. à,bren.

ARRENOUNCiA (lat. abrenuntiare) , v. a. Renier, désavouer, abjurer, renoncer, en Béarn, v. renouncia.

Es qu'aurian abrenounciat un quicoumet de nos- tos idèios?

X. DE RICARD.

Abresema, v. abrama ; abressa, v. bressa ; abréu, v. abriéu.

ARRÉUJA, ABREJA (g.), (rom. abreujar, abreviar, cat. esp. port, abreviar, it. lat. abbreviarc), v. a. Abréger, v. acourchi. Abrèujc, cujcs, èujo, éujan, éujas, cujon. Au traitai, abrèujo un pau, il bâcle un peu le travail.

Li chagrin abrèujon lijour.

J.-J. BONNET.

Abréuja, abréujat (L), ado, part, et adj. Abrégé 66.

En abréuja, en abrégé, en peu de mots. B. à, brcu.

ABRÉUJAIRE, ARRE.IAIRE (g), ARELLO, AIRO (cat. esp. abreviador, it. abbreviatorc), s. Celui, celle qui abrège, abréviateur. B. a- brêuja

ARREUJAMEN, ABBEJAMEJJ (d.), (rom. abrc- viamen, cat, abreviament, esp. abrevia- mento, it. abbreviamento), s. m. Action d'a- bréger, diminution, v. acôurchi. B. abréuja.

ABRÉUJAT, ABREJAT(g.), (esp. abreviado), s. m. Abrégé, v. coumpéndi, epitome, bre- viàri, lèmo.

Vès-aqui V abréujat d'aquelo nouvello obro.

A. MATHIEU.

R. abréuja.

ABBEVIACIOUX, ABREVIACIEN (m ), ARRE-

riaciéu (1. g.), (rom. cat. abrcviaciô, esp. abreviacion, it, abbreviazione, lat. abbre- viatio, onisj, s. f. Abréviation.

ARRI, ARRIC (D, ARRIT (g.), APRIC (b.), (rom. abric, cat. abrich, port, esp. abrujo, it. aprico), s. m. Abri, v. ardiero, aces, ca- qnard; haie morte, v. sebisso; protection, v. recès, sousto ; Abric, Laprix, noms de fam. mérid.

A l'abri, à l'abri, à couvert ; mètre uno planto à l'abri, butter une plante; cstre à l'abri d'un orne, être en puissance de mari; i'a res à l'abri de sa lengo, sa langue ne respecte personne; n'avé ni ami ni abri, être dans l'abandon.

Bouten-nous en aquest abri.

C. BRUEYS.

prov. Mau vesli Vai pèr abri. A auro dreclio gvs d'abri, E à paure ome ges d'ami. prov. l. Fai coumo la fourmic : Mettoungian àl'abiic.

R. abriqa.

ABRIÀ, n. d'h. Abriact, patron d'un village du Querci ; Abria, nom de fam. mérid.

Abria, v. abriga; abriago, v. ebriago; abri- ba, v. abriva ; abribo, v. abrivo.

Àbrîca (S), v. r. Se poser sur un lieu élevé, se percher, dans les Alpes, v. ajouca, quiha ; pour abriter, v. abriga. R. à, bric.

Abricot, abricôu, v. aubricot.

AB'.SH.orx (it. bricconc, fripon), s. m. Char- latan, à Nimes, v. braguetian.

ABRiÉS(rom. Abri&s, Abriaux,h.\at. eom- munitas Abriarum, locus de Abriis), n. de 1 Abriès (Hautes-Alpes) ; nom de fam. prov.

ABRIÉU, ABRÉU (l h ), AVRlÉU, ARRIL . A- BRIAL(l.g.), ABRIEL (querc), ARRIER (a,), A- BRIAU, ABRI (lim.), ARR1ÔU, arriol (rouerg.), april (b.), (rom. abriv, abriel, april, cat, esp. port, abril, it. aprile, lat, april is), s. m. Avril, mois; Abrieu, Abrial, nom de fam. mérid.

Pèis ou pcissoun d'abrièu, poisson d'a- vril.

Serai peissoun d'abrièu pèr vous.

G. ZERBIN.

Sian au mes d'abrièu, que lis ai s'abrivon ; Quand saren au mes de niai, Lis ai s'abrivaran mai.

DICTON POP.

prov. Au mes d'abrièu, Te delèujes pas d'un fiéu ; Au mes de niai, Vai coume te plais, ou Enca noun sai ; Au mes de jun, Prengues counséu de degun ;

Au nies de juliet, Qu s'atapo es un cornet, An nies d'abrièu, Touto bèsti mudo de péu. Au mes d'abrièu. Tout aubre a soun gréu.

Fau que lou me» d'abrièu Mêle li valat à fiéu.

Abriéu es de trento, mai quand plùurié trento-un, Farié mau en degun.

Quand en abriéu plôurié, Que tout lou mounde cridarié : Tout es nega, tout es perdu, Encaro aurié pas proun plôugu.

Se jamai abriéu venié, Jamai plueio arribarié.

Pichoto plueio d'abrièu

Fai l)ello meissoun d'estiéu.

D'abrièu e de mai se saup De l'an lou bèn e lou mau.

Abriéu n'a ges d'abri, Ni lou paure d'ami.

Quand abriéu en furour se met, l'a pas dins l'an un pire mes.

Lou diciounàri d' Abriéu, le dictionnaire provençal-français de J.-T. Avril, de Manos- que (Apt, 1840).

ARR1GA, ARRICA (1), ARRETA (g.), ABBIÇA, ABREJA (d.), abbia, apriga (b.), (rom. abri- car,abriar, cat. esp. port, abrigar, \a.t.apri- cari), v. a. Abriter, butter une plante, v. aca- la, acagnarda, acela, acessa ; protéger, v. assousta.

Abrigue, gues, go, gan, gas, gon.

Abrigo-ine bèn, abrite-moi bien.

S'abriga, abriga-s (g.), v. r. S'abriter, se cou- vrir.

Me menée abrica, que n'èro pas cubert.

a. gaillard.

Abriga, abricat (1). ado, part, et adj. Abri- té, ée.

S'el se fousso voulgul, el se fous abricat.

A. GAILLARD.

ARRIGA, v. a. Émier, briser, v. embriga / harasser, v. ablasiga.

En resquibant, s'abrigon lou camard.

P. FIGANIÈRE.

Ai bèn pou que me l'abriguessias.

M. BOURRELLY.

Enfounson lei pouerto duberto En abrigant lei moussèu rout.

ID.

Abriga, ado, part, et adj. Émié, brisé, ée, rompu, moulu, ue. R. à, brigo. R. abriga.

abriga do, s. f. Partie abritée ; abri, asile, v. retirado, sousto.

L'ausèl cerco abrigado.

L. PIAT.

R. abriga.

ABRIGAGE, ABRICATGE (1. g.), S. m. Action d'abriter, abri, v. souple.

Ana dins lous oustals pèr trouba d'abricatge.

J. CASTELA.

R. abriga. *_ . ABRIGAISîE, ARELLO, AIRO, s. et ad] . Celui,

celle qui abrite, v. assoustaire. R. abriga.

\rrigalh, s. m. Vêtement pour se cou- vrir, cape, manteau, en Gascogne, v. roupo. R. abri'/a.

Abrignoun, v. prugnoun.

abrigo, s. f . Tout ce qui abrite ou qui cou- vre, couverture de laine, v. cuberto, paro- fvc

Toutes dounen foço abrigos de lano. r

M. BARTHES.

R. abriga.

ABRIGOUS ABSOUDRE

15

ABRIGOUS, ABBITOUS (g ), OUSO, OUO (m.) adj. Qui est à l'abri, qui offre un abri, v. adre- chous, souleiant.

Abrigous coumo uno serro.

J. LAURÈS.

Salisson lou mati toutes engrepesils

Del bartas abrigous ount se soun refaudils.

B. FABRE.

Savès que pèr fa 'n som l'endrech es abrigous.

ID.

R. abric.

abriguet, abritet (g.), s. m. Petit abri, v. ardcirolo, cagnardet. R. abric.

ABRIHAXDO, ABRIEHAXDO (a.), ABRIEU-

raxdo, brihaxdo, brihaxto, s. f. Les qua- tre premiers jours d'avril, auxquels le peuple attribue une importance climatérique, v. va- queirièu, emprunta. prov. Se l'abrihando es ventouso, n'i'a pèr qua- ranto jour.

L'abrihando, Couine fai lou très, fai lou quaranlo, ■ou bien,

Abriéu lando Tau tèras jusqu'au quarante Se lou dès noun l'aplanto.

II. abriéu.

ABRIHOUS, ABRILHOUS (1.), OUSO (rom. avrillosj, adj. Du mois d'avril, v. printaniè. R. abriéu.

Abriou, v. abriéu.

ABRIVA, ABRIBA (g.), EMBRIVA (1.), ES- BRrvA (rom. abrivar, esbrivar, cat. abri- bar, it. abbrivare), v. a. et n. Accélérer, lan- cer, précipiter, hâter, faire courir, donner la chasse ; t. de mar. faire force de rames, v. coucha, suta ; donner un poisson d'avril, en faire accroire, attraper, v. atrapa.

Abrivo, élance-toi, en avant. Abrivant sus li front lou signe de la crous.

CALENDAU.

prov. Abriéu abrivo,

ou bien,

Abriéu abrivo Lou blad à l'espigo. S'abriva, v. r. S'élancer, se précipiter, se hâter, s'empresser, se laisser attraper ; mûrir trop promptement.

l'abrives pas tant, ne te lances pas tant. prov. Au travai qu noun s'abrivo Es carogno louto vivo.

Adriva, abrivat (1.), ado, part, et adj. Lancé, entraîné; attrapé, trompé, ée ; Abribat, nom de fam. gasc.

Parti abrita, partir en toute hâte ; basti- men abriva, navire porté par le vent ou en- traîné par les courants.

prov. Un couioun abriva travessarié 'n paie. R. à, briéu.

ABRIVACIOCN, ABRIVACIEX (m.), ABRIBA- O.I EU (1. g.), s. f. Accélération, précipitation, v. cov.cho, freto, suto ; pour abréviation, v. abrev iacioun.

Hola, sourlès, la bello estello, Presènto pèr abrivacien.

G. ZERBIN.

ABRIVADO, ABBIVO, ABRIBO(L), S. f. Élan, escousse, essor, hâte, v. empencho, varie ; préliminaire des grandes courses de taureaux, qui consiste à les lancer à outrance, à leur ar- rivée dans une ville, escortés d'un escadron de cavaliers, ce que les Espagnols appellent al- garrada ; forte réprimande, v. cnflancado ; poisson d'avril, attrape, fausse alerte, v. acha- paiori.

Fai aco d'uno abrivado, fais cela promp- tement et sans t'arrèter ; i'an donna L'abri- vado, on l'a mystifié.

Lou reinardié prouvoco uno abrivado.

J. DÉSANAT.

léu tabé soi coulât sens vanc ni monvemen, Despèi qu'ai perdut moun abrivo.

J. LAURÈS.

Tout d'uno abrivo.

J.-P. ROUX.

R. arriva.

ABBIVAIRE, ABBIBAlRE (1), ABEIXO, AIBO

s. et adj. Accélérateur, trice, v. couchaire; celui, celle qui lance, ou attrape, mystificateur, trompeur, euse, v. enganaire, embutaire. Bèn gramaci, gros abrivaire.

L. PICHE.

R. abriva.

ABRIVAMEX, EMBRIVAMEX (rom. abriva- ment, cat. abribament), s. m. Impétuosité, empressement, entraînement, irruption, v. rabino.

L'abrivamen de l'aguieloun.

F, DU CAUL0N.

R. abriva. abrivau, s. m. Éperon ? v. esperoun. Sus, Martin, douno-mi mous abrivaus de ferre.

LA BELLAUDIÈRE.

R. abriva.

Abro, v. aubre ; abro, abrô, abrou, abroua, v. bro.

abboua (s'), (it. approdare),\. r. S'appro- cher du bord des champs, des broussailles qui bordent les champs, v. ouriera, ribeja.

Faire abroua L'avè, faire paître les brebis sur la lisière des champs, v. arriba. R. à, bro.

abrouca, v. a. Mettre en perce, v. brou- queta ; ficher, piquer, v. brouea.

N'abroucaran la barriqueto.

G. d'astros.

R. à, broco.

ABROUDI, v. a. Rendre paresseux, acoqui- ner, v. agonrrini.

Abroudisse, isses, is, issèn, issès, isson.

S'abroudi, v. r. Devenir paresseux.

Abroudi, abroudit (1.), ido, part, et adj. Aco- quiné, ée ; indolent, ente.

Uno meno d'abroudit.

BACQUEIRA.

R. à, brodo.

ABROUDIMEX, s. m. Action d'acoquiner, de s'acoquiner, v. agourrinimen. R. abroudi.

Abroue, v. brouo, bro.

ABROUES, ABROUAS (esp. abrojo, chardon, écueil, lat. abruptum, précipice, ravine),s. m. Touffe de broussailles, tertre sur le bord d'une rivière, v. bros, matas, mourras; Abros, nom de lieu près Saint-Geniès (Basses-Alpes). Un tarnagas sôuvàgi Pounchejant d'un abroues.

A. CROUSILLAT.

Quand l'eigagno en perleto,

Risouleto, Trelusis sus leis abroues.

J.-B. GAUT.

abbouga, abbouja (lim), (cat. esp. port. abrogar, it. lat. abrogare), v. a. Abroger.

Abroguc, ogu.es, ogo, ougan, ougas, ogon.

Abrouga, abrougat (1. g.), ado, part, et adj. Abrogé, ée.

ABROUGACIOUX , ARROUGACIEX (m.), A- brougaciÉU (1. g.), (cat. abrogaciô, esp. abrogacion, it. abrogasione, lat. abrogalio, onis),s. f. Abrogation.

Abroui, v. bruei ; abroulha, v. brouia ; abroulhoun, v. brouioun.

ABROUXCA (s'), (rom. abroncar), v. r. Bron- cher, se heurter, v. brounca, embrounca.

Mès a chasque pas s'abrounco, trantaio.

A. LANGLADE.

Abrounca, abrouncat (1.), ado, part, et adj. Heurlé, penché, refrogné, ée.

Lou front abrouncat.

ID.

R. à, brovnc.

Abrounda, v. asounda.

abrouqui, abbougui, v. a. Manger les sommités des arbrisseaux, brouter, v. es- brou ta.

Abroaquisse, isses, is, issèn, isses, isson. S'abrouqui, v. r. Se rabougrir, v. rabruga. AnnouQur, abrouquit (L), ido, part, et adj. Abrouti, rabougri, ie.

Au cafour abrouqui.

LAFARE-ALAIS.

R. à, broco.

abrouquiduro, s. f. Cequi a été brouté, v. broustage. R. abrouqui.

abbovqctmev, s. m. Abroutiasement, v.

abroulirnen. R. abrouqui.

Abrouta, v. avourta ; abroula, v. esbroula , abroutado, v. esbroutado ; abroutaire, v. en- broutaire.

ABBOt'TI, v. a. Détruire les bourgeons,

brouter, v. esbrouta.

Abrouti, ahroutit (L), ido, part, et adj. A- brouti; rabougri, ie. R. a, brun/,.

abboutidubo, s. f. Ce qui a été brouté ou ébourgeonné, v. rousigadisso. R. abrouti.

abbqutime k , s. m. Abroutiasement, v. abrouquimen. R. abrouti.

Abroutun, v. esbroutun ; abrudi, v. esbrudi.

ABBL'M, s. m. « Vieux mot qui exprime le hoquet d'une personne ivre » (J.-.J. Bonnet), v. chouquet.

« A brum,abrum,\f}s\iïs prebstre Macé. » (Rabelais, propos des beuveurs).

abruti (rom. abruzir), \. ». Abrutir, v. abesti, abestia*.< i .

Abrutisse, isses, is, issèn, issès, isson.

S'abruti, v. r. S'abrutir.

Abruti, abrutit (1.), ido, part, et adj. Abruti,

ie.

Cadun s'es abrutit.

MIRAL MOUNDI.

Mena vido abrutido.

m. tbussy.

R. à, brut.

ABRUTI. M EX', A BRUTISSI.M V. \ (Var), ABRU-

tissomex, abbutissèxuo (L), s. Abrutisse- ment, v. abestimen. R. abruti.

ABBUTISSÈXT , ÈXTO , adj. Abrutissant, ante, v. abestissènt. R. abruti.

ABSALOUX (rom. Absalon, Ansalo, lat. Ab- salo), n. p. Absalon.

ABSÈXCI, ASSÈXCI, AUSSÈXCI, ABSEXCIO

(g.), absexço (1.), ASSÈxço (nie.), (rom. ab- sencia, absensa, cat. port, absencia, esp. au- sencia, it. assenza, lat. absentia), s. f. Ab- sence.

Après dous mes d'assènei e de laDguitudo.

A. CROUSILLAT.

Moun aussènei, parai ? noun t'a pesa 'no brigo.

R. MARCELIN.

prov. L'absènci es la maire de la demembranço. ABSÈXT, ASSÈXT, AUSSÈXT, ABSEXT (L <, èxto, exto (rom. absen, absens, cat. ab- sent, it. assente, esp. ausente, port, absente, lat. absens, entis), adj. et s. Absent, ente, v. mancant.

Se siéu absènt a toun retour.

H. MOREL.

Moun amour va toujour creissènt, Bèn qu'agi demourat absènt.

G. ZERBIN.

prov. Is absènt e i mort

Noun fau faire tort. ABSEXTA (s'), S'ASSEXTA (niç.), SJAUS- SEXTA (rom. cat. port, absentarsê, it. assen- tarsi, esp. ausentarse, lat. absentare), v. r. S'absenter, v. ana deforo. Absente, entes, ento, entan, entas, ènton. Absentas-vous pendent qu'auquis meses.

H. BIRAT.

Lou Çagèt déu grand Dieu de ta tèsto s'absente!

du bartas.

Diligènt, assidu, noun s'aussentant jamai.

A. CROUSILLAT.

Absenta, absentât (L), ado, part. Absenté, ée. R. absènt.

ABSIDO, ASSlDO(b. lat. absida, lat. absis, idis), s. f. Abside d'une église, v. lanterno. Lei bravei Ronsseten edifîcon subran La glèiso e sei doues tourre, e lei vouto e l'absido»

F. VIDAL.

ABSIXT, ABSIXTE, ACHIXTE (1.), (roui, ab- sens, absinti, port, absinthio, lat. absin- thium, absinthe), s. m. Absinthe, liqueur, v. verdalo ; plante, v. aussent.

Absinte de sant Jan, armoise, à Toulouse, v. artemiso.

ABSÔUDBE, ASSOUDBE (d.), ABSOLVE, AB- SOEBE (g.), ASSOLVE (niç.), (rom. absolve, absolrc, absolvre, absofvcr, asolver, cat,

16

absoldre, esp. port, absolver, it, assolvere, lat, absolvere), v. r. Absoudre, v. agmto, desliqa. . ,'".'.

A&sôuwc, ôuves, ôw, ouvert, ouves, ou- von ; ôuviéu ; ôuguère ; ôudrai ; ôudrieu ; ôuve, ouvert, ôuvès ; qu'absôugue ; ou- guèsse ; ôuvènt.

L'ome de Dieu, en grand soucit,

Gueilavo l'istaot de l'absoudre.

H. MOREL.

T'absôuve, iéu, di pecat de ta vido.

ABBÉ BRESSON.

Laalèiso absôu li pecadou.

A. PEYROL.

Iéu se pôu-li que vous assôugue ?

MIRÈIO.

Absout, assolt (nie.), ôuto, olto (rom ab- sout, assout, assot, outa, otaj, part. Absous,

oute. , .

Absoulu, v. assoulu ; absoulucioun, v. as- soulucioun ; absourbi, v. assourbi.

absôuto, assouto, sôuto (cat. absolta), s. f. Absoute, v. bèn-dire, canta. R. absoudre. ' Abstencioun, v. astencioun ; absteni, v. as- teni ; abstinéncio, v. astinènei.

ABSTRACIOUX,ARSTRACIEX(m.),ARSTRAC-

CIÉU (1. g-), (rom. abstraccio, abstractio, cat a.stracciô, esp. abstraccion, it. astra- xiorxe, lat. abstractio, onis), s. f. t. se. Abs- traction. .

ABSTRAIRE (rom. astraire, cat. abstraure, it. astrarre, esp. abstraer, lat. abstrahere), v. a. t. se. Abstraire.

Se conj. comme traire.

ABSTRA, ABSTRACH (1.), ABSTRAIT (g.), AChO,

aito (rom. abstrayt, cat. abstret, lat. abs- tractus), part, et adj. Abstrait, aite.

ABSTRATIÉU, ABSTRACTIEU (1. g ), IVO, IBO (rom cat. abstractiu, iva, esp. port, abs- traciivo, it. astrattivo),^]. t. se. Abstractif, ive. R. abstraire.

ABSURDAMEX, ABSURDOMEN (1.), (cat. ab- surdament, it. as sur dament e), adv. Absur- dement v. niaisamen. R. absurde.

absurde, urdo (cat. esp. port, absurdo, it. assurdo, lat. absurdus), adj. Absurde, v. irresounabîe.

ABSURDETA, ABSURDITAT (1.), (cat. absur- ditat esp absurdidad,\t.assurdità,\sX.ab- surditas, atis), s. f. Absurdité, v. nesciour. Vendras jamai à la sesoun Que loun absurditat alènde.

G. ZERBIN.

Abuca, v. abouca ; abucla, abugla, v. avu- gla ; abucle, abugle, v. avugle ; abudre, v. avé ; abugada, v. bugada.

ABUHA, v. a. "Étonner, étourdir, désorienter, dans le Gers, v. abalourdi. .

Abuhat, ado, part, et adj. Etonné, ee. R. a, bufo.

Abuio, v. abiho ; abula, v. aboula.

abulo, abuelo (m.), abello, s. f. Bû- chette servant à mesurer la distance de deux boules, v. cano, broco, pamello.

Èstre cou rt à V abulo, rester court, ne pas arriver à temps ; lou cop es d' abulo, le coup est à mesurer ; èstre luen d'abulo, être loin de compte ; sian pas luen d'abulo,' nous sommes près d'être d'accord.

Pèr la babiho èro pas liuen d'abulo.

J. AUBERT.

R. abula, aboula.

Abuoura, v. abéura ; abuourôur, v. abéura- dou ; abure, v. avé.

aburïîela, burrela, v. a. Mettre en pe- tits tas les plantes fourragères, en Castrais, v acounoulha, acuchouna.

Aburr'elli, elles, ello, élan, elas, ellon.

Aburrelat, ado, part. Entassé, ée. R. à, burrcl.

ABUS, ABÈU (bord.), (rom. cat. abus, it esp. port, abuso, lat. abusus), s. m. Abus, v. mal-adoubat.

Abuses, plur. lang. d'abus.

Es un abus de l'entreprene, c'est une en- treprise vaine ; faire uno causo pèr abus, agir abusivement.

ABSOUTO AGABANI

prov. Lou mounde es qu'un abus. Abus i'avié, abus i'auia, Tant que lou mounde durara. abusa (rom. cat. esp. port, abusar, it. abu- sare), v. a. et n. Abuser, v. engana ; trom- per, distraire, amuser, en Gascogne et Limou- sin, v. amusa.

Vosto cresènço vous abuso.

C. FAVRE.

S'abusa, v. r. S'abuser.

l'a de richas que s'abuson.

M. DE TRUCHET.

Abusa, abusât (L), ado, part. Abusé, trom- pé, ée.

0 gus, l'as abusado.

A. CROUSILLAT.

R. abus.

abusage, abusatge (1. g.), (rom. abu- atgej, s. m. Action d'abuser, v. enganamen. R. abusa.

abusaguet, s. m. Jouet d'enfant, amusette, en bas Limousin, v. demouret, jouguet.

Jano d' Abusaguet, vieille femme qui fait des contes. R. abusa, amusa.

abusaire, arello, airo (1.), s. et adj. Celui, celle qui abuse, abuseur, trompeur, euse, v. enganaire.

Coucoun abusaire ou ambusaire (L), flûte, cocon de mauvaise qualité, à moitié percé par la chrysalide.

Luquet n'es rèn qu'un abusaire.

C. BRUEYS.

R. abusa.

abusaxço, s. f. Abus, mauvais usage. R. abusa.

abusiÉu, ivo, ibo (g.), (cat. abusiu, iva,, esp. port, it, abusivo, lat. abusivus), adj. Abusif, ive ; musard, lambin, en bas Limou- sin, v. musaire. R. abus.

ABUSIVAMEX , ABUSIBOMEX (1. g.), (cat.

abusivament, esp. port. it. abusivamente), adv. Abusivement. Abuso, v. aubuso.

abuso-pastou, s. m. Engoulevent, oiseau, en Gascogne, v. cabrihau, chaucho-gàrri, esquicho-grapaud.'R. abusa, pastour. Abut, udo (eu, eue), à Toulouse, v. avè. A BUT A (it. buttare), v. n. et a, Quiller, tirer vers un but pour savoir qui jouera le pre- mier^, rêves i ; pousser, bousculer, v. buta. L'abulo e pièi s'enva.

J. RANCHER.

R. à, but.

' abutoux, s. m. Poussée, coup de poing, à

Nice, v. butado, butoun.

Es qu'à la libevta eau douna l'abutoun E pensa que bèn lèu vènon li sabatoun.

J. RANCHER.

De tout coustat cadun si douno d'abutoun.

m.

R. abuta.

abza (rom. Abzac, Apsac), n. de 1. Abzac (Gironde), v. ajat.

AC, AG, AT, AU (L), A, BAC, BAT (g.), BA (1.), VA (m.), OC, GOC, OT (g. b.), (rom. hec, hoc, lat. ac, hac, hoc), pron. relat. Le, cela, en Gascogne, Guienne et Béarn, v. va, ba, hou, lou.

Ac eau agusa, eau ac agusa, il faut l'ai- guiser ; ac trucara, il le frappera ; si nou ac sap, s'il ne le sait ; s'ac podes pas dire, si tu ne peux le dire ; ac vesèn, nous le voyons ; bac couneguèn, nous le connaissons ; n'ac an pas boulut, ils ne l'ont pas voulu ; si lou marit at sabè, si le mari le savait ; qu'ai sèi, je le sais ; qu'ai harèi, je le ferai ; digats- m'ai, dites-le-moi ; jou t'ag è dit e t'ag disi (G. d'Astros), je te l'ai dit et le le dis ; Dieu m'a perdou (F. de Cortète), Dieu me le par- donne ; sabes-oc-tu ? le sais-tu ?

Ac se contracte avec les infinitifs et impé- ratifs : pèr aima-c, pour aimer cela; perhè-c pour le faire ; pèr frounsi-c, pour le froncer pèr da-c oc à entène, pour le donner à en- tendre ; demando-c, demande-le ; minjo-c mange-le.

Ara, v. eiça ; aça, v. ah ! ça, ah ! ço, aisso

ACABA, ACAVA (1.), ACHABA (lim.), CABA (g. b.), CHABA (d.), (rom. acabar, achabar, cat, acavar), v. a. et n. Achever, terminer, parfaire, v. assouida ; finir, cesser, v. fini ; dissiper tout son bien, v. aplana, manja ; gourmander , réprimander , en Castrais , v. charpa.

Acabo, commandement de marine pour or- donner à l'équipage de prendre son repas ; acabo ta s ieto, vide ton assiette; acabar -a, il mangera tout ; en Camargo, i'a d'arabi que vous acabon, dans la Camargue on est dévoré par les moustiques; acaben, chabam- n'en (périg.), finissons-en.

prov. Es foulié de coumença Ço que noun pos acaba.

S'acaba, v. r. S'achever ; achever de se rui- ner, de se tuer, de se griser.

Acaba, acabat (1.), ado, part, et adj. Achevé, ée ; Accabat, nom de fam. lang.

Un acaba, un homme ruiné ; es acaba, c'est un homme fini, usé ; acaba que siegue, sitôt fini, ceci terminé ; as pancaro acaba de soufri, tu n'es pas encore au terme de tes peines ; a acaba de bèn faire, il n'a jamais rien fait de bon.

Acabadet, eto, presque achevé, à peine achevée. R. à, cap.

AC.ABADO, ACABASOU (1.), ACABAÎÎÇO (b.), (rom. acabansa), s. f. Achèvement, fin, v. as- souto.

A l'acabado ! cri des revendeuses pour ache- ver le débit de leurs marchandises, et des chefs de travailleurs pour encourager leurs hommes à finir l'ouvrage ; eiçà 's l'acabado, c'est la fin. R. acaba.

ACABADOU (rom. acabador), s. m. Achevoir, outil pour achever, lieu l'on achève. R. ababa.

acabadou , ouiro (rom. cat, esp. port. acabador) , s. Consommateur , dissipateur, mangeur, euse, v. acabaire. R. acaba.

acaraduro, cabaduro (lim.), (rom. aca- badura), s. f. Achèvement, partie l'on achève ; fil d'une autre couleur que le tisse- rand met au bout d'une pièce de toile, v. listo. R. acaba.

ACABAIO, ACABALHOS (1. g.) , S. f. pl. Fête

rustique que l'on célèbre dans le Médoc, après l'achèvement de la vendange, v. assouido, reboulo, roulado. R. acaba.

ACABAIRE, ARELLO, AIRIS (m.), AIRO (1.),

s. et adj. Celui, celle qui achève dissipateur, trice, qui mange son bien, prudigue, v. degaic, man ja ire .

A pres un acabaire, elle a épousé un gas- pilleur.

Fau ploura, quau ? lis acabaire Que manjon si castèu e que bevon si mas.

AD. DUMAS.

Oh ! la hello v do Que fan lis'acabaire !

Soun de sèns-soucit, Vivon dins li plesi.

CH. POP.

R. acaba. Açabal, v. eiçavau.

acabala, achabala (1. m.), (rom. cat. esp. acabalar), v. a. Meubler une ferme, la munir des bestiaux etoutils nécessaires, v. abestiala,

prouves i.

S'acabala, v. r. Se fournir de cheptel et d'outillage aratoire ; s'approvisionner.

Talo, dins soun lut, se fatigo, Pèr s'acabala, la fournigo.

F. D'OLIVET.

Acabala, acabalat (1.), ado, part, et adj. Équipé, outillé, ée. R. à, cabau.

Acabala, acabalga, v. acavala.

ACABAMEX, ACABOMEX (L), ACHABAMEXT (d. lim.), (rom. acaiamen, cat, acabament, port, ucabamento, esp. acabamiento), s. m. Achèvement, consommation, extinction, per- fection, v. perfin. R. acaba.

acabaxi, acabaxa, v. a. Incliner comme le toit d'une cabane.

S'acabani, v. r. Etre en forme de cabane, se courber en ogive, v. voûta.

ACABASS1 ACAMINA

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àcabani, acabana, do, part, et, adj. Voûté, ée, ogival, aie.

Sebisso acabanado, haie penchée en avant. R. à, cabano.

acab\ssi (S'), v. r. Se flétrir, se faner, s'user, par l'effet de l'âge, des excès ou du tra- vail, v. abouti, afatrassi.

Acabassi, acabassit (1.), ido, part, et adj. Flétri, ie, usé, fané, ée.

Femo acabassido, femme qui se laisse al- ler, qui néglige sa toilette.

Adounc la vierge benesido De-vers la cbourmo acabassido Souri enfant a vira.

S. LAMBERT.

R. à. cabas. Acabbat, v. à cap-bat.

acabla, acapla (1.), (du fr.), v. a. Acca- bler, v. aclapa, agrasa.

La languino m'acablo.

F. DE CORTÈTE.

Sourtès d'eici, car iéu tranible de pôu Que l'eslable Noun vous acable.

N. SABOLY.

Acabla, acablat (1.), ado, part, et adj. Acca- blé, ée.

Lou mau que me tèn acablat.

C. BRUEYS.

E l'on es acablat de penos e trabals.

A. GAILLARD.

acabla mex, acaplomex (1.), s. m. Acca- blement, v. ablasigaduro , escrancaduro, agrasamen, lassige. R. acabla.

Acabra, v. encabra; acabussa, v. cabussa ; acacagna, v, escarcagna.

ACACHA, ACASSA, ACAISSA (g.), EXCACHA (rom. acaissar, ocaizar, trancher avec les dents), v. a. Couper net, trancher, v. abraca, escacha ; ajuster, égaliser, parer, unir ; arran- ger, agencer, adoniser, v. atrenca, alisca, cov.ti ; rompre, écraser, briser, v. cacha.

Acacha lou bo.?, appareiller le bois pour le mettre en fagot ; aquelo raubo t'acacho, cette robe te va bien.

S'acacha, v. r. S'ajuster, s'attifer, se soi- gner, s'engraisser.

Acacho-te pèr parti, fais toilette pour partir.

Acacha, acachat (1.), ado, part, et adj. Coupé net ; propre, en ordre, ajusté, orné, ée, fringantj ante ; écrasé, brisé, ée.

prov. Fiho acachado Mié-maridado. Un orne acaissat de lassièro.

~ . . •>• CASTELA.

R. a, cais.

ACACHADAMEX , ACACHADOMEX (1), adv.

Avec netteté, avec ordre, v. proupramen. R. acacha.

ACACHADCRO, ACASSADURO, S. f. Netteté, propreté; ajustement, toilette, v. atrenca- dv.ro.

l'a força acachaduro dins l'oustau, c'est une maison très bien tenue. R. acacha.

ACACHOiru, y. a. Cajoler, amadouer, en Rouergue, v. cachoula.

Acachouli soun calignaire, enjôler son amant.

S'acachocli, v. r. Cacher sa figure dans le sein de sa mère, en parlant d'un enfant.

Acachouli, acachoclit (1.), ido, part, et adj. Cajolé, ée. \\. acoAou.la.

Acachoun, v. acatoun (d').

acacia, acacia (1.), cacia (cat. esp. it. lat acacia), s. m. Acacia, robinier, arbre, v. caclo.

Acac/a rouge, gainier, arbre, v. avelatié.

Acadeira, v. acoudoula, aqueira, acarreira

ACADEMI , ACADEMIO (1. g.), ACADEMIO (rh.j, académie (m.;, fit. accademia, cat. esp. port. lat. academia), s. f. Académie, v. coun- Btstôri.

L'acad'emi di Jo Flourau, l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, la plus ancienne société littéraire de l'Europe, v. jo ; on dit pourtant que, vers H 00, les Juifs avaient fondé une académie à Lunel.

Anan faire, don coup, e meissoun e vendèmi : Sian urous niai-que-mai, soci de l'acadèmi.

F. vida L.

ACADEMI, ACADEMIC (l. g.), ICO (cat. acn- demich, esp. port. it. academico, lat. aca- demicus), adj. Académique.

Noslo founfonio academico Vous a di soun alléluia.

H. MOREL.

Li fetibre tènon à laulo si sesiho academico.

ARM. PROUV.

ACADEMIC A MEX (cat. academicamen I, , il. aeeademicamente), adv. Académique ment. R. académie.

academiciax (angl. academician), s. m. Académicien.

L'academician Raynouard èrode Brignolo.

ARM. PROUV.

R. académie.

academisïo, s. m. Académiste, membre d'une académie de jeu, d'armes ou d'équita- tion. R. acadèmi.

acagassouxs (d'), loc. adv. A croupetons, dans les Alpes, v. agrouva.

E se metié d'acagassouns

Pèr las culi soul lous bouissouns.

L. GORLIER.

R. escagassa.

acagxa (cat. acanyar), v. a. Rendre indo- lent, v. aperesi ; irriter, acharner, v. enca- gna.

S'acagna (génevois s'accagner), v. r. Se laisser aller à la paresse ; s'accroupir ; s'irri- ter, s'acharner.

Acasna, ado, part, et adj. Nonchalant, ante, accroupi, ie ; acharné, ée.

Lou rabot, la destrau, dins si man acagnado De cinq jour fan pa'no journado.

S. LAMBERT.

R. à, cagno.

ACAGXARDA, ACAXARDA, CAGXARDA, V. a.

Exposer au soleil, abriter, v. abriga, arraja.

S'acagnarda, v. r. Se mettre au soleil de- vant un abri ; s'acagnarder, s'acoquiner.

Acagnarda, ado, part. Abrité au soleil. R. à, cagnard.

acagnardi, v. a. Acagnarder, acoquiner, v. agourrini.

Acagnardissè, isses, is, issèn, issès, is- son.

S'acagnardi, v. r. S'habituer à prendre le soleil, s'acoquiner.

Acacnardi, acagnardit (L), ido, part, et adj. Acagnardé, ée.

Acagnardi coume un chin, acagnardit coumo un gous (1.), fainéant comme un chien. R. à, cagnard.

Acahut, v. aquedu.

acaiax, axo (it. Acajano), adj. et s. A- chéen, enne, nom de peuple. R. Acaio.

ACAIAUDA, acalhauda (1.), v. a. Poursui- vre à coups de cailloux, lapider, injurier pu- bliquement, v. acoudoula, aqueira. Cridarai coumo un sourd, vous acalhaudarai.

J. AZAIS.

T'espoumpissesd'avedreacalhaudatunorepublico.

X. DE RICARD.

R. à, caiau.

acaio (cat. lat. Achaia), s. f. L'Achaïe, pro- vince de Grèce.

Prince d' Acaio, prince d'Achaïe, titre que portaient les fils des rois de Naples, comtes de Provence.

Acaira, v. aqueira ; acaira, v. esqueira ; acaissa, v. acacha ; acaissa, v. agassa.

ACAJOU (port, acajû, esp. acayoiba, ma- lais kayou, bois), s. m. Acijou.

Moble d'acajou, meuble en acajou.

ACALA (esp. acallar), v. a. Abriter, butter, proté-er, v. abriga, acela ; tasser, presser, v. quic/ia ; apaiser, calmer, v. abauca.

_ Acala sa nisado, couvrir sa nichée de ses ailes ; acala la caiado, presser le caillé avec les mains.

Lou loup e l'elefant Avien talent, e res pèr acala sa fam.

P. DE GEMBLOUX.

S'acala, s'ao\lha (g.), v. r. S'abriier ; ->■ calmer, se taire. Lou vent a'acalo, le vent s'apaise. E se sa maire me crido, S'acalara, santa-Diéi) !

A. RlGAL'D.

Acala, acalat (1.), ado, part, et adj. Abrité, apaisé, ée.

Digats-mc lou boun mont e serèi acalat.

A. GAILLARD.

R. à, calo.

ACALA IBE , ABELLO, AIBO, s. Celui, <;'•!!<■ qui abrite, tasse ou apaise, v. abrigaire, M. acala.

ACALAMEX, s. lu. Mise h l'abri ; tasseiri'-nl . pressée ; apaisement, v. abaucamen. R. acala . Acalfura, v. escaufura. ACAUGXASSI (S'), S'ACALIGXI, . l S

ner aux fréquentations amoureuses, v.fringa.

Acalignassi, acaiugnassi (m.), ido, part, et adj. Qui a une intrigue d'amour , amouraché, ée, v. fringarèu.

Acaligni pèr Eslerello.

CALENDAU.

R. à, caligna, cal/no.

ACALIXÂ , ACHALLVA (lim.J, ACHALEXA.

achaxela (h. lim.), (rom, acalinar), v. a. Echauffer, attacher fortement, v. afisca, en- galina.

S'acalina, v. r. S'échauffer à quelque chose, s'appliquer, s'attachera une occupation.

Âcalina, acalinat (1.), ado, part, et adj. At- taché, passionné, appliqué, ée. R. à, calino.

ACALOUBA, ACALOUXA (L), ACAUBA (nie. I, ACHAUBA(1.),ACHARLA (lim. ),ACHAUA (bord. I. (rom. acalorar, acalivar, cat. esp. acalo- rar, it. accalorare), v. a. Échauffer, donner de la chaleur, v. escaufa, escaufura, esca- louri.

E la lèndro besliolo Acalouro e cubris L'umblo paiolo.

S. LAMBERT.

S'acaloura, v. r. S'échauffer, se mettre à la chaleur.

Lou tèms s'acalouro pas gaire, le temps ne se radoucit guères. '

Acaloura, acalourat (L), ado, part, et adj. Echauffé, ée, qui a chaud pour être trop cou- vert.

D'aquel enguènt puissant n'a doui vas acaurat.

J. RANCHER.

R. à, calour.

ACALOURAXT, ACHARLAXT (lim.), AXTO,

adj. Echauffant, étouffant de chaleur, v. es- caufant, caudinas. R. acaloura.

Acalustra, v. escalustra.

acamaia, v. a. Accoster, v. abourda. Adounc qu'ounestamen l'aguèt acamaiat.

P. DE GEMBLOUX.

R. à, camai.

acamba, ACAMA (b.), v. a. Mettre à cali- fourchon, v. acavala ; enjamber, v. encamba ; laisser les jambes libres à un enfant, en Gas- cogne, v. donna H pèd.

Acamba, acambat (1.), acamat (bord.), ado, part, et adj. A califourchon.

Ben acamba, bien jambé, v. emboutela. R. à, cambo,

acambabada (s ), s'acamabada, v. r. Se faire camarade, devenir compagnon, v. amiga . assoucia.

S'acambarado emé quau que siegue, il se lie avec le premier venu. R. à, cambarado.

ACAMIXA, ACHAMiXA(d.), (rom. acaminar), v. a. Acheminer, v. adraia, cevia, encamina; mettre en train, v. atrina; mettre en fuite, chasser, v. coussaia.

S'acamin\, v. r. S'acheminer, se diriger, s'a- vancer, se hâter ; parvenir.

Li grand s'acaminon toujour, les grands font toujours leur chemin.

Aici moussu Birat que vès nous s'acamino.

H. BIRAT.

Acamina, acaminat (1.), ado, part, et adj. Acheminé, empressé, ée, en train. R. «, co- in in .

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acamixaire, arello, airis, s. et adj. Ce- lui, celle qui achemine; guide, soutien, pro- tecteur, trice, v. menaire. R. acamina.

acamixamex, s. m. Acheminement, v. a- viamen. R. acamina.

Acamount, v. eiçamount,

ACAMP, achamp (a.), (rom. acamp), s. m. Ramas, réunion, assemblée, v. rabai ; abcès, v. apoustemiduro, amasso.

Faire l' acamp, se réunir pour frayer, en parlant des poissons.

Calèudo es L'acamp di famiho.

A. TA VAN.

R. acampa.

a campa, achampa (a.), (rom. cat. acam- par), v. a. et n. Amasser, cueillir ; ramasser, recueillir, v. eue te ; acquérir, entasser, éco- nomiser, gagner, v. rabaia ; réunir, assem- bler, v. assembla; transporter, charrier, v. carreja ; chasser, mettre en fuite, v. cam- peja ; augmenter, croître, v. crèisse ; abou- tir, abeéder, v. abragui.

Acampa de vièure, amasser du bien ; a- campa li carto, relever les cartes ; acampa de graisso, de forço, prendre de l'embon- point, des forces ; acampa de sèn, prendre du bon sens ; acampa sa car, acampa sis os, se relever d'une chute ; acampa fam, gagner de l'appétit ; acampa set, devenir altéré ; acampa fre, être saisi par le froid; acampa som, tomber dans le sommeil ; acampa que- rèlo, prendre querelle ; li fedo acampon de lano, la laine des brebis commence à croître ; s'acampa d'ounour, acquérir de l'honneur ; acamp o acô souto l'envans, transporte cela sous le hangar ; moun det acampo, mon doigt apostume.

Pèr acampa l'ôubrage, Dôu tèms i'au eissuga l'outrage.

MIRÈIO.

Dins un jardin de rèi m'acampavon de flour.

J. ROUMANILLE.

Grand rèbe acampo lou bonur, pichou rèbe tou- jour l'atiro,

J. JASMIN.

grand rêve chasse le bonheur, petit rêve l'at- tire toujours.

prov. Anen plan e acampen bèn, ne nous hâtons pas et amassons bien tout (Ra- belais).

Quau pago, acampo. Fou desiron, sage acampon.

S'acampa, v. r. S'amasser, se réunir, se ras- sembler ; se relever d'une chute ; revenir au gite, rentrer chez soi ; se procurer, v. achabi.

Faire acampa lou mounde, faira amasser la foule ; aquêli blad s' acampon, ces blés s'épaississent ; acampo-ie 'no femo, cherche une femme ; s' acamp ara mies que d'àli, il se relèvera bien tout seul, en parlant de quel- qu'un qui tombe ; acampas-vous l'eu, ren- trez bientôt.

prov. La fiero sara bello, li marchand s'acampon, la foire sera bonne, les marchands s'assem- blent,

Acampas-vous, jouvènt, aliscas-vous, fîheto.

F. VIDAL.

Acampa, acampat (L), ado, part, et adj. A- massé, ée, recueilli, réuni, ie, rentré, ée.

Ma ftho s' es pancaro acampado, ma fille n'est pas encore rentrée. R. à, camp.

acampado, acampat (L), s. Ce qu'on a- masse en une fois, cueillette, ramassis, réu- nion, recueil, v. amassadis, rejouncho, ra- baiado.

L' acampado dis iôu, la collecte des œufs, que les garçons des villages font le mardi gras, v. carementreto.

Calèndo es la bello soupado, Quand degun manco a l'acampado.

A. TAVAN.

R. acampa.

acamp adou, s. m. Lieu l'on amasse, lieu de réunion, v. amassadou. R. acampa.

AGAMINAIRE AGANTOUNA

ACAMPADOU, OU1RO, s. Ramasseur, thésau- riseur, euse, dont la passion est d'amasser, v. acampaire, amassadou.

prov. A bon acampadou Bon escampadou.

R. acampa.

acampaduro, s. f . Apostume, mal d aven- ture, v. apoustemiduro, gor. R. acampa.

acampage, acampàgi (m.), s. m. Action d'amasser, de recueillir, de réunir, de char- rier, de chasser, v. amassage.

L' acampage de flous que n'as la faudalado.

A. ARNAVIELLE.

R. acampa.

ACAMPAGNARDl (s'), v. r. Devenir campa- gnard, prendre du goût pour la vie rurale, v.

apaisant. R. à, campagnard.

ACAMPAIRE, ARELLO, AIRIS, AIRO, S. et ad] .

Celui, celle qui amasse, qui recueille, qui ac- croît sa fortune, v. rabaiaire.

Acampaire de garbo, celui qui ramasse les gerbes.

prov. A paire acampaire Enfant escampaire,

ou

Après un acampaire Arribo un escampaire.

R. acampa.

acampamex (cat. acampament), s. m. A- mas d'humeurs, pléthore, v. amas.

Acô n'èro qu'un acampamen, disent les femmes qui, après une suppression des règles, éprouvent une perte considérable. R. acampa.

ACAMPASSI (S'), S'ACHAMPASSl(a.), CHAM-

pesi (lim.), v. r. Devenir inculte, v.ermassi, trescampa.

Acampassi, ido, part, et adj. Inculte. R. à, campas.

acampat, s. m. Ce qui est amassé, épar- gne, économies, v. espargne ; cueillette, ra- massis, v. acampado.

Aro vièu sus l'acampat, maintenant il vit de ce qu'il a gagné. R. acampa.

Acampeira, v. champeira ; acampeja, v. campe j a.

ACAMPESTRI (S'), S'ACHAMPESTRI (a ), V. r.

Tomber en friche, devenir inculte, v. er- massi, achampi, trescampa.

Acampestri, acampestrit(L), ido, part, et adj. Tombé en friche, inculte.

Acampeslrido e secarouso, L'inmènso Grau, la Crau peirouso Au soulèu pau à pau se vesié destapa.

MIRÈIO.

R. à, campestre.

acampestrimex, s. m. Abandon à l'état inculte ; état d'une terre en friche. R. acam-

'pestv i .

acampo, campo, s. f. Poursuite, chasse, combat à coups de pierres, en Languedoc, v. aqueirado.

Douna l' acampo, donner la chasse; à l a- campo ! à V acampo 1 cri de guerre des en- fants qui se battent avec la fronde, v. tabô.

Entourât de roumans qu'abioi toujour en campo,

J. JASMIN.

entouré de romans que j'avais toujours sous la main.

Malos, paquets, tout èro en campo,

ID.

malles, paquets, tout était en mouvement, R.

acampa.

acampo-bôuso, s. Ramasseur de crottin, v. bousiè.

Istarié d'agi 'nsin emb un acampo-bôuso !

A. ARNAVIELLE.

R. acampa, bàuso.

ACAMPO-BREN-ESCAMPO-FARIXO , S. m.

Celui qui fait de petites économies et de gran- des prodigalités, estrech au bren e larg à la farino. R. acampa, bren, escampa, farino.

Acampôu (d') pour d'enca 'n pau, à Nice.

ACAXA, DECAXA (m ), ACHANA, DECHAXA (a.), (b. lat, acanare), v. a. Abattre les oli- ves'avec un roseau, gauler les fruits, v. abala, caneja, escoudre, toumba ; fronder ; insul- ter, injurier, v. esqueireja; tromper, enjôler, v. engana.

Acana lis amelo, l i nosc, gauler les aman- des, les noix; acana l'enemi, mitrailler, ter- rasser l'ennemi.

Quau n'acano fai d'argènt.

J.-B. NALIS.

Em'uno chico sus lou nas, Souvèntei-fes leis acanas.

M. BOURRELLY.

E coumo bravamen acanon, las drouletos !

M. FAURE.

Acana, acanat(L), ado, part. Gaulé, ée. R. à, cano.

acaxado, s. f. Ce qu'on gaule en une fois ; époque l'on gaule les fruits. R. acana.

ACAXADOUIRO, ACHAXAVOUIRO et CHA-

nouiro (a.), s. f. Gaule pour abattre les fruits, v. gimble, jorg ; fronde, v. foundo.

Sèmblo uno acanadouiro, dit-on d'une personne trop grande. R. acana.

acaxage, acaxàgi (m.), s. m. Action de gauler les fruits, v. abalage. R. acana.

ACAXAIRE, ACHAXAIRE et DECHANAIRE (a.), arello, airo, s. Celui, celle qui gaule, v. abalaire; frondeur, v. founde^aire.

La grelo que dins un istant Toumbo mai de nose e d'amelo Qu'un acanaire dins sèt an.

A. AUTHEMAN.

R. acana.

ACAXALA (cat. acanalar), v. a. Canaliser, diriger l'eau par un canal, v. arriala, besala.

Acanala, acanalat (L), ado, part, et adj. Canalisé, ée, qui suit un canal. R. à, canau.

Acanarda, v. acagnarda; acanau, v. canau ; acance, acànci, v. cance ; acando, v. cando.

ACAXDOULA, ACAXDOURA (m ), ACAXDOU-

ria (Var), achaxdoura (a.), v. a. Achalan-

der,'v. apratica, aparrouquia; abonner, v. abonna, apountana.

S'acandoula, v. r. S'abonner, v. afeva.

Acandoula, ado, part, et adj. Achalandé; abonné, ée. R. à, cando.

ACAXDOULAIRE, ARELLO, AIRO, S. et adj. Qui achalandé, qui amène des pratiques. R. acandoula.

ACAXÈIO, CAXÈIO, AQUÈIXO (g.), (b. lat. haqueneya, esp. cat. hacanea, angl. hack- ney), s. f. Haquenée, v. faco.

Es vengu sus l'acanèio de sant Francis, il est venu sur la haquenée des Cordeliers, à pied.

Sus l'aquèino de nostre chicou, à pèd.

P. GOUDELIN.

Acani,v. agani.

acaxissa (b. lat. acannizare, esp. encar- nizar), v. a. Exciter un chien, mettre en fu- reur, haler, v. ahissa, bourra; gauler les ar- bres, v. acana.

Vous acanissaran a coup de cagatroues.

LOU TRON DE L'ÈR.

Fa deganissa, faire endèver.

S'acanissa, v. r. Se lever contre quelqu'un avec colère. R. à, canisso.

acaxtari, acaxtairit(1.),ido, adj. Tou- jours prêt à chanter, en train de chanter, v. cantarèu. R. à, canta.

acaxtela (rom. acantelar), v. a. Poser de champ, sur le côté ; écorner, v. embreca. R. à, cantèu.

Acanti, v. escanti.

acantix (lat, aeanthinus, épineux), s. m. Chardon bénit, plante, v. cardoun, babis, gafo-l'ase. R. acanto.

acaxto (esp. it. acanto, cat. lat. acan- thus), s. f. Acanthe, branc-ursine, plante, v. pato-d 'ourse .

Acanto espinouso , acanthe épineuse ; fueio d'acanto, feuille d'acanthe.

acaxtouxa (cat, esp. . acantonar, port. acantoar, it, accantonare), v. a. Pousser, cacher dans un coin, rencogner, acculer ; met- tre au pied du mur ; tirer à l'écart ; canton- ner des troupes ; écoinçonner un mur, y placer l'écoinçon, la pierre angulaire, v. acoufina, rambd, sousqueira.

Quand pou vous acantouna , lorsqu il peut vous rencontrer dans un coin.

ACAPA ACATE

S'acantouna, se ragantouna, v. r. Se cacher dans un coin, s'acculer. Vers la jasso a mouloun lou troupèu s'acantouno.

T. AUBANEL.

Acantouna, acantounat (1. nie.), ado, pari, et adj. Acculé, rencogné, ée.

Descuerbe acantounat un énorme gourbin.

J. RANCHER.

R. à, cantoun.

acapa, v. a. Cacher sous une cape, v. a- manta.

Acapa, ado, part. Caché, ée, blotti, ie. R. à, capo.

acapa rra (cat. esp. acaparrar) , v. a. Couvrir d'un manteau, envelopper, v. arnan- toula ; accaparer, v. encaparra.

S'acaparra de souri mantèu, s'envelop- per de son manteau ; s'acaparro pas, il n'est, pas permis d'accaparer ; acaparrado dins un chale, enveloppée d'un châle. R. à, capo, caparro.

Acaparraire, v. encaparraire ; acaparramen, v. encaparramen ; acapbat, v. cap-bal ; aca- pera, acapla, v. encapela.

AC4PI, v. a. Apprendre, à Nice, v. apren- dre ; comprendre, v. coumprendre.

La musico es coumo la freino : pèr bèn l'acapi, la fau aima.

J.-B. TOSELLI.

R. à, capi.

acapiala, v. a. Prendre dans un filet, en Rouergue, v. afielata.

Trases toun esparbièl Pèr nous acapiala joust aquelo rantelo.

A. VILLIE.

R. à, capial.

Acapita, v. capita ; acapla, v. acabla ; aca- pladuro, v. aclapaduro.

ACAPOrxi (s'), v. r. S'acoquiner, s'acagnar- der, se pervertir, v. degaia.

Acapouni, acapounit (1.), ido, part, et adj. Acoquiné; apeuré, ée ; devenu fripon. Lou bouèmi acapounit.

X. DE RICARD.

R. à, capoun.

Acapriça, v. encapriça ; acapsus, v. cap-sus ; acapta, v. acata ; acapte, v. acate.

acara (cat. esp. acarar, port, acarear), v. a. Confronter, mettre en présence, v. coun- frounta ; mettre un fusil en joue, v. agauta.

Acara, acarat (1.), ado, part. Confronté, ée. R. à, ca.ro.

acaralha (s'), v. r. Se chauffer à la flamme, à la partie la plus vive du feu, en Gascogne, v. tourroulha.

En bèt s'acaralha,

G-. d'astros. en se câlinant au feu. R. à, caral.

acaramex (port, acareamento), s. m. Con- frontation, v. couafrountacioun. R. acara.

acarcaveli (s'j, v. r. Tomber dans la dé- crépitude, en Languedoc, v. acourcoussouni .

Acarcaveli, acarcavieli, carcavielit (L), ido, part, et adj. Décrépit, ite, cassé, ée, bran- lant de vieillesse ou de vétusté.

Moble acarcaveli, meuble disjoint; es touto acarcavelido, elle est toute cassée. R. à, carcavièi, ca,scavèu.

Acarèu, aphér. de macarèu.

acàri, acarias, n. p. Accary, Acarie, A- cariès, Accarile, Acaria, Accarias, Carias, Car- rias, Charrias, noms de famille dauphinois qu'on peut rapporter au latin aquarius, fon- tainier, ou bien aux Quariates, peuple gau- lois qui habitait les Alpes, v. Queiras.

acariastre, astro, adj. et s. Acariâtre, v. charpinous, encaraire.

Avié lou biais un pau acariastre.

ISCLO D'OR.

R. acara. Acarignassi, v. acalignassi.

ACARXA, ACARXI, ACHARNA (a.), ACHARXI

(lirn.j, (it. aecamare, accarnire), v. a. A- charner, exciter ; donner le goût de la chair ; pourvoir de viande, v acarnassi.

Acarna l'espitau, fournir ,1a viande de boucherie de l'hôpital.

S'acarna, s'acarni, v. r. S'acharner, s'irriler. Car sus elo li gus semblavon s'acarni.

F. GRAS.

Acarna, acarnat (1.), ado, part, et adj. A- charné, ée.

E fan uno guerro acarnado A nostro lcngo tanl mannado.

A. MIR.

R. à, corn.

ACARXAMEX, ACHARXAMESÏ (a.), g. m. A-

charnement, v. achinimen.

L'infatigable acharnamen.

c. FAVRE.

R. acarna.

ACARXASSI, EXCARXASSI (1.), CARXASSI (rom. acarnacir, esp. encarnizar), v. a. Habituer à manger de la chair ; acharner, v. acarna.

S'acarnassi, v. r. S'habituer à la chair, s'a- charner.

S'aprocharon de l'osl de Carlemayne et aqui se van acarnassir.

TERSIN.

Acarnassi, acarnassit (1.), ido, part, et adj. Habitué à la chair, avide de chair ou de viande ; acharné, ée.

Li porc acarnassi soun dangeirous, les porcs nourris de viande sont dangereux. Ounte cabusso acarnassido Aquelo escarrado d'arpians ?

G. AZAÏS.

R. à, carnasso.

acarougxadi,agaurigxadi(1.),v. a. Ren- dre charogne, acoquiner, v. agourrini .

S'acarougnadi, v. r. Devenir rosse.

ACAROUGNADI, ACAROUGNADIT (1.), IDO, part, et

adj. Acoquiné, ée, paresseux, euse. R. à,ca- rougnaao.

acarrali, v. a. Creuser des ornières dans un chemin.

S'acarrali, v. r. Se remplir d'ornières.

Acarrali, acarralit (1.), ido, part, et adj. Plein d'ornières ; foulé après la pluie. R. à, carrau.

acarreira, v. a. Conduire ou loger dans une rue ; acheminer, v. encarreira.

Acarreire ,'eires , èiro, eiran, eiras,èiron.

Se bèn acarreira, se loger dans une bonne rue; esmau acarreirado, elle habite un vi- lain quartier. R. à, carriero.

ACARREIRA, ACARRELA, ACADEIRA, V. a.

Fronder, lapider, chasser à coups de pierres, v. aqueira, esqueireja.

Acarrclle, elles, ello, élan, elas, ellon.

S'acarrela, v. r. Se battre à coups de pier- res. R. à, carrèu.

acarreiradou, s. m. Lieu l'on se ren- dait pour s'exercer à la fronde ou pour se bat- tre à coups de pierres, v. aqueirado, esquei- rejado. R. acarreira.

Acarustra, v. escalustra.

ACASA, ACASI (1.), CASI (rom. acasar, ac- casar, it. accasare), v. a. Établir, caser, ma- rier, v. rnarida ; enfermer, v. embarra ; at- tirer dans ses intérêts, v. atira ; acquérir, procurer, réserver, v. aquesi.

S'acasa, s'acasi, v. r. S'établir, se marier.

Que lous Trouians un jour s'enangon acasi

Al pais italian.

J. DE VALÉS.

Que s'aquel rèi vol se casi, Troubara rèinos tant aimablos Que saurra pas quino causi.

DEBAR.

Acasa, acasit (1.), ado, ido, part, et adj. E- tabli, ie; marié, casé, ée ; enclos, ose.

La toustonno acasido en despièit des renouses.

miral moundi.

R. à, caso.

acasamen (it. aeçasamento, b. lat. acca- samentum), s. m. Établissement, v. establi- men. R. acasa.

acasela, v. a. Empiler, en Rouergue, v. ernpiela.

Âcaselle, elles, ello, élan, elas, ellon. Acaselat, ado, part. Empilé, ée. R. à, ca- sello.

ACASSA, v. a. Prendre à la chasse, attrap'-r, v. a.rrapa., aga/ata ; chasser, poursuivre, v. coucha,; pour arranger, parer, v. a.ca.tha pour couvrir, celer, v. acata.

Acassa de niera, attraper des puces; un tèms acasso l'autre, après un temps il en vient un autre; m'acassaras pas pu$(1ii- gotj, tu ne m'y prendras plus.

Acassa, acassat (1.), ado, part, et adj. At- trapé, ée, pris, ise ; Acassa, nom de fam. prov. R. à, casso.

Acassaduro, v. acachaduro; acasso, v. a- gasso.

ACASTIHA, ACASTIMIA (1. g OCa -

tillar, port, acastellar, it. accastellare), v. a. t. de mar. Accastiller, v. castela.

Acastiha, ado, part, et adj. Accastillé. ée, accompagné de ses deux châteaux, en parlant d'un vaisseau. R. à, cast'eu.

acastihage, ACASTiHÀGi (m,-), (esp. acas- tillage), s. m. Accastillage. R. acastiha.

ACATA, CATA (lim. auv.J, ACASSA \

(cat. acatar, fr. cacher), v. a. Couvrir, celer, cacher, dissimuler, protéger, v. aclata, ama- ga, curbi ; enfouir, butter, v. enterra ; abais- ser, v. beissa.

Acata lou fià, couvrir le feu ; acata 'no fauto, cacher une faute ; acato-me bèn, couvre-moi bien ; acata lou cap, baisser la tête.

Acatals açabal un regard de vostre èl.

A. MIR.

Pèr acata si petoun.

B. CHALVET.

S'a fre, l'enfant, L'acatarai, pechaire !

L. ROUMIEUX.

prov. Entre Nosto-Damo de mars veni, Acatolou fiô, e vai-t'en dourmi.

S'acata, v. r. Se couvrir, se tapir sous ses couvertures ; se baisser, se courber, se tain1 : s'abaisser, s'humilier.

En m'acatant, m'a toumba de lapàchi, en me courbant, cela m'est tombé de la poche.

Acata, acatat (L), ado, part, et adj. Cou- vert, erte ; dissimulé, ée, humble ; baissé, ée.

Lou mort es acata, le cadavre est enterré : n'i'a terro acatado, la terre en est jonchée ; parlaras se 'n cop lou fià 's acata, tu auras la parole après le couvre-feu, se dit à un en- fant ; es un acata, c'est un sournois. R. à, cat, ato, coi.

acata, GATA (Menton), (rom. cat. esp. a- captar, it. accattare, b. lat. accaptare), v. a. Donner à emphytéose, v. apcnsiouna : acheter, v. achata. R. acate.

ACATADO, s. f. Ce qu'on couvre en une fois, fi. acata.

ACATADOU, CATADOU (g.), S. m. Couvercle, v. curbecèu. fi. acata.

ACATAGE, ACATÀGI (m.), ACATA TGE (1. g.), s. m. Action de couvrir; couverture, v. cu- berto.

Ai trop d'acatage, mon lit est trop cou- vert.

Toujour de soun constat poutiron l'acatage.

A. BIGOT.

Anen, quistas pertout, pourlas-li d'acatàgi.

EMERY.

R. acata.

ACATAIRE, ARELLO, AIRO, s. et adj. Celui, celle qui couvre, cache, dissimule, v. moto. Siéu crentous, siéu foueço acataire.

J. CAULET.

R. acata.

ACATAilIEX, ACATOMEX (L), s. m. Action de couvrir, de cacher, d'être caché ; abaisse- ment, v. abeissamen.

Al noum de l'acatamen e de l'escurino.

A. FOURÈS.

R. acata.

ACATE, ACHATE, ACHAPTE et ACHAPTÈI.

(l.\ (rom. acapte, achapte, capte, lat. aca- pitum), s. m. Acapte, droit qu'on payait au seigneur pour l'investiture emphytéotiqne : emphytéose, v. enfiteàsi, reacate, auber- gamen.

ACATO AGERTA

Lis Acate, les Accates, village de la ban- lieue de Marseille qui prit son nom de baux emphytéotiques établis par Jacques de Forbin.

Rèire-acate, arri&re-acapte.

acato, CATO (lim.), s. f. Pierre de couron- nement, enfaiteau, couverture, v. arraso, encrcstamen ; dalle qui recouvre un conduit, un fossé, v. graso. R. acata.

acato (lat. Achates), n. p. Achate, com- pagnon d'Enée.

Iéu ère soun fldèl Acato.

D. SAGE.

D'abord Acato me prendra,

c. FAVRE.

ACATOCLA, ACATOURA (m.), ACATRIA (g.), v. a. Couvrir légèrement, cacher sous le pan de sa robe ; choyer, caresser, mignarder, v. acachouli, cachonla ; recueillir, mettre en lieu sûr, v. rccata.

Tendramen acatoulo l'enfanço.

P. DE GEMBLOUX.

R. acata.

ACATOUX (D'), d'acachoux, loc. adv. En se cachant, en tapinois, v. escoundoun. Ana d'acatoun, avancer sans se montrer. Reslarai toujour d'acatoun.

M. DE TRUCHET.

En arribant bèn plan n'intras que d'acatoun.

ID.

R. acata. Acaua, v. acavala.

ACAUMA , CAUMA (g.), v. a. Suffoquer de chaleur, v. acaloura ; faire reposer un trou- peau, v. achauma.

Aqv.elo flassado m'acaumo, cette couver- ture de laine m'accable.

Abèn un pla bel jour, mais le soulèl acaumo.

DAVEAU.

R. à, caurno.

acaumi(v. fr. calmir), v. a. Calmer, apai- ser, en Gascogne, v. abauca, apasima.

Acaumit, ido, part, et adj. Calmé, ée; rem- pli de chaleur lourde.

Vent pesucas, vent acaumit.

g. d'astros.

Auro acaumido, accalmie. R. à, calaumo. Acaura, v. acaloura ; acaus, v. caus. ACAUSSA, v. a.'Enchausser, butter une plan- te, v. caussa. R. à. causso. Acava, v. acaba.

ACAVALA, ACAVAUCA, ACAVAUTA (m.), A- CARALA (b.), ACARALGA (1. g.), ACAUA, A- CRAUA (g.), (esp. acaballar, it. accaval- ciare, accarallare), v. a. Monter à cheval, à califourchon, achevaler, v. cavauca, enca- vala, escambarla.

Acavalo la paret, monte sur le mur.

S'acavala, s'acavauca, v. r. Se mettre à cheval.

Acavala, acabalat (b.), ado, part, et adj. Monté à cheval ; chevauché, ée.

An hèit viene un saumet, puich l'an acabalat dessus.

PICOT.

R. à, cavau.

Acavi, v. achabi, chabi ; acaxa, v. acacha.

Acc... v. par ace, aci, acu, les mots qu'on ne trouvera pas par acc.

Ace, v. ah ! ço; acè, v. acié.

ACEBEXCHI.ACEBEXQUI, EXCEBEXQUI, V. a.

Racornir, resserrer, en parlant de l'action du froid et du vent sur les fruits et sur les arbres, v. ressarra, re ti ra ; opprimer, écraser quel- qu'un, v. esquicha.

Acebenchisse, isses, is, issèn, issès, isson.

S'acebenchi, v. r. Se resserrer, se ratatiner, rabougrir ; se soumettre humblement. "

Se leissa accbenqui, se laisser opprimer.

Acebencui, iuo, part, et adj. Racorni, rabou- gri, ie, avorté, ée.

Uno vièio acebenchido, une vieille rata- tinée.

Avien moun couer encebenqui.

A. CROUSILLAT.

R. à, ceben.

acebexchimex, s. m. Racornissement, v. retiramen. R. acebench i .

ACÈDI, ACCÈDIT (1.), (lat. acceditj, s. m. Descente de juge, v. descèndo ; consultation de médecins dans la chambre du malade, v. counsulto.

Faire l'acèdi, faire une descente; vnver- bau d'acèdi, un procès-verbal d'accedit. E vivènt, dins lou cros faguères toun acèdi.

T. AUBANEL.

Douge loueis-d'or pèr très acèdi, E sus acô pa 'n liard de crèdi.

v. gelu.

acedi, aceda (cat. accedir, esp. port, ac- céder, it. lat. accedere), v. n. Se porter sur le lieu du délit; accéder, v. counsenti.

Se conj. comme cedi, céda.

Se noun volon acedi, s'ils refusent d'ac- quiescer. .

aceface (rom. acephali, cat. esp. port. it. acefalo, lat. acephalus), s. m. t. se. Acé- phale, enfant qui vient au monde sans tète ou sans cerveau.

Acei, v. eici ; acèi, v. acié.

aceira, ACIEIRA (1.), (rom. port, aceirar, cat. esp. acerar), v. a. Acérer, garnir d'acier; aciérer, convertir en acier, v. ressua ; affer- mir, consolider, asseoir, v. assegura.

Acèire, êtres, èiro, eiran, eiras, ciron.

S'aceira, v. r. S'affermir, se consolider.

Acfira, acieirat (1.), ado, part, et adj. A- céré, ée, affermi, ie, rassis, ise. R. acié.

ACEIREX, ACIEIREXC (1.), Excofrom. acei- rin, aceiral, esp. acerino), adj . D'acier, dur comme l'acier, acérain, aine.

Emé brassau e cuissau aceiren.

ARM. PROUV.

R. acié.

ACELA, ACIELA, ACIALA (1.), AÇALA (lim.). v. a. Mettre à l'abri du vent, v. abriga, acala. Acelle, elles, ello, élan, elas, ellon. A l'acela, à l'abri.

C6 fai que nous van alai Nous acela sous lou plai.

CH. POP. LIM.

Pèr las acela jous mas trelhos.

A. CHASTANET.

S'acela, v. r. S'abriter, se mettre à couvert.

Acela, ado, part. Abrité, ée. R. à, cello.

A cei.era, accéléra (1.), (esp. acelerar, cat. port, accelerar, it. lat. accelerare), v. a. Accélérer, presser, v. abriva , coucha, en- tancha, despacha.

Acelère, ères, èro, eran, eras, èroiî.

Parten dounc pèr la grand roubino, Acelereii noste despart.

J. DÉSANAT.

Acelera, accélérât (1.), ado, part, et adj. Accéléré, ée.

Sa bèutat s'avalis à pas accélérât.

DEBAR.

ACELERACIOUX, ACELERACIEX (m.), AC-

celeraciÉI) (1.), (cat. acceleraciô, esp. ace- leracion, lat. acceleratio, onis), s. f. Accé- lération, v. abrivacioun, coucho.

ACÈXDRE (rom. acendre, accendre, port. acender, esp. accender, it. lat. accenderej, v. a. Allumer, enflammer, à Nice, v. abra, atuba, encèndre.

Acèndi, èndes, ènde, endèn, endès, èndon.

Nem a l'aular majour acènde doui candèlo.

J. RANCHER.

Un cand qu'acènde l'esco.

id.

Acendu, udo, part. Allumé, ée.

La làmpeo de l'autar si trouvavo acendudo.

ID.

Acenello, v. acinello.

acexsa (rom. acensar, accensar, aces- sar, cat. esp. acensar, it. accensare), v. a. Acenser, donner à cens, v. afeva ; prendre à ferme, en bas Limousin, v. arrenda.

Acensa, ado, part. Acensé, ée. R. à, cènso.

acexsaire (rom. acensayre, assensador), s. m. Celui qui prend à cens, fermier (vieux), v. censau. R. acensa.

ACEXSAMEX (rom. acensamenl), s. m. A- censement, v. afevamen. R. acensa.

acèxso (rom. accensa, assensa), s. f. A- cens, terre tenue à cens, v. cènso ; Assence, nom de fam. prov. R. acensa.

ACÈXT, ACCEXT (1. g. b.), (rom. cat. accent, esp. acento, it. port, accento, lat. accentus), s. m. Accent, v. titoulet.

Acènt que tirasso, accent traînant, v. re- lais ; acènt agut, accent aigu ; acènt grèu, accent grave. Ces deux accents sont usités en provençal pour différencier l'e fermé, e estré, et l'e ouvert, e larg. Ainsi avé, poudé, ca- restiè, peu, Dieu ont la tonique moins ou- verte que proucès, nè, café, pèu, l'eu. Ces accents servent aussi à distinguer l'o estré de l'o larg. Ainsi doi*, pôutroun, ôulivo doi- vent se prononcer plus sourdement que dôu, pàu, biàu. La plupart des mots qui ont en provençal l'accent grave sur l'è, comme pa- rènt, lusènt, rèn, bèn, prennent en langue- docien un e fermé, parent, lusent, re, be, et vice versa les e fermés du provençal, comme panié, premiè, sabatié, deviennent généra- lement ouverts en languedocien, paniè, pre- miè, sabatiè.

Vosle paire meno l'araire,

E voste acènt sènt lou terraire.

AD. DUMAS.

E dins mis auriho dindo L'acènt de la lengo lindo.

G. B.-WYSE.

Hèi, Gourgoulet, m'es avis qu'àusi Tout l'accènt de moun segne-grand.

G. ZERBIN.

ACENTUA, ACCEXTCA (1. g. b.), (cat. port.

accenluar, esp. acentuar, b. lat. it. accen- tuare), v. a. Accentuer. a

Acentua, ACCENTUAT (1.), ado, p rt. et adj. Accentué, ée. R. acènt.

ACEKTUACIOUX, ACEKTUACIEX (ni.), AC- EXTUACIÉU (1. g.), (cat. accentuaciô, esp. C centvacion, b. lat. accentuatio, onis), s. Accentuation.

Avèn respeta l'acentuacioun.

C. DE VILLENEUVE. ACEPCIOUX, ACEPCIEX (m.), ACCEPCIEU

(1. g.), (cat.acce]3ciô, esp. acepeion, lat. ac- ceptio, onis), s. f. t. se. Acception. Acepta, v. aceta.

acèr (rom. Acer), n. de 1. Acer (Basses- Pyré nées).

Acera, V. eila ; acerafin, v. afin.

ACERRAMEX (esp. it. acerbamente), adv. Aprement, v. aspramen. R. acerbe.

ACERRE, ERRO (it. esp. acerbo, lat. acer- bus), adj. t. littéraire. Acerbe, v. aspre, is- pre, arèbre.

Leigènt an tant de superbo Que iéu trôvi qu'a bouen couer, Même quouro sèmblo acerbo.

E. NEGRIN.

acerca (rom. cat. esp. port, acercar), v. a. Approcher, accoster, en Languedoc, v. a- bouraa, aproucha.

Se conj. comme cerca.

Acerco-lou, accoste-le.

S'acerca, v. r. S'approcher.

Tabé toutos s'en acercavon.

P. DE GEMBLOUX.

Lou loup s'acerquèt mai.

ID.

Acercat, ado, part. Approché, accosté, ée. D'un chi sauva tge es acercat.

ID.

R. à, cerco. acerco, s. f. Approche, v. aproche.

Predigués pas jamai l'acerco dau malur.

P. DE GEMBLOUX.

R. acerca.

Acero, v. aquelo; acerô, v. acô-d'eila.

ACERTA, ACERTI(L), ASSARTA (lim.), (rom. cat. esp. port, acertar, it. accertarc), v. a. Certifier, assurer, v. afourti ; rencontrer, de- viner, réussir, v. capita.

L'on acerto que, on assure que.

ACERTAMEN ACHATOURLI (S')

2\

Acerta, acertat (L), ado, part, Assuré, ée; réussi, ie.

Ai acerta 'n fort numéro, j'ai tiré un fort numéro; cop ban acerta, coup bien réussi. R. à, cert.

acertamex (rom. acertamen, cat. acert, esp. acertamienlo, it. acertamento), s. m. Affirmation, assurance , preuve , v. assegu- ranço. R. acerta.

ACERTAXA (rom. acertenar, v. fr. acer- tainer), v. a. Rendre certain, convaincre, v. assegura.

Acertana, acertanat (1.), ado, part, et adj . Convaincu, ue. R. à, certan.

ACES, At'.HÈS(L), ACCÈs(g. cat,), CÈS(querc), (esp. port, acceso, it. accesso, lat. accessus), s. m. Accès, v. abord ; abri, en Gascogne, v. sousto, recès ; redoublement de fièvre, v. ranfort, recoupamen.

Boutas-wous à l'acès (Jasmin), abritez- nous ; à l'acès d'un auba (F. de Gortète), à L'ombre d'un saule ; fèbre d'acès, fièvre inter^ mittente.

Acèsses, achèsses, plur. lang. d'acès. prov. Lis acès d'avoust Duron un an o dous. ACESSA (rom. asessarj, v. n. Se mettre à l'abri, v. assousta, abriga.

Acèsse, èsses, èsso, essan, essas, èsson. R. acès.

acèssi , accessit (1.), (cat, lat. accessit), s. m. Accessit, mention honorable, v. men- cioun.

Avié gagna lou premier accessit.

ARM. PROUV. ACESSIBLE, ACCESSIBLE (1.), IBLO(cat. ac- cessible, esp. accesible, it. accessibile, lat. uccessibilis), adj. Accessible, v. abourdable, aprouchable.

Soun aspresso gaire acessiblo.

CALENDAU.

ACESSIOUX, ACESSIEX (m.), ACCESSIEU (1. g.), (rom. cat. accessià, esp. accesion, it. accessione, lat. accessio, onis), s. f. t. se. Accession.

ACESSÔRI , ACCESSÔRI (1. g.), ÔRIO, ÔRI, (rom. cat. accessori, esp. accesorio, it. port. accessorio, b. lat. accessorius), adj. et s. m. Accessoire ; soin minutieux, détail, circonlo- cution, embarras, v. bescountour.

Que d'acessàri ! que d'attirail!

Nou pèr naturau ajntôri, Mès coumo pèr un accessori.

G. d'astros. ACESSOURIMEX (cat. accesso riment, it. port, accessoriamente, esp. accesoriamen- tej, adv. Accessoirement, incidemment. R. a- ci'ssôri.

Aceste, esto, v. aqueste, esto ; acet, ero, v. aquéu, elo.

ACETA, ACEPTA, ACCEPTA (1.), (rom. cat. acceptar, esp. aceptar, port, aceitar, it. ac- ecttare, lat. acceptare), v. a. Accepter, v. re- ce'ore.

Accte, êtes, èto, etan, etas, èton, ou (1.) uccêpti, èptes, etc.

Acà s'aecto pas, on ne doit pas accepter cela.

Acetas loui de couor ço que lou couor vous douno.

J. RANCHER.

E H segnour courtés acèton lou présent.

F. GRAS.

Aceta, acceptât (1.), ado, part. Accepté, ée; pour excepté, v. eiceta.

ACETABLE, ACCEPTABLE (1.), ACEPTAPLE

(1. •!.), ablo, aplo (cat. acceptable, esp. ac- ceptable, it. accettabile, lat. acceptabilis), adj. Acceptable.

Tôulis les ciéutadins souu acceptables pèrtoutos las dignilals.

A. FAIDIT.

U ETA( lOL' V, ACETACIEX (m.), ACCEPTA- ŒO Cl. j-'.j, Ccat. acceptacià, rom. accepta- men, wj>. a.ceptacion, port, aceitaçâo, it. accettazione, lat. acceptatio; onis), s. f. Acceptation.

Manda soun acetacioun.

C. DE VILLENEUVE.

R. aceta.

ACETA IRE, ACCEPTAIRE (L), ARELLO, Al KO

(cat. acceptador, esp. aceptador, port, acei- tador, it, acceltalore), s. Gelui, celle qui accepte, accepteur.

L'acetaire d'uno letro de change, l'accep- teur d'une lettre de change. R. aceta.

aceti, acetic (1.), ico (cat. acetich, esp. it. acetico), adj. t. se. Acétique.

Acide aceti, acide acétique.

acetous, ouso, ouo (m.), (rom. cat. acc- tos, esp. port. it. aceioso, lat. acetosus), adj. Acéteux, euse, aigre, v. aigre, aisse, espoun.

ACETOUSO, ACETOCO (il).), ACITOURO, Cl-

TOURO (a,), (it, lat. acetosa), s. f. Oseille, o- seille ronde, plante, v. eiqreto. R. acetous.

ach, AT (b.), (esp. hasta), prép. Au, à la, en Gascogne (Azaïs), v. à, cach.

Ach oustau, à la maison ; ach coustat, au côté.

ACH, aich, interj. Aïe, ouf, cri de douleur ou de surprise, en Gascogne, v. ai, houi. R. aisso.

acha (rom. ayssar, it. acciare, lat. as- ciare), y. a. Hacher, v. chapla, capoula ; pour avoir, prendre, v. aja.

Me fariéu acha, je me ferais hacher.

Acha, achat (1. g.), ado, part, et adj. Ha- ché, ée. R. acho, aisso.

Acha, v. à cha; achaba, v. acaba; achabala, v. acabala ; achabènço, v. chabènço.

achabi, achavi (cl.), ACA VI (L), v. a. Per- dre, éloigner, égarer, dissiper, en Forez, v. chabi ; gaspiller, achever, v. acaba.

Se conj. comme chabi.

S'achabi (it. accivirsi, b..lat. acapere), v. r. Se procurer, se pourvoir de, v. acampa.

S'achabi uno femo, prendre femme ; s'es achabi un ase, il s'est pourvu d'un âne. R. à, chabi.

Achabrida, v. cabrida.

ACHADIS, ACHIS, s. m. Hachis, v. archi- pot.

Dam l'achis a l'esloufaduro E le pastis à punto d'al.

P . GOUDELIN.

R. acha.

achado, s. f. Ce qu'on hache en une fois, hachis, v. capoulado . R. acha.

ACHADOU, s. m. Hachoir, v. cabussèu, pla- tello, picadouiro.

Coutèu achadou, grand couteau à hacher. R. acha.

ACHAIRE, ARELLO, AIRO (1. g.), s. Celui, celle qui hache, v. chaplaire ; hachoir, v. taiadou. R. acha.

ACH AL A XD A, ACHALAXDI (d.), V. a. Acha- lander, v. acandoula, apratica , aparrou- quia, avouga.

Farai ço que pourrai pèr que bèn l'achalandes.

A. CROUSILLAT.

Achalanda, ado, part, et adj. Achalandé, ée. R. à, chaland.

ACH AL AXD AIRE, ARELLO, AIRO, S. Celui , celle qui achalandé, v. acandoulaire. R. a- chalanda.

Achalena, achalina, v. acalina; achamina, v. acamina ; achamouti, v. agamouti; achamp, v. acamp; achampa, v. acampa; achampassi, v. acampassi ; achampeira, v. champeira ; acham- pestri, v. acampestri.

achampi (S'), SE champi (lim.), v. r. De- venir inculte, v. acampassi ; s'attacher à quel- que chose, s'opiniâtrer, v. achini.

Achampi, ido, part, et adj. Inculte ; tenace, opiniâtre.

Bèn achampi, terrain abandonné. R. à, champ.

Achana, v. acana ; achanaire, v. acanaire ; achanau, v. chanau ; achanavouiro, v. acana- douiro; achanço, v. cance.

achaxcri, v. a. Ronger comme un chancre, v. rousiga.

La luno achancris li pèiro, dicton et croyance populaire.

S'aciianoik, v. r. Être attaqué du chancre.

Acjjancfu, rno, part, et adj. Rongé par le chancre, li. à, chancre.

ACHANCRIMEBT, & m. Kro ion, v. rOVSiga- duro. R. aehaneri.

Achandoura, v. acandoula ; achanela, v. aca- lina ; ach an ta, v. oclianta.

ACHAPA.ACHACPA | rh.;.CIIAPA Çlt.OCchiap- pare), v. a. Attraper, faire tomber dans le piège, tromper, v. arrapa. prov. Noun te presses, senoun pèr acliapa li niero.

S'achapa, v. r. S'attraper, trouver chape- chute.

Achapo-t 'aquôu , attrape ce coup. Achapa, achapat (1.), ado, part. Attrapé, heurté, ée.

Mai tu m'as bèn mies acbapat.

valeton.

R. aclapa.

achâpadou, s. m. Attrape, piège, v. leco. l\. achapa.

ACHAPAIRE, arello, AIRO, .s. Celui, celle qui tend des pièges, trompeur, euse, v. enga- naire, agouraire. R. achapa.

achapatori, s. m. Attrapoire, pierre d'a- choppement, v. acipadou, alrapatàri. Lou mounde es plen d'acbapaiôri.

A. CROUSILLAT.

R. achapa.

Achapte, achaptèl, v. acate.

ACHARD, ETCHARD(b.), ACHER(auv.), (noms

ail. Ascher, Atger, nom b. lat, Aggiardusj, n. p. Achard, Achardy, Etchard, Acher, Aché, Agier, noms de fam. mérid.

Lou dôutour Achard, Claude-François A- chard, de Marseille (1751-1809), auteur d'un Vocabulaire provençal(Marseille, 1785)et d'une Riographie des hommes illustres de la Pro- vence ; Sant-Achard, Saint-Achard (Isère), nom de lieu.

Achardit pour ah ! s'ardit ; acharla, v. aca- loura ; acharna, acharni, v. acarna, acarni; achas pour agachas, v. agacha; achas pour ajas, agués ; achassa, v. ajassa; achat, v. eis- sado.

ACHAT, ACHATE (lim.), ACHÈT (rh.),(it. in- cetta, b. lat. acaptum, achetum], s m. Achat, v. croumpo.

As fa 'n paurc achat, tu as fait une mau- vaise acquisition. R. achat a.

ACHATA, CHATA (auv.), ACHETA (rh.), CHE- TA, ACHITA (d.), CHOTA (lim.), (rom. acaptar, it. incettare, b. lat. acaptare, achaptare), v. a. Acheter, v. croumpa, afita.

Quau te counèis pas, que t'achate, se dit à quelqu'un dont l'extérieur trompe ; UProu- vençau achatarien li fèsto, les Provençaux aiment beaucoup les fêtes ; li femo s'achaton, on ne déroge pas en épousant une femme pour sa beauté.

Pèr n'achata n'a plus d'argènt.

c. BLAZE.

Achata, achatat (L), ado, part. Acheté, ée. R. acata 2.

ACHATAIRE , ACHETAIRE (rh.) , ARELLO , AIRO (b. lat. achaptator), s. Acheteur, euse v. croumpaire.

l'a mai de vendèire que d'achataire, il y a plus de vendeurs que d'acheteurs. S'atroubavo plus d'achataire.

p. GIÉRA.

R. achata.

Achate, v. acate ; achati, v. agati.

ACHATOURLI (s'), v. r. Devenir amoureux des jeunes filles.

Moun cor s'acbatourlis.

J. ROU MANILLE.

Achatourli, ido. part, et adj. Qui aime, qui recherche les jeunes filles.

Dins nosti vers achatourli Es pièi caniado e recaniado.

ARM. PROUV.

L'autour di Sounjarello

Querèlo Mi vers achatourli.

A. MATHIEU.

R. à, chato.

AGHAUMA AGINSA

Achaua, v. acaloura.

ACHAUMA, achaumi, v. a. Réunir les brebis pour les faire reposer pendant la chaleur.

S\chauua, s' achaumi, v. r. Cesser de man- ger, se reposer pendant la chaleur, en parlant des troupeaux.

La terro aperalin s'achaunao dins l'oumbrun.

C. BAGNOL.

V soundalou mau-cor ounte vau m'achaumi.

CALENDAU.

Achauma, ado, part, et adj. Qui repose. Destousco aperalin li troupèu achauma.

MIREIO.

R. à, ehaumo.

achaume, n. p. Achaume, Achalme, nom de fam. prov. R. Ansèume ?

Achaumouti, v. agamouti : achaupa, v. a- chapa; achaura, v. acaloura; achaus, v. caus.

achavani (S'), v. r. Se mettre à l'orage, v. enauragi, encabana, entrouni.

Achavani, ido, part, et adj. Chargé d'orages, orageux, euse.

Car lou mounde es achavani.

ISCI.0 d'or.

De-longo achavani pèr de flot d'amaresso.

R. MARCELIN.

R. à, chavano.

Achavi, v. achabi ; ache pour atge, âge ; ache pour âge, ague; ache, v. aisso ; acheita,

V tISSGtjct

ACHEN, s. m. L'Achen, montagne des envi- rons de Uraguignan (Var). Achen pour agen, aguen; acheri, v. esqui-

rôû. . .

ACHEROUN (rom. lat. Acheron, ît. port. A- cheronte), s. m. L'Achéron, fleuve infernal. A franqui lou nègre Acheroun.

H. MOREL.

Lou jour que toun bèl uelh au founs de nia courado Dounèt lou cop mourtau, aniéu troubar Caroun, Afin de mi passar las ribos d' Acheroun.

LA BELLAU DIÈRE.

Achès, achèsses, v. acès ; achès, adresse, achèsson, pour agués, aguèsse, aguèsson ; a- chèt pour agèt, aguè ; achèt, v. achat ; acheta, v. achata; acheti, v. agati; acheto, v. eisseto; achi, achiéu, v. eici.

achicouti, v. a. Rapetisser, en Guienne, v. apichouti. R. à, chicot, chic.

Achiéula, v. acula.

ACHILE, ACHILLE (1), CHILOUN , CIHLOU

(it. Achille, rom. lat. Achilles), n. d'h. Achille. Digas-ié qu'avès mau de cor De vèire Achile sènso vèsto.

AD. DUMAS.

Qui sauriô ço qu'Achilles èro Sensé le bèl esprit d'Oumèro ?

P. GOUDELIN.

Vous avès melhou fach qu'Achilles.

D. SAGE.

Achilhou, v. sengloun.

ACHILIÉU (rom. cat. Achilleu, lat. Achil- leus), n. d'h. Achillée.

Sant Achilièu, saint Achillée, martyrisé à Valence (Drôme) en 212. Le mystère des saints Félix, Fortunat et Achillée, joué à Valence en 1524 pour la dernière fois, s'y jouait tous les vingt-cinq ans de temps immémorial.

achina, v. a. Hacher menu, en Limousin, v. capoula. R. acha.

achina, v. a. Poursuivre une femelle, en Dauphiné, v. coucha, segui. R. à, chino.

Achinca, v. aguincha.

achini, acheni (esp. achinar, it. acca- nirej, v. a. Acagnarder, acoquiner, attacher avec excès, v. afisca, ôupigna.^

Achinisse, isses, is, issèn, issès, isson.

Aquéu rouman vous achinis, ce roman attache beaucoup.

S'achini, v. r. S'opiniâtrer à une chose, v. encagna, atissa.

Achini, ido, part, et adj. Acagnardé, opiniâ- tre, ée.

Couquin d'or, quand t'avèn, nous tènes achini.

J. ROUMANILLE.

Em'uno ensistanço achinido.

J. DÉSANAT.

R. à, chin.

ACHINIMEN, s. m. Application opiniâtre,_ at- tention excessive, v. afîscacioun. R. achini.

ACHINISSÈNT, ÈJfTO, adj. Qui acoquine, qui attache trop, absorbant, ante. R. achini.

achinouta, v. n. Chienner, mettre bas, en Velay, v. cadcla, cagnouta. R. à, chin, che- noto.

ACHIXTRE (nom it, Archinto), n. p. Achin- tre, nom de fam. prov.

Achipa, v. acipa; achipelle, v. ausipèlo, en- sipèlo ; achipouta, v. chipouta.

achiqueta, v. a. Déchiqueter, charcuter, v. chicouta. R. à, chiquet.

Achira, v. aqueirado; achis, v. achadis ; a- chita, v. achata ; achital, v. eicito ; achiu, v. eici.

ACHO, ATO (1.), (rom. lat. actaj, s. f. Atti- tude, geste, en mauvaise part, dans les Alpes, v. gestas.

Âcho pour agacho, v. agacha ; acho pour ajo, impér. du v. aja ; acho, v. aisso ; achoio, v. anchoio ; achonce, v. cance.

achopi, ochopi, chopi, s. f. et m. Hache- reau emmanché au bout d'une perche, à Li- moges, v. gibo, visplo. « Ce terme nous sem- ble formé de acho et de àpi, deux mots qui signifient hache. » (Ruhen). Nous croyons plu- tôt qu'il est formé de acho, hache, et de pi, pic.

ACHOU, ACHOUI, s. m. Onomatopée de l'é- ternuement, v. esternut. Lacho un segouud achoui, puei la farço es jugado.

SIGA.

Achou, achoun, v. eissoun ; achouca, v. a- jouca.

ACHOUA, CHOUA (gasc. chou ! cri pour ar- rêter), v. n. t. de mar. Échouer, v. arena, en- cala.

Fau prene la partego, Pulèu que d'achoua.

M. DE TRUCHET.

R. à, chou.

ACHOUFA , AJOCFA, ACHOUPA, ACHÔUPA

(it. acciuffare, prendre aux cheveux), v. a. Harper, accrocher, attraper, v.agafa, achapa. Sens perdre tems, l'achoufo e s'encamino.

B. FLORET.

E d'orne grand coume uno tourre Souvènt se veson achôupa.

J. DÉSANAT.

Lèu-lèu declaronla guerro E mi vènon achoupa.

LOU TRON DE l'ÈR.

S'achoupa, v. r. S'attraper, en Forez, v. ar- rapa. R. à, tufo. .

achouma, v. a. Etêter un arbre, en Gasco- gne, v. acouta, escabassa. R. à, soum, ou a- cima.

ACHOU RR A, v. a. Mettre la face contre terre, v. abouca, amourra. R. à, chourra.

ACHOURRI (S'), v. r. Se laisser choir sur son séant et y rester dans le mutisme, tomber dans la prostration, v. amudi. R. à, chourro.

Achuausa, v. assuausa ; achuda, v. ajuda ; achut, v. eissuc; achuta, v. assuta.

aci (suisse ichi, pousser des cris de joie, lat. accire, ascire, appeler, attirer), v. a. Saillir une femelle, v. ani, lusi.

Se faire aci, être en rut, en parlant des chèvres.

Aci, v. eici ; aci, v. veici ; aciala, v. acela ; acibada, v. acivada.

acide, ido (rom. aci, cat, esp. port. it. a- cido, lat. acidusj, adj. et s. t. se. Acide, v. aisse, acetous, espoun.

Un acide, un acide.

Saran court vosti jour acide.

S. LAMBERT. ACIDÈNT, AUCIDÈNT, ACCIDENT (1.), (rom. cat. accident, esp. port. it. accidente, lat. ac- cidens, entis), s. m. Accident, v. afragnent, auvàri; convulsion apoplectique ; apoplexie, v. subè.

Avcd'aucident, avoir des convulsions ; au- cident de gouteto, épilepsie des enfants ; qu'un aucidènt me vire se, sorte d'impréca- tion.

ACIDENTALAMEN , ACCIDENTALOMEN (1.),

(rom. cat. accidentalmen, esp. port. it. acci- dentalmente), adv. Accidentellement, v. pèr escasènço. R. acidentau.

ACIDENTAU, ACIDENTAL (1.), ALO, (rom.

cat. esp. port, accidentai, it. accidentalc , lat. accidentalis). adj. Accidentel, elle. Lou fa dièsi acidentau.

F. VIDAL.

Caduno d'aquélei noto acidenlalo s'arrescontro dinslei très numéro venènt.

ID.

R. acident.

acideta, acidetat(1. g.), (cat. aciditat, it. acidità, lat. aciditas, atis), s. f. Acidité, v. eigrige.

acidula (cat. esp. port, acidular, du lat. acidulus), v. a. t. se. Aciduler, v. eneigri.

ACIÉ, ARCIÉ (rh . ) , ACIÈ (1 . ) , ACÈi (au v . bor d . ) , ACÈ (b.), ACI (d.), (rom. acer, ascyr, asser, cat. acer, asser, it. acciajo, esp. acero, b.lat. aceir, aciare, acerium, lat. aciœris), s. m. Acier, v. fèr-sedat; couteau, v. cout'eu ; Assier, Dassier, Dacier, Darcier, noms de fam. mérid.

A'n pougnet d'aciè d'Alemagno, il a un poignet de fer ; vièi arcié, vieille personne qui a eu des aventures ; la Roco-d'Arcië, nom que portent certains rochers à pic, dans les pays de montagne. Les seigneurs de Crussol (Ardèche) prenaient le titre de barons d'Acier, par corruption d'Apchier (Lozère), dont ils a- vaient la seigneurie ; l'elenisto Dacié, l'hel- léniste André Dacier, à Castres (Tarn).

Acieira, v. aceira; aciela, v. acela; acien, aciéu, v. acioun ; aciéu, v. eici ; aciéuna, v. assiéuna.

ACIMA (esp. cimar, it. accimare, b. lat. ac- zimare), v. a. Aller jusqu'à la cime, achever, v. acaba ; écimer, v. descapela, descima.

Acima 'n debas, faire la pointe d'un bas ; acima 'no garbiero, terminer un gerbier en pointe.

Acimant, alos desplegados, noslredrapèu.

A. FAURÈS.

Acima, acimat (1.), ado, part, et adj. Dont la cime est élevée; achevé; écimé, ée. Tal èro aquel vilage acimat pèr la pèsto.

J. SANS.

R. à, cimo. Acimata, v. descima.

ACIMELA, ACIMERLA et ACIMRERLA (1.), V.

a. Percher, jucher, hisser, v. encimela, quiha. Acimelle, elles, ello, élan, elas, ellon. S'acimela, v. r. Se jucher.

S'acimerlo en nis d'agasso.

LAFARE-ALAIS. ACIMELA, ACIMERLAT (1.), CIMERLAT, ADO, part.

et adj. Perché, juché, élevé, ée. E reluco lou bedigas Qu'acimela toujour bramavo.

L. ROUMIEUX.

R. à, cimcllo, cim'eu.

ACINAS, ACINIÉ, CINIE, CINAS, CINAT, AR— CINAT, s. m. Aubépine, v. aubespin, cenelià, pereiiè. R. acino.

Acindabans (g.)^iowraci en davans, doréna- vant, v. eici.

ACINELLO, CINELLO, ACENELLO , ANCE- NELLO, ANSANELLO (l'OUerg.), AUSSANELLO,

sanello, arsanèro (périg.), (v. fr. cenelle), s. f . Raie d'aubépine, v. poumeto; baie de houx, v. gréule ; fruit du buis, v. oulo.

Sèmblo uno sanello, il est maigre comme un clou.

Sus l'ansanello esclato un rouge pus founsat.

C. PEYROT.

R. acino.

ACINO, ARCINO, CINO, ARSANO (ariég), (it. acino, lat. acinaj, s. f. Raie d'aubépine, v. acinello, graneto, pereto.

S'anèren sus la mounlagno Manja arsanos e abajous.

CH. POP.

Acins, v. casins.

ACINSA, acissa (d.), v. a. Apprêter, dispo- ser^, alesti; haler, exciter un chien, v. ahissa. R. à, cinso.

ACIOUN, AC1EX (m.), ACDED (d.), ACClEU (1 ».), ACCIOC (b.), (rom. accw, cat. acciô, esp! action, it. azione, lat. adt'o, onis), s. f. Action, v. agi : part d'intérêt, v. quirat ; em- portement, colère, v. sacrebièu.

Acioan de gràci, action de grâces; malo acioun, mauvaise action ; li boni, li marri- dis acioun, les bonnes, les mauvaises actions ; ai acioun sus èu , j'ai action contre lui ; quinto acioun m'as fa ! quel tour tu m'as joué ! es toujour en acioun, il est toujours en mouvement ; l'acioun me sufoco, la vi- vacité me surmonte.

Vous l avés mes en talo acioun E sa coulèro tant môugudo.

C. BRUEYS.

Parlas embé rnouderaciéu, Aici se parlo sens acciéu.

N. FIZES.

phov. Cadun es coume sis acioun lou fan.

ACIOUNA, ACCIOUNA(l. g.), ACIEUNA (lim.), (cat. esp. accionar, b. lat. actionarej, v. a. Actionner, v. assigna; donner de l'activité, v. boulega.

Aciouna, acciounat (1.), ado, part, et adj. Actionné, ée ; qui travaille activement. Aciounado, Babèu fielavo.

M. TRUSSY.

R. acioun.

ACIOUXAMEX, ACIÉUNAMENT (lim.), S. m. Poursuite en justice. R. aciouna.

ACIOUXÀRI, ACCIOUXÀRI (1. g ), ACIEUNÀBI

(lim.), (cat. accionari, port, accionario, it. azionario, b. lat. actionarius), s. m. Ac- tionnaire, v. parsounié.

Leis aciounari de nouesto fueio si soun acarapa dimenche passa.

LOU TRON DE L'ÈR.

R. acioun.

aciout, adj. m. Actif, dispos, alerte (Sau- vages), v. atiéu.

acip, s. m. Heurt, choc, pierre de scandale, v. tanc, tuert, tru; prise, capture, v. piho. Doulènt e matrassa pèr tal acip.

CALENDAU.

R. acipa.

ACIP A, ACHIPA (1.), AÇUPA, SUPA (lim.),

chiÉupa (d.), (rom. acupar, ail. schuppen) , v. a. Chopper, heurter ; choquer, scandaliser, v. chaupa, truca, turta ; rencontrer, attraper, surprendre, v. aganta, encapa : gripper, saisir, gober, v. cipa.

Tout l'acipo, tout le scandalise ; se t'acipe, si je t'attrape ; se lous supas, amagas-vous (Favre), si vous les rencontrez, cachez- vous.

S'acipa, v. r. Se heurter, se donner un coup en marchant; se rencontrer ; cosser, en par- lant des béliers ; s'abattre, en parlant d'un che- val ; se scandaliser; v. arteia.

En que f acip es P^e quoi te formalises-tu ? nous aciperian, nous acipèn (1.), nous nous heurtâmes nez à nez.

Trop souvènt peréu s'acipant.

A. CROUSILLAT.

prov. Qu cour en camin peiregous, es un asard se noun s'acipo.

Qu s'acipo e noun cais, avanço camin. Acipa, acipat(1.), ado, part, et adj. Choppé, heurté, attrapé, ée. R. à, cep ?

ACIP ADO , CIPADO, ACIPA (a), SCPADO

(lim.), AciPO(Tarj, (rom. sypada), s. f. Coup que l'on se donne en heurtant, choc, bron- chade. v. arteiado, supelado, turtado ; bles- sure, maladie, v. mau.

Cadun fai d'acipado, chacun est sujet à broncher ; douna 'no acipado, donner un coup.

As pas pou, emé tei cambado, De douna quauqueis acipado?

T. GROS.

S'èron sauva, franc de touto acipado.

J.-F. ROUX.

R. acipa.

acipaoou, 0PD2O, adj. Sujet à chopper, à broncher.

Li vitisoun acipadou, les' vieillards sont sujets à faire des chutes. R. acipa.

ACIOUN ACLATA

acipadou, acipadouiro, s. Pierre d'achop- pement, chose l'on se heurte, v. enirava- dis, nouiso. R. acipa.

Aciprès, v. ciprès; acira, v. aceira.

ACISELA, v. a. Terminer en ciseau, v. a- gusa.

Aciselle, elles, ello, élan, elas, ellon.

S'acisela, v. r. Prendre la forme d'un ciseau ; s'effiler, en parlant d'un instrument d'agri- culture.

Acisela, aciselat (1.), ado, part, et adj. Ter- miné, en ciseau. R. à, cisèu.

acissa (esp. asuzar, lat. acitare), v. a. Haler un chien, v. acinsa, ahissa, cussa.

Acitau, v. eicito; acitouro, v. acetouso; aciu, v. eici.

aciva (it. cibare, lat. incibare), v. a. Abec- quer, appâter, en Dauphiné et Forez, v. abeca, arriba ; donner à manger avec la main. R. acive.

ACIVADA, ACIBADA (1. g.), ENCIVADA (rom. acivadar, cat. acibadar), v. a. Donner de l'a- voine; enjôler quelqu'un, v. alisca; battre, rosser, v. ablada.

Mai nous reveiren mai,

E t'acivadarai.

L. ROUMIEUX. ACIVADA, AGIBADAT (1.), ADO, part. Pourvu

d'avoine ; rossé, ée.

Un chivau acivada de luen a d'alen, un cheval nourri à l'avoine depuis longtemps a du souffle. R. à, civado.

acivaire, AIRIS, s. Celui, celle qui donne à manger, v. arribaire. R. aciva.

ACiVAMEiv, s. m. Action de donner à man- ger, v. arribage. R. aciva.

acive (nie. et it. cibo, lat. cibus),.s. m. Recquée, en Dauphiné, v. becado.

Aclacha, v. aglaja.

aclafa (S'), (cat. aclofarse),v. r. Se cour- ber, se blottir pour éviter un coup ou se cacher, dans